MADAME EUGÉNIE FOA
'est pas fnt qui veut.
Cet axiome est plus vrni qu*il n*en a ]*aîr.
• Car, pour êire doué de ce merveilleux défaut , il faut au préah* ble avoir bien la con* science , non de ce que l'on vaut, mais de ce que Ton croit valoir, c'est-à-dire qu'il ne suffit pas d'être jeune, ^ fait , de charmer tous les cœurs ; qu'il est ^«SKaire d'être i)ien convaincu de sa perfection, k Tadoralion perpétuelle , générale et particu- « qu'on appelle galaniment — d'aucuns di- E^gDunément — la plus belle partie da genre
m^ dans le dictionnaire, fat veuille dire impercie 8*ensuit pas de M qu*i son tour impertinent ^t ' l'impertinence par elle-même est chose commune, insolente, de mauvais goût et de lea ; la fatuité, au contraire, est Timpertioence lue impertinence élégante, distinguée, propre, le, de bonne société, une adorable imperti- I je puis m'ezprimer ainsi.
deux espèces premières de fits : Thomme qui irellement, de bonne foi, qui est né fat, comme »run ou blond; et l'homme qui le fait, oo da ni veut le paraître. Le premier peut avoir de
Fesprit; le second, jamais; l*un est artiste; Tautre, manœuvre. Le fat artiste offre très- peu de variétés dans son espèce; je n*en connais que deux : le fat de beauté et le fat d'esprit. Le premier est naturellement jeune et beau; il a surtout des dents et des cheveux admirables — je vous ferai observer en passant que sans cheveux ni dents il n*y a pas de fat possible; — il soigne excessivement ses mains , ce qui les fait paraître trèsbelles; mais ce à quoi il tient plus qu'à ses mains, ce qu'il affectionne en amateur distingue, et qu'en 6n connaisseur il étale presque avec ostentation, c'est la plus belle collection de gants qui se puisse voir. Le vrai fat se tient droit; observez qu'il n*est pas roide, et, bien qu'il sourie continuellement pour laisser voir ses dents, on comprend toutefois qu'il n*y met aucune prétention, c'est une habitude d'enfance.
Albert a un abandon et une certaine mollesse aristocratiques dans toute sa personne; il est tellement sûr de plaire, qu'il ne fait aucuns frais pour cela. A son entrée dans le monde , il lui est arrivé un bonheur inouï ; il a eu le malheur de perdre une femme de réputation : un hoiDme habile prend ses grades tout de suite à on de ces accidents-lâ. Du reste, ces heureuses infortunes sont très-rares; il est très-rare que la première passion d un jeune homme tombe de prime abord sur une jeune femme simple et bonne; ordinairement les adolescents sont réservés aux douairières.
Car, notez bien, je vous prie, que les femmes les pins perdues de réputation ne sont pas les plus corrompues : ces dernières se se compromettent jamais ; elles filent
gagcmcnl jusqu'au soramel de leur vie une kyrielle d'intrigues plus ou moins embrouillées, qu'elîes débrouïîlent loujourss nvec un art merveilleux , une adresse qui tient du fu'ei&tjge- La feTume qui se perd est celle qui, franche et ingénue , « mis toute son âme sur un seul et unique ûinour; de même que la femme qui eomroet h plus (1 incousêquerices est , sans contredit , h plus purti de cœur* Beo fermée dû os sa conscience c-omme diins une arnmre impénétrable, elle secroil à Tabri des trait* de k médisaDce; et, dans aa naïve innocence * elte ne peut ieuïement supposer qu'on la soupçonne. Tout le monde sait aranl elle qu'elle aime. Du reste, sîicheî<l© bten, ce n'est qu'à son premier amant qu'une femme isp perd : celle qui a eu asseï de bonheur pour dépasser fians encontre le dangereux chiffre î , qui d aUiint le rassurant numéro 2 et le consolant numéro 5, peut bardîment continuer sa galante carrière, et devenir femme de charité a la fin » si cela lui plaît; elle a ia cliance; personne n'y Irouvera le plus pet il mol à dire.
Pardonnes- mai celte légère digrosÂÎon , qui m*a f^né par la ttte, etjjuj n*Étaîl pas inutile à mon sujets comme vous pouvez vous en assurer. Je reviens à mon vrai fat, au fat artiste. Il vient de lui arriver Taccideut que vous savez j tl s est battu avec le mari, car le vrai faleîjt trc«* brave f ne vous y tromper pas* Il a heureusement été blessé : Ta m an t blessé par un mari reçoit avec le coup d'épée un brevet dlntérét qui le sert à merveille. Vojeï~Ie opérer sa rentrée dans le inonde : il est un peu pJlIe ; d'un bras qu'il remue avec peine il affecte une dûlicieu.«e gàuclvcriç, mais comme il est bien fat alors! Quelle mo< deste impertinence est dévolue sur toute sa personne ! comme elle peree bien dans la timide assurance de mn maintien ! comme elle luit dans Json lionnéte rcprdl comme elle êckiedans son silence empreint d'une dùucc tristesse' Il y a de l'impcrUneDce ju^^qïje àma te mol abandon de son salut, jusque dans la charmante h^i^ibilion de sa voîï, lorsqu'il vous invite à diinicr, ou seulument qu'il s'informe de votre sanlé* 11 se pose en victime résignée ï mais suivez tous ses mouvement», exnmîné£4e bien.
Albert vous parle et ne vous regarde pts , ou lui n i! vous regarde et ne vous répond pas» Vous fjut-il uii cornplînient, c'est lui qu'il mire dans une glace; vnnte*(Ml la perfection de votre taille, la sienne se canibre et j^'ai;* souplit; il est toujours en représontnlion, et, certain du Tcffct qu'il vu produire, au lieu de s'en tnrpcr et de preudre l'air superbe du conquérant, on dirait qu'il veut se dérober à son triompbc, qu1l en est embarrasse, presque humilié. Jamais ce n*est lui qui le premier invite une femme â dtinser Mais voyez avec quel talent il m fait inviter : il s'approche en serpent caresiant de celle qui lui plaît; il ae pose devant cite, ou s'accoude uon* cfaaiamment sur le dossier de son fameutl i il mâchonne quelques paroles qui se perdent dans le bruit de h musique ou dans le brouhaha de la Uhr, enfin il s'attire cette phrase insidieuse qui k conduit a sou but : « Est-ce que vous ne danseï pas ce soir, monsfieur Albert? p
11 en cM^ pour luij de ramour comme de la ^mm; jamais il nu hîisardo une déclaration, il laltcnd, il la voit venir.- ♦ el c'est choï^c pénible et humiliante à avoncr, mes jeunes el belles collègues.., cUo lui arrive**, tacitement U est vrai, mais elle ue loi m arrivi^ p^s moiiiî;*». Que rou]€s<vou3?,,« en général, le^ femmes aiment les fats t
Ah ! mon Dieu ! qu'al<je dit? tu voilà nssez pour me faîfc jeter la picmi, et lapider par tout le scie en masse.^. N'importe, le mot est lÂchi^, je ne m'en di^ral pis; ct^bicn «^ue, orsqu'oa parle aux femme « do cette
ifiipcrtînrntiï v?n«it éc ffiilt^in crient, mrii, b prtiuam tsI^Ik i quelle bfirrrorï.*. fc«t'0»iiMr«k qtifl je iiêtr«tjr tinl iv iwniif^iL pas à*un fat poar reletif »ôipMi« de mon soulier!*.. » il ii'cBiA|ik« femmi^^ aîmeiil le* bit» ftfviii CHl colfT9, «mûiir-prafrf Wafi,i «#nlim4!i)tii «Clôt lileQ fn^ le îmaÊ, fp% pus.
ktlrc*it , me crie tigUBWUt ■» «Éi depyt» peti. SI B0fiiêît»ûmtm,9Êmi d colère ni âéfU^ H» àmiÊmwmÊ dépit, iioiit n& l^Bêimumfm.ftmÊi sure fine je prof€«fê pour i profonde iDdifTcrcnci:, «
Non , non . ne rmf^omUÊ ^ épiihéie filas insnIUiilt « Jei« i Yùhlne, rop^TomJ ça ae cainfitoni pee.
Qu'e«l*ee que nom aîiwmk|ile« briller* Sf^eaade question if noos le mmj3S à un l ~ cîiper de lui ffue de J qui enlre an coociirreBee iitr mu mitfire quatilofi eamm/ti êm mànht
$CVOf\éc f|IIOStJ0D,
Pouvons-fioot UIm^ liuâbli noi drolu vC le» méeonuiitrc. o^Ik lement , sans éfiroQTcr a«0ii é» « qui font |Jdrite île oiitfi «Beo I demande.
Voici pour le dêpil, psaaetiriH
Dune paH« Alliert mî ISiieilifii sait trop quil e^L jalî fxvfn, fiii< esl brave; nuils^ ealn , i e^ i i|u'Albeei |iti9s6de à kaâ toslet mé Do l'autre pari , daoi > ciBvét M bi jolie eoimiie de U Uhàt, d» bel matrone, delà 9pmîutUûcmamàtt comme de rélottrdie . n'y i-l-9 f» m nmur-prnprn f|t)i fnil qu*M o'^ fÊêi mmt dr rédiiir<2 U ttip^rbo de c«f !■ fatùtub^ di! IriutnpHcr de wmmfttki ^er qm kouqiic eiiiîji ,\,.
AjuuKu à cola 110 gna éê tmm ena», tûut fe f]iii cet iiidifUeeiftl plaire ; pui:> deiis graJui de caiiflÉfu pas hn^tem^,.,
VoilA cc< <|QÎ fàft la forai do U^wm
Tfiut^^Fai^ une clio»e i dt! fat e^^l oAiureltemaiil i tiiiit ïûît ii«;u apatbjqQe.lllenl»f«iit« Mt de« celles i|u*U poemli Um^ ii^ myrtes qu*ît ne entille |Mil, Vnm^mt bii, mi du Qiobu ve^up eft f ' 1 (ni, il jittte «vtc eof I
^ rJiajxibr« ton chifonk •«■I it j» Mppj odip kt^ttlemcAl» el fM U im fiante %^T aoe gUee placée ffffj iirrivé dav^til cHi*: CMÊsaàÊkm qiîi rt^i plant!
d^ine maîtt, il careiae aa i l'autre te ferd indlOèr«iii# dMtl LilkU qui »caibUiEi| | variée V dans him rkbe Geneed^ifii^ t^rend Ins liillaia m é ee. leatMÎBk^
LE FAT
i moitié ; prend cet autre , ne l^ lit pas du sfois il se contente de regarder seulement e laisse tomber ; puis, entre chaque billet, portent toujours avec amour sur le limpide léte si Gdélement sa délirante image. Quel- Hgts rencontrent une lettre d'une écriture -ci termine rinspeclion» elle est mise de i tout à rheure, quand il aura le temps : il lendant , mais il était si sûr de la recevoir, !ger signe de joie ou de surprise ne plisse
bert, se tient debout, droit, roide, suivant vements , saisissant , pour ainsi dire , un ige , et Texccutant avec la célérité de renée de Vautomate , une créature soi-disant is qui tient encore plus de la machine que lu repos, on pourrait se tromper et prendre \ pour i*ombre d* Albert : c'est le môme me ligne de roideur de plus ; c*est la même ; , de pantalon , de gilet : on devine que le ibille Tun doit confectionner les vêtements t cela est. Théodore , le valet de chasnbre le les habits du mois dernier de son maître.
Mais, au moindre signe, quelle activité ! quel mouvement ! et toutefois quelle impassibilité! les yeux regardent, Torcille écoute, les membres agissent, mais les autres traits ne bougent pas. Que son maître lui donne un ordre^ le loue ou le gronde, c'est toujours la même figure humble, froide, servile ; c'est toujours la môme expression muette, une expression lithographiée. On pourrait le battre, je crois , — mais on ne bat plus son domestique, — que cela ne changerait rien à l'aspect silencieux de sa physionomie.
Du reste, rimpassibilité qui régne sur cette physionomie doit former le fond de son caractère. Obligé par étot d'assister â toutes les actions de son maître, elles doivent passer devant ses yeux comme si elles n'étaient pas; il n'a jamais rien vu, rien entendu ; il obéit et ne comprend pas. Il porte avec le même stoïcisme le billet doux qui indique l'heure du bonheur de son maître, comme le cartel menaçant qui oe fait peut-être que précéder de quelques instants Tinstant de sa mort. Il ne sourcille ni en versant le vin qui doit faire rouler son maître sous la table, ni au danger qu'il court lui-même, lorsque, assis sur le même coussin d*un fragile tilbury, il se voit emporter par un fougaenx cheval, et distingue de loin la
LE VAT
place où il va se casf<^r le cou, La parole esl un objet d^ luie pour lui Jl n*a pas roccasioa de s'en servir ; il y a tels donitslîquea.tlont \e% maUrçs n'ont jamnis cnlÊndu le son de ifoïï* qui ignoreul comnie com|iléleinenl ails sont doués de cet orgnue inultîc a leur pror^ïîsiQii. C'est assez parler du domeslîquc, revenons au nutUre, Le vrai falest peu amouveuiï il esl cppeudiinl siisrepliblp de le devenir, mais c esl rare; car, héUs ! du moment ail il le dcvienl, il esl perdu, ga s ublî mile cesse, sou imperliûcncc tombe, fion réle esl Uni» il peul bien encore être aiuiable, spîriluel, brave, dislinijuc ; il peut d<*venir homme polilipe, magislrat îi!le|Tre, garde national â ebeviil , entrer daus le régiment des spahli d*Arrîf|ue... mais rester hi\,,, impossible.
Moi. «}ui vous parle, j'en ai connu un de ces Tnîi fila : c*élait un abonné de l'Opéra. Il eropit de bonoe foi que loules \m îi mmes élaîeat folles de lui, et il le disait %wm one adorable candeur «^ Ou soir, aadi avec un de s«s amis dans une loge d'à vaut- scène, toul d'un coup it s'écri*^-
— Qtie de baisers de femmes, que de baisers de hmmeSt je viens de recevoir, Nestor î
— Ah çà, tu e^ Ton, Cbarlei! lui répond son ami.
— Ecoute, lui dit Ciiarks sérieusement, reui-lu que je te douue uu coup de pied à duque baîier que je recevrai?
^^ Ça va ! dît Nestor,
Mais â peine ce dernier a-t-il lâché ce mot, que pan!
— Tu vois bieu cette femme en loge de face qui touche une mèche de ses cheveui, c'est un baiser. — Pâli' Celle autre qui rit, c'est un baiser. — Pan! Cette blonde qui baille , e'e^t un baiser. — Fan ! Gettit brune qui ^cnt ^on bouijuct, c*estun baiser... Pan! panî
Au bout de cinq minutes, Nestor demandait grlce.
— Tu y crois, maintenant?... lui dit Charles.
^ li y a toujours une chose de laquelle je suis cor-^ tain, répliqua Nestor se frottant les mollets , e^est que si tu rends ainsi à Tamltië les caresses de Tamour, tu feras bien de choii^lr les amis dans les mfalides. Il faut avoir des jambes de boi^ pcmr résister â tes coulîdcDçes.
tJue chose três-remaniuable, c'est que le vrat fat, tel que je vous le dépeins, est une créa ti ou toute de nos jour>i, et qui n'appnrtieut en aucune façon aux siècles (irêcédeots. La Bruyère u'en fait nullement mention : il faut une grande qu:«oliié de ses caracLores, â lui, pour étiiblir seulement la hase de rédilice du mien, et le lini, ce virnis qui f<iit le charme de ce dernier, y manque t^ncore complètement , — Ex.imînei. Dans la Ëruyère vous trouverea .'homme â la mode. Vesprit fart, l'impcrtinmi. Voateniathn , l'orgueil, la magnifictnce, le cnumge, k glorieux, k ivluptucuiMj t'ambUkux; mais de fat, point,
Lt^ f-iit d'eaprît peut, à sa volonté, se dispenser de beauté, de jeunesse.,, même d'élégance... Tout ce qui di?ttuii;ue Tau Ire au dehors se trouve renfeimé chei lui uu dedans. 11 n'entre pa>i dans un salon la tète haute, le regard fier et en faii>ant un petit bruit de canne pour attirer ratteution générale, D'alKird il n'a pas de canne; Il se glisse comme un serpent, le dos voûté, la tôle basse, le chapeau tenu à deux mains, «^ntre les fauteuils, les chaises ,^ les personnes , jusqu*à ta maîtresse de ta maison, qu^II salue jusqu'à terre, pots se relève peu â peu, jette son regard de lynx autour* de lui : d'un jet 11 i embraiEsé toute la société, et s'est assure que ses frais d'es* prit ne sont pas perdus... Alors il se pose, ne dît d'abord que quelques mots, comme simple préparation, ou plu* l^t pour inviter au silence. Ce premier pas obtenu , Toyci
ikilUattid
gw€C qnel art £1 ils eu apparence^ aetnblée; je dini mlflieqvibi e^t une Ikluité de plni; or lil perdre une de itei parakiu 1 1 non. Un'eftt pii iiécr«d,i tiers cdlol , fïïl-ce mtee t£k% en parlant, aoïl en remaaiti éternuant ; son deipotii^ eili deux TinMs 4e Tepéee ds * trêa-haale et trés^ bonne mc sifice. La ocooie j vît et ri il lui but plus €^fetf9C€ pnari r«t pour j éulm wmj MMiTeiil dana l«i l tl|sé« p dis iois is j Tortofiî, iJB«aréde Pari^ des thé Aires rofioi, ifop I se laaer, se ûàrtï et sa pt des coulitsea de i'Opcn.
Passons maîntenant a la i Ikaille, au ftt JMaaœntte, la parodie est i i'irtï l'na laîtl cale est ni prêt du sabli«e7 se défend du titre qui lut I tant la secoade met d*aff4ev il ter, i le pronver : e'nt i de tous le« i4ulinU. Elit le [ elle le snît le joar dans tmi nuit duqs mm somnïeil; i Blin qui Im coupe ies i qui lu! font wenir èei eofsi vate qui rétnnflep ,saus-pieds le font tenir raîiiti gants glac^ qui le fenicill que sur les mains, de pcv dll ne quitte pas sa [
Le fat muMEutre pc«i en I presque toujours Itîd H pm\t bossu, si la nature Ta i quanti de Teaprîtel dela^ il n'en a jamais.
Celle espèce est] rît partout, eo provinea i fards, dans las promaaidci,!
comptoirs de magaiûiieilal merce que lcon(|ues , dm lai notnires, sur Te^^ca lier les I femmes enfin » eicepté wm faut.
GiiKtare était oé an | esprit, encroûté qa'U i gueil maternel jeté idr 1 faire jour. Ainsi lesté, il J griee SUE ^us eDCora m quartier le pfuelainatf T France ; et la voitt arfai de TEcole de médeelw, œiUada à l'antre, un et floissant réeOeaaattI | pertonneL
Cet autre, n^Mnn pour troufar une ptan 1 1 un nugiain de nna¥iMrta pkoâ sa iiastA da k«ft |« «1 i>*' '"^-4 ai hMivttAiV sîoie a u it la 1 teud a I a iMlaai i \
LE FAT
leauté, et croit k chacune l'avoir lai contentement passe richesse,
yariélé. Il est né â Paris , mais
dirai mieux, dans le commerce st un épicier retiré. Achille est
riche, et il aurait pu mener une t heureuse, si un jour, au balcon nt lui donnait accès, il n*eût rcne autre (dis, ce dernier ne lui eût
de chevaux, où tous deux allaient I ce jour, plus de repos , plus de Iberl est pour lui son type , son ibille, il se chau$;se, il pose son t, il a les mêmes é4|utpages; *ir ses chevaux, qui ne rem|>or- [ui crèvent. Les étés. Albert part e se renferme chez lui ; il ne sort le met pas le nez à la fenêtre, et ^,e de l'hiver, à ses amis qui 8*in- :t devenu depuis si longitemps :
cher : un ciel admirable et des Mais ne pouvant , comme Albert, ins les dames de la haute société,
l'air de les connaître toutes : il :out haut quand il les voit passer
entrer dans leur loge é l'Opéra ; s salons de second ordre , et se lé avec mesdames de Saint-Ernest, de Saint-Charles , tous les saints '. Il mourra de joie le jour ou il es Jeunes seigneurs, ^nes seigneurs^ car, aujourd'hui, Uqui a remplacé ceux de impor-
beaux-fils y muscadins, mtrHfatiif , fashianables, dandys, fu- . se sont succédé rapidement dans unesse française , depuis le comi éminemment dramatique.
Ile a la fatuité de connaître toutes 1 haute société, mais, à Tentcn- «rec tontes les sommités quolcones ministres ; il a dîné hier avec umé un cigare sur le boulevard de celui de Janin ou d'Alphonse Karr; Sugène Scribe lui reproche de deiv demain déjeulier chez de Latou- 3 retraite de la Vallée-aux- Loups.
dans les commencements de sa rivait régulièrement trois lettres ! poste; C(tte fatuité était toute
pouvait supporter l'idée que cet is relations aucunes.
t manœuvre est en tout Topposé nt l'autre est froid, discret, silen- ;elui-ci est brouillon, indiscret,
bavard et paresseux ; à lui le monopole de compromettre les amours vrais ou simulés de son maître; de jour en jour plus insolent é mesure qu*il croit qu'on a plus besoin de lui , il ne met plus de bornes à ses exigences : aussi fat que celui qu'il sert, et du même genre de fatuité, la Éituitéde manœuvre, il feint quelquefois de brouiller ses conquêtes avec celles de son maître. € Qu'est-ce que c'est que ça? — Adieu, mon chér.t! Agathe, b dit Achille lisant, en appuyant sur le ( du mot chéri , un très-joli billet satiné , orné des armes de comtesse, que son valet vient de lui remettre d'une manière ostensiblement mystérieuse, devant ses amis à un déjeuner de garçon.
—-Ave!... aye!...que monsieur daîgneme pardonner... reprend Frank, ou Jean, ou Tom , — c'est encore une fatuité domestique d'avoir un nom anglais, — que monsieur daigne me pardonner, répéte-t-il, feignant visiblement un embarras à travers lequel perce une joie mal déguisée, c'est... c'est pour moi...
— Pour toi, coquin, reprend le fat manœuvre, par ma bonne lame de Tolède ! — terme chevaleresque remis en fureur par le très-spirituel Roger de Beauvoir, — ces valets veulent singer leurs maîtres ; ils font des conquêtes... tout comme nous... et celte Agathe est quel |ue gilsette, couturière, lingère, ou quelque chose approchant, n'est-ce pas, maraud ?
— C'est une dame de TOpéra , monsieur, répond Frank en se redressant d'un petit air d'épicier vainqueur.
— Allons donc, butor! (Notez qu'il entre dans le caractère du fat manœuvre d'accabler son domestique d'épithètes injurieuses.)
— C'est la cousine de la femme de chambre de cette fameuse danseuse qui était folle de monsieur la semaine dernière.
Ce dernier trait d'audace clôt la discussion. Achille remit le billet à son valet, et dit en se retournant vers les convives :
a Parlons d'autres choses, mes amis. »
Ce qui évidemment devait se traduire par ces mots : Parlons de cette danseuse, amis.
En On , je n'en unirais pas si je prétendais dépeindre toutes les variétés de l'espèce du fat manœuvre : j'en ferais des volumes entiers si je voulais ; mais, outre que ces portraits sont déjà faits par des gens fort habiles, et dans les champs desquels il ne me convient pas de glaner, les limites de cet article ne me permettant pas de m'étendre davantage , je me borne donc , pour l'édiûcation de mes lecteurs et leur instruction particulière , d leur citer ce peu d'exemples , et à leur répéter cette phrase insidieuse d'un de nos plus habiles écrivains.
Brillât-Savarin, de gourmande mémoire, a dit dans son livre admirable : « Tout le monde mange, mais l'homme d'esprit seul sait manger. »
A mon tour, voila ce que je prétends :
Tout le monde peut faire le fat, mais l'homme d'esprit seul sait l'être.
LA MAITRESSE DE M