‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 184 sur 269 · MADAME EUGÉNIE FOA · texte numérisé non relu

MADAME EUGÉNIE FOA

*est pas fnt qui veut.

Cet nxioir.e est plus vrai qu'il n'en a l'air.

• Car, pour élre doué de ce merveilleux défaut, il faut au préala* ble avoir bien la conscicuce, non de ce que Ton vaut, mais de ce que Ton croit valoir, c'est-à-dire qu'il ne suffit pas d'être jeune,

fait , dp charmer tous les cœurs ; qu'il est essaire dïHre bien convaiucu de sa perfection,

radoralion {lerpëluelle, générale et particuee qnVi appelle gnlamment — d'aucuns diommunément — la plus belle partie da genre

i|ae, dans le dictionnaire, fat veuille dire imperîl ne s'ensuit pas de li qu'à son tour impertinent

fat * l'impertinence par elle-même est chose «, commune, insolente, de mauvais goût et de tlieu; la fatuité, au contraire, est rimpertioence

vue impertinence élégante, distinguée, propre, ible, de bonne société, une adorable impertim je puis m'ezprimer ainsi.

I ëeux espèces premières de fits : l'homme qm lurellement, de bonne foi, qui est né fat, comme lirun ou blond ; et l'homme qui le fait , oo du ini veut le paraître. Le premier peut avoir de

l'esprit; le second, jamais; l'un est artiste; l'autre, manœuvre. Le fat artiste offre très- peu de variétés dans son espèce; je n'en connais que deux : le fat de beauté et le fat d'esprit. Le premier est naturellement jeune et beau; il a surtout des dents et des cheveux ad* mirables — je vous ferai observer en passant que sans cheveux ni dents il n'y a pas de fat possible; — il soigne excessivement ses mains , ce qui les fait paraître trcsbelles; mais ce à quoi il tient plus qu'à ses mains, ce qu'il affectionne en amateur distingué, et qu'en fin connaisseur il étale presque avec ostentation, c'est la plus belle collection de gants qui se puisse voir. Le vrai fat se tient droit; observez qu'il n'est pas roide, et, bien qu'il sourie continuellement pour laisser voir ses dents, on comprend toutefois qu'il n'y met aucune prétention , c'est une habitude d'enfance.

Albert a un abandon et une certaine mo1le5:se aristocratiques dans toute sa personne; il est tellement sûr de plaire, qu'il ne fait aucuns frais pour cela. A son entrée dans le monde , il lui est arrivé un bonheur inouï ; îl a eu le malheur de perdre une femme de réputation : an homme habile prend ses grades tout de suite à un de ces accidents-lA. Du reste, ces heureuses infortunes sont très-rares; il est trèfrrare que la première passion d'un jeune homme tombe de prime abord sur une jeune femme simple et bonne; ordinaûrement les adolescents sont réservés «ox doaairiéres.

Car, notes bien, je vous prie, que les femmes les plat perdues de réputation ne sont pas les plus corrompues : ces dernières se se compromeUeni jamais ; elles filent

LE FAT

su gemeiït jusqu'au sùmmel ^e leur vie une kyrielle d'intrigues plus ou moins cmbroiiillées , ip Viles dèbrouil* leitf toujours avec un art merveillÊUi , um adresse (|ui tîonl du preslige. La femme qui se perd esl celle qm, froiicbe et itiijéiiue , a mis loute son Âme sur uû %m\ et unitjue amour; de même que la femme cjui comm(*l le plus d'inconséquences est , sans couIredH , la pluit pure de cœur. Renfermée dans sn eon^ience comme ditns une armure împêDélrable, elle secroil â l'abri des irnii* de 1a médïsAEîce; el» dans sa naïve lonoceoce, liUe ue peul seulement supposer qu'on la soupçouTie. Tout le monde liait avant elle qu'elle aime. Du reste, saciiex- le bteu, t!e n'est qn*â son premier amanl qu'ime feniïnf; «o perd 1 celle qui a eu assez de bonheur pour dépa^i^er sans encontre le dsogereui; cliiiïre I , qui a atteint h* rassurant numéro t et le consolant numéro 5, peut hàr* diment continuer sa galante carritTe, et d^vtmii' femme de cliariié â h fin » si cela lui plail; elle a la chance; î>ersonne n'y trouvera le plus pelit mol d dire*

Pardonnez- moi celle légère di^jrcs&ion » qui m*a passé par la téte^ etj|uî n'etail pas inutile d mon sujet, comme vous pouvei vous en assurer. Je reviens â mon vrai fol» au ffti artiste. U vient de lui arriver Taccideûl que von s savez; il s'e^t battu avec le marij car le vrai fat e^l in^sbrave ^ ne vous y trompez pas. Il a heureusement c*tè blessé : l'amant bîcssé par un uiarî reçoit avec le eonp d*épce un brevet d'intérêt qui le sert â merveille. Voyeî-te opérer m rentrée dans le monde : il est un peu p^la ; d'un bças qu*il remue avec peine il affecte une ilélicieusiL' gaucherie^ mais comme il est bien fat alors! Quelle modébite impertinence est dévelue sur toute sa personne .' comme elle perce bien dans la timide ass^urance de ^on maintien! comme elle luit dans son bonncte regard! coifune elle éclate dans son silence empreint d'une douce tristesse! Il y a de rimpcrtinence jusque dans le mol abandon de son salut, jusque dans ta cUannante licsi talion de sa voix» lorsqu'il vous invite â danser» ou seulfïment qu'il sln forme de votre sa nié. Il se pose en %icttme résignée ; mais suivez tous ses mouvcmenU, examinef^lo bien.

Albert vous parle et ne vous regarde pas i ou bk-n il vous regarde et ne vous répond pai. Votis fait-il un coînplimenl* c'est lui qu'il mire dans une glace; vante^l-il la perfection de voire taille, la sienne m cambre et ^'u* souplit; il est toujours en représentation, ft.ccrloiu de l'tîffel qull va produire, au lien de s'en larguer et de prendre l'air superbe du conquérant^ on dirait qu'il veut se dérober é son triomphe, qu1l en est embarrasHv. presque humilié. Jamais ce n*esl lui qui le premier invite une femme à danser. Miiis voyez avec quel talent il s^c fait inviter : il s approche en serpent caressant de celle qui lui plaît; il se pose devaot elle, ou s'accoude nonchalamment sur le dossier de son fauteuil ; il m/lchonne quelques paroles qui ite perdent dan» le bruit de la musique ou dans le brouhalia de la félt*; enlin »ls\nttire celle [diraîic insidieuse qui le conduit à ^on but : a Ëst^« que V0U3Î ne danseiî pas ce soir^ monsieur Albert? p

Il en est, pour lui, do l'amour comme de la danse; Jamais il ne hasardi^ une déclar^ilion , il Inltcnd» il la voit venir, ** el c*est chose pénrMe et hiunilioote â avouer» mcRJruncîî et belles col ïugues... elle lui arrive... tacilement il e»l vraii maïs elle ne lui en arrive pas moins*,, Que vouleî-?oust„ en général, les femmes aiment les fatal

Ah ! mon Dieu ! qu'ai^je dit? eu voila assez pour me faire jeter la fïlerre^ et lapider p.ir tout le scite eu masse. . ^Importe, le mot esl lâcbé, je ne m'en dédirai pas; el, bien que, orsqu'on parle aux femmes de celîe

imi^enînrnle ^rirtHé écTaiifrkfte cri en t, tnnj, U ftrfaMft : f K liri quelle horreur!,., l*iiMiâi«m|| qn#« je déleste Uol 't mrifc ^tmtL fiam d'un Cat f — r -rlniT béi pg a de mon ioultcrt,.* » il tCmm^i^ femmes ajnif oi I» fais, «l ^ »

e^t cntètû^ Amntir- frofn%mtÊ,i jtentintrtiUt k»qI bien pèi éi fw pes pas.

letlri» « me crie fti^TeatM auM

deptiÎH |i«ti' Si nnui

ni colère ni i3ê|iîl; el» lii

tU^plt, on m De l^s ili

ntîTQ qnm }¥ profère ]

profrindc iriJifTerence. »

Non p iifin , tne respiriaUe màÊ,\ épitkrf c plus îii^U»ti! . jrti in i voUine» toim votti bilfs HiiiiJKi h ça ne compleni fit ^ m é m Ou*fat-ce qu^ nouM is«aftfk|lii hrillor . S^^eamle qitftstitMi : Qé^* nnm le molo» é lan hûimii#T Ci fil cuper de loi i|ue île ne pM i'«a^ qui entré eo e^tkcmntnœ Mm iÊm mitrre qae&lloQ contael m oÉbt ^ fïecondci ffueitioD.

Pouv{iriJ$*iioit4 laisser iiiiiiàài nos droite» ei le« aiêcocUilÉli,lilbli lement , «ans éprcKtT«f 4dKil i» I qui foni fierile do nom tttaai diniamle.

Void |>iïur le dèpil, ^mBmiTm

Dunn part, Albert «tfbliliM sait trop qu'tl «U juli fv^iA. qe'li esl hnvK; maîfi, eoitt , a an qu'Ai bei^ po^de â f<iB«l lovlea^i De l'aulrt* pari, cfAjift NsoardiM la jolie comme dt» li Uide«4ili matrone, de la fi]imiuel]e reaneà comme d# rî*iti(irdii! , ti*T e*l-df9 mot]r«pro|vre qui fnii i|ti'fiA a'oi p meui dfs réduire U mpi^fte éioâhi haiudi\ ûê irjOEpphi.T de mm mpà ger quHcoijque cwOn ?--•

Ajoutez à cela an gnn ér m enfin, lotti c« que cet IndstMe^j plaire; pcits decu gndAidtcvMii pas longleaip«...

Voila te i^^i fait b ioree di^6l#«

Touteto!» une clioev j

de fat eit nuturvïllefBeal MttWi fl tant iûit pi^u ap4ibJqur«illmie|«iiM

fait de*CLlliM qu'il inufnk fiét.l mptes qu'il ne ciQi*illP|iM« V lui| ou du moins vnoi ta ÊêSêb mah :iaiii^fait , Il jelto <f ce oiv %mi valet d<! clumlme mm ^Ufm^ mm il ji'npprQclie kfitenatof^ wiVmaÈâi^ xante .^nr \Am flice f^tftit svr ladi^ arrivé devint cclk> dbcsiliiét , tf t^iea^ qui riuii|ilâc« tkàtQfmà$mmi li o^ d'une ffiiin, ilearettifinoottiiei^ Tauire se perd iaiMllir«Ht étm le 9êê0 billets qui i^emlilenl lUcrlrei eiii"^^ varièf^^ %Uï\s eue rldbe côo^d^^^ j^rend les bUleU UQ • «n, \mu^^^

LE FAT

moitié ; prend cet autre , ne l^ lit pas d4 (fois il se contente de regarder seulement B laisse tomber ; puis, entre chaque billet, portent toujours avec amour sur le limpide été si fidèlement sa délirante image. Queligts rencontrent une lettre d'une écriture •ci termine rinspection. elle est mise de tout à rheure, quand il aura le temps : il endanl , mais il était si sûr de la recevoir, ger signe de joie ou de surprise ne plisse

bert, se tient debout, droit, roide, suivant rements , saisissant , pour ainsi dire , un ige , et Texécutant avec la célérité de Téace de Vautomate , une créature soi-disant s qui tient encore plus de la machine que a repos, on pourrait se tromper et prendre

pour Tombre d'Albert : c'est le môme le ligne de roideur de plus; c'est la même . de pantalon , de gilet : on devine que le >ille Tun doit confectionner les vêtements eela est. Théodore, le valet de chavnbre

les habits du mois dernier de son maître.

Mais, au moindre signe, quelle activité ! quel mouvement ! et toutefois quelle impassibilité! les yeux regardent, l'oreille écoute, les membres agissent, mais les autres traits ne bougent pas. Que son maître lui donne un ordre, le loue ou le gronde, c'est toujours la même figure humble, froide, servile ; c'est toujours la même expression muette, une expression lilhographice. On pourrait le battre, je crois , — mais on ne bnt plus son domestique, — que cela ne changerait rien à l'aspect silencieux de sa physionomie.

Du reste, l'impassibilité qui régne sur celte physionomie doit former le fond de son caractère. Obligé par étot d'assister à toutes les actions de son maître, elles doivent passer devant ses yeux comme si elles u'éLiientpas; il n'a jamais rien vu, rien entendu ; il obéit et ne comprend pas. Il porte avec le même stoïcisme le billet doux qui indique Theurc du bonheur de son maître, comme le cartel menaçant qui oe fait peut-être que précéder de quelques instants l'instant de sa mort. Il oe sourcille ni en versant le vin qui doit faire rouler son maître sous la table, ni au danger qu'il court lui-même, lorsqae, assis sur le même coussin d'un fragile tilbury, il se voit emporter par un fougueux cheval, et distingue de loin la

lA RELIGIEUSE.

froid, sans crainte de la faim et sans sonci de IV^Miir! Dion et vos mères par adoption y pourvoiront. Votre esprit Rera cnllivé, voire âme façonnée à la vertu ; on vous apprendi^ la sagesse par les exemples ; on vous ensei* gnera les choses qui suftiscnt aux besoins de k vie; on vous fera le chemin facile, et puis Von vous dira : Allex ! Alais si le monde vous est hostile, si la vie vou8 est amèro, souvenez-vous qu*il y a ici un asile et du pain pour ceux qui veulent se sanctilier par le dévouement et les bonnes œuvres.

Religieuse de Saint-Vincent de Paul (sœur grise}.

Ainsi disent et font les saintes femmes. Plus d'une est jeune encore cependant; mais la méditation et la prière Tout faite vieille pour la sagesse. D'autres ont blanchi dans la pratique des vertus les plus difBciles. Le zélé ardent des premières sera tempéré par 1 indulgence éclairée des secondes, et chacune mettra ainsi au service du troupeau qui lui est confié ce que la nature lui aura départi de forces et de facultés utiles. Et tout cela se fera nnturellenient, sans efforts, sans autre pensée que celle du bien, sans autre ambition que celle du ciel.

C'est une chose merveilleuse et consolante à voir, que la patience et la douceur de ces admirables institutrices à qui de petites filles, leurs élèves, disent simplement ma sœur. Ce sont leurs sœurs, en effet, et presque leurs compagnes; car elles partagent quelquefois leurs jeux, et s'associent volontiers à tous leurs plaisirs pour les diriger. Deux fois pïir jour, après l'enseignement religieux, les leçons ordinaires de la science mise à la portée de tous les Ages et de toutes les intelligences, et le travail accoutumé de l'aiguille, les bonnes sœurs s'efforcent de redevenir enfants pour la plus grande joie de leurs élèves ; comme pour mettre en pratique cette belle parole de leur divin Maître : Laissez venir à moi ces petits enfants. L'oisiveté, cette mauvaise conseillère de l'enfance, Dc hante point la maison des sœurs On s'y lève de bonne heure pour avoir plus de temps à donner au travail, et la prière ouvre la journée : chaque action commi>ncera et finira ainsi. Il est bon que 1 homme s'habitue, dès son

Jeune Age* â ncttre Kn ém h c^N set pensif et i înlêrcftcr W ciri i^i prend. Les sœim doBMBirnni^.ia a-t-elle fait retentir la docW. ^««i dortoirs. Les IIU sontptecé&ciriKp La blancheur de ces modestes eMât^'i prêté qui reluit dans loole U npL i9« au fond, sur un piédKtalen brà|iK~s groMlérpavec les habits ctV»*sarj Une anmônière est i ses pîeèi.^ii^ Action 1 On dirait Tange de U 6ei^ sur le repos des enfants abask»^ petites orphelines doivent d«irv^ la garde de celte image chêh«. «^ la regardant, et, le matin. q«?K^ nouveau dans la demî-obscuniè id mandent eo hésitant si ce n'^ m ou la contionation du rêve qci bJ protection pins active et plnina sommeil. Les bonnes sœun. a va tour à lour, pendant la anit. ^rv plus froides nnîts de l'hiver i'«n ronde pieuse. Les orphelin^cctsc:

mir en paix jusqu'au leodemiL

Mais le moment e^st arriv^: leur des lils. stimulant les moisi ttix jeunes. On s'agenouille, oarcvm se rend dans la salle de traviiL Li f'. éléments des sciences usoencs. le i les repas, les récréations et la ck plissent la journée.

Quelques éublisseraenls ssit m des^ enfoDts desdenz sexes. LlaiftT:

variés, dans ce cas, el disIriMi r> intelligence. Les religieuses aaifv!

ducation des ]»etils garçons aal sai \ difQeile à remplir. Ce sMterfisnpe rimenices et les plus tèfim^vm grotesque. On sourit iavoloeiflra bonnes et douces ciértures %*ëhm vis dc leurs éléres une Ceraelêvirii venter» pour soumettre des Ub^ chMiments qu'elles croient difSBi sique bonnef dTâme signale les »

rouge fait justice des mentcnn: T< damné à baiser la terre; na écriiffl les fautes des grands coapaUesL £ exemples «ont rares, et la jastieeèi demmcnt pour la clémence. Us cM tranccs, les encouragements etlaièn coup plus fréquents que les paaiiaii Vincent dc Paul se sonvienaeaCfvkv séc sur la charité, et lenrjmaiiiswWH maxime et pour devise : psrdaa tf dM un livre pieux, et, quelgoefen. ■ i^ une petite croix, telles ssallanv^ mérite ou de la sagesse, eBUcMi|i> bien moins puérils que les hockfeW corent toutes ces choses inccrlâBdi pellent le talent on la glene.

A douze ou treiieans, kMJmmpt un état. Ils quittent alers k mmmp^ jeunes filles n*en sortent qa*é ii^ unes restent dans la-coawnsriftflP tard pour prendre l'habit de f«V^

Souv) : la charité vient cbcRtaH des deux : es. un enbiC le bienikii aune

LA RELIGIEUSE

Dame Carmélite.

•4 fianitle, l'artisan qui manque de bras pour «fieDDent demander i Thospicc un enfant à »iUe é doter, un jeune homme d enrichir. ^ k gentillesse de Tenfant, autant que les ^ des religieuses^plaide en sa faveur et dé- *<Hx. Alors, après les informations les plus -al les renseignements les plus exacts sur ■i vous êtes reconnu pour un homme émir.al, animé des plus louables sentiments à »Cro futur pupille et capable de pourvoir à ffxM, les bonnes sœurs se décideront pcut- ^ctndonner, en pleurant à la fois de joie et ^xfant qu'elles s'étaient habituées à aimer. 9i>m8ons sont consacrées spécialement à Té- ■A fants des pauvres ouvriers ou des familles <eHes-là ne comportent que des ixternes, 4de pourvoir aux besoins de l'établisse- K^ tin pensionnat. Si l'enseignement y est E^eiit afGrmer que les soins n'y sont pas ^^s de dévouement : c'est toujours l'esprit ^ «le Paul qui anime les religieuses et vi-

Tels sont, en général, dans les communautés enseignantes, la vie et le caractère de la religieuse.

D'autres soins la réclament dans les communautés dites .hospitalières. Les pauvres, les malades, toutes les infortunes, toutes les inflrmités, toutes les misères, la con* vient tour â tour. Le nom de sœur de charité appartient spécialement aux religieuses des hôpitaux. Leurs mœurs, leurs occupations, leur genre de vie diffèrent entièrement de celui des autres religieuses. Leur but est plus res* treint; elles ne reconnaissent que les malades pourvus de bons certiBcats, et n'exercent la charité qu'à bon escient, sur \evita et avec l'autorisation de M. le maire et du comité de bienfaisance. Leur dévouement ne franchit pas les murs de l'hospice ; celui des communautés dont nous parlons embrasse l'humanité tout entière, et s'exerce sans contrôle. La sœur de charité est un type â part dans la grande famille de saint Vincent de Paul.

Avez-vous jamais vu passer près de vous, par une sombre et froide soirée d'hiver, une de ces héroïnes chrétiennes communément appelées servanteê des pauvres? N'est-ce pas qu'en apercevant seule, la nuit, dans une rue déserte, brarant l'intempéne de l'air et la rigueur

r^n-. - Inii-rimme <1« Edouard BLOT, roi 8alBULo«i%li

LA BELItiiKUSB.

de la saison, cette femme qui glisse dans l'ombre, comme le génie de la bienfaisance» n'est-ce pas qoe vous avez scuti votre cœur battre d'une sainte admira* tjon, et qu'une Inrme est tombée de votre paupière? — Unique et silenc'eux hommoge rendu à la plus belle des vertus, et le seul vraiment digne de la religieuse!

!!ceur de Tïiif re-ranie ae bon sceoun.

Où va-t-elle cependant d'un pis si rapide, i rhenreeQ le rkht Uslmux ouvre û deux batunl^, â une nmllltiide parfumée, ses salm^i écktnnls Je lumière et d'harmonie^ à celte hrure ou les femmes se parent pour le monde, où le ï^age. re^té citez lui, cicîie Tardeur de son foyer qui flamboie? UnanJ Hiivcr et la nuit convient tous les hommes au |ilaisir, où va la religieuse / Elle va, elle aussi, où le plaisir rappelle... elle va porter Ju buis au foyer élrinl d'une pauvre veuve, du pain â une famille alTamée ; elle va disputer à la tombe ce père agonissant, prodiguer des secours  rinforlunée qui enfante dans rabaodim et le dénùmcnt, au malade qui se tord BUT un Ut de douleur, £lie parle du cid au mourant, d'àvenir et d'espt^rance â Fartiî^le ignoré. A toute benre du jour et de la nuit, dans les prisons, dans; les mansardes, elle apparaît, providence vivante, médecin de l'Ame et du corps, les biMs chargés d'aumônes, et les lèvres de consolations. PÏUH d unefiïis, appelée prés du Ut où l'impie eipire en bl.-i>:pbémant ; dans une fin.«ion, près d'un scélératqiiî meurt en niant Dieu, parce que, pendant sa vie, il a nie k vertu, rbumble iervank dei pautrê» ê fait ee que n'avaient pu faire ni rauLorité du prêtre alla justice implacable des homme». La science de Talbée s*csi inclinée devant h foi ardente d'une simple femmet et le scélérat a compris Dieu expliqué par une &ainie< Que de miracles de ce genre se sont 0]>L>rês : que de secrets enfermés dans le sein d'une religieuse 1 que de solennels aveux elle a T*rm â l'heure snpi^^mel Dieu seul poui^ dire le nontbru d'Illustres infortunés, d'obscurs ambîtÎÊui, de génies persécuté;!, de talents avonés et de f ertm sans nom qui se sont Peints entre ses bras î

Leti par leur naltîplicité ■tea.ài Les traiU sailUBls des ptai i q«*eB pronnce, doifcnl i

Ln Mmre ig Jfbfrv-HmK * !■■

ilîtBéei spécUlenem po« seeMttai IB lit des monraiiCs. (Teit à dks tm garde des morU avant lev iakaa^ lesrichci ont êgilement droktl* ministère. QquhI rime s'est einiÉ le préire m sont rcdrés. cesiWi Mmrs de kMsawoiifv. La naît. Ira reur planest nr U raaîsoB abofa hîlest I ÏM tmtmt douteuse îa oo^ prdiemies ém tréptsiéi ftîlkii Ihnde dépiMdllB qui leur a ét« ai ce q[nî se p^mm ilcn dans ceslam si, pûor prisée tant de cavn|ç.fc quelque rév^itioD du gmd bm quels nlracki |>eavecit opcnr M ardente, ct •! k jotiice éUrwéki^ leur ifltireaMittP 7 Qnelqœ diii piêeei d* aioBaaie, neo po«r fi»

commviiualé, liMlâ kor fétamfm signe oeil» c|iii «ers diuféc im nxistîoa, «t ettlle4i «en nsMlili Leur fitcaCTl, «ulofae i b iM

sanimeiil l6d«ail ii ecvifi'Àa

chaqiiijoiir.

ani

Let Mets, ont une triplai

LA KBUGIEDSB.

lées à réconomie domestique ; elles aptoi et les talents de leur sexe. On y enit les langues française et allemande, les ités dans le pays. Leur costume se comde dra|hnoir, d*une pèlerine de même §me étoffe, et d'un voile qui s*étend sur pe. Elles ont de plus une croix en aria supérieure générale est en vermeil, scription, d'un côté, ces paroles : Les teignes.., La charité de Jésus-Christ est itre : Heureux ceux qui sont miséricorles hénis de mon père. Sur Tanneau qui sont gravés ces mots : Un seul corps et

a Charité de Saint-Maurice ont àCharprincipile. Elles se consacrent aux soins i réducation des petites filles. Elles s*enpœu spécial, à aller s*établir dans les coles en seront requises par la supérieure. irtinîqoe, au Fort- Royal, é Saint-Pierre, I, A la Basse-Terre, à la Pointe-à-Pitre, à ^{se. Pèlerines sans patrie, elles vont *avers ks mers, braver à la fois la mort, les ennuis de l'exil.

Sœar ae ^mt-josepA.

Saint- Joseph, établies à Lyon, se consament des prisonniers, dont elles partala captivité. Elles préparent de leurs ellcs-mômes les aliments à ces malheus quittent pas, et, à les voir si empres* [, on les prendrait véritablement pour mères des prisonniers. Même après Texpcine, elles ne les perdent point de vue Drede leurs conseils et de leurs secours, out sont Tobjet de leur sollicitude. Elles elles une maison de refuge et des atelette maison, située i Hontauban, a pris

le nom de SoUiudê de Sainte-Madeleine. Les pénitentes y sont an nombre de cinquante. Leur principale occupation consistée dévider de la soie. La communauté leur abandonne un*cinqnième de leur travail, et elles y jouissent d*une certaine liberté. Un grand nombre de femmes et de filles que leurs fautes avaient éloignées de leurs familles et de la société trouvent ainsi le moiyen d'y rentrer honorablement.

Les filles du Bon-Sauveur, de Gaen, embrassent toutes les bonnes œuvres à la fois : les sourds-muets, les alié* nés des deux sexes reçoivent chez elles des soins particuliers. Elles forment aussi des maîtresses d'école pour les campagnes, et vont soigner les malades dans les épidémies.

La maison renferme encore un dispensaire où l'on donne les premiers secours aux Uessés et aux malades qui se présentent.

Les filles du Bon-Sauveur ont enfin un pensionnat de jeunes personnes, une école gratuite, et une pension de dames, qui ont chacune leur appartement séparé.

Les dames de Sain^Miehel sont une variété de l'ordre des Augustines, qui n'existe qu'à Paris. Cet établissement a un triple but : c'est é la fois une maison de repentir, un pensionnat de jeunes personnes, et un lieu de refuge pour les dames veuves et externes, qui y trouvent un logement et la table. Les différentes classes de personnes réunies à Saint-Michel n'ont aucune communication entre elles, ayant chacune leur réfectoire, leur cour et leur logement.

Les pénitentes s'y divisent en trois classes : 1* les femmes ou les filles amenées par ordre des tribunaux, ou à la réquisition des parents ; 2* les jeunes personnes audessus de quinze ans qui se présentent volontairement; 3<> les jeunes personnes au-dessous de quinze ans, dont le caractère et les mœurs doivent être réformés. Le règlement y est sévère et paternel en même temps ; la variété des travaux et des occupations de la journée éloigne l'ennui et les inconvénients de Toisiveté. Les exercices pieux, la prière, le chant des cantiques, les conversations édifiantes, les sages exhortations, et surtout les salutaires exemples des religieuses, épurent insensiblement l'âme des pénitentes, et les rappellent, par une douce habitude, à la pensée et i la pratique du bien. Il en est peu qui résistent i cette sage discipline, à cette constante et habile séduction de la vertu : beaucoup deviennent, après une courte épreuve, un sujet d'édification pour leur famille. Plusieurs, accoutumées au bonheur paisible de celte demeure, demandent avec instance la faveur de n'en plus sortir.

Le pensionnat est dnrigé dans un esprit de simplicité et de modestie toute chrétienne, qui n'exclut pas la force et l'élévation de l'enseignement.

Le corps de logis consacré aux externes est merveilleusement approprié aux dames et aux demoiselles qui, n'ayant qu'Orne fortune médiocre, désirent vivre dans une liberté et une aisance honnêtes entre le monde et le cloître.

Annoneiades célestes. — Jeanne, femme répudiée de Louis XII, se réfugia é Bourges, où elle fonda un couvent de Yordre de V Annonciation de la sainte Vierge, ou des dix vertus de Notre-Dame. Jeanne elle-même composa la règle de son institut, qui prescrivait beaucoup de jeûnes et d'austérités. Cette règle contient dix chapitres, dont le premier traite de la chasteté de Marie ; le second, de sa*prudence; le troisième, de son humilité; le quatrième, de sa foi; le cinquième, de sa dévotion; le sixième, de son obéissance; le septième, de sa pauvreté; le huitième, de sa patience ; le neuvième, de sa piété; le

HB

LA REIJGIEQSE.

dbîèine, àé sa doukur ou compassioû* leannc donna à ses r«Hgîeusei toutes h% instructions nécessaires pour îmHer U sainte Vierife dans cei dU lerLus : en se Cûnsacrant par le vœu de cht^iteté, a ^t»n exemple; en gardant le silence é cerlaiBs temps^ pour imiter sa prudence; en se$oumcUantà la supérieure, qui doit porter le nom A'ancelle ou servante, pour imiter son humilité; en ne recevant ])uiiil des novices suspectes, pour imiter 8ft foi.

Dame Ânnoaciadc ellette»

Les religieuses portaient un costume dont les dïTférenles couleiirs devaient rappeler sans cesse â leur mémoire la saintf té de leur état et de leurs obligations ;

il consislait en un voile noir, symbole de dtH'ûtioii; un manteau bbnc, craMèmodi! pureti'f ; un icapuloïreï'Ouge, en souvenir de la pns^ion; un balît brun, $\^n% do pénitence ; un ruban lilcii suapond^iit une nieda tlle dVgent; une corde 4 ^^^ nmiidïi leur rappelait les dix vertus de Bbrifft cl les troi i UqmU de celte corde, la flagella tion de Jesus-Chrisl. Entîn; lîi fondiitrice flt donner un anneau à ses rHi;^ieuse!t pour h profp^slnn, convnie une m^rf(U(; de la fidûlité i|ti*pllcs di^vniciil garder à Jésus- Gtlràt, ïeiir q;oux. Les davifn Annondadct eékiteê en- 5eignet^l les enfarîfs do< cLis^f^s imligenlcs.

Le s s<£u ri hmp i la t iè rcs (fe Snint-Th om as de Fi ^/*nfuvf. Os nïligieiisfs du lirrs ordre de Saint-Aug'UJilîn furent élal>*ii'- |,ar K;iîiit TliwTisdi? Villcni-uve, en 1100. Leur hnt r»si de servir li^?: ji livres mal.ides cl dMu^^Lruire la jpuniSi. La c.''n*ui.niiti de U-iir (jr^fes^ioii olFre uue parliniKirilé Tiunni viable : mu^ pauvre Te mine ÏC-*! cmbrasse et leur mol un .iiM]e:iu au doîgl en leur disant ': tsoNvenez-vou'î, ma eli^Ve sœnTp f|ue vouii. devcnei la servante des pauvre.^* Eilles re* ai vent un secours annuel de six mille francs.

Les tlfimrâ ynnïirtines de V Adora H on p^rpéiudh du mini sacrement fmit îles vietu ^îii]]^les. La seconde qualificalion ajouU^e a leur nom vient de cv que, dans chacfue couveo., il y a toujuurs une religieuse en prliivû

devant la talikt de la nuit.

^Dime R^fi^dktioA éa|

Les dameê die Satni-. si là pie s proinesves leur tu I^HHl dure deui ans. Elles leionl ianéi mer des m<^litutricei pmir 1m h pour les camptfraes. On ii>iife fsàii il suIBt qa* elles payent lew j et fasseut les frais de leur l envpjées dnns lei colotitrs.

lift nouvelle l^psbtioii ifMsii^ des maisons conUmp'aiita. flots ■' seule, qui peut serrir de tjpe féan mèliles dû la réforme éa nîsii V d'E^ïpagne en France en ÎHÙL

La règle de cet ordre m ^twmp sœurs sont toujours Tniléea Toir personne; le silettce plies qu'elles disent apréi lendemain; elles chintrâli Cinq beures en éi^f à six es hîw.4 dantune heure. Les exereîœsdfiill leur journée ; elles jeânentlRlM^ institution e$l la prière ponrhAii nent, pour les infidèles el lu plH fûrmé d'une paiLlisse ia erit |iiiti portent lecîtiee; leur eosliw k ■ que de couleur nîmair, d'«ttpft| scapulaire de même cnnlevr qm h voile noir; an di<£ur, elles eelMfl

Les-^anies cKanMmÊnm êâ ÊÊÈtà encore sékxtrMùm^ praliqaeil mi I tudk* Ces df les ' " '^ ncnt un peD^onut.

Les rel ic siècle, du iem|i ém

LA BELMEU^.

c^McriYÎt une régie et leur donna sa siieur pour

Lm filles de son frère et de son oncle y

rlenses. Elles portent, pour marque dislinctive,

« de cuir, lar/;e d'un doigt, sous leurs habits

" Dame Auguslinc de la' Rucollection.

acore les augustines de ia Rccollection, dites i et celles du tiers ordre, où Ton reçoit les lies veuves. La règle de saint Augustin, leur jdu de rien posséder en propre, leur a fait égaç loi du travail pour la communauté.

«es earmélite$ se distinguent surtout, comme ,; cloîtrées, par une extrême sévérité de prin- .disposition de leur règle qui leur a fait une loi -te absolue est, de leur part, l'objet d'une sol- /un respect quelquefois exagérés. Il y a quel- ^ la maison d'une de ces communautés cul be- 'Jques réparations urgentes, et l'enlrce du couvre ouverte aux ouvriers à qui elles seraient

s circonslance élail grave, et la question délisors tinrent cons<'il. On n'avait ni le temps ni ^ d'échapper au danger par la fuite; il y avait ' demeure, et la communauté était trop nom- ^ir trouver un asile momentané dans le cou- ^ns éloigné. Force était donc de rester dans la ■•y vivre plusieurs jours en contact avec des •»n parlementa à travers la grille du parloir, et <-*enu, d'un commun accord, après bien des ii et des difficultés, que chaque ouvrier, avant lis, s'attacherait au pied une sonnette. De cette ^n éviterait les surprises, et les sœurs, tou-

d*ôtre averties de l'approche de l'ennemi, ne f$ exposées à se trouver tout à coup face à face

'> événement dans la vie des paisibles religieuaïve proposition faite par l'une d'entre elles et ^ruoanimilé, rappellent, d'une manière assez

heareiise, le fameux conteil tenu par les roli. Le résultat, cependant, fut différent, et le projet, modifié il est vrai dans son exécution, réussit parfaitement.

Cet exemple d'une précaution un peu puérile ne doit rien faire conclure contre l'esprit de haute piété qui anime les dames carmélites. Cette extrême vigilance sur soi-même est d'une grande sagesse. On ne saurait trop se prémunir contre les séductions du dehors, quand on a promis à Dieu de vivre entièrement détaché du monde. La véritable piété n'existe pas sans une parfaite humilité. Et n'est-ce pas déjà un danger réel que ce langage mondain que l'on a désappris dans le cloitre, et qui peut causer bien des distractions, des retours funestes vers le passé, des regrets peut-être?

Les carmélites de l'ancienne observance avaient un monastère i Vannes, en Bretagne, fondé par Françoise d'Amboise, femme de Pierre 11, duc de Bretagne. Cette princesse y mourut en odeur de sainteté, l'an 1485. Trois cents ans plus tard, une autre princesse de France, fille de Louis XV, prit le voile aux Carnièlîles de Saint- Denis. C'est dans cette même communauté que se retira madame de la Valliére.

Dame Carmi^litc.

D'autres monastères de femmes ont vu d'aussi illustres pénitentes : la reine Blanche, Marguerite de Provence, Elisabeth de France. Anne et Marie-Thérèse d'Autriche, appartenaient au tiers ordre des ClarUses.

Madame de Maintenon est morte à Saint-Cyr. — Spectacle bien digne d'attention que celui de tant d'illustrations qui viennent aboutir au cloitre comme d une fin commune : comme si tout ce qui fut éclatant par la naisnance, par le scandale ou par la vertu, dût s-'expier par la retraite. Ce sont là de grands exemples sans doute d'humilité et de résignation ; mais ce qui est vraiment admirable, c'est le courage surhumain de ces jeunes femmes, qui n'ont rien à «xpier, qui sont restées pures dans la pauvreté, et qui viennent achever dans les mortifications de la pénitence une vie éprouvée déjà par

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