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un héritaf^e paternel, ou comme k loi éci tutioo physique, et se toumeC dodlcoMil, ■ a dit à la mer obéissante : 7V w'trof f» f écrit sur ses épaules hercaléeones : c Ti on d*eau. •
Les porteurs d*eaii forment A Parif ne espm blique qui a établi son domaine dans la ne. I lois, son aristocratie, u hiérarchie même, toc calculé d*aprés les mœurs de cette raee hk patiente.
A Page marqué, c'est-à-dire dés qnll a éd chances de la conscription , rAuTergMl i' gravement et sans inquiétude ven la capiule: place préparée de longue main , auprès d'à | d'un amidei|uc1que parent, car rien n'êckapff à de prévision. Nouveau débarqué dans ce BOBà connaît pas. il ne sait rien, il n*a rien; il k ■ vice d'un autre, il fait un pénible noficîiL ht étiiblit ses rapports, prépare sa dientéle. êèaà byrinthe des rues, réalise quelques ieomomkk il commence a travailler pour son eomple. Wà dcste possesseur de deux seaux en fer-Uanc» f pour plus de commodité aux deux poials affi circonférence d'un cercle on d'un carré Isâf. cent fois par jour é la fontaine pvbliqna oi I son (|uartier général, et part de lA. en êèenmà rayons possibles, pour aller raTilaîllcr ai«e w leuse exactitude les fonlainea privées dn sine comme celles du premier, dans l%6lèl i
LE PORTEUR D'EAU
France aussi bien que dans Thumble mansarde du jt'vre ouvrier. U sait le malin combien de fois dans la irnée ses seaux devront être remplis et vidés, com- »n il aura d'étages, de marches â monter et â dcscen- B, et il combine ses heures, ses voYnçi^es, de manière Le toutes ses pratiques soient satisfaites. Vous ne seez pas capable de dire aussi exactement que lui n quel ornent il vous faudra de l'eau , et de quelle quantité MIS auras besoin : c'est un délai! dont il est tout à fait iulile que vous vous occupiez, et dont il fait son affaire ^ec une intelligence vraiment remarquable. 11 connaît os jours et vient de lui-même sans qu'il soit nécessaire |ue vous l'appeliez : il va tout droit â votre cuisine, y m(re comme dans son domaine , place et déplace à sa :uîse le meuble dont il s'est adjugé la surveillance spéîale, et sur lequel il n'a aucun compte à vous rendre int qu'il ne désemplit pas. Et vous le laissez faire comme . l'entend, vous le laissez sans déûance aller et venir uand cela lui plaît; car sa probité , sa discrétion, vous snt connues : il n'y a pas d'exemple qu'un porteur d'eau il été cité devant les tribunaux pour avoir abusé de la onfiance que vous lui accordez. Si vous ne le payez pas chaque voyage, son livre de comptes est tout simpleicnt le coin de mur avoisinant votre fontaine, sur lequel l trace avec un charbon, en guise de plume, autant de des qu'il vous a fourni de voies d'eau.
Aussilôt que de nouvelles économies lui permettent B donner à son petit négoce un peu plus d'étendue, il e procure un tonneau monté sur deux roues, que, iioyennant une légère rétribution , il fait remplir à des ODtaines placées pour cet usage dans les différents [uartiers de Paris. Ce tonneau, qu'il traîne à bras d'une nanière fort pénible, surtout dans les rues montantes, !St pourtant une grande amélioration pour lui ; il trouve
s'en servir une économie considérable de temps, et, l'ayant plus â faire un voyage par chaque voie qu'il durait, il peut arriver à doubler, à tripler même le nombre de ses clients.
Enfin , à force de multiplier ses relations et d'arronir la masse de ses prolits , il atteint le sommet de échelle , c'est-d-dire qu'il achète un cheval , puis un econd, puis un troisième, qu'il attelle à autant de >Dneaux*: alors il est maître, il prend à son service ne quantité de subordonnés proportionnée à l'imporince de son commerce ; c'est tout a fait un personage.
La hiérarchie des porteurs d'eau a donc ses quatre egrés bien distincts. Nous n'y comprenons pas celte ulre classe a part qui ne veut dépendre de personne , iincmie jurée de tout progrés, espèce qu'on peut regarer comme l'exception dans celte société, et qui en est omme la partie indocile et nomade. Les routiniers dont lie se compose tiennent invariablement aux deux seaux omme à un milieu de prédilection; ils nient l'avantage es tonneaux; ils regardent d'un œil méprisant les fonaines publiques, et vont obstinément puiser l'eau à la iviére. En arrière d'un demi-siècle sur noire époque, ils lous reportent au moment où écrivait Mercier, le piquant lUteur du Tableau de Paris:
« Les fontaines publiques sont si rares et si mal enrelenues, qu'on a recours à la rivière. Aucune maison jourgeoise n'est pourvue d'eau assez abondamment. Vingt nille porteurs d'eau, du matin au soir, montent deux eaux pleins depuis le premier jusqu'au septième étage, tt quelquefois par-delà. La voie d'eau coûte six liards m deux sous. Quand la rivière est trouble, on boit l'eau rouble; on ne sait pas ce qu'on avale, mais on boit tou* ours. »
Ce qui prouve que les idées rétrogrades mènent rare* ment à la fortune , c'est qu'on voit presque toujours , parmi les porteurs d'eau, ceux qui sont demeurés opiniAtrément ûdèles aux anciennes traditions vieillir et mourir sous le harnois, misérables et chétifs, conservant â peine un filet de voix chevrotante pour avertir de leur passage quelques pauvres pratiques disséminées de loin en loin. Mais les rangs de cette classe exceptionnelle s'éclaircissent de jour en jour, et bientôt il n'en restera pas un vestige, non plus que des comtes et des marquis; nous sommes arrivés au moment où le temps, qui met toujours la dernière ir.sin aux révolutions, doit nécessairement emporter dans sa marche impitoyable tous ces vieux restes de l'ancien régime.
Le porteur d'eau a ordinairement de vingt et un ans à quarante; sa taille varie de cinq pieds cinq à cinq pieds neuf pouces. 11 est coiffé d'un chapeau en cuir bouilli, dont les larges bords remplacent avantageusement, suivant l'inconstance du climat parisien , le parasol ou le parapluie. Son vêtement ne suit pas la loi des saisons; il est toujours en drap , selon l'axiome favori de l'Auvergnat : ce qui préserve du froid peut garantir de la chaleur; il tient le milieu, par sa forme, entre la veste et l'habit, c'est-à-dire que ses basques arrondies s'arrêtent exactement a cette portion du corps humain qui commence où se terminent les reins, et finit à la naissance du compas. Une écharpe rouge roulée en ceinture autour du corps, un pantalon Qotlant, en velours olivâtre, des guêtres delà même étoffe, et de monstrueux souliers, garnis d'une énorme quantité de clous à grosse tête, complètent ce costume tout à fait pittoresque.
Que le soleil verse à flots ses rayons sur le pavé brûlant , ou que la pluie fouette fortement les vitraux , le porteur d'eau est à son poste : il marche avec la légèreté de l'hippopotame , et fonctionne avec la régularité impassible de l'horloge. Dans l'exercice de ses fonctions, il est si régulièrement droit, que, si vous laissiez tomber sur lui, du zénith au nadir , une ligne perpendiculaire, vous le couperiez certainement en deux parties égales.
il apporte avec lui de l'Auvergne toutes ses qualités, qui sont comme un fruit du pays. Patient, exact, laborieux, et, par-dessus tout, économe et sobre, il lui faut chaque jour plus d'efforts de calcul pour composer son dîner de peu , qu'il n'en fallut une fois â la reine d'Egypte pour dépenser plusieurs millions dans le sien. Quand vient le soir, et que patron et subordonné récapitulent ensemble, il s'entasse compte sur compte, et jamais livres en parties doubles ne sauraient remplacer les ressources de cette mémoire, dont l'amour du gain est la sauvegarde, et qui retient avec une étonnante facilité les calculs les plus compliqués.
Cet homme , que nous avons montré si compassé , si méthodique , s'anime pourtant dans cor- -î nés occasions. Qu'un incendie vienne à éclater au m ^e la nuit, il ne fait qu'un bond de son lit à so»n to que les rè-
glements de police lui enjoignent de rentrer plein cha* que soir; il s'élance avec ardeur vers le lieu du sinistre» au risque d'accrocher les roues de sa charrette à celles des pompes qui roulent avec fracas et brûlent le pavé; il lutte de vitesse avec ses confrères; s'il a un cheval, il l'excite de la voix et du fouet; s'il est attelé lui-même au tonneau , le jeu de ses muscles devient effrayant d'énergie et de vigueur. Dans quelle admiration nous plongerait un pareil dévouement, si la récompense promise par la ville â celui qui arrive le premier ne venait , en nous rappelant un amour du gain devenu proverbial , élever
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LE PORTEUR D'EAU
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Les crieurs qui fom Dissent à notre étude des phcnomènes ou des monslruositt'^s vocales ne sont pas rares à Paris; on en rencontre de tous côtés : celui qui a Tofeille sensible et exercée peut en trouver des échantillons dans tous les corps d'états, parmi les hommes oomme parmi les femmes.
11 y a également dans le cri du porteur d*eau quelque du>se d'alarmant et de sinistre. Celui qui ne connaîtrait
Cs sa signiGcation toute pacifique en serait saisi d'efd, et le prendrait pour le cri d'une âme en peine, d'un ■ homme en détresse. C'est un son semblable à celui qui frappe nos oreilles dans les nuits de malheur, au sein des émeutes, au milieu des flammes ou des flots. Souvent 0 nous a rappelé le cri que nous avons tant de fois entendu, dans notre enfance, sur les bords du Rhin et de la Moselle, que l'on entend au reste partout où il y a des fleuves, le cri du voyageur attardé, lorsque, d'une rive à l'autre, il appelle le batelier. Souvent aussi il nous a semblé que nous entendions le hurlement nocturne du chien qui a peur, ou, comme on dit dans le peuple, qui sent le cadavre.
Toutefois, il ne faut pas conclure de cette observation que les porteurs d'eau sont plus méchants on plus som-
bres que d'autres ; c'est h la nature même de leur état qu'ils sont redevables d'un cri si peu harmonieux. Gomme ils ont aflaire à tous les habitants d'une maison, et que leur voix s'adresse aux ménagères de tous les étages, il faut bien qu'ils cherchent un moyen de se faire valoir le plus possible, afln que leur signal ressorte au milien du bruit des mes, du roulement des voitures, des cris des autres marchands, et parvienne jusqu'au tcit des immenses bâtiments qui renferment leurs p^al»^."^; quelquefois ils remplacent le cri par un cliq«v. '**'* « l'anse de leurs seaux.
Les porteurs d'eau que les voyageurs ont rencontrés en Arabie, et surtout dans les cités saintes, méritent bioi de notre part un moment d'attention, ne fût-ce que pour servir de point de comparaison, ou pour faire pendant A notre tableau. Les %aka», ou porteurs d'eau de It Mecque, ont des outres sur le dos, et se tiennent de préférence dans les lieux que fréquentent les étrangers. A la sortie de la mosquée, surtout pendant la naît» les plus riches des pèlerins payent k un sakas tonte la veleur de l'eau que renferme son outre, afin qu'il en fiuse aux pauvres une distribution gratuite, ce dont le sakas, en vrai musulman qu'il est» s'acquitte consdendensemem
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LE PORTEUR D'EAU
; leur Tisage est enflammé, leurs yeux flaro* 3t sortent de la tèle ; vous diriez qu'ils vont se ; point du tout : ils font subitement une demi- Ion, accompagnée d'un haussement d'épaules, signifie qu'ils se prennent en pitié et veulent tte fois s'épargner. Les voilà donc séparés, et usez qu'ils vont s'éloigner pa siblement chacun côté; attendez un peu : ils auront à peine fait s pas, qu'ils se retourneront pour se lancer de 38 injures, et reviendront prendre cette même menaçante dont vous aviez frémi. Ce manège !U trois fois, quatre fois, jusqu'à ce que. enfin, B deux poings levés, perdant patience, s'abatte hef ennemi avec la pesanteur et Taplomb d'une , Ce n'est qu'à ce moment que la galerie, jus- ( immobile, s'interpose entre les combattants .
on les force alors d^entrer chez le marchand de vin, où, le verre à la mdn, ils commencent par expliquer longuement, et finûtsent par oublier tout à fait le sujet de leur altercation. Quelquefois une discussion d*une autre nature s'élève : chaque champion revendique d son honneur les coups les plus solides et les mieux appliqués, et peu s'en faut qu'une seconde lutte ne s'engage à Teflet de prouver auquel des deux apoartenait Tavaniage dans la première.
Après vingt ans de travail, le porteur d'eau retourse dans ses montagnes, se marie, achète une chaumière et un champ qu'il cultive lui-même, envoie ses enfants faire comme lui fortune dans la grande ville, et meurt après avoir monté et descendu dans sa vie plus de degrés que n'en avait l'échelle de Jacob.
Fortcur d'eau du temps de Louii XY,