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LE SOCIETAIRE DE LA GOIIÉDIE FRANÇAISE.
16 affaire d*art. — Cependant le mieax ne I oublier le mal : c'est pourquoi noas a1- Ip flagellation de M. Aristide.
tiléot de H. Aristide se compose de beauce» d'imitations nombreuses, d'une cerde la fcéne et de quelques habitudes des fince. Avec ce mince l)agage. M. Aristide D Inmense amour-propre. Il se cro<t le le répoqoe; selon lui, Talma n'aurait pas de Boteius français, il n'aurait point at- Bgré de réputation auquel il est parvenu, it nia un peu plus tôt le pied sur une lilale. n ne peut pas se dissimuler que* la aalle est vide et que les buralistes n ont beaogne; mais le goût du public ne saupour longtemps, et bientôt il reviendra beaal le beau, c'est un Aristide, c'est la [ne jouée par M. Aristide I ii*e8t-il pas le seul homme en France qui diiiUmif Les traditions! voilà son grand lie! 11 n'admet ni les études personnelles, ma en scène, ni le génie, ni le progrés. lea traditions! là est la perfection, là est I talent, là sont les colonnes d'Oercule de bI 11 faut porter son chapeau comme 6ni épée comme lagrange, s'asseoir comme comme Damas, se moucher comme Phn rome Bellerose. Aristide vous apprendra «elle inflexion de voix Lekain disait lo et combien la Clairon mettait d'intervalle mtre ces deux hémistiches :
Itt Ténus 1 — 6 fatale colère!
inandex par quelle voie ces traditions sont à lui, il se contentera de hnusser les ons lancer ce mot : Traditions! Si vous er que les saines doctrines ^e sont peuts par une transmission infidèle, que telle •n de voix, qui était aiguë en 1720, a bien
passé de bouche en bouche devenir do et même très-grave, il vous jettera tousèment la même répon^îe.
ien que M. Aristide, l'homme aux tradîles doctrines, est irès-nple ;'i devenir proamation ; aussi ne s'en fait-il fnutc. E)n R gouvernement songe enfin à lui donner [Conservatoire et à lui faire confectionner lux frais du budget, il tionl <^colc chez lui; les deux sexes. De petits Mithridntcs, des lerbe, des Assuérus en première lleiir, mêle dans sa serre chnudc dram.-ilitpie. itentions thé.'^trales <\m grouillent sur le t des quatrc-vinj,'r-six dêparti-menls troului Rtndinnts en droit de «lixiiîme année, imarreusis pleines d'ambition, jeunes arrage ou plutôt sans coura.îre, femmes de le qui veulent mettre leur lieaul*' en étale, s'y donnent fratrrnellement la main.
maîîniiîqne dans l'exercice «le ses foncjur; il prend une contenance plus superho drape dans sa robe de chambre à rama^jes ! à la main arpente d'un pas majestueux d'exercice Prêtez bien l'oreille à ses ob-
Alfred, c'est ici que feu Dazi'icourt levait et pirouettait sur lui-même 1 Dl ble ! n'y
— Allons donc... mademoiselle Hermiuie... mettezmoi là les deux soupirs d'une seconde chacun que se permettait la Dumesnil;... ça repose...
— Ah ! monsieur Polydor, ce n'est pas dans cette posture que Brizard recevait les coups de bâton de Scapin... Il faisait dos rond... On les reçoit mieux de cette façon, et la situation est plus comique... Vous, vous rentrez en vous-même comme si vous aviez peur... Ce n'est pas ainsi qu'on joue la comédie, mon cher monsieur...
Aristide fait tous les six mois au moins débuter un de ses élèves, mais jamais dans son emploi; ils obtiennent tous le même sucrés, c'est-à-dire qu'ils sont engagés. . n retourner dans le sein de leurs familles, dont ils sont appelés à faire l'ornement. Ces éch«cs fréquents vi successifs ne découragent pas H. Aristide; i! se contente de dire qu'il n'a pas la main heureuse. Et voici de quelle façon il console) après leur disî^râce, ses élèves des deux sexes :
— Jeune homme ou jeune fille, vous n'avez rien à vous reprocher... vous étiez initié par moi aux plus secrets mystères de l'art; mais la nature n'a rien fait pour vous... Allez...
A l'époque où il fut reçu sociétaire, H. Aristide, tout fier de sa position nouvelle, voulut imiter quelques-uns de ses camarades et aller donner des représentations en province.
C'est une existence si belle que celle de l'acteur de Paris qi i voyage! Quand il doit honorer une localité de sa présence, il est annoncé deux mois d'avance par la gazette... Le jour de son arrivée est pour la ville un jour de fête... Les camarades et les jeunes gens du pays vont à deux lieues au devant de lui... 11 entre dans la cité entouré d'une brillante cavalcade, comme un souverain en voyage, et toutes les dames de la ville, dés qu'elles entendent le roulement de sa cha'sc de poste, se mettent au balcon dans leurs plus beaux atours et lui jettent au nez les bouquets les plus odoriférants! 11 y avait là de quoi séduire une tête plus forte que celle de M. Aristide I Et ses rêves, n lui, étaient encore plus magnifiques que la réalité... Il se voyait porté en triomphe par la population cmpressie... On lui. décernait des statues... On donnait son nom à des quais et à des places publiques... 11 revenait à Paris chargé de couronnes de laurier et le portefeuille garni d'un nombre infini de billets de banque... La fortune et la gloire! — llélas! que le réveil fut triste!
!^1. Aristide alla à Rouen. Le premier jour, il fut siffloté dans le rôle de Néron, et le bndemain il fit cinquante-neuf francs vingt-cinq centimes de recette.
L'année suivante, M. Aristide alla à Amiens, le premier jour, il fut siffloté dans le rôle de Néron, et le lendemain il fit vingt-neuf francs quinze centimes de recette.
L'année suivante, M. Aristide alla à Villers-Cotlerets Le premier jour, il fut silfloté dans le rôle de Néron, et le lendemain il fit sept francs neuf centimes de recette.
Après ces malheureuses tentatives, .M. Aristide, géniissant sur la dépravation de Tintelligence publique, fut oblij;é de renoncer aux tournées départementales : ce qui ne l'empêche pas de se proclamer le premier tragédien de France et de Navarre. Si vous le rencontrez dans qui'lque théâtre secondaire, où souvent il y a des tal> nts fort naturels, fort estimables, fort supérieurs aux talents^e convention tt de routine, vous le verrez hausser les épaules de pitié et donner des marques du plus profond dédain : « Ces gens-là ne savent pas marcher. s'écri(ra l-il tout haut. Ces gens -là ne savent pas dire deux mots de suite! » Le public applaudit; Aristide se déchaîne contre le public. Il n'y aura véritablement de
LE SnClÊTAinE DE LA COMÉDIE FÏU5ÇUSE
lliéllre en France que lorsque tous les acleurs feront du genre ArisUde, que lorsque le parterre db sera çompûsé que de spectateurs capables 4e comprendre et d^ap* prouver l'Aristide ,
Lorsque M. Ârklîde doit jouer dans U plècê d*an ^n~ teurcommeDcani, il le désespère aui répelitious par ses observations coulînuellest il le met au supplice par ses critiques maladroîles, tl Vftvcugle des bouffées de sou âmourpropre; mais il est toujours d'une dodUté et d'une soumission iMiffaites devant les poêles d'adminisi ration, devant les Tèrences des burcaust mlnisiériels.
La principale occupation de M. Aristide consiste à éloigner du ihèâlre ks jeunes acteurs qui donnent des espérances et surtout ceux qbî aurait la prétention de débuter dans son emploi. Il ne permet Taceés qu^Â la mêdîoeritc, qui ne saurait iuï causer d'ombrage. Du reste. Il y a sur ce chapitre, entre ces messieurs et ces dames de la Comédie, une société d'assurance mutuelle. Le vieux comtque pr^tc volontiers secours au vieil amoureux contre rinrasltm d'un talent. Frais et jeune, à condition que le même service lui sera rendu demain « Jamais IL Aristide n'a donné sa voit pour Tadmission d*un aspirant qui aurait pu rendre ses beaux jours à la Comédie. Ab ! mousiicur AHitldCi si le public avait comme vous voix au comité, ne crierait41 pas de tû«lc la force de ses convictions et de ses goûts : « ie suis fatigué de voir de^ bivucbes sans dent<f, des tètes sans cheveux, des bras décharnés, de vieux mollets qui font grimacer l'étoffe. Je suis fatigue d'eu tendre de beaux vers chantés sur la mesure d'une sempiternelle mélodie, et je ne veux plus des restes récbauiTês de Lekain et de Duga^uL,. Arrière les Arbitles qui portent perruque^ et les Iphigéniesa la voix cbcvrotante! n
Miûs malhetireusemenl le public ne peut protester que par son absence^ et M. Aristide et ses camarades se con* soient de la faiblesse des recettps par Ic^ satisfactions données i leur vanité. Ils banuiKs^ent impitoyablement du tbé^lre tout ce qui n'a pas pas^é la quai-antalne : la verdeur est un titre d'eiiL La Comédie n'est plus qu'un bétel des Invalides. On cite un figurant de cinquanteaDS
aux suiirag^ de la âépH û*eii%t iU loi k împoseoL tact de rUaqjB «tt| écueîls. ils rétûiAbtf ^ Ml néaphyte est bleotdt léMâl plus eléineoU* Il n'est temps» et uoe iciile §mi ans, saluée par le* I soa tenue p«r qodqiet i seoir triompbalemeil iv ] de Ducheeneis, j du métier et dea ^ dîna rbtérèt de l'arl die il att seiD dea coiiciliabiiles ée I roreille aux causeries de i lendn I des doléances sar Itti malédtclions contre TiA
M. Aristide se rettren lej mais eofii] il se retîren, SMl nera une représenutiooi «I combien d'années de boasill le Malaàe imim§immT€,ïLjmÊM quelle paraîtront lotis kf j fera ses adieux au public iwli joué aree ie phu ^m§fémat; il d'aliendrisseraent et s'ëfaiMh et d'Agnppine. C'tat li le [ ira manger sa pentioo. ne à 1 face de IVncien TkéÊ^n Procope, au traîsîèine émv- Bl dien aime toujours I scslir fUii voir les banqueUea de pntmc^N TTÎers et des grmaltec, i pour les euTiroDi da Ftn | ManHuê de Clioisj.Mki 1 1 main à Satnt'Manr, et i ' ^ roman comique juqa^âb 4
'AMATEUR DE LIVRES
CHARLES NODIER
ticonquc est loup agisse rn loup, ^^ ^. CVst le plus certain de beaucoup.
Ce que la Fontaine a dit du loup, je le dirai volontiers du pédant. Savez- vous rien de plus lourd qu un pédant qui veut être léguer, de plus mnusdant qui veut être gracieux? Et s'il me ie faire de Tesprit en huit pages, moi (|ui il faut d*espril pour distinguer le prétérit me renverricz-vous pas à mes diphlhon-
: vous prévenir tout d'abord que cet «r- Kit comme un colloque de Malhuriu Corun chapitre de Despaulere. Dieu, la nanie ont renfermé mon imagination dans lites qu'elle ne franchira plus. Plus heuqui ne poux me dispenser d'écrire, puis *idé un libraire trop exigeant, vous pouvez de me lire. Son dessin était fait, sa planche 2 manquait plus qu'une longue et inutile ^a livraison incomplète. Eh bien ! la voici ; «jrchcricz inutilement un de ces portraits uels vos écrivains favoris vous ont accouî-les curieux de voir le bouquiniste rcpréesquisse fine et ori^'iiiale, n'alb'Z pas plus vk, et tcncz-vous-en au modeste conseil
de Matthieu Laensberg : c Voyez- en la représentation cîconlre. »
L'amateur de livres est un type qu'il est important de saisir, car tout présage qu'il va bientôt s'effacer. Le livre imprimé n'existe que depuis quatre cents ans tout au plus, et il s'accumule déji dans certains pays de manière à mettre en péril le vieil équilibre du globe. La civilisation est arrivée à la plus inattendue de ses périodes, l'i^ge du papier. Depuis que tout le monde fait le livre, ])crsoune n'est fort empressé de l'acheter. Nos jeunes autours sont d'ailleurs en mesure de se fournir à eux seuls d'une bibliothèque complète. Il n'y a qu'à les laisser faire.
A considérer l'amateur de livres comme une espèce qui se subdivise en nombrcu.ses variétés, le premier rang de cette ingénieuse cl capricieuse famille est dû au bibliophile.
Le bibliophile est un homme doué de quelque esprit et de quelque goût, qui prend plaisir aux œuvres du génie, de l'imagination et du sentiment. Il aime cette muette conversation des grands esprits qui n'exige pas de frais de réciprocité, que l'on commence où l'on veut, que l'on quitte sans impolitesse, qu'on renoue sans se rendre importun ; et, de l'amour de cet auteur absent dont l'artifice de récriture lui a rendu le langage, il est arrivé sans s'en apercevoir à l'amour du symbole matériel qui le représente. Il aime le livre comme un ami aime le portrait d'un ami, comme un amant aime le portrait de sa maîtresse ; et. comme l'amant, il aime à orner ce qu'il aime. Il se ferait scrupule de laisser le volume précieux, qui a comblé son cœur de jouissances si pures, sous les tristes livrées de la misère^ quand il peut lui
paris. — Imp.de Ld^uaro 13:.ot, rue S'.-Loui«,4j.
LE PRÉCEPTEUR
blés. 11 se met donc franchement à Tctiide , déchirTrc la musique, analyse les Heurs, parcourt Buffon, dévore Roilin, lit et relit Tarithméliquc de Bjzout; bref il dôfriclie les éléments de toutes les sciences, et le voilà universel. Il enseigne à mesure qu'il apprend. Exrellint moyen suivant les plus grands maîtres, qui conviennent que la meilleure manière de s'instruire est d'instruire les autres. Le précepteur ne tarde pas à en sentir l'efficacité, à en recueillir les fruits; et, par son louable artiûce, il se fait un petit fonds de connaissances qui lui permettent de devancer son élove de quelques pas.
Ce qui fait du précepteur débutant un être â part, une existence infiniment et douloureusement excentrique, c'est la vie dont il doit vivre, c'est l'atmosphère qu*il est obligé de respirer. Sans aucune idée des convennnces, ce pauvre précepteur se trouve tout â coup précipité au milieu d'un monde dont il ignore jusqu'aux moindres manières. GVtaicnt choses niaises et frivoles aux yeux de ceux qui l'ont éduqué. II a bien lu, si vous voulez, la Civilité puérile et honnête; mais qu'est-ce qu'un livre pour ai^prcndre û devenir aimable , poli , courtois, complaisant avec délicatesse, sociable sans afféterie, gai sans exagération? Aussi le précepteur au début n'a-t-il d'autre ressource, pour se tirer d'embarras , que de pivoter sur ce qu'il nomme , dans son langage ascétique, humilité. Baisser les yeux et écouler sans rien dire, deux qualités indispensables chez les reclus de la Grande-Chartreuse, telle sera sa tactique. Humilité incarnée, espèce û*ecce homo , il se tient â table et au salon comme le dieu Terme sur une grande roule.
Avez-vous un ami, grand seigneur ou épicier châtelain, partisan déclaré de l'éducation privée, pour obéir â une conviction, ou seulement pour ne pas déroger aux us et coutumes de ses aïeux, il prétend à tort ou â raison que son fils soit, comme lui, élevé au foyer paternel. Il s'est muni d'un précepteur fraîchement débarqué du séminab*o et portant des certificats de bonne conduite. Madame l'a examiné des pieds jusqua la tète, s'est informée de son :1ge, de ses goûts ; son extérieur est passable; et plus heureux que Lamennais, si outrageusemenl rebuté par la fière Tory , en pareille circonstance , notre homme de l< lires est retenu au grand rabais. Car, h.1lonsnous de le dire à la louange du précepteur, ses intérêts pécuniaires le louchent peu ; l'avarice est assurément son moindre défaut. < Ce qu'il vous plaira, et votre^mitié,donl je me trouverai toujours trop honoré. » Peul-on demander de plus modestes appointements? Partant le contrat est bientôt passé , lout se fait verbalement : le précepteur est engagé, c*est une affaire convenue. Pour les habitants du chAteau, il y a un tout petit événement dans rap]»arition d'un précepteur; mais pour lui commence une torture qui doit durer plusieurs semaines. C'est le premier quart d'heure d'un drame héroï-comique.
Vous venez passer six mois û la campagne de voire ami, et vous arrivez justement quelques jours après Tinstallntion du précepteur. C'est l'heure du dîner, la cloche n sonné, lout le monde est à table, excepté le précepteur et son élève. Averti de la présence d'un étranger, il a vite cessé .sa classe, dépouillé ses bras des fausses manches qui garantissent son unique redingote, et ouvert sa Civilité. La Civilité!... Oh! oui, c'est son élude de chaque jour; c'est son code, sa règle de conduite, son magasin de belles choses. II réC^^ît à la manière de se présenter; il s'étudie, combine mille positions, mille tours de phrases. Il retarde autant qu*il peut le moment de paraître, car il redoute singulièrement les figures nou- ▼elles. Cependant son élève l'attend, le presse; le laquais, de u foiz la pins grosse, lui fait entendre le redoutable
C'est servi ! Il Taat partir. H vrin a 1 son sanjç se Op;e dans ses reiaes :1 a mouvement convulsif , et povie m paraît ensuite, encore plie et tonttra porte, un premier salât jasqi*! ta?
même nature vers le milica deurâ tre, appuyé sur le dossier de sa dût accentués , selon la régie; il s'itut^ souhaite le b:>njour, et toqs inr^ vous portez; il croit que c'est d*c!s grâce de ne pas lui rire an net. V?
comme une nouTeantc; voa^ l'enlr?
sez, TOUS le complimentez sur ss bon n'oublies aucun des petits riens d'nsn sion.Pour le précepteur, il a perdoaa vous n*aTez point rôpondn à ses is:
vous êtes resté indiffcrent et amt : ^ santé, c'est tout naturel, le bon um z teur! c'est-â-dîre un intrus daaska votre ami. Fi des manants !
La dame de la maison, désimevi le précepteur de son fils, et povkfr échantillon de son esprit, loi aàia aimables sur son ntard. Le prcofleirréponse; 8*il lui arrire de hasarder»
soin de tout son savoir, il appelle i ^ gic pour Tachever. Ne lui faites pi k le mettrez en peine, et TOtre cvrioâlé a d'un oui ou d'un hoii prononcé fa h
La seule chose qui absorbe alonn objet sur lequel il concentre son tfot lité. Il tâche de s*y conformer ea loaii pie , il atuche avec une épingle a kh mac (viens style), tient rigonrnscwii fourchette de la main droite; wMÊtt damne ses yeux é rester collés wmm\ moucherait pas pour un empire. V« que le précepteur a bon appétit. Tsai déjà accusé du plus vilain des «fl r parce qu'il mange de tout, toos voaste glouton t » Infâme calomnie .'Sa effet a pour un acte de sensnalité a*estrin «i poignant martyre; et ne vnya-mvpvt refuser, le malheureux! G>stduf« malhonnételé a faire. Après le R^if. ii péle-m^le avec les dames, sans oftrnii d'elles. Le jour où il se perfUra wp rie, il se croira le pins aodacMid«*i^ place sur le canapé pour ne pas pmvki ses et des fauteuils. QoelqnelBis, F"^ lui-même , il se plante c / ^ ^
bleau, on regarde â la feBéCn fà La gazette est une de ses s^vA* "aussi volontiers les cahiers de ■■'■i- W
cret et qui sait vivre, il ne se aHi fi<j
cercles, ne prend jamais part â ii cfl^
qoive â petit bruit, le pins lit f^Cl^
comme la dernière des '
tourné à la cheminée en
Se croiser les jambes et s*<
d'une bergère est une Indéecnetfil ■!
et blâme hantement comme an &i|kl
du siècle des lumièrea.
théorie, quand il est asris, H se liiil
pièce sur le I ml de sa ^aba-taïki
encore dans îlle antres initn. li'j
gaud ies s prUara à rira ■hsl^'l
LE PRÈCEPrKUR.
[ion, sans malice aucune, le pauvre gar* le fois, ne lui en voulez pas !
i défauts brillent de précieuses qualités. i$i d'une douceur angélique et d*une rare irez- vous que son élève lui fait impresippelle-t-il M. Eugène, M. Arthur ou aroadoue, le cajole , le trouve charmant, isqu'à la moelle des os; le tout par resissance. C'est vraiment une bonne for- 8 de haute lignée qu'un précepteur. Il est BS meilleurs termes avec lui. Des congés lares par jour! Jamais de punitions! Le précepteur ne les comporte pas. C'est précepteur s'adresse: il veut tout obtenir sentiments. Je vous déQe de lui arracher *Dt au désavantage de M. Arthur. M. Arrain précieux à cultiver; c'est un enfant a gigantesque ; il promet à la patrie un lé. M. ArUiur s'acquitte de ses devoirs on. 11 sait très-bien ses leçons, explique itÎD , dessine très-bien , chante très bien, len, est trés-honnéte, très-gentil : rien itifs! Réservé Aréléte de les démentir
Ainsi, par un beau jour, il vous prend fantaisie de sonder le terrain. Vous pénétrez dans le sanctuaire, c'cst-à* dire ddus la chambre à coucher du précepteur : c'est là qu*il fait ses études et ses classes. Vous trouvez le maître et l'écolier engagés dans la plus vive discussion : les conversations sont la condition iine qua non de succès pour le précepteur. Le préceptorat peut se traduire par causeries perpétuelles. On y instruit en riant . et quel* quefois aussi en dormant. Et ne vous scandalisez pas trop si vous surprenez les deux champions ronflant à qui mieux mieux. Eveillez-les doucement et interrogez. Gardez après cela le résultat de vos investigations pour vous; surtout n'en dites rien â la mère. Madame n'en* tend pas que son fils soit brusqué. Son précepteur est plein de mansuétude: il lui convient à ravir.
« Mes enfants ont beaucoup perdu en perdant ce bon M. Morin, me disait un jour madame la baronne de***. C'était un jeune homme soumis, doux et facile à vivre, toujours content, toujours de votre avis. Il avait pour eux tous les égards et les ménagements possibles. Et puis delà méthode... ah!... il suivait exactement mes principes, ne faisait rien sans me demander conseil ; enfin, c'était un homme tout à lait à sa place. Quel excelleiit caractère! »
LE PRÊrnTElTB.
€'fsl bien là en effet le prceepl€iir débiuanl, le préce|pLeiir encore en faut tes grands airs lui font ^t-ntx iU muh jui^E^u'â ran)p€r> il ti'a de volonlê qtie celle des iiiti'e^, et se Uks^ mener à il kmère au Ueu de rt^genler comme 11 eu Aurait le ùtML ItUh il grandira, €l en de* vcn^inl homnfi«^ il s'miiiiei|'era* li ^c mcllra fi 1 alsfy.
Ik'u .1 [leu k firirpiilfur s'cnïiardii et iléj>ouille ses hiwç^c^ de pnsillitiimilé. V oîKî (|nelque5 mais ^«^ulrniciit qu'il foule letï tipis d'Aiibu^son, assiste d de brillnnlei fcoinrs, fuit de (rrand?: diiieri:, etdéjîi il n'esl plus reconiiaÏHKaLle. On s'accoulnme i^l vite à ceïî cUo>iF&^l4! ik pri'nd ^od ani coiin-rLs» aime Térlal des bougiez, ose clanM^r le galop, et eonduit son élcvc en visile particulière.
Je vous Ta vais dil : il est pbtlo>opbe, et en a pris ion parli; il domine maîni^'nrmt les liommes et les choses i 11 va se venger de^ désagréments qu il a ej^suyés, par la vie èv c bateau irrangdc à sa manière et appropriée à si nalure*
Kl' pourrn^t*il donc pa;^ aus$;î, lui, remplacer sa classique n-dingol>^ par un iiabît noir? jusquUd ii avait eu une chaus«;ure neulrc: ce n'ctail ni de^ escarpins, ni des souliers |iroprement diisj c'était quelque chose qui n'a pas encore de nom dans le manuel du savetier; lui défendrez vous de se commander une paire de boites? serat-il condamné^ par un &tu|!ide préjufri', à ne jamais porter rie canne, de lorgnon et de pantalon collant? Pourr]noi, comme \ts hoTimie^i de la bonne iociéîd^ ne causeniit*il pas de tout, ne trancberail-il pas sur tout ? il est homme, morbk*n ' et dorénavant il aura une petite canne noire en boi^ï peint, il portera des conserves d*un bleu tendre, jouera de la lliile, touchera le piano, parlera speetacle^H, ljtléruturejlt'urs,chas'^c, chantera et dansera a rendre jaloux le coryphée des dandys. Le voiLi qui devient pins jaloux de sa ]iersQnm\ Il se faîl la barbe trois foiji par semaine, lournit^nLo ses cheveux, se savonne les mairi!!, et se tit-ot devant s^ ïîlnce pour faire réciter les leçons. (Jiie sais-jc, moi ! l'Iionime est sîuge do sa na tnre, il fait ce qu'il voit rairc Bt notre pauvre précepteur punirait hico loiit a riieiir*' tomber dans Teicùs reintraire 4j celui ijul ^!11i<;<ail >(ii\ nuvici.it. Mais; non^ il ne dépasse pii-re cerlaîni s ïiirntes, si raison snvère rc]"oussc l'eicerïlricilé. il ne .s'iiolnllc jamais à la derni(*re mode» rcjetlr If s Imtles vernies ti les ir^ints jaunes, Los liarbes d'Aar>tn éveillent en lui di's iilées de républicanisme et dr î-ani^cuhatlisMie t|ui le ffinl frémir. Sescbeveujt resteront dlennilemcnt ïi la Tibis, 11 a les coilTiirps du nïoytni âge en hi>rri ur, allni tii que cette moJeseiït trop pour lui k' sémiiiairi\ Il n'est ni pimpant, ni piucé, ni musqué; avcuanl îi,ins rlri> diaj hanr ou aériforme, sa démarche nVst point sautillanlef ses maniiTes sont ai^ sces et SCS gestes farilns. A ri»rce de se frotter avec les geiis du mojide, il se polit et se redresse*
Je ne vous dissimnluraî pas même qn*en y rédéchîssant à plusieurs reprises il sent pointer en lui un petit gi^rme de vanité, Lt qu on ne vienne pas, énù^ ces momeiits-lK lui Taire la loi ou lui tracer la marche à i^uivre, il a s^a ré|ili»tïie toute prête ; « Monsieur^ ou, plus souvent encuns Mndan\e, sacbea que je suis ici (irécoi^ti ur et non valet J Je n'ai «rordres à recevoir de qui que ce soit. En me- conlîant rédîicilîiHi de votre dk; vous m*aveî san« doute jugé ca|jîible de la diriger, lalsscï moi donc agir â ma puise. *
Ajin s ce coup d*êclal, qui peut être regardé comme le dénnùmenl cfd drame, le précepteur est chii lui, il se considère comme de la famille, il fait les bouneurs du salon, reçoit se» amîs â TofUce, donne ses ordres ani domestiques, et commaude les chevaux et les voitures.
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comme un obstiele, Tanlft \
it aura sa rêvaDcbe- L'ékicJ reiercice; il ne doit rfenl^ lî taui le meUrie te plus iMtïM| ces uMigea ; d'un anlre e&lé. fi doit jamais le qjuittn-. Dûœ \ ~
(MirUes ; et rélèite, en < ^^
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émigréi. An sooéeip le
colin-maillard ifcc les
tapisserie. Oui, vrtiiiieat^ de II 1 guille et llis^ ur It tmk h [ SCS riîsias trop verts» an km „ é;^loirnes de Virgile, ne sied pvi délassiements ne sortait pei éi i foi^ il occupe aes ioîiin é < din. Il aligiM cee pkm^lsiri plante des arbres i firvilit i<si-„ les voir venir. CTea pouf Ma j cueille milnlei conipiTalK provoquent sonveiit une m
La politiipiev cenoMOB i ardents au fond des ddlun. Ii| pas volontiers d gbs sortes ds (, ciale D*ea point sa spécisliî;li pie, et les greods moU de T prôp'h, le Irouveni fraid eo néraleroeot légîtinUte, eeli « ■ iju'oti Tt lait, ce que sa nions en littérature sont cepti ur, esseotlellenenl i cc$t lemot, déreod ii pique et do bon sens,
anges quaud il pent 1
lance avec un psTtlssn de bi— coup, vous ne le démontatifisï ressources pour tomber à Inti tisme Dans quel enllicntsistaii
pu comprendre Vktor imoi« '
diseur, Aleia/idre Dumas ti SH tine on farceur! Avec quel tir hidl pleines maios au vfjtife ds George Sand ne sort de $m lnu.
précâtions; Lamennais est i ses j christ, un homme envofê pov L
Deputs qae les eommis dlMt vent acheter dea diplômei. k ] son antipathie et Si rcpegM cbemiu â quatre vingt-devi U 1 déclaré une guerre à mari iB| pntentës, lie nciêi; îl s voué WêêL tutiiins, et dirige ses ilbrls isn I meurt iudépendMildeltttfiehil
fferadinire^vmp son élèTe au bras, pou son cousin, ou qiMl^*^^ 1er une bande de t "~ ~ dresse de toute se ieaisviti] pédagofites, qne vom m H»
gens, ficli
LE PRÉCEPTEUR
ri est é plaindre î Vous grandisseï comme ou des prisonniers parqués entre quatre Sien d'une effrayante démoralisation ! » Son ■inire, les dévore de l'œil, lui, ces charrv, i^Tep-leurair lutin, leur habit uniforme» set hn$ etcei bouton* emblématiques.
I*j6 lev'tmoun do précepteur 7..^ Décidé- Benrenz est né sous une mauvaise étoile, et ïén% avec dnoi que celui de qui relèvent les maloes aurait dû rayer de ses largesses, à "^ëceptèur, le don Talal d^aimet^vllais, hélas! iné Hvtrement. Sous cet extérieur raboteux cœur teofiible et tendre ; sons cette envceur et d*innocence brûle un feu dévorant. Bvrédes séductions et des plaisirs du monde, iftte s*élance avec impétuosité dans les senlU de Tamour.
où va-t-il? vers qui montent ses aspira- I est donc la dame de ces pensées? Ici, pieusort, un dieu Ta voué à la plus aveugle fa- : le comble de la dérision !... une atroce paplice de Tantale !
9S amours du précepteur est toujours une Lie châtelaine de quinze à seise ans, à qui il Bçons de botanique et d*histoire. il ne lui a le déclaration, il se contente d*aimer, sans
4 payé de retour. Ses amours, du reste, sont ut platoniques : en adorant la beauté, c'est ii*il ren<Lses hommages. A Uépoque de ses "S, époqire qui n*est pas la moins critique de -éceptcur devient sombre et mélancolique. Il »nte sa joie et sa félicité à aller myslérictisèr, soupirer sous les fenêtres de sa Julie : il la chasse> n'aime plus que les bois et les 1 lever du soleil, on Tentend pleurer sous le <c le rossignol. On trouve sous son chevet, ches et sur la table, les lettres d*Hélolse et ou la Jérusalem délivrée. 11 ne se nourrit
5 romans; aussi dépmt-il à vue d'œil. Ln pe la plus large place dans ses loisirs, il fait * rinconstance, sur l'absence, sur l'indîfféjn banc de gazon où elle s'est assise, sur ie$ r ranniversaire de ia naissance.
familles où les mœurs patriarcales se sont on observe , avec le culte religieux du à la 3s fêtes des parents et des (grands parents, ions du précepteur lui font un devoir de dirismonies de circonstance. Deux ou trois mois il met sa verve en campagne à la recherche lieux communs dits et lus jusqu'à lui. Il fait ments i tous et pour tous. Grande dépense
de style et d'esprit ! C'est une espèce d'oracle qu'on croit devoir indispensablement consulter; il prête à qui les demande des vœux et des souhaits. lia fêle de la demoiselle a son tour : c'est pour celle-là qu'il s'est préparé I c'est cette Cête qu'il veut-^M^ider é lui seul ! Ce jour-U le précepteur est au troisième ciel : il met dans la bouche de son élève un compliment!... son chef-d'œuvre!... l'expression de ses sentiments ! Gomme les autres il offre son bouquet, au milieu duquel s'épanouissent plusieurs myosotis; comme les autres aussi il peut donner son baisemain. Trop courts instants ! sensations délicieuses, mais trop fugitives! La fête ne reviendra qu'après douze mois révolus, et, en attendant, le dard s*enfonce plus acéré dans la plaie. Ce sont des tourments insupportables. Le délire s'empare du précepteur, qui s'avoue vaincu et demande à mourir. — Dieu est bon, il veut la conversion du pécheur, et non sa mort! —Le ciel prend pitié de sa victime, une inévitable péripétie est imminente.
Le cercle des humanités est parcouru : l'élève sait même empailler les oiseaux et jouer la comédie en petit comité. Arrivent la philosophie et les voyages, complément obligé de toute éducation tant soit peu comme il faut. C'est l'/lge d'or du précepteur : le voilà complètement émancipé et hors de toute tutelle. Il prend son passe-port, s'intitule noams de lbttbes, et voyage à petites journées, comme un secrétaire d'ambassade. En visitant les capitales de l'Europe, il séjourne de préférance à Rome, à Naples ou à Venise, et oublie, l'ingrat! en voyant les belles Glles de Tltalie, celle qui n'a jamais songé à lui.
Après avoir parcouru une bonne partie du globe avec le dépôt confié à sa garde, il revient radicalement guéri di* l'amour pour les dames et les demoiselles du grand monde.
Sa mission est accomplie. Il peut être fier des talents cl des vertus, fruit de son enseignement. Il a payé son tribut à la régénération sociale.
Autrefois, quand il avait perfectionné trois ou quatre éducations, de père en fils, sous le même toit, le précepteur émérile achevait ses jours au milieu de la famille, entouré de respect et d'égards. C'était le temps de la reconnaissance. Aujourd'hui les choses ont changé. Quelque institutrice, sa voisine, rompue comme lui aux habitudes de la vie de château, comme lui chargée de gloire et démérites encore plus que d'écus, lui offre sa main. Elle est musicienne et parle anglais. Son Age est incertain, n'importe! elle a de l'esprit. Le précepteur se hâte d'accepter, se marie en habit bleu de ciel, et poursuit son existence dans une heureuse médiocrité.