‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 166 sur 269 · I-E CORRESPONDANT l>RAMATIQUE · texte numérisé non relu

I-E CORRESPONDANT l>RAMATIQUE

hargé des en^ngemenls pour Saint-Pélersre des plu^ flalteuses, accompagnée d'une ' enrichie de pierreries, ndanl fail peu d'afTaires avec les théiltrcs la par une raison toute simple : nos direcînl guère un artiste que de la main â la ; réputation â peu prés établie Cependant lis et sur une de nos scènes le début de ité de province. Il se charge, lorsqu'un tir en congé , de traiter en son nom avec îulent le posséder. Si Paris n'est pas app lui , en revanche le reste de la France, la isse, l'Allemagne, l'Angleterre la Russie, ats-Unis et à la Turquie, sont inondés de l'est pas sur la surface du globe de ville, village, n'importe le degré de latitude, ait une salle de spectacle, qui ne soient nnus de lui.

pes! vous frémiriez d'indignation s'il vous es mains une lettre d*un directeur au marhumaine! Pour ces deux hommes, l'acarchandise, un bétail dont ils trafiquent nme on le fait des nègres dans les coloqu'ils n'en viennent bientôt, les infimes, :hoire de l'artiste afin de savoir au juste

le nombre des molaires, des canines ou des incisives qui en ont été extraites : chaifue dent de moins fera diminuer le prix des appointements en raison de sou importance. Il n'est pas superllu de donner ici un échantillon du style du directeur.

« Mon cher,

« Aucun des trois amoureux successivement expédiés par vous n'a réussi. Le premier avait les jan)bes cagneuses, le second le ventre trop gros et le dernier un nez d'un camard ridicule. On aime chez nous les jambes à peu prés droites, l#s nez idem et les ventres raisonnables. Guidez-vous là-dessus , et tâchez de nous envoyer quelque chose de bien. Que diable! nous y mettons le prix, il nous est donc permis d'être difficiles.

« iV. B, Nous tenons aussi é une belle garde-robe : celle de votre dernier était beaucoup trop maigre. »

Une garde-robe bien montée est le complément obligé de tout comédien de province. Sans elle , point de salut possible pour lui ! C'est surtout au théâire qu'on peut souvent dire avec raison : « 0 mon habit ! que je vous remercie ! 9 Mille acteurs ne doivent qu'à cela de se (aire supporter du public!

LE correspoudaut brah&iiqdb.

Le corresf^o&dânt n'a jamais à craindre de se IrooTer & court de marchandises. Ohl mon Dieu ^ le* iriMes viennent à lui i^ans qu'il ait besoin de les chercher : à li nouvelle d*une place vacante, on les voit roiirmiller par douzainf!^ dans son anlichambrÊ. Aussi n*a-t4l que Tem'^ barras du choix et la pdne d'éconduire ceux qu'il ne peut pas ou qu'il ne veut pas placer ; car il a sei protégés, ses clienls d'alTectian , et il cherche naturellement à les pmjsser de préférence aux ftuïres. Du re^le, il se fait peu d*conemis, grAce à l'adresse merveilleuse avec laquelle il sait dorer la pilule aux mécontenls. H dira é l'un : « Je ne Tai pas eiivoj*c là parce que tu y serait iQmbé, le pubUc y e^l dciestable, tous ceux qui y vont sont simês ; » à un autre ; « Ce û*e^t pas ton aOaire, j'ai en vue quelque chose de mieux pour loi. » EnQn, à force de di|»lomûtîe, il p^irvient à contenter « peu prés tout le mmjde. Le parent du correspondant, s'il s'avise de sul* vre la carrière dramatique, est un véritable fléau pour le Ihéâlre. Ohl alori, bon ou mauvais, il faut qu'on Tac^ cepte. Est' il si (lié ca cùmique? on le voit reparaître eu premier râk; Tomhe-l il en premier roleî il se relève en afnourrux; tout lui est înditîérent- A la On, fatigué de Le buer, le public n'y fait plus attention et le laisse gai^ner en paix ses quinze ou dix-huit cents francs.

Nous avons dit plus haut ifii'tl n'y avait jamais disette de romédiens pour le correspondant. Ueçoit-il une demande, il ne lui re^te plus qu'A faire signer un enf^agemeut double d Tohjet de son chuii et a rexpédier, orné de sa garde-robe , par la voie des mc5SîtÊrenes LarOte-Caillard ou de tout autre véhicule. Ou lui accuse réception comme $'[| s'ogîssoit d'une balle de coton ou d'un tonneau de cassonade, et tout cssl dit : ses fonctions s'arrêtent là. Que 1 acteur réus?iksc ou non, cela no le regarde plus.

Nous devons même dire que ses meilleures pnatique.'ï, c'est^d dire celles qui lui rapportent, non pas le plus de gloire^ mais le plu ^ de [ToOt, sont les acteurs qu'on a baplisè.s du nom de tomhmrs. Trop mauvais pour être supportés mille part, leur mélier consiste à aller débuter dnns une ville p à s'y faire sifller, puis ù f^agner un autre gltc après avoir palpé les; appointements d*un mois, indemnité d^isage en pareil cas. Il esl donc tressa va ntajïeux pour le correspondant de traiter avec des galettes^ semblables, qui^ sans cesse à Talfùl de nouveaux engagements f sont obligés d'avoir recours a son entremise*

Cependant il vient un moment où l'acteur de l'espèce de ce:4 derniers ne peut plus continuer son système d'opéra tiens » lequel consiste ^ comme vous savez ^ à voler toujours à de nouvelles chuUs. Lorsqu'il ne reste plus un seul endroit où il n'ait été sifllé, hué, conspué; lorR*que, après avoir changé cent fois de nom, il est sûr d'être reconnu I quelque soit le pseudonyme dont il s'niïuble; en im mot, et suivant l'expression consacrée, lorsqu'il est complètement brûlé nuprés des directeurs et des correspondants, alors le tombeur, ne pouvant plus fom&er nulle part, se voit forcé de renoneer aux voyages, et s'estime trop heureux de trouver dans un petit théâtre une place de snufflfur ou de Sgurant. Quelquefois il embauche un certain nombre d'artistes d*un talent égal au sien, et va donner des représentations dans les environs de Paris» H lui arrive ausm de porter dans les ateliers de peinture, d'architecture..* dês lettres ainsi conçues :

€ Messieurs,

« Comme artiste dramatique arrivant de province, et me trouvant sans engagement, il m'est bteti doux d'es-

» GaUtti, raïuvaii acteur.

c I CI e, 1 <fi itirici

SlOQ a9 Tliiu flliiff pftt

l>ïtii m'i leur».

Le lombeirr finît l

ilsejeUedahaDtdestotii] Vendôme- G'tst 11 àamm ti\ chutes.

Dans 1t journca , le i visiteun qui ne soot pas i Toici un qui s« préâMt . ^ assez joli ^rçoa etéMlIli certaine élégance; seulcsMi chissage peu récciiL

— Esl-ct é M***, l'honneur de |iirler?

--Oui, moatïei^, Qa'f ili| ^ Noaaieitr, je joue lea 1

un engagenient.

-- Fort bIfiDt momâetr. 1<

parteDD.

— Oh! 1B1 foi, i mai. kl.

matB, posièdant une Îcêî joli m.

Ici le jeune liomiii« unechaîie else met à

— FardoD , je ne liante f» lit mais, pour chanter let ttmn, i noiioQs de Tart âramatique.

^ Ouit c*esl ce qn'oii m*k H. 1 quiète pas : j'espère bien, as ~ ' mon jeu. sbiifïrez irae je icfo£p.., m

^ Je Ktili déaolê de nna ^ impossible de tous jager iei

voui voir joner ane scène al

que vous saves faire* TIebes iil puisse vous donner nnerépK tendre. Je m'en ferai un gnai

-^ Comment î c^est aaa» i que vous allies m'engafcr ainsi, j'attendrai.., je femî*^ même quand on donne le al i*a^ ii, »... J'ai rhQnneor de aasi idoh ^mon dawl.., m

À cet original succède a tout de suite pour uu comfJiL goie, ornée de largei r«Tcn itLbourg5« otTre un contrmsli tÊÊÊÊjfÊ lou jadis blanc et un vieil taM| eu ^otlibre perpétuel mr 11 " "^

^ Bonjour, moniîenr ***.

— Bonjour, mon ftls.

— Vous n'avea riea de io^

— Ifon, mon gprçoii, mm* Si lude de la scène qoe tu ai, ] * que je t'aurais casé*

— > Que voul< t^TWff cfe« joue les pr« ra hUeeil Ail! j'ai en b d«ra

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