MAURICE DE FLASSAN
11 y en a mOme qni regarderaient tolontiers la masiqne, ft Paris, comme ur.e affaire a*État.
J.-J. PiOCSSEAU.
aris est la patrie des cantAlrices de salon ; il n'ya que là qu'elles existent dans toute leur splendeur. — 11 n*y a que là qu'une femme fasse de son salon un théâtre, et d'elle-même une comédienne. Les femmes du monde, à Paris, ont soif de reftUon et de notoriété publique. Et foulant aux L couronne impériale de leur modeste dignité féelles courent toutes blanches, toutes fraîches et Mirées, avec leurs bras nus et leurs poitrines dém»n leurs guirlandes de fleurs et leurs ceintures mm robes de dentelle et leurs écharpes de gaze, ir au public dans rarcnc, et lutter, avec cette Urage, la critique, devant trois mille specta-
ee siècle ou tout le monde a une mission, ou le t.t persécuté, le génie méconnu, la femme incom- :«s dames ont la mission de chanter. A la femme ^e et à la femme qui souffre (canonisées par tous #tes depuis fort longtemps, et surtout depuis Tient se joindre, pour compléter la trinité, la
^qI chante.
La femme qui clianto est sacrée, La femme qui chante est bénie I
El ces dames ont Tair de croire que beaucoup de péchés leur seront remis parce qu'elles ont beaucoup chanté.
Le chant est leur baume de fier-à-bras; elles s'imaginent y avoir découvert un spécifique infaillible contre tous les maux, et appliquent un concert, comme remède universel, é toutes les plaies saignantes de la malheureuse humanité.
Le chant et la charité ballottent entre eux ces dames. La charité les pousse au chant, le chant les pousse à la charité. Rien n'est charitable comme la femme chan* tante, et personne ne chante tant qu'3 la femme chari* table.
Un malheureux qui manque de tout, dont la femme est mourante et les enfants affamés, et qui a entendu célébrer la bonté divine de ces sœurs de charité chantantes, s'adresse à une d'elles : elle l'écoute avec une affabilité vraiment touchante, et puis, au lieu de lui donner de Targent, d'envoyer un médecin à sa femme, et du pain 4 ses enfants, lui répond : a Je parlerai à madame de B , et nous donnerons un concert pour vous. 9 Le pauvre misérable s'en va, accablé de douleur, mourant de faim et de froid. La cantatrice, lorsqu'elle raconte l'histoire é ses amis, le soir, a une attaque de nerfs; ce qui fait dire à toute la société : € Quelle âme divine et quel cœur d'ange ! » à quoi elle répond : € II est vrai, je suis trop sensible ! » Et puis, dirigeant un regard humide et languissant vers un grand et mélancolique jeune homme 4 moustaches noires, avec lequel elle chante ordinairement le duo des HugiunoU, elle ajoute en soupirant : c Vont ne saves pas comme je sens vivement t la sensibilité me tue! c Six semaines après, la cantatrice, resplendisunte de toilette, fraîche a force de blanc et de rouge, brillante
LA CANTATRICK DE SAL03I
â force de bijoui. applaudie h force de dîners, chante deux cnvntines, deux duos, deux Giiales. et des romances saniK nombre devant six cenU personnes, et se trouve mal A la Gn.
Son concert fait fureur, et quand elle se prépare k donner qiid<juei secours â rinforluné qui, s^ns le von^ loir. La aidé à rcorchcr les oreilles à la nioUié du monde élf'-ganl di^ Pnrîi, elle est tout clonnéc d'apprendre que si femme est morte depuis trois i^e mal nés, que lui-mrme s'est brûlé ta cervelle, et qu*on %nore ce t(uc son! devenus ses enfants, Bte levé &es yeux vcri le ciel, et dit avec un aîr de rêsfgnMion chreltcnne : « Il y a d.ins ce monde des gens bien inj^raU, » ^e& amis lèvent les yeui vers le cîel , et disent : « Quille femme sublime l elle ne pense qu'aux autres î » Lorsqu'elle a secouru tout Ic^ pauvres de son ■irrondissemenl, et tous les ouvriers malbeureux des provinces^ que, |^i tce à elle, il n'js danïi son quartier plu^ dit pauvres, et dans les provinces ^ilus d'où vrierjv niillicureux, sn cbanlt^ iurpuisîaMe prend son essor, traverse les mers, frarirliît tous le* al»slaclcfi, ne se lahfie îirrî-lcr pur rien, el Huit par drrouvrîr quelque vil Lige -'ifricaiii ou amr'rieain dont lis Ihibitauls muffrent (c'est le niot)» quelques vîclinies du feu on d'un Iremlilcmenl de terre, d'une rivière débordée, ou dune révolution, d'une avnl.iiiclie nu d'un voN Clin. Les vîrlimes néccs^ainis nuf f'Ui^ trouvées, elle organise lotit de suite nii cuucrri, ùcrlt des lettres humiiiiîlaires (cnr h femme eliautnnte a au^&l parfvns dus pro- Icntlons lrltcrîilres)| qu'ellt* lermîne d\irdiiiiijre en vous engiiî^eanl à nller cliez elle le lendemain il deux biurcs puur unerqiétilion.
Ceux qui n'y ont jamais assisté ne peuvent <:e Foire une jdi'D de ec ijuc c'est qu'une de c«s repétUitms ou ou exécute toutes sortÇK ùv cbirur^ t^t de tiiKili's. Pend.int un mois, la cantatrice qui doit or^^^uisir cccoueeLt^mmislre en miniature demande de^^ v^ix â Inu;; spk nniis, ctfrniit mi bi soin chanter s^ femme de timmlire oii son pnrtier. Quand tout est arnin^i', elle eu ferme soiinntedÎK indi- \îdu!i niAles et renielles dans xon ^alon, et pré^^îdeellcmAme au eluirivari le plus épouvantable qu'il soit possible de concevoir^
5rr tolffit mit \yâ$t'n. 0tîjt| grtTÎfbiu, ÏM ntitien*i Itiu^r, nnmrn^A ®iddng<
On soufri' la clinleur et la soif sans jamais se procurer de Teau on de laîr, et ou tnuibe de sommeil snun pouvoir ?i'eudurmir, car l'orclies're el les voix grondent el muglsseul etïuinie une lenqiele, nvec eetlc drirc'*nnee ttne, diiufi l'iH%-ige vûnlnble. le tonnerre ne tonne pas toujmirs, Ii-îHiliïi que dans ces ourai^an^ improvisés. Il ne ces^e jiiniai?; peud^mt nu mouis quatre lieu ri s.
Cet ange de charité a rmijadi s fait prejidrc des billets eu niasse à tou^ les jeunrs ijens qui ont le mallieur déire proté^^L's par tdîe , chante elle-mAnie l<ius les plus beaux mnrri;,iux, el f:ilt chantera ses amis tous ceux qui ni^ li'ur rouvLi!iiuenl |u-i!^, pui^, â la Gu de celte œuvre de Li' iirais.uicc mist; en niusiqiic, « chose la plu?% lugubre, la plus AïisiunmauEe que j'aie entendue do ma vie, et que je n'ai j.uuais jni ^nppnrler une demi-heure £nns ga|,'niT un viiduul mal detr-ie^ » les inceiidiés et leii bnnqueroutltTs, U's i-slrojiiês, les soiirds-nniels et les .iveu^^le-s k'^ ouvrifis de Lyuji et les blessés de Juillet, hia veuves des mi Ida t s luést a Conslantîneet les orphelins ili\^ tnirienx rer.tiiés dans les émeutes, les émigrés italieuit et Jcd exilas pulunats, les vieillards paralytiques et
l a|ipartîeBi i
les enfants Iromés, cnn Mtosks ou imaginables, menC Gfarîa im caDiatrice de saioup etdueaaftn kci
. . La VOIS qoiaeatr^cBt, £si celle qni rr— -■=• • '^wa.
On a sa canla triée i PiHf i chaque quartier, chaque soeiélé, i sienne. H J a la canialnce des detti de U Cliaaxsëe-d'Aotio ; ctlleci «tl fiera de Teapéctt. Elle est peartei quise ou pHocesse * el j deurs, aux ministres* aux Après cela, il y a les petites eia poussent partout comtoe de ajo femmes de notaires, d'^voc^t». éei laines d'étal'^ major et de jourmUia. < comtetses ruinées demetiraot tii i éplcîerâ'prDpriéiaires detneitriatàf tous le.^ gens i|ai, lorsqulls rccaifa sirop de (groseilles» et qui roatdnf Saint*llermaîfi par le chemin de br. ai contrer an moins ane, el lâea i tites Glles qui ne Mrent qa'n rendre plus ins^ipide* et plu f leur manière de les chanter, les i Puget el de IL Grisar. qui i la, se passer de leurs elTorfa.
On peut divÎ!ier louCcs tm deux classes ; ccllrs qui ne dm celles qui chnnieni iamL 11 j a al dames qui sont counucs |tartti lent constammeni : madame dif le iinnle d*4finis Boirma ; l'air de la iVomia ; ni.'tdame R, Une de la Sonnambuia; madaHe L hl HiaiiL 11 SI rail plus court, ce bmi dames par le nom de leur moree Bolena, Nnrma, la Soimambub, h I saurait tout de suite â quoi i*«al nnx cantatrices qui chamcm loel* tjleil nonihreuses ( non que je reuijie dit ( peuvent cliinter qu im dangereuses que les aulros : c htricc a un seul res&ori, on edsv| de prêdileetion Oui, elle d'od soirée, tandis que les uuirersilisl^~Ki un Instant de paii. Elles foretle ver des morceaux qu'elles obI4 et qu'elles cbatitenl en roas je pour la premténï fojs. Quiod ellc^ se rappellent loutcs saifii^ lêtCN dépareillés par cireur, et si ne I en train de faire celle RiOftH|ue nisscnt plus, surluut si vous ae IhI chanter. Il est À remirquer que le l chaule jamais quand on Tj ippii quand on ne Vj vngn^ pat» et Itf i triées de nos jours soat ce qa% ^ Càsars, Ce qu'il y i de blea plis i cantatrice qui chante loiil. e'art hl ceci est un horrible guet*a apparences, doit être lu^'^ elle- même que pour eeui qai i t.ttrîee de saloo f^numrai m}^o|ie, et tousse cornue i endroits dltUdlet. liUt a
LA CANTATRICE DE SALON
WTTFTl tfiWJHt
(las elle avance, moins elle voit; elle a beau 'eau sucrée, la loux conlinue avec la mémo f et ne cesse que lorsque dans sa partie il se note à Tunisson avec les autres voix, et qu'aae preuve de bonne volonté, elle se fait un ihanter avec une force assourdi^^sante.
ident que le chant est très-préjudiciable à la .de toutes ces belles et brillantes cantatrices oaroDDOns dans nos salons (et dont quelqueslir de se porter môme trop bien, si on ose ainsi), il n'y en a pas une qui n*ait ses attarfs, ses palpitations de cœur, ses évanouisseuents; il n'y en a pas une (nfin qui ne soit f et dont les souffrances ne proviennent de sensibilité et d'impressionnabililé nerveuse ^ppées chez elle Tétude de la musique vocale. »us ce que c'est qu'une cantatrice de salon, as enivrez chaque soir des accents mélodieux . de ces bouches divines? vous qui, pour leur Otre admiration, vous transformez en de véri- SDSoirs ambulants? Insouciants ! ingrats ! je le res-vous ce que c'est qu'une cantatrice de TOUS a demandé si vous saviez ce que c'était ir d'une femme, que la tète d un homme, que ne le vice, que le conseil des Dix, qu'un galéms a fait subir un interrogatoire d'inquisition
sur tout ce que %'ous saviez ou ne saviez pas ; mais jamais ni M. Hugo, ni M. Dumas, ni M. de Musset, ne se sont avisés de vous demander si vous saviez ce que c'était qu'une cantatrice de salon : c'est une pendule à cavatines dont tout le monde a la clef et dont personne ne peut arrêter le mouvement.
Vous vous êtes imaginé peut-être, parce que vous voyiez ces dames s'empresser de courir de soirée en soirée et de concert en concert, parce vous les voyiez négliger leurs devoirs de lille, d'épouse et de mère (tous leurs devoirs sociaux enûn), que c'était le plaisir qui les entraînait : vile pensée! pas du tout; elles remplissent une mission sainte et sacrée ; leur vie est une vie de fatigue, de privation et de mortiûcation. Elles sont poursuivies par l'envie, l injustice et la haine, et, pour comble de malheur, elles sont incomprises. Une de ces dignes créatures, une de ces nobles femmes, me disait l'hiver passé : c Je me lève bien souvent avant le jour parce qu'il faut travailler ma voix ; je passe ma journée entière dans les répétitions, et je rentre é deux heures du matin, accablée, brisée... je sens que cette vie-là me tue, mais il faut se dévouer pour les autres. »
On pourrait faire deux questions é ces dames : qu'est-ce qui les force à ce dévouement héroïque '/ et pour qui se dévouent-elles? Des Ames bien méchantes ont répondu é la première question : la vanité et le désir de la publi-
LA CANTATRICE DE SALOX
cité ; ces dames disent : la charité et Tamour da prochain. La seconde question est plus difficile; car, quoiqu'on voie d'innombrables dévouées, on n'a pas encore découvert un seul individu qui ait profilé par ce beau dévouement. Ce monde pour lequel elles chantent, et pour lequel elles souiïrent, ignore quelle reconnaissance infinie il leur doit, et se figure qu'elles s*amuscnt pour témoins autant que lui ; il apprécie le bienfait aussi peu que l'enfant auquel on inflige une punition en lui disant que c'est pour son bien.
Apres cela, ce n'est pas seulement la santé qu'on dépense d être cantatrice de salon. Les succès coiitcnt autant dans les beaux hôtels de ces dames qu'à TAcadémic royale de musique ; et les chefs de la claque aristocratique exigent bien plus des comédiennes de salon que ne font ceux de la claque théâtrale des comédiennes de profession. Comment peut-on ne pas applaudir une femme charmante qui vous bourre de diners, qui vous fait souper chez elle en petit comité jusqu'à cinq heures du malin, et qui... mais la liste des bontés de ces dames serait trop longue ; parlons plutôt des attributs qui les distinguent du commun des mortels.
Un de leurs principaux charmes est de ne vieillir jamais. Si, comme le dit madame de Staël, le génie n'a pas de sexe, il est également certain que la femme chantante n'a pas d'Age.
Shc is not of an ange, but for ail time.
Nous avons vu des exemples trés-remarquables de cantatrices de salon qui n'avaient que trente-six ans, et dont les filles aînées en avaient vingt-quatre.
La cantatrice de salon n'est jamais dans son beau jour; plus elle est applaudie, plus elle a de succès, moins elle se porte bien ; et quand on lui fait des compliments, elle répond avec un soupir : c Ah ! je ne suis pas dans mon beau jour aujourd'hui ! ]> Je défie qui que ce soit de prouver qu'il ait jamais entendu une de ces dames ad* mettre qu'elle fut dans les conditions requises pour bien chanter; il n'y a qu'un moyen possible de le lui faire dire : c'est lorsqu'elle a plus mal chanté qu'à l'ordinaire, et que vous êtes assez son ami pour lui en faire la remarque ; il est sûr que dans ce cas-là elle vous dira avec un sourire où, à la colère pour votre maladresse, se mêle le mi'^pris pour votre jugement :'€ Je vous demande pardon, mais vous vous trompez complètement, car je n'ai jamais été mieux en voix, et je n'ai jamais mieux chanté que ce soir. » Ce qui est fort souvent d*Uà«e vérité incontestable.
1^ cantatrice de salon ne prend des leçons de personne. Si vous lui demandez le nom de son maître, elle vous répondra froidement qu'elle travaille a^ec M. Bordogni, ou M. Géralily ; M. Bandcrali, ou H. Carulli ; absolument comme les journaux disent que le roi a travaillé avec BIM. les ministres do la guerre, de la justice et de Tinstniction publique.
Elle chante dans toutes les langues. Elle passe de l'air italien û la romance française, de la romance française au lied allemand, de là encore au boléro espagnol,' à la ballade écossaise, et, si besoin en est, à des airs russes, grecs, islandais, indiens, lapons, esquimaux, chinois ou turcs. Plus la chose est bizarre, plus elle est applaudie. La cantatrice ne comprend pas un mot de ce qu'elle chante ; mais, si par hasard il y a beaucoup de roulades dans le morceau, l'auditoire ne manque jamais de s'écrier: c (juelle expression dramatique! »
Personne n'a moins peur que la cantatrice de salon, et personne ne prétend en avoir autant. A l'entendre, elle
est rétre le ] Ins timide fà cnk; Aiya pear de la moqaerie, pnr in iffU^ de ses rivales, peor de tm mtStLpÊié^ de «es émotions, peur étwm^kmn en Térité, elle a telleacit fcv. ffavi comment elle fait pour châkr ncig croyable devant un public lî atah
On dit que rien n'est pcrfiti chante, que c'est la natore h pial qu'elle vous attire pour y pour vous perdre ; maiit j'aime à c j'en al tu protéger des jeoDes| réellement pas le moindre talent. î que leur manque de talent cUit | leur titre à la protection de ces i mois aussi je les ai vues ynÊéffîi de moyens et qui aTaient de i ser, les prôner» les mener partflat,U elles, enOn les aider de tout lc«| dire que ces fenmes sont envi est Trai que» lonqne les praCî contiolto, elles étaient foreteéid Nuit, tandis qa'an conirare Imfii voix de soprano» c'était le r6le iitmi réservé; mais ces daaaes doBaeai|HÉi lente raison : elles disant qn^cQcsfHtaMri jusqu'au mi et desceiidre le safnM^ que chez le premier les notes tassimi que chez le second les noies laMiasH crois.
Méfiex-rons de la fcanne AnlHlt^ l'invites à une soirée, cl qw fsailnlB de son accompagnatcor, voss npsds charmant et une sAcIMia^. éi h ^1 rence : c Que cela ne «MS4iiaîBli pinj lui que je trourerai clMS-eam^BBalisà accompagner. » Soyes sftrfs'deda plus mal, et qu'elle vow dira avK va à peine dissimulée : c En vfrilê, cesHM pas de l'accompagnement le plas âps jouer en mesure. > { Paarres anaBH*^ rarement en mesure, seleo ces da&l
Le mari de la cantalriee dasdaajnii rôle ridicule du mari de la vorHoUi^ comme tous les amateurs, rend wi Ai encore que ne fait celui dont c'atksi aller chercher sa Temme Ion des répài' à rassembler sa musique é la fa ta* guerre aux courants d'air» et p«lete4 gorge, des esquinancies et des msàÊÊBkï tille le cou précieux de madame dlm^ foulards et boas; TempMie éamil'" ferme les fenêtres sur son pagay.dii" chante :« /e le praiils tans daC» SB : l«ii
prewMni rien! m
Lorsque la canlatriea de misa «1 ^ jouit ordinairement d'une méic fà i^ profonde contre toutes las itmmnfà^ répète tous les jours 4 sa file fs'A < dame Nalibran. La mère épiean mt vous dire que sa 111e ■'cladia jwdib^' par intuition et par ini|irtiai;aaai* tlle n'étudie pas, et malgré caiaL. la a* trice de salon, sous ce point da ««.i^ jouant le rôle d'un mardted ttÊm0^^ plus quelle pièce dn Vanisfilt : pi»^ l'excellence de ses allimiHai, I {bvl dans la petite bMttoillo is |ksi|lMi*'
LA CANTATRICE DE SALON
soit allumée; il en essaye une n'ùl^e, même ré-
aiosi de suite avec cinq ou six; puis, svcc un
npmrUirbable et un air de triomphe impayable,
■em . c Vous voyez ! eh bien, elles sont toutes
i II en est ainsi avpc la mère de la cantatrice :
sademoiselle, en chantanî, a témoigné le dé-
38 superbe pour les entraves de la mesure et
■itioQ, qu'elle a manqué ses traits, et exécuté
'^orgoe qui fait terminer son morceau en si hé-
4 qa*il eût dû finir en fa majeur, l'heureuse
BUmrne, rayonnante et glorieuse, et vous dit :
BDtttlldex, monsieur, eh bien! elle fait toute
m nteie manière. »
^ne sert de manteau aux cantatrices de salon, al le Tartufe à leur façon, et la musique n*est animent pour atteindre le but que leur. vanité k.
bqae, qui veut être plutôt sentie qu'étudiée, ^ que comprise ; la musique, qui doit être Texl4B la sensation, comme la parole est celle de la *«8t pour la cantatrice de salon qu'un moyen ferier d'elle. Elle la traite en véritable GendriN joqne d'elle en secret sans la comprendre, In la dédaigne, et en même temps lui dit : « Aideparer; fais -moi belle pour que je puisse bril-
Polymnies de nos salons parisiens, vous faites ireaâ merveille (quelquefois), vous avez surtout •eaux yeux, et des regards à troubler les médian saint. Vous le dirai-je? vous ne sentez pas loauté de la musique , vous ne savez rien de sa i de sa poésie ; vous ne savez pas que la muune divinité d la fois timide et fière, qu'elle n ait de l'amour pour elle et de la foi en elle ; dire initié à ses mystères pour qu'elle vous ac-
corde sa confiance, on qu'elle vous dise le plus petit de ses secrets; et que c'est parce que vous ne saviez pas un mot de la langue qu'il fallait lui parler qu'elle ne vous a jamais rien dit. Irritée de son infiexible silence, vous vous êtes précipitées dans les plus profonds réduits de son temple, vous l'avez arrachée à sa retraite mystérieuse, et, après Tavoir dévoilée, déchirée, défigurée de vos r.iains sacrilèges, vous l'avez trouvée pâle, décolorée et sans expression; c'est que vous possédez d'elle ce qu'à la fin Méphistophélès possède de Faust : le cadavre de son corps , tandis que son Ame s'est envolée vers fies régions où certainement vous n'avez nulle chance de la suivre.
La musique est la plus sublime expression de l'amour et de la douleur ; et, si vous avez tant de passion et tant de pleurs pour cinq cents individus que vous connaisses à peine, dites-moi quel plaisir peut éprouver celui que vous aimez, si, lorsque vous chantez le soir pour lui tout seul, il aperçoit de la tendresse dans vos yeux et des larmes dans votre voix ?
Vraiment, mesdames, vous vous y êtes prises d'une singulière façon : depuis que vous cultivez tant la musique, et que vous professez pour elle un culte si effréné, elle a perdu la moitié de sa valeur. A force de la faire sentir à tout le monde, elle n*a plus de parfum, à force de la traîner partout, elle n'a plus de fraîcheur. Vous avez changé sa nature : au lieu d une petite violette qui demandait qu'on prit la peine de l'aller chercher aux blancs rayons de la lune, dans sa couchette de mousse verte et humide, vous en avez fait un grand tournesol bourgeois qui se pavane en plein midi au bord de la grande route. Vous avez agi avec elle comme l'enfant »avec le papillon : à force de le froisser, ses couleurs sont fanées, et ses ailes ont perdu leur éclat.
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lliiSili,
x/ /y / /éZ^. / u^L/ ^i
CORRESPONDANT DRAMÂTH
CHARLES FRIÈS
OMMERCE d'acteurs E5 GROS ET EN DÉTAIL. On SE CHARGE AUSSI DE PROCURER LES DE- CORS , LA MUSIQUE , ET E!f GÉNÉRAL TOUT CE QUI EST NÉCESSAIRE A LA REPRÉSEN- TATION d\*MEP(ÈCE : LE TOUT AU nXS JUSTE PRIX. O.N FAIT DES KNVOIS DANS LES DÉPAR- TEMENTS ET A l'Étranger.
Voilà ce que le correspondant dramalique, a Tinstar de répicicr, du bonne- Xm cl autres indu>lriels, ferait écrire sur sa porte en grosses lettres si nous étions encore au temps où les choses s'appelaient par leur nom. Mais il n'en est pas musi : le correspondant n*a rien sur sa porte (pii puisse le faire deviner, iî ^e donne les airs d'un sous- préfet et se carre maje-^lucïisenïenl drins son friiUcml à li Voltaire, ifqniiï dl\ heures dumutir» jusqu'à quMre heiirc>s du soir^ Ueiire :l lâ![ueil€ Ke^ bTire&uv «^ont rêj^ulitTeitiei]'. fermés. L'id*^c d<* créer iin Uiircau spécînl de pïneenienl pour celte ^Tnndc faTtitlIe dc?^ arlisteis dramatiques rr monte â une quarnrUaÈtic d'années. Elle ei^t duc \\ un comr^diea de province, qui vînt â Paris dans l'espoir d*y trouver uu engafçt'mctit* Apivs nvolr en vain fnppé â loule» les portes, a commencer pnr celle du ThôAtre-KnniçflUi jusqu*i celle des Funambule^; , le p;\uvre diable se trouva, eu ïi'éTeiUanl un beau mutin, dan«« la ]iosition critique d'un homirie qui n*a plus ni a rident ni crrdit. Giigner le pont le plus voisin el se précipiter par-dessus 1c parapet, tel
était é peu prés le leal ptrli qiHidtipi pourtant trourer un mvftu de f^mêm magtna qu'en s'établissant cobbc tan ■ teurs et les artistes » il poomii '^^^ moyens de se placer» et s'asonr pv h « Car enûn, se dit-il, on se charpàr^ chers, des cuisinières, des coouBti, dt: pi théAtre a besoin de sqjeCs, jeBCi«f|Bl puisse s*adre$ser : il reste one biawtt^ donc les acteurs, à moi les dircdCHk i^ à moi la comédie, i. moi la danse. il tout ce peuple qui parle, chaale, i gesticule, pour amuser le pvblkM chacun vive, tout artiste placé ae| deux et demi pour cent.
pour être payé • qu'il ail touché sa monts. Oui, messieurs, la simple cl :
deux et demi pour monde I >
Mon individu ooTrtt i respondance avec les actews tf kii naturellement le titre que i puis du sobriquet de nai^aé lit premier commerçant de ea p^% fti qu'au boul de quelques aiuîte i i mille livres de reuli correspondanU. les plus «s J Ce dernier reçut de Fempereur de Buisia. Vm vue des etitrcdh ta et des nsii selle TaglioDÎ , \ itrayu ts^ di i
LE CORRESPONDANT l>RAMATIQUE.
^^sl^^^ÊISk
ts§.^
chargé des enern^ements pour Sainl-Péters- Ire des plus fln lieuses, accompagnée d'une T enrichie de pierreries.
)ndant fail peu d*a(Taires avec les Ihéâlres >la par une raison toule simple : nos dircc- :enl guère un artiste que de la main à la le réputation â peu prés établie Cependant ois et sur une de nos scènes le début de rite de province. Il se charge, lorsqu'un rlir en congé , de traiter en son nom avec reulenl le posséder. Si Paris n'est pas apir lui , en revanche le reste de la France, la nisse, l'Allemagne. l'Angleterre la Russie, ;taL<-Unis et à la Turquie, sont inondés de n'est pas sur la surface du globe de ville, village, n'importe le degré de latitude, ait une salle de spectacle, qui ne soient onnus de lui.
npes! vous frémiriez d'indignalion s'il vous les mains une lettre d'un directeur au marr humaine! Pour ces deux hommes, l'acnarchandise , un bétail dont ils trafiquent mme on le fait des nègres dans les coloe qu'ils n'en viennent bientôt, les infimes, ichoire de l'artiste aûn de savoir au juste
le nombre des molaires, des canines ou des incisives qui en ont été extraites : cfiaque dent de moins fera diminuer le prix des appointements en raison de son importance. Il n'est pas superilu de donner ici un échantillon du style du directeur.
a Non cher,
a Aucun des trois amoureux successivement expédiés par vous n'a réussi. Le premier avait les jambes cagneuses, le second le ventre trop gros et le dernier un nez d'un camard ridicule. On aime chez nous les jambes à peu prés droites, l^s nez idem et les ventres raisonnables. Guidez-vous là-dessus , et tachez de nous envoyer quelque chose de bien. Que diable! nous y mettons le prix, il nous est donc permis d'être difGciles.
« iV. B, Nous tenons aussi é une belle garde-robe : celle de votre dernier était beaucoup trop maigre. >
Une garde-robe bien montée est le com])îémenl obligé de toiH comédien de province. Sans elle, point de salut possible pour lui ! C'est surtout au théâire qu'on peut souvent dire avec raison : « 0 mon habit ! que je vous remercie ! » Mille acteurs ne doivent qu'à cela de se faire supporter du public!