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L*AMATEim DE LIVRES.
r littéraire sous uoe grossière enveloppe. Mal- MDt ees iMones fortunes sont fort rares. Quant «ne» iloe bouquine jamais, parce que bouquimcore choisir. Le bibliomanc ne choisit point,
Cinbte proprement dit est ordinairement un r on un professeur émérite, ou un homme ^MSé de mode qui a conservé le goût des lili D*a pas su conserver assez d'aisance pour en triui-U est sans cesse à la recherche de ces précieux, rarœ ave$ in terris, que le hasard peut avoir cachés d'aventure dans la pous-
I échoppe, diamants sans monture que le vul- Sund avec la verroterie, et qui ne s*en dislin-
II regard judicieux du lapidaire. Avez-vous ener de cet exemplaire de V Imitation de JésusiRoasseau demandait en 1763 à son ami M. Dutt*n annotait, qu'il ornait de sa signature, et as feuillets se trouve marqué d'une pervenche mie pervenche, la pervenche originale que mit recueillie la même année sous les buissons Bttes? M. de Latour est possesseur de ce bijou de pparencc, qui ne serait pas surpayé au poids de I lai a coûté soixante-quinze centimes. Voilà BUse conquête ! Je ne sais toutefois si je n*aimetiot le vieux volume de Théagène et Chariclée I alMndonna en riant à son professeur : c Vous l-il, brûler celui-là ; maintenant je le sais par I ee joli petit livre n'est plus sur les quais, {nature élégante et les notes grecques en caaignons qui le feront distinguer entre mille, i|MDds qu'il y a passé. Et que diriez-vous de ir^^inale du Pédant joué de Cyrano, avec les » que vous savez, enfermées dans une large si cette simple note de Molière, griffonnée sur : c Ceci est à moi ?» Ce sont là les douces e plus souvent, il faut en convenir, les merillusions du bouquiniste. Le savant M. Bar-
publié tant d'excellentes choses sur les anoqui en a tant laissé à dire, avait promis une lie spéciale des livres précieux ramassés pennte ans sur les quais de Paris. La perte de ce serait fort à regretter pour les lettres, et sures bouquinistes, ces habiles et ingénieux aile la littérature qui rêvent partout la pierre le, et qui en trouvent de temps en temps norccaux, sans prendre grand souci de les Lsser richement dans des reliures fastueuses. liste croit toute sa vie posséder ce que pcrposséde, et ses épaules se soulèveraient de t l'écrin du grand Mogol; mais le bouquipuissantes raisons pour ne pns relever ses rila vaine apparence d'une richesse êlrangêre, Ise son motif secret sous un prétexte nssez s La livrée de IMgc, dit-il, sied aux vieilles 8 de la typographie, comme la patine au ique. Le bibliophile qui envoie ses livres à re.ssemble à un numismate qui ferait dorer les. Laissez le vert-de-gris à l'airain et le à aux bouquins. » Ce qu'il y a de vrai au fond la, c'est que les reliures de Bauzonnet sont i, et que le bouquiniste n'est pas riche. N en- Bs la beauté d'un fard presque sacrilège, et oez pas les livres aux opérations dangereuses luraûon quand ils peuvent s'en passer, mais nement qu'aux livres comme aux belles la pait en rien, du bouquiniste est un de ces substantifs à
sens double, qui abondent malheureusement dans foules les langues. On appelle également bouquiniste l'amateur qui cherche des bouquins, et le pauvre libraire en plein air qui en vend. Autrefois le métier de celui-ci n'était pas sans considération et sans avenir. On a vu le marchand de bouquins s'élever du modeste étalage de la rue, ou de la frileuse exposition d'une échoppe nomade, jusqu'aux honneurs d'une petite boutique de six pieds carrés. Tel fut naguère ce Passard, dont la mémoire vit peut-être encore dans la me du Coq. Et qui pourrait avoir oublié ce Passard, avec ses cheveux coupés de prés, sa courte queue en trompette, son gros œil fauve et saillant, et le petit œil bleu enfoncé qu'un jeu bizarre du la nature avait opposé à l'autre, pour que le signalement de Passard n'eût rien à envier à son caractère en originalité excentrique? Lorsque Passard, l'angle droit de sa bouche relevé par une légère convulsion sardonique, était en humeur de parler; quand son petit œil bleu commençait à pétiller d'un feu malin qui n'enflammait jamais son gros œil éteint, vous pouviez vous attendre à voir se dérouler devant vous toute la chronique scandaleuse de la politique et de la littérature pendant quarante années historiques. Passard, qui avait colporté, sous le bras, sa boutique ambulante, du passage des Capucines au Louvre, et du Louvre à l'Institut, avait tout vu, tout connu, tout dédaigné du haut de son orgueil de bouquiniste. Et cependant Passard n'était pas l'homme d'Horace, dicendi bona mala locutus; il n'en était que la moitié. La mémoire do Passard ne se rappelait que le mal ; mais avec quelle verve ironique, et quelquefois éloquente, il stigmatisait de son mépris les noms les plus illustres, c'est ce qu'il faut avoir entendu pour le croire. < Rlirabcrau cependant? lui disje timidement un jour. — Mirabeau, me répondit fièrement Passard en se campant sur le pied droit, était un stupide polisson. » Je me hâte de déclarer, pour l'acquit de ma conscience, que ceci ne prouve rien si Passard ne connaissait pas mieux les hommes qu'il ne connaissait les livres. Ce qu'il y a d'incontestable pour les bouquinistes amateurs qui l'ont visité si souvent, c'est que sa conversation était beaucoup plus curieuse que ses bouquins.
J'ai cité Passard, bouquiniste obscur dont le nom ne brillera jamais dans une biographie; Passard, qui est, selon toute apparence, le Brutus, le (lassius, le dernier des bouquinistes. Le bouquiniste des ponts, des ({unis et et des boulevards, pauvre créature équivoque, anomale, étiolée, qui ne vit plus qu'à demi de ses bouquins méconnus, est tout au plus l'ombre du bouquiniste : le bouquiniste est mort.
Cette grande catastrophe sociale, la mort du bouquiniste, était un des résultats infaillibles du progros : douce et innocente superfétation de la bonne littérature, le bouquiniste devait finir avec elle. Dans cet âge d'ignorance auquel nous avons eu le bonheur d'échapper, le libraire était, en général, un homme capable d'apprécier ses publications, qui les faisait imprimer sur un bon papier solide, élastique et sonore, cl qui les faisait recouvrir, quand elles en valaient la peine, d'un bon cuir imperméable, assujetti par une bonne colle et par une bonne couture. Si le livre tombait par hasard dans le domaine du bouquiniste, il n'était pas perdu pour cela. Basane, veau ou parchemin, sa reliure brûlée et racornie aux feux du soleil, imbibée, détendue et ramollie par les averses, revêtue par le vent d'une couche épaisse de poussière qui devient de la boue quand il pleut, protégeait longtemps encore, sous un abri fort disgracieux au regard, les visions du philosophe ou les
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rêveries du poêle. Aujourd'hui, C€ n'est plus ceU. Le Hbraire du progrès snîl que la gloire viacrére des lifrei qu'il pulilic n'a ^uère plus de durée probable que la TÎe des moucherons du Ueufe Hypanh, el qu*a peine baplisec par la réclame elle sera eulerrée dsos irots jour» avec le fiiuillelon. U couvre d'ua papier j.iutte ou Tert son papier blanc noirci d'encrep el il ab.indoune le spon* gieui cbifToD à toutes les ialempéries des éléments. Un moî^ï apré^t le honteux volume gll dans les caisses de réubgiste, â la merci d'uue belle pluie matinale. U s'humecte, s'abreuve, se tord, se marbre çà et là de larges 10 ne s mordorées, relourae peu à peu é lélat de bouillie dont il est si^iii, et n'a presque plus de prépara*
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U CANTATRICE DE SALON
8 elle avance, moins elle voit; elle a beau m sucrée, la toux continue avec la même it De cesse que lorsque dan^ sa partie il se Ole à Tunisson avec les autres voix, et qu'apreuve de bonne volonté, elle se fait un inter avec une force assourdi<;sante.
ent jque le chant est trcs-préjudiciable à la e toutes ces belles et brillantes cantatrices roDDODS dans nos salons (et dont quelquesde se porter même trop bien, si on ose Dsi), il n'y en a pas une qui n*ait ses atta- I, ses palpitations de cœur, ses évanouissenls; il ny en a pas une cnOn qui ne soit it dont les souffrances ne ])roviennent de insibililé et d'impressionnabililé nerveuse >éescbezelle Tétude de la musique vocale. ( ce que c*est qu'une cantatrice de salon, enivrez chaque soir des accents mélodieux e ces bouches divines? vous qui, pour leur re admiration, vous transformez en de véri- K>irs ambulants? Insouciants ! ingrats ! je le >>yous ce que c'est qu'une cantatrice de us a demandé si vous saviez ce que c'était d'une femme, que la tète d un homme, que le vice, que le conseil des Dix, qu'un galé- 1 a fait subir uo interrogatoire d'inquisition
sur tout ce que vous saviez ou ne saviez pas ; mais jamais ni M. Hugo, ni M. Dumas, ni M. de Musset, ne se sont avisés de vous demander si vous saviez ce que c'était qu'une cantatrice de salon : c'est une pendule à cavatines dont tout le monde a la clef et dont personne ne peut arrêter le mouvement.
Vous vous êtes imaginé peut-être, parce que vous voyiez ces dames s'empresser de courir de soirée en soirée et de concert en concert, parce vous les voyiez négliger leurs devoirs de lilie, d'épouse et de mt^re (tous leurs devoirs sociaux enûn), que c'était le plaisir qui les entraînait : vile pensée ! pas du tout ; elles remplissent une mission sainte et sacrée ; leur vie est une vie de fatigue, de privation et de mortiGcation. Elles sont poursuivies par l'envie, l injustice et la haine, et, pour comble de malheur, elles sont incomprises. Une de ces dignes créatures, une de ces nobles femmes, me disait l'hiver passé : c Je me lève bien souvent avant le jour parce qu'il faut travailler ma voix ; je passe ma journée entière dans les répétitions, et je rentre à deux heures du malin, accablée, brisée... je sens que cette vie-là me tue, mais il faut se dévouer pour les autres. »
On pourrait faire deux questions à ces dames : qu'est-ce qui tes force à ce dévouement héroïque '/ et pour qui te dévouent-elles? Des Ames bien méchantes ont répondu i la première question : la vanité et le désir de la pabli-
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rêveries du poète. Aujourd'hui, ce n*est plus cela. Le li* braire du progrès sait que la gloire viaf^ère des livres quMI pul)lic n*a ^uére plus de durée probable que la fie des mouclierons du lletivc Llypanis, et qu'à peine bapltsée par la réclame elle »era en terré g ilans Irois jours) avec le ftiuUlcloii- Il couvre d'un papier jaune on vert son papier Ma ne noirci d'encre, ci il abandonne le spon* gieux chiiïon d tomes les intempéries des éléments. Un mois nfiTés, le honteuji volume gît d.in$ les caisses de rétalagiste, â la merci d'une beUe pluie malinale* 11 s*hunicclc, s*abreuve> se lord, se marbre ça et M de larges ion es mordorées, retour nfï peu à peu à Têtat de bouillie dont il est sut ti, et n'a presque plus de prépara*
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L'histoire des lirrcs dn p^pîiiAM^
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