‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 170 sur 269 · LE CORRESPONDANT DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

LE CORRESPONDANT DRAMATIQUE

à dit, la comédie ne Ta |)as du tout faii que de Topera et de Topéra-colu chant, et toujours du chant ! voilé -8. Le public ne veut pas autre chose. 6 fureur ! Mais ça ne peut pas durer se fatiguera de musique et on revien- [a comédie. Alors je penserai à toi.

s me ferez bien plaisir, je n'oublierai mrg...

•onhomme, comment va- t-il?

mme un roi. A propos, savez-vons que uchée de son deuxième ? Ces enrants, lu moment où Ton est déjà assez em- Dites donc, c'est ma femme qui a été Strasbourg!... Mais nous voilà tous les l C*est assommant, ma parole d*hon- : de nous trouver quelque chose : je ille écus par mois; tenez, pourvu que )\ houloUer tout doucement, je serai 3urtant le droit d'être plus exigeant, s premiers rôles à Strasbourg...

e sais fort bien que tu as joué les prebourg, puisque ton engagement a été sois tranquille, je te soignerai... tu

voir, je compte sur vous. jà sur l'escalier qu'on entend encore que j'ai joué Les premiers rôles à Strase directeurs ! chiens de directeurs ! » i le correspondant, le premier rôle de •ouver quel(|ues compagnons dinfor-

du Palais-Royal, rendez-vous de prées sans engagement. C'est là qu'ils se ueur du sort en maudissant de concert

public. Mais, remarquez-le bien, ja.

nettent la moindre excursion dans les ils se contentent du rafraîchissemeut urnit l'ombrage des tilleuls. Uélas ! le pont qui par sa dénomination même ivert, n'est pour beaucoup d'entre eux isme. Heureusement qu'on peut vivre rent un brillant engagement et une :ouronnes :

rince, point d'avenir, rance, mieux vaut mourir.

Tespondant. Il est plus difGcîle de sase dans son cabinet lorsque c'est une citer. Nous ne voudrions rien afOrmer, ir quelques susceptibilités; mais nous noraires de deux et demi pour cent ne »énéGces auxquels il puisse prétendre, le assidûment les théâtres et ne manremiére représentation. La porte des erte comme celle du public. Dans la Torchcstre causer familièrement avec rrière le rideau, on l'aperçoit adossé \ plonger sans façon ses doigts dans artistes, qu'il tutoie presque tous, de- I jusqu'au plus connu. Et ceci n'a rien ces gens qui sont aujourd'hui l'idole des directeurs ont autrefois passé par I et sans réputation. C'est lui qui lésa ute, qui leur a fait gagner leurs épe-

e bois destinée à soutenir les décors.

rons. Personne ne pourrait publier des mémoires plus curieux : il sait tous les bons mots des acteurs en vogue, la chronique scandaleuse de tous les théâtres, le nombre des amants de mademoiselle une telU, le chiffre exact des dettes de telle autre.

Il n'est pas de gazetier mieux à portée que lui de recueillir ces bruits de coulisses, ces anecdotes de foyers, en général ces mille riens dont le public parisien est si friand. Nombre d'artistes fameux ne dédaignent pas de le consulter sur un effet à obtenir sur la manière de terminer une tirade. Quelquefois il est ou il a été lui-même un acteur de plus ou moins de talent. Nous avons maintenant une célébrité d'un de nos théâtres secondaires, qui est en même temps un marchand de chair humaine assez famé.

D'ordinaire il est bon enfant dans toute l'acception du mot, et mérite à bon droit le nom d'ami des artistes. Il a constamment à leur service quelques-unes de ces bonnes paroles parties du cœur, et, ce qui est plus positif, quelques pièces de cent sous à leur prêter dans les cas pressants. Us devraient donc lui garder de la reconnaissance, mais il n'en est pas toujours ainsi. Il faut entendre certains comédiens (tristes victimes de Vinjustice du public ) déblatérer sur le compte de ce pauvre correspondant ! Comme ils l'habillent, grand Dieu ! A les en croire, il n'est pas de juif, d'usurier, qui soient plus rapaces que lui! La chute d'un homme de talent, le succès d'un croûton\ ils lui mettent tout sur le dosi Et puis ces messieurs se plaignent d'avoir du bonheur devant la rampe et du malheur devant le correspondant : c'est-àdire que, par une fatalité inconcevable, chaque fois qu'il est venu les voir jouer, ils n'ont pas eu leur succès accoutumé, ils n'ont pas brillé de tout leur éclat : ce qui fait qu'ils ont été estimés moins qu'ils ne valaient réellement, etc., etc.

Le correspondant tient de l'acteur par sa prédilection pour les étages élevés : il se loge d'habitude au troisième ou au quatrième au-dessus de l'entre-sol. La grandeur de son appartement varie suivant le nombre de personnes qui composent sa famille; mais les deux plus belles pièces sont toujours consacrées aux besoins de sa profession. L'une (celle qui est la plus vaste) lui sert de salon d'attente, et l'autre de cabinet de travail. Celle-ci est meublée comme le sont les cabinets de rédacteurs, d'agents d'affaires; seulement, on est sûr d'y trouver quelque scène de drame reproduite par le crayon ou le pinceau, quelque portrait d'artiste célèbre, donné à son ami *** correspondant, comme souvenir d*amitié. Assez souvent il occupe un commis à douze cents francs qui fait les écritures et le représente en son absence.

A l'époque du renouvellement de Tannée théâtrale, c'est-à-dire à l'approche de Pâques , le salon d'attente du correspondant présente à l'observateur un coup d'œil assez piquant. On a peine à trouver place sur les chaises disposées le long des murs, tant est grande l'affluence de comédiens des deux sexes. La première chose qui saute aux yeux tout d'abord, c'est que les visages de la partie mâle de la société sont tous rasés avec le plus grand soin : on n'aperçoit pas la moindre apparence de barbe, le plus petit vestige de moustache ou de favoris. Mais ceci est une des nécessités de l'état, et les disciples de Thalie et de Melpoméne doivent déposer en offrande sur l'autel respectif de ces déesses jusqu'au dernier poil de leurs barbes. L'encre de la Chine et la sépia leur offrent d'ailleurs une utile ressource.

Nous remarquerons ensuite qu'avec un peu de tact il

^ Croûton^ synonyme de galtttê.

LE CORRESPONDANT nilAllATKlOB.

est facile d'assigner k chacun l'emploi qu'il occupe au thêAtre Le jeune premier se distingue par son habit A la française, ses gants beurre-frais et sa frisure anacréooliquô; le premier rôle se promène d'un air fier, drapé m j(*»tueusenicnl dans son manteau (le premier rôle a un faible pour le manteau); le comique, continuant à la ville le caraclcre qu'il a devant la rampe, cherche par SCS lazzi à provoquer le rire de l'assemblée ; le ténor léger, pirouettant lonrdemtnt sur lui-même, se décèle par sa rotondité et le nombre de bagues qui ornent ses doigts boulUs; la prima dona roucoule d'une manière plus ou moins juste. Dans cette salle, c*est un bruit, un bourdonnement continuel , qui rappelle assez bien la coniusinn des langues. Portons nos regards sur les murailles du salon : on a peine à dcmôler la couleur du papier qui les recouvre, tant il est surchargé d'affiches et d'annonces de toutes sortes, le plus souvent écrites â la main. On lit d'un côté : a Bonne table d'hôte a vingt-deux sous : on a potage, trois plats au choix, dessert, carafon de vin et pain «i discrétion ; » plus loin : « Rouge végé» tal et blanc de baleine superGn à vendre, s'adresser au •i)urcau. » D'un autre côté : « Belle garde-robe de premier comique à céder : on accordera des facilités pour le payement. » etc., etc.

A 1 arrivée du correspondant, toutes les conversations cesNcnt : on l'entoure, on se presse autour de lui. Il faut le voir distribuer des poignées de main â droite et a gauche : à celui-ci, c'est un mot Ualleur sur le succès qu'il a obtenu; à celui-là. c'est une parole de consolation pour son peu de bonheur.

— Eh bien ! Casimir, dit-il en s'adressant à un premier rule. j'espère que tu n'as pas été maltraité â Lyon. Peste ! quel succès !

— Mais, oui, mais oui, reprend celui-ci en se rengorgeant, ça n'a pas clé trop mal. ÀUbsi on ne m'aura pas

kah

cette i e à prendre â

— Et loir ion pnmt agréme à oca?

— Ne ra en perieipat! Jti la même pièce : ma Ummt et moi je eois ewpoifrf éi| qu'à la dernière; aanlêl^ tai<Dt des criip on tapage i tm monde se Tait attraper dam cM Adolphe» Tons savet celte bdb qfii a toujours la ftii^le, a un rôle charmant» un vcrilalk ça ne Ta pas empêché d'être^ pas maladraii. Ce qui im parer de ma femme» car il n'a un engagement.

Laissons le<narcfaattd de dUi de ses marchandises bonnes oi avariées, et terminons en de«x ■ dire.

La fin de cet industriel n'ofitiiB elle est celle de tout honnête Mma par son travail de quoi vifre par une de ces biiarreries si on obsenrc qu*apré< avoir ac-ioisaimi de son semblable comme d'DDbfUiiia le voir devenir sur ses viens joan^feàM tilleuz d Tezcês sur tout ce ^ n^H l'homme. Nou^ connaissons a Bâi^ qui est un des partisans ks plssriBèU des nègres. 0 mystères da e«nr ImlI grophile, quand on a fait la trélê^èà

■ Êgaiftr tient le milieu entie âÊrnéM

L'INSTITUTRICE

HADAHE LOUISE COLET

^ U ansTinslitulrice, nous >^ ne comprendront pas ^^ la maîtresse de pension, type fort distinct de celui que nous allons analyser.

La maîtresse de pension a presque toujours de quarante à soixante ans : elle est plutôt l'administrateur que le professeur ïment qu*elle dirige. Elle en soigne les re- [ que les études, et il est plus utile et plus ur elle d'être une bonne ménogère qu'une aite. Pour la surveillance des leçons, elle sur les sous-mnilrcsses ù ses gages; pour nr les maîtres du dehors. L'instruclion, les 'ément. seraient donc pour la maîtresse de superfluités véritables; souvent même elle se mettre Torthograplie. Tomme il est parfaile qu'un directeur de thô.Ure soit un auteur il n'est pas nécessaire qu'une maîtresse de une femme savante ou une femme d'esprit. 8 en font foi. Mais passons d l'institutrice t consacrée à faire l'éducation des jeunes quittent pas leur famille.

s garder d'être systématique, soit dans nos il dans nos éloges, nous diviserons eu trois type d'institutrice, qui, examiné d'une mae, nous porterait à de fausses appréciations, lous. VinstUutrice de vocation, Vinstitutrice ii Vinstitutrice par dévouement. Toutes les du monde ont de vingt-cinq à trente-cinq moins, rarement plus, ingt-cinq ans, 1 institutrice de vocation est

sous-maîtresse dans la pension où elle a été élevée. Presque toujours c'est la fille de ces petits marchands ou de ces minces bourgeois parisiens qui disent d leurs enfants lorsqu'ils ont atteint l'âge de raison : a Travaillez comme nous avons travaillé nous-mêmes. » Alors l'institutrice de vocation se consacre d l'enseignement comme elle se ferait lîngére, modiste ou demoiselle de comptoir.

Elle est dans la nécessité de se choisir un état, et son instinct la pousse d devenir institutrice. Elle sait juste assez de grammaire, de géographie, d'histoire, de piano, de dessin, de mots estropiés d'anglais et d'italien pour se présenter avec assurance aux mères insouciantes qui contient aveuglément d une étrangère la direction de l'esprit et du cœur de leurs filles. Avec ces teintures superficielles de toutes choses, l'institutrice de vocation se dit en état de faire une éducation complète. Convaincue naïvement de tout ce qu'elle vaut, sans orgueil comme sans modestie, elle étale hardiment son savoir universel; on y croit, on en essaye, bientôt on en doute : l'élève n'apprend rien, mais l'institutrice de vocation se retranche sur le peu d'aptitude ou d'application de son écoliêre; elle propose des maîtres étrangers pour stimuler l'élève indolente ou étourdie. D'abord deux leçons par semaine, et seulement pour les arts d'agrément, suffiront, dit-elle. Biais bientôt la mère, enchantée des progrès inattendus de sa fille, accorde des maîtres lous les jours, non-seulement pour les arts d'agrément, mais encore pour les langues, pour l'histoire, pour tout ce que l'institutrice proteste toujours connai* tre d fond. Dès lors elle n'est plus qu'une surveillante en réalité fort inutile, mais dont on ne pourrait se pas« ser, car l'institutrice de vocation se prête d tout; elle excelle dans les ouvrages d Taiguille, fait des bourses et des bonnets grecs pour monsieur, des collerettes et des chiffons pour madame, ajuste les robes de bal pour ma-

\rii.~Inp. d« Adoaard BIoC, rat S«lat-Lous, «4

yiNSTITUTRICE.

demoi^dle, h toifle au besoin, bmde û U veiUêe un nioiiUle de tapisserie pour le salon, fait la lecture, écrit ÏC'î brllel* d'invUallcïn, règle les comptes, sur mile ki doiites1ii|UCS, sn nîul:',ilii!, devient une espèce de factotum, et n\i plus que le litre d*instJtiilnce.

En gpnnral, linstilutrice de vocalîon se plice dans les familles â fortune aisée, mais peu brillante; elle coopère aux calmes distractions de ces in té rieur is pi tic ides rarein^uL troublés par les passions, où régne Tûrdre. ]a propreté, h pnrcimouie, ou l'on reçoit régulièrement à diiier les vieui parents et les vieux amis une foh par sein a i ue , ar éoprt ge a ppel*"* â j 1 1 ger bc bdoma d n i reme u l les succé<« de relève» que rinstitutnce fait vnloiravec une minulîeuse complaisance, D.ins ces réunions Intimes, Tins tj lut rire est un personnage important : elle accnmpapnc U romance, joue par monts el pïir vani la contredaujse, organise les diarades, sert le thé el coupe la brînclie.

Dans ses heures de solitude, riustî tutrice de vocation relit ficnipuleusement quelque Ira île d'éducation ; elle sVn acquitte par routine comme un prêtre lit son bréviitire; elle KO tient aillai en bnloiuc dnns Teienrice de sesdevoirSp et remplit Fon esprit do stntences de pcdapoilues, semences fort stériles qui ne font germer que Tennui dans les jeunes têtes où elle les jette a tout propos.

Eu somme, c'e^t une assez bonne créature que rittstiinlriec de vocation. Elle esit sans esprit, sans iniai^inatiou, mais possède une certnine recliLude de jugement, qui la fait as^^eï adroitement naviguer dans las Ilots de familles diverses ptirmi lisqii elles elle jiasse d'année en aiiiiHe^ Elle suit son pHii bonhomme àe sillon sans brou* cber aux écucik. Elle a une sorte de droiture de cccur qui n'est pas exempte de llnesse, mais on la probité domine; un pf'u par calcul pent-êtrc, car riu^Lîliilricc de vocation, ayant embrassé renseignement comme un êtatp seciinduilavec rcgnlarilé pour ne pas manquer de place.

L'institutrice do vocation a des mœurs; elle ne se compromet jamais avec les fils de la maison, les frères ou leH cousins de son élève; mais elle accepte de préférence ks bonnes gnkes des vieux oncles célibataires. Alors elle rêve modestement un mariage raisonnable; mais elle le rôve honuètcmeiit, sans inlrigues préalablement roujiabli'S.

L'ijrslitiitricc de vocation est en général petite, d*uD demi cnibonpiiintf d'une lîgiire sans distinction, fraicbe et avenante. Elle a dans sa mise plus de propreté que d'èléj(aiice; elle affectionne la couleur marron pour l'biver. le rose pour Tété; elle n'achùte jamais plus de deux robes cl de deux cUn peaux par au; elle a un esprit parfait d'économie, nténie un peu d'Avarice, passion in* née qu! ^^andii à mc^^ure qu'elle vieillit ^ EU*' place â la caisse d épargne tous ses émoluments, et ne donne â ses parents que les rognures des cadeaux qu'elle reçoit pour sa fête et au premier de Tau .

Apres t renie-cinq ans, l'iustilutncBd? vocation qui a r.iil son petit pécule se marie «vec quelque employé des po-^tes ou d'un ministère. Elle devient alors une docte nn'nag«'re, une mère pédante tt rigide, si elle i des en- Tints. On quand elle a pris »on parti de rester vieille fil te, iHp acliète un Tojids de pensîonnati comme on ach'le une élude de notaire avec une clientèle toute faite, et it'y prélasse le reste de ses jours. Alors son |*fflisir est de faire bonne cborc, d'avoir un caniche cl un pemyquel, de tourmenter ses pensionnaires, de torturer ses sou >-mai Ires ses « s'excrç^int a inlliger à son tour ces milliers d'tnQmes persécutions dont elle a été longtemps victime^

mode» oo dans noe ées ntitc* mri^ »| d^hnnneur, 1 Saiol-Ikiiti. prfw^, uoe de ces paie* éemm^U^, th^^^.i goûtées de U vie â vf tigt a&^ k ^mm une sombre aitée de ces jaiii» «« ^ | allées sont ftî bni|iiiles et si j heureuses eompegnev? Ceiif pM 4 triste, triste de dépît et iiaa ie i Dftissaat de i*instlliilnce iiiibiiiee«.

Fâlle de quetqie f^nénl méi% TEmpire ruîité par b Besitentin ri eux d*un bout pervooiiipt icri n'a pu donner â ion père fie lel que ceiui de tante. Elte i tu wni lui€ imprudent. Pour elle, grand moude ont été întroduim i pension. En a«îssâi»t» rlleitaèi joui, une femiite de chAmlftre.

caprices les plus tymiiniitiifi^ ErL-« de bonbons et de ei>n finirez, w^m Pi rait iiinsî sa santé avant qu'elle M mt>nie rt*gîme pour ion eâi4iril:iÉ snine poésie, de pure monle, l^ff tJces ^ont venus fausser ioa cstri éveillé.

Ainsi â grandi l^nfaDt loia ie i empoisonnée par le luse, qw i Tdme virgînjtle d'une jeuee filk; donné inconsidérément de Votfmë tiisîcs des sub.illernei corapUtaiii i* huit ans la pauvre fille dt^jà Uti^ fr de toilettes, de fêtes, dedi4raei> cum pagines ne voient qu'en i^<« elle croît toucher enOiî é cet tmfwtim mînatiou frivole que tout lut i ùot p^ têrieuses de parents mîllioBosvH^ mois ta demander au prloir, i peofïîoiinnîret sur les gnnd» Mi^^ uent; eh bien ! lorsqu'elle alleii^«> esprit romanesane lui tsstgiie aaesl vre pour elle, un Jour la ptutre fliii pelée par la maîtresse de pesiiif . fi vait traitée avec d^^ ^sfds tém^' tout â coup, durement, saiu pif^ pa^^aîent sa pension sont Bcru i doit KC»nger à se pourrotr dea ëâ ajoute, en Tonne de eoiijGolatioa, ^ ^'^ roui une ressource qu'elle ne Wf^)

A ce coup Inattendu, â ee P^MI pAla plUt plus encore; tiouH semblables â U sienne êm I lus; elle se pose en béraiee, Ai Dialtieuret s'éloîgoe d'un m^i gret à cet asile de 1 iufondaeet « ^ 1 elle o'i pat Técu en pats, elk |ai :

pas de rèfes de jeune Ilie, pei ée IP^J maïs des Tanîlés, des imbilMg" ■' tout s coup M misêrableoient I

Le monde s'OUvre i eU% dbl elle est seule, imns forIttM;, mm | est liHre, elle a an < elle a des grâces ilTectéci qii i moode de suprême «SkMSMl dive qui ni m ^^ 'Mt»f«4 plier, pense*t , » W i ~ ront les airs de lai nivI

Dans cette ao

L'INSTmiTRlCE.

le se disait : « Je serai reine ! > elle connaît les ches et les plus puissants : longtemps elle a été :*le, elle n'ira pas aujourd'hui mendier leur au-

mais elle se présenlcra à eux comme une sœur Liée qu'ils ne doivent pas laisser voir dans son déi à ceux qui ne sont pas des leurs. Elle est ac- U recherchée : on s'arrache la victime, jeune, nystérieuse; c'est bientôt un être exceptionnel : t fipre, elle n'accepte rien comme don, mais échange. Elle devient demoiselle de compagnie elque grande maison, mais sur un pied d'égalité. I être pétri d élégance, d'idées creuses, de dehors ^, de câlineries de chatte, un mélange de hauteur »uplesse, une petite créature qui fait parfois fu* li devient par aventure une femme à la mode, •e dont, comme un meuble nouveau, une maîs maison pare son salon avec vanité. Elle chante Vient avec des airs de tête passionnés, un peu en

elle en a tous les instincts vaniteux, désordon- Is elle les muséle hypocritement, elle doit tenir < dans le monde, et voilà ce qui l'empêche de se u théâtre, vocation bien décidée de cette na- Qiérée. Elle f arle à tous une poésie mystique adment fastidieuse; elle cite Byron en anglais, &k en allemand; elle se pose devant tous comme

vivant à'idéalitéi: tandis que son esprit, ulcéré par les mécomptes, recherche avec ardeur lepostït/du luxe, le réel des jouissances mondaines.

Habile par intuition , elle dirige ses plans d'attaque contre les natures malléables , les héritiers présomptifs d'un grand nom et d'une grande fortune, écoliers encore imberbes, que la demoiselle pâle enlace de ses séductions de couleuvre; ou bien elle s'attaque à ces connaisseurs émérites en beauté qui ont traversé l'Empire en aimant par convention deux ou trois femmes alors citées, ces admirateurs consacrés du beau sexe, qui font des folies de sang- froid, avec préméditation, pour faire croire à un reste de jeunesse. Mais, lorsqu'elle échoue dans ce noviciat d'intrigues, comprenant à vingt-cinq ans qu'elle a perdu la magie de son prisme de victime , de demoî* selle de compagnie romanesque et brillante , elle se transforme en institutrice ambitieuse.

Il lui faut alors une grande maison , d'où l'esprit de famille soit exclu, où le monde ait fait invasion complète, où les enfants soient gardés prés de leurs parents, non pour qu'on y déf eloppe avec plus de sollicitude leur esprit et leur cœur, mais pour qu'on les dresse en naissaut é ces airs stéif Dtypés , à ces manières conventionnelles que U nattf } n'indique pas et dont on fait le sopréme bon ton.

LTOSnTDTRICK.

L'instîmtricÊ ambiiiense cherche de préférence un élève qui n'ait plus sa mère , et qu'elle puisse former sans 111 tre conlrok que lu survclllaoce paternelle, qu*elle

métamorphose en Titien lion s qui lui sont personnel! es « Chei un père veuf, rinstîlutrice ambitieuse trône en souvcmiae, derient maîtresse de maison, en usurpe Tau* torité, en dt'passe les tp'annies, et floit parfois par en acquérir la consécration,

L*in<iLî tutrice ambitieuse est trop occupée d'elle-même ponr s'occuper se rî eu sèment de son élève : tout ce qu*eUe exL^e d'elle, ce sont des dehors séduistants, un maintien qui lui fasse honneur dans un salon ^ Si récoliére e^t docile, rinsli tutrice recompense ces grâces naissantes qui découleul d'elle par des complaisances qui annulent Fautoriié paternelle et qui plus tard annuleront Tautorité conjugale. Aînii posée, elle a une extrême recherche dans sa mise , et veut être citée comme un modèle de i^out, comme un résumé d*élègance. £11 e est prodigue ; car son ambition lui fait voir toujours une fortune assurée en perspective. A quoi lui serviraient ses épargnes? rintrigue y suppléera.

Alais lorsque passé trente-cinq ans elle n'a pu s'enrichir par quelque riche mariage habilement et forcément amené, en désespoir de cause elle se décide à se faire chanoinesse; chaperonnée du titre de madame, elle devient une de ces iu tri gantes problématiques que le beau monde accueille, qu'il protège, et dont il se sert comme auxiliaire dans rexploitation de tous les vices oecnllos et masques, dont reipêrience lui donnes! bien r entendement » c'est alors que T institutrice ambitieuse de V 1 G n t j ou eu se furcenée.

L'examen de In nature humai ue nous oîTre toujours un cùtè ridicule ou odieux, maisaufssl un côté touchnntdont h coniolanle analyse adoucit ramerlume du moraliste et fait ."^Liccêdrr à tlci peintures railleuses ou mordiintes le tableau n-el Je nobles et pures vérités. Ainsi nous arrivottâ avec bonheur d l'institutrice par dévouement ^ jeune martyre, vertu sublime el cachécr que tes ridicules de fiusiiiutrice de vocation et l'esprît d'intrigue de rinstîiutrice ambitieuse font trop souvent méconnaître,

Linsti tutrice par dévouement est souvent une jeune fille însoudante et heurcu*ie au scinde sa famille, ignorante de sf?i ViWuH et de son esprit, et qui ne pense pas qu'lEs pnmronl lui aider un jour a combattre la mauvaiFe f>rtiMie. A nie pTireet tendre, taule prèle à se dévouer au premier appif, et à sauver par son sacrifice ceun qu'elle aime do la niistTC et du malheur; elle, si bien fnite pour gmiter le?? joies de la famille, pour les faire naître par sa présence, elle quitte courageusement le toît paternel où etlc a i'iê si nniurellcment heureuse , si doucement ^iniê*»: elle î*ri!?>int tout re qu'elle souFfrira dans une maison étr^nir'-re; e!!e répète tout bas ces vers du Oante :

Tti prnTCrji i^irmrrjc? !s,i dî 5:ilc

Page 1