‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 167 sur 269 · LE CORRESPONDANT DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

LE CORRESPONDANT DRAMATIQUE

k dît, la comédie ne Ta |)as du tout faii que de Topera et de Topéra-co- Itt chant, et toujours du chant ! voilé s. Le public ne veut pas autre chose, e fureur! Mais ça ne peut pas durer se fatiguera de musique et on reviena comédie. Alors je penserai à toi.

I me ferez bien plaisir, je n'oublierai urg...

onhomme, comment va-t-il ?

mme un roi. A propos, savez-vons que ichée de son deuxième ? Ces enfants, u moment où l'on est déjà assez em- Dites donc, c'est ma femme qui a été •trasbourg!... Mais nous voila tous les

C'est assommant, ma parole d'hon- : de nous trouver quelque chose : je lie écus par mois ; tenez, pourvu que li houloUer tout doucement, je serai )urtant le droit d'être plus exigeant.

I premiers rôles à Strasbourg... e sais fort bien que tu as joué les prebourg, puisque ton engagement a été

sois tranquille, je te soignerai... tu

roir, je compte sur vous, à sur l'escalier qu'on entend encore que j'ai joué Les premiers rôles à Strasd directeurs ! chiens de directeurs ! »

le correspondant, le premier rôle de ouver quelifues compagnons d'infor-

du Palais-Royal, rendez-vous de pré- !S sans engagement. C'est là qu'ils se iieur du sort en maudissant de concert public. Mais, remarquez-le bien, ja.

nettent la moindre excursion dans les ils se contentent du rafraîchissement urnit l'ombrage des tilleuls. Uélas ! le pont qui par sa dénomination même ivert, n'est pour beaucoup d'entre eux sme. Heureusement qu'on peut vivre ent un brillant engagement et une ouronnes :

'ince, point d'avenir, ince, mieux vaut mourir.

respondant. Il est plus difficile de sase dans son cabinet lorsque c'est une îiter. Nous ne voudrions rien afOrmer, r quelques susceptibilités; mais nous Doraires de deux et demi pour cent ne énéûces auxquels il puisse prétendre.

:e assidûment les théâtres et ne man- 'cmière représentation. La porte des erte comme celle du public. Dans la lorchestre causer familièrement avec Tière le rideau, on l'aperçoit adossé , plonger sans façon ses doigts dans irtistes, qu'il tutoie presque tous, dejusqu'au plus connu. Et ceci n'a rien ces gens qui sont aujourd'hui l'idole des directeurs ont autrefois passé par et sans réputation. C'est lui qui les a iite, qui leur a fait gagner leurs épe-

î bois destinée i soutenir les décors.

rons. Personne ne pourrait publier des mémoires plus curieux : il sait tous les bons mots des acteurs en vogue, la chronique scandaleuse de tous les théâtres, le nombre des amants de mademoiselle une telle, le chiffre exact des dettes de telle autre.

Il n'est pas de gazetier mieux a portée que lui de recueillir ces bruits de coulisses, ces anecdotes de foyers, en général ces mille riens dont le public parisien est si friand. Nombre d'artistes fameux ne dédaignent pas de le consulter sur un effet à obtenir sur la manière de terminer une tirade. Quelquefois il est ou il a été lui-même un acteur de plus ou moins de talent. Nous avons maintenant une célébrité d'un de nos théâtres secondaires, qui est en même temps un marchand de chair humaine assez famé.

D'ordinaire il est bon enfant dans toute l'acception du mot, et mérite à bon droit le nom d'ami des artistes. Il a constamment a leur service quelques-unes de ces bonnes paroles parties du cœur, et, ce qui est plus positif, quelques pièces de cent sous à leur prêter dans les cas pressants. Ils devraient donc lui garder de la reconnaissance, mais il n'en est pas toujours ainsi. Il faut entendre certains comédiens (tristes victimes de Vinjustice du public) déblatérer sur le compte de ce pauvre correspondant! Comme ils l'habillent, grand Dieu ! A les en croire, il n'est pas de juif, d'usurier, qui soient plus rapacesque lui! La chute d'un homme de talent, le succès d'un croûton^ ils lui mettent tout sur le dos! Et puis ces messieurs se plaignent d'avoir du bonheur devant la rampe et du malheur devant le correspondant : c'est-àdire que, par une fatalité inconcevable, chaque fois qu'il est venu les voir jouer, ils n'ont pas eu leur succès accoutumé, ils n'ont pas brillé de tout leur éclat : ce qui fait qu'ils ont été estimés moins qu'ils ne valaient réellement, etc., etc.

Le correspondant lient de l'acteur par sa prédilection pour les étages élevés : il se loge d'habitude au troisième ou au quatrième au-dessus de l'entre-sol. La grandeur de son appartement varie suivant le nombre de personnes qui composent sa famille; mais les deux plus belles pièces sont toujours consacrées aux besoins de sa profession. L'une (celle qui est la plus vaste) lui sert de salon d'attente, et l'autre de cabinet de travail. Celle-ci est meublée comme le sont les cabinets de rédactenrs, d'agents d'affaires; seulement, on est sûr d'y trouver quelque scène de drame reproduite par le crayon ou le pinceau, quelque portrait d'artiste célèbre, donné à son ami *** correspondant, comme souvenir d^amitié. Assez souvent il occupe un commis é douze cents francs qui fait les écritures et le représente en son absence.

A l'époque du renouvellement de l'année théâtrale, c'est-à-dire à l'approche de Pâques , le salon d'attente du correspondant présente à l'observateur un coup d'œil assez piquant. On a peine à trouver place sur les chaises disposées le long des murs, tant est grande l'affluence de comédiens des deux sexes. La première chose qui saute aux yeux tout d'abord, c'est que les visages de la partie mâle de la société sont tous rasés avec le plus grand soin : on n'aperçoit pas la moindre apparence de barbe, le plus petit vestige de moustache ou de favoris. Mais ceci est une des nécessités de l'état, et les disciples de Thalie et de Melpoméne doivent déposer en offrande sur l'autel respectif de ces déesses jusqu'au dernier poil de leurs barbes. L'encre de la Chine et la sépia leur offrent d'ailleurs une utile ressource.

Nous remarquerons ensuite qu'avec un peu de tact il

^ Croûtonf synonyme de galtttê.

L'AMATEUR DE LIVRES

rêveries du poêle. Aujourd'hui, ce n*est plus cela. Le libraire du progrès sait que la gloire viagère des livres qu*il publie n*a guère plus de durée probable que la vie des moucherons du ileuve ilypanis, et qu*à peine baptisée par la réclame elle sera enterrée dans trois jours avec le feuilleton. Il couvre d*un papier jaune ou vert son papier blanc noirci d'encre, et il abandonne le spongieux chifTon à toutes les intempéries des cléments. Un mois après, le honteux volume gît dans les caisses de l'étalagiste, â la merci d'une belle pluie matinale. Il s*humecte, s'abreuve, se tord, se marbre çà et là de larges zones mordorées, retourne peu à peu à l'état de bouillie dont il est sorti, et n'a presque plus de prépara-

tion à lubir poar tomlwr mm kflniiai L'histoire des lirres do pnfrtiMlMfliB dans.

Le boaquinitte aoz Tieuz cl Mlhiln|iiri de commun arec ee IriiOe flnRkiiii|i^ qui étale en haillons mmsisai' livres nouveaux. Le bôuqnmiite < — et, quant aux brochures qn «ii quins, il n'en restera pas de ssaii ' On peut bien m*en croirep car j^ i lûmes.

Et puii faites-moi la grâce de i l vez, que restera*t-il dans vingt ans?

A CANTATRICE DE SALON

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