RODOLPHE D'ORNANO
txuni. nz ity^ntr-cvnê
ti dbâit autreroîs : « Le Françûis né malin créa le vandcville; » je propoHe de réformer cet jidi'^ge en disant : m Lô Français né Françaîi créa l'anglomanie. » Sî ccUe vérité noUire et ce lait patent poivaieot ùlre mis en dlscussioo^ le litre seul de cet arlî* de en lerait la dmonstralion la plus couva inca nie. Nous voudrions esquisser un lyper l'analyser» le nuancer même ; il est de^^tiné à une collection éminemment française, et soui quel titre le pn^scnions-nous à nos lecteurs françaii^i? sous un titre tellement anglais^ qu'il est composé d'un adjeclif welschc et d'un suùsianlii aorigijie saioune» sorte de contraction gramroatLcale ou logomachie f\m m saurait appartenir qn à la langue de Bluk^pcare et de i^llUoo. Et pourtant ([ud lecteur ne devioera pas h cho^e dont nous allons parler et que tioEis voulons pdudre? Qui demandera si le sport^iman est une profesMon inconnue que le livre de outre éditeur va nous révékrV On aurait de la peine à trouver un Français assez béolien pour demander si notre fiêros est un surveillant aux écorces d^orange des Funambules ou une nouvelle édilîoii du fabricant de cigarettes en papier de réglisse.
La France est certainement le pays da patrlûtbme , mm ce patriolisme nous permet de ne jamaLs rester
FrançRis : sous la Réptiblique et le Dîfecloiit, ifittlài Grecs et Bornai ns; les femmes portaient docU» à méandres, et noua avions des oHinei «IfHpif toutes les proclamations finissaient |ttr dcf fi«Hfi| en riionneur dé LêonidaB on de Pli|lopcBMi;fli les fêtes publiques on noui monmîl d^ iîttll»li< ronnés de feuilles de cllène et diintânl m chcv odes d'Uorace bien ou mal traduites. Soaik lobni nous sommes devenui oéo-Grect. lâmiîi Mvh a-t41 fait battre les cœurs de nos fèoiaMs i té§ brare Canaris? La bataille de Waterloo wfom i44i répandre autant de larmes quo les dénstra il solonglil? Je le demande el j'ta réiai â kvl publique.
Toutes ces belles générosités noas oqI okêê H tien d'une expédition de TÎngl^qiiatre milli ha l^râce â laquelle nous jouisKOQs du prifllêfe fito Çonnés avec prédilection quand nous vliiliaat Isd de Sparle ou les testiges d'Argos.
Depuis iS3Û, nous avonj prodigué la tiiiB< sympathies auï Belges» Polonaii, lUUÏsi Espagnols , filexicaias et GanAdîems , el il i pendant ces neuf deruièirs innées nOQS ^Wt^ \ plus FrançaU tjue sous l& République tti mm H et k Restauration. Mais de taattt i ques, une seule est durable «t l parmi nous : c*êst Van§lommmM§,
Nous pouvons Toir de nos jcmn ne li i^h i est descendu dans ta tombe ivee M. Dtrii:iki| lénc o*est plus une protessioti Ubèr^, m q^
LE SPORTSMAN PARISIEN
ivec la Belgique et le Canada n*est déjà plus de si bon goût.
J'arrive a la monographie du sporlsman ; mais, avant de porter la main sur celte arche sainte, il est bon de •'arrêter un instant.
Le cadre dans lequel on ni*a circonscrit est bien étroit, mais le beau titre de i^ofri^matK n'en est ivis moins un symbole de l'inGni : le sportsman n'est- il pas de tous les âges, de tous les sexes et de toutes les conditions? N*oflre-t-il pas autant de variétés que la race des quadrumanes depuis les orangs jusqu*aux ouistitis? N*avonsnous pas le sporlsman à cheval, le sportsman à pied, le sportsman riche, le sporstman ruiné et même le sportsman qui n*a jamais eu rien à perdre? Qu'est-ce que le jeune duc et pair qui possède un haras et Tattelage le plus irréprochable de Paris? Un sportsman. La fraction d*un agent de change qui va se promener au bois sur une haridelle qui a traîné son cabriolet pendant toute la semaine , le clerc du notaire et le commis marchand qui vont équîter à Romainville ou à Montmorency, ne sont-ils pas des sportsmen? La jeune vicomtesse tout exquise, et dont la tenue é cheval est d'une si délicieuse hardiesse, est encore un sportsman femelle.
Sportsman est aussi la demoiselle entretenue qui galope à tort et à travers sur un locatis. Et que Ton n'aille pas croire que cette énumératîon contienne le sommaire de l'innombrable tribu des sportsmen : nous les retrouvons jusqu'au tir aux pigeons, et même en deux classes, savoir : le sportsman qui tire et le sportsman qui regarde tirer. Nous rencontrons les sportsmen à l'école de nata* tion, dans les salles d*armes, au tir du pistolet, é la joute des coqs chez M. Tourel, et jusqu'à la petite Villette, oà Ton fait militer des cochons d'Inde.
Mais comme un traité complet et raisonné de toutes les variétés de l'espèce nous conduirait à composer im ouvrage aussi volumineux que l'Histoire naturelle de M. de Buflbn, on va se borner à la monographie du sportsman original et complet, qu'on pourrs considérer comme l'archétype de l'espèce.
Le sportsman ne s'embarrasse pas d'être gmftZibomms. il est g^nllfinan, et c'est beaucoup plus dire, à son avis. Il a hérité de M. son père, ancien négociant, d'une trentaine de mille livres de rente qu'il mange honorablement en avoine, en paille, en éponges et en étrilles. Il a changé son nom de Corniquet ou de Grosbedon pour un nom de terre; mais, par un sentiment de saine phi-
LE SPOUTSMAN PARISIEN.
losophie, de simplicilé modeste et d'équité qui fait beaucoup d*honncurâ son caractère, il s*est abstenu de prendre le titre et d'arborer la couronne de comte. Son abord est Troid et cérémonieux . quoique assez poli : par une faiblesse qu'on rencontre assez généralement chez les ) grands hommes et qui lui est commune avec Louis XIV et Napoléon, il ciicrche â produire une impression profonde sur les gens qu'il voit pour la première fois. Le grand roi et Tcmpcreur arrivaient à leur but , Tun en déployant une majesté toute royale , Vautre en affectant une brusquerie qui n'était pas toujours dépourvue de grâce et d*aménité. Le sporlsman atteint le sien par une simplicité charmante. Ainsi donc, à votre pn^mière entrevue , vous lui demandez des nouvelles de son ami, ce pauvre M. Flcury d'Arboisqui vient de se casser les deux jambes en tombant de cheval. — Ce n*est rien pour Vhomme, répond le sportsman de sa voix lente et anglaisée, j'ai eu la cuisse droite et la jambe gauche toutes hrisàs dans une chasse du Leicester-Shire. — Mais vous conviendrez, monsieur, que, s'il a, comme on dit, deux énormes trous à la tète, il peut y avoir du danger. — Cela peut être dangereux : en tombant avec Little- Boby dans une chasse du duc de Buccleugh, nous nous sommes ouvert le crâne tous les deux, et me voilai mais ce pauvre Boby en est mortlll
Si vous n'êtes pas frappé d'admiration pour un si beau stoïcisme , c'est que vous n'avez pas en vous le moindre germe du sportingcharacter.
Le sporlsman en question n'est plus de la première jeunesf:e : s:i mise est simple et pourtant de la plus grande recliorcho. Son linge est toujours d'une aussi entière hlancluur que les organdis de M. Planard. Ses bottes sont toujours satinées et lustrées par un vernis fulgurant. Jamais il n'a adopté les cravates longues ni quitté les cols de chemise; ses pantalons, scrupuleusement collants, annoncent une jambe sensiblement arquée, et semblent accuser une longue habitude du cheval.
Il est revêtu d'un newmarhet vert foncé, lequel est d'une coupe irré|irochab!e . et lequel est illustré par des boutons au timbre du Jockey-Club. Il porte, suspendue à une énorme chaine d'acier, une montre, véritable cbronomèlre à seconde indépendante, qui lui permet d'apprécier avec une rigueur astronomique la vitesse des chevaux de course , et d'apporter la ponctualité la plus minutieuse dans toutes les prescriptions de l'hippiatiique.
(i'est quo le sportsman est essentiellement un homme d'ordre et d'économie; sa frugalité est auîisi supérieure à celle des anciens Lacédémoniens que notre grand Paris est au-dessuN de la ville de Lycurguc (c'est, bien entendu, sous le rapport de l'étendue superficielle et de la subtilité dans les larcins).
Ainsi, vous le voyez, pour se faire maigrir de quelques livres , avaler avec une résignation surhumaine les aposèmcs les plus acerbes et les préparations les plus révoltantes ; pour soulager son individu d'un abdomen un peu trop saillant , ou d'une cuisse un peu trop charnue, vous le verrez pendant quinze jours ne manger que de la salade, ne boire que de l'infusion de bourrache, et faire deux fois par jour la route de Paris à Saint-Gloud, couvert de llauelle , et par un dévorant soleil d'août. Qu'on n'aille pas croire qu'il soit insensible aux plaisirs gastronomiques, aux doux charmes d'un vin de bon cru ; invitez-le après une chasse d un repas de gentleman ; vous le verrez manger avec un appétit féroce, en buvant comme un Silène; et puis il quittera la table d'un pied ferme, y laissant au-dessous de lui tous ses compagnons
endormis. C'est qa*fl t'est imposé U loi de ne jv sortir du flegme qui lui a fait improviser celle réf en style laconien. Une belle dame lui demandait, ai n d'un steeple-choie, si l'un des jjFenlIemcn-ridm, no lement blessé dans une chute , était dqi nort : c ^ répondit-il. C'est cet air de sang-froid permanent fi donne l'apparence de l'^oîsme» et qui roaniae la s riorité du sportsman pur insulaire ; c^est a eeuc w rable sérénité qu'il doit de n'engager son argent dan paris qu'avec une parfaite connaissance de caase, c rendre cinq yards au chasseur le plus consoBuné | le tir aux pigeons ; ce dont il augmente infaiUibki son revenu de cinq i six cents louis par an. . Le sportsman, comme tout homme spécial, tAi conversation trés-monolone ( lorsqu'il conscal à p toutefois).
Je ne sais quel auteur anglais a dit qu'il ne em sait rien de plus ennuyeux qn'un sportsman* â boîbs ce ne fussent deux sportsmen. Mortellement tKÎti lorsqu'il se trouve dans une société étrangère aox i liorations de la race chevaline , le tiporlsaaa en d'une intarissable loquacité lorsqu'il rencontre n i homme aussi spécial que lui : leur oonTersalioB r exclusivement sur les favoris du Derby et surtoat n stud hook. C'est que la superstition du pwsaiji pour lui plus qu'un axiome, un théorème incoatetfi c'est une religion , un fanatisme » un fétichisBe! proclame, il la soutient avec une égale énergie poa chevaux, ses buU-dogs, ses coqs de conkal, mi vriers et ses pigeons pattus. Il en soutiendrai b prématie, fùt-il en rivalité avec une altesM rs] fùt-il dans la boite  clous de Régulus, ou sar kp Guatimozin !
Ne croyez pas que nous nous présentions in M adversaires des chevaux de pur sang , et qatansi^ intention de proposer, comme je ne sais qnd pnéî nal, de remplacer les courses de chevaux pardacai d'ânes, ces derniers devant fournir des résalMi I coup plus philanthropiques et plus avanlagcaxà dustrie de notre pays; tout ce que nous voulons cH c'est que la question de la prééminence du par m la seule chose sur laquelle un sportsman ne panse sonner avec son calme habituel. Il vous pemcttné républicain, saint-simonien, fouriériste; de méprii charte constitutionnelle, de traiter Louis XIV de ck tan et Racine de polisson ; il vous passera de np l'obélisque de Luxor ou Louqsor, si vous l*aimes ni
comme un tuyau de machine à vapeur, et i laissera dire que les pavés d'asphalte sont i peu trop dispendieuse pour être excusable; mh grâce, n'allez pas lui parler d*un cheval sans géai gie, et ne lui dites pas qu'il pourrait offrir Im M qualités qu'une bétepur sang, un descendant dTJffal Godolphin; vous le verriez s'emporter, lugir, éoa et personne n'ignore combien est terrible la eaUn gens habituellement placides.
J'oublie de citer un autre sijet sur lequel ^ ifi man ne soulTre jamais la discussion : c'est U i de l'école anglaise sur l'école fimnçaise. Il i profond mépris pour tout ce qui est éco de manège, et prétend que, sauf M. le ma aimerait mieux confier un cheval au i boutique qu'au premier écnjer de la niaea al de k varre, en y joignant la Corse et TAlgérie par-dMi marché.
Sur tout autre sujet, le sporlnaan est de la fiai faite indifférence, je pourrais dire de la iBiili complète ; et je n'en serais pas (
LE SP0RTS5IAN PARISIEN
il croit encore aux classiques et aux romantiques ^ la musique lui est ce qu'il appelle insipide, et quant à ce qui re!:rarde la politique, ses idées, fort peu distinctes d'ailleurs, ont une léc^ère tendance arislorratique , attendu qu'il a visite rAnglelcrre , et que les meilleurs chevaux qu'il ait jamais connus étaient possédés par des nohlemen, ou tout au moins des gentlemen : c*est la seule observation qu'il ail rapportée de ce pays-ld. Il n'a jamais pardonné au général La Fayette sa préférence exclusive ou son engouement pour les chevaux blancs : il pencherait assez volontiers du côté d'une forme de gouvernement despotique qui supprimerait la garde nationale, parce qu'un de ses chevaux a reçu une atteinte dans les rangs de la milice citoyenne; mais il n'en accorde pas moins rhonneur de son estime à M. le duc
d* depuis (ju'il en a reçu une garniture de boulons
de chasse en bronze argenté. Pour compléter cette esquisse morale du sportsman français, nous dirons aussi que, avi'c toutes les apparences de l'égoîsrae , il est au fond trés-humain , serviable , assez reconnaissant des services qu'on lui a rendus , et très-susceptible d'attachement pour les hommes, et principalement pour les bétes. II a nourri dans la plus molle oisiveté jusqu'à la fin de ses jours Counter-Port, son premier cheval, mort, à l'âge de vingl-quatre ans, de vétusté non moins que de vieillesse.
Nous voici parvenus aux linéaments les plus délicats de notre portrait, et les détails vont manquer à Thistorien. Vu l'insuffisance des documents, il va présenter sous la forme du doute ce qu'il a cru voir des rapports du sportsman avec la plus aimable partie du genre humain. Jamais le sportsman, homme de continence et de convenance, ne s'est afliché avec des femmes suspectes ou décriées ; jamais aussi il n*a couru les salons et la haute, comme on dit au club.
Tout tendrait donc à nous faire croire que le sportsman est destiné à mourir dans le même état de pureté que le chevalier Newton, seule analogie qui doive jamais exister entre lui et l'illustre auteur du binôme. Il y a pourtant des gens bien informés qui soutiennent que, depuis la première jeunesse de cet homme impassible, il entretient la même passion pour une femme de condition mitoyenne avec laquelle il a l'air de se conduire à peu prés maritalement, sans qu'il existe aucun dérivé connu de celte conjugaison. Ce qui peut faire admettre cette supposition téméraire, c'est que tous les jours, et trésexactcment, il quitte le club après son dîner, vers sept heures et demie, pour n'y revenir que vers onze heures du soir, et que. pendant tout cet intervalle, on n'a pu l'apercevoir en aucun lieu de la ville de Paris où l'on rencontre infailliMement tous ceux qui se promènent incognito. Ces gens bien informés ne manquent pas de citer à son sujet une historiette assez excentrique: mais c'est l'unique velléité de galanterie qu'ils aient à lui reprocher. Il paraît qu'il s'était épris de passion pour une de ces charmantes femmes qui fourmillent dans tout Paris, laquelle personne était ou se faisait passer pour Espagnole. On entendait continuellement notre ami chanter avec frénésie, et à l'éternelle gloire dç M. de Musset, cette romance alors en vogue :
Avez-vous TU dans Barcelonne Une Andalouse au sein bruni?
Malgré cette touchante application, TAndaloase lui tenait, comme on dit vulgairement, la dragée haute; mais elle finit par lui avouer qu'elle mourait d'envie d'avoir une parure de tourmalines qui se trouvait chex Meller, et
qu'elle lui désigna de manière à ce qu'il ne pût s'y tromper. Or, la parure devait coûter dix mille francs, et il avait sur-le-champ besoin de celle somme pour faire venir de Londres le fameux Saturnus, la perle des écuries de Tatersall. En outre, il fallait se hâter, car ledit Satumus pouvait lui être enlevé par lord S..., ou par tout autre riche amateur. Grande était sa perplexité! Il fallait, ou retourner chez l'Andalouse avec i'écrin, ou n'y pas retourner du tout. C'est le parti qu'il prit, et le jour suivant, il donna l'ordre d'acheter Satur* nus. qu'on peut voir encore aujourd hui dans son écuriemodèle.
Pour ce qui regarde les habitudes et la vie matérielle du sportsman, il habite une rue voisine des Champs- Elysées, prétendant avec raison que la traversée de Paris abime les chevaux de selle : il se lève tous les jours à huit heures, il se couche entre une et deux heures du matin ; jamais il ne fréquente les bals masqués, il ne va presque jamais nu spectacle ; vous le trouverez quotidiennement au bois de Boulogne entre deux et cinq heures, quand il n'est pas aux chasses de l'Union ou de M. le duc d'.... Li, il fatigue d'ordinaire deux chevaux (qui l'attendent à la porte Dauphine) en leur faisant faire à chacun un tour de bois, et les lançant par-dessus tous les obstacles de la porte d'Auteuil, le chenil, c'est-à-dire le double fossé et la double barre (excepté toutefois la barre Potockiy bien entendu).
Pour qu'on ne puisse pas nous accuser d'avoir peint les sportsmen à leur désavantage, nous allons montrer celui-ci dans toute sa gloire, c'est-à-dire dans son écurie. C'est là qu'il triomphe ! Il est dans son écurie complètement beau, royal, épique! Figurez-vous une petite maison en briques, bien exposée au plein midi, à l'extrémité d'une cour vaste, aérée et soigneusement sablée, où uno demi-douzaine de chiens, tant lévriers que danois, griffons, bulls-dogs et terriers, ont l'air de traîner une existence assez inutile. On vous ouvre une porte ornée d'un bouton de cuivre éclatant, et vous êtes dans le tabernacle hippiatrique. C'est là que le sportsman passe toutes ses matinées; aussi reconnaît- on partout l'œil da maître : les litières sont fraîches et soigneusement renouvelées, les stalles d'un bois de chêne bien poli ; une paille blonde et consistante est suspendue dans les râteliers, une avoine sèche et farineuse circule dans les mangeoires.
Voyez donc comme ils sont heureux et gracieux, les habitants de ce splendide logis! comme ils ont l'œil vif et brillant! voyez comme leur poil est fin, souple et poli ! Peut-on blâmer un sportsman de passer |ine partie de son temps dans such a stal? Que l'on ne me parle plus de mameluk pleurant sur son coursier, comme du type de l'aiTection qui peut unir l'homme à la bête : l'amour du sportsman pour ses chevaux me semble aussi supérieur à celui de l'Arabe que l'attachement du pélican blanc pour ses petits, qu'il nourrit de sa chair, l'est à celui du sarigue , qui se contente de porter les siens dans sa poche velue. Lemameluck aurait-il inventé, comme l'a fait le sportsman, de faire conduire un cheval de course en voiture au lieu du rendez-vous, et de faire voyager avec lui un tonneau rempli de la même eaa qu'il a coutume de boire?
Mais continuons de visiter les écuries dont le maître fait les honneurs avec une prévenance si jubilatoire et si courtoise.
Nous pouvons remarquer ses boxes garnis de bouches de chaleur moyennant lesquelles on peut procurer à des chevaux en condition la température la plus convenable; la sellerie, véritable musée équestre; tes
LE SPORTSMAN PAî^îSIEN.
remises, immenses magasins où se trouvent réunis tous les chefs- d*œvre de la carrosserie britannique. Pour tout cela, le sportsman éprouve un sentiment vif et profond qui participe de Tamour (fifun jeune homme ressent pour sa première maîtresse, et de la passion qui pousse un avare à mourir de faim sur un monceau d'or.
Terminons ce tableau de genre par une anecdote dans laquelle nous avons joué un certain rôle, et qui nous semble vériGer ce que nous avons avancé de rattachement que le sportsman a pour ses chevaux.
Il y a un an à peu prés, je suivis une chasse assez brillante. Le cerf, lancé dans les bois de Versailles, alla se faire prendre auprès de Rambouillet ; nous eûmes sept heures de chasse, et je revins de rhallali avec notre sportsman, lui à pied, tenant son cheval par la bride, moi monté ; car, ayant un cheval de louaJ[C, et je le dis modestement, je me sentais fort peu disposé à épargner la fatigue de mon poids à celte vénale créature. Après une heure de marche, par une pluie battante, nous arrivâmes â la porte d'une auberge où je laissai mon cheval entre les mains d*un garçon d'écurie ; et, comme nous mourions de faim, je me chargeai de commander le dî-
ner, qui fut servi an bout d'une prévenir mon compagnon, qne j*af ait Uiné nué, barrasse, bouchonnent ton che?al aite sollicitude exquise et d'agitation fébrile os Comme après un quart d'heure d*aUenle mm n'arrivait pas, et que Je le saTtu d'aillem dans ses résolutions, je me mît à table, je ment, et, après un dessert un pennMiina q« m'endormis dans mon lauteiiil. J*lgnore temps dura mon sommeil ; mait il dni toe car la chandelle qui m*éclairaii élait lélute sa longueur primitive quand je torifdllé pi qui entrait avec fracas dans la chambra. Sa i alerte, sa figure était rayonnante de prit les mains avec nn air d'expaanoD me disant : c Mon ami^ mon bon amil... (jV hébété par le sommeil et ttupébit par eel tnmé d'affection cordiale), Coroner « dit-il avec une voix chevrotante et en an œil humide.
A présent nous devons é noi lectean le de ces innombrables satellilet qni gnrilo notre planète, en s'efforçant de mérilv el
hrtéi
-jJà
LE SPORTSHAN PARISIEN.
itre brillant de sportsman. Quel abime entre les copies tt le modèle ! La lumière de Phébus diffère encore moins le celle de la pâle Phœbé, comme disaient les poètes de 'Empire. Quoi qu'il en soit, et malgré les scrupules de lotre conscience, nous allons esquisser notre héros seoodairc, à qui nous appliquerons ce que Voltaire diait des traductions qu'il appelait des revers de tapiserie$.
Le sportsman amateur est presque toujours pourvu de oixante à quatre-vingt mille livres de rentes; il est de loble famille; vous l'avez vu passer, et vous avez pu renarquer la considération, l'estime et la haute approbaion dont il a l'air pénétré pour toute sa personne. Jus- |u'à vingt-deux ans, il a vécu avec un cabriolet des plus impies et un cheval de selle, mangeant niaisement son lécule avec des actrices ; mais, le beau jour où il a ac- |ais une preuve irrécusable de rinPidélité de son infante, 1 t*est fait à peu près les réflexions suivantes : « Depuis leax ans je vis comme un bourgeois, un croquant; je ne réquente que des femmes indignes de moi (traduisez : fui se moquent de mot); décidément je me réforme. Je reux me voir cité dans tout Paris de la manière la plus booorable : aimer les chevaux est tout â fait une passion le grand seigneur, et j'ai toujours senti que j'étais né pour être sportsman.
Huit jours après avoir fait ces réflexions, notre jeune bommc a pris un maître d'anglais, et il s'est formé une lorlede dialecte à lui, une langue tout à fait hippiatrique; i applique à toutes les petites femmes le nom de poteiie; il parle du poitrail de madame Z, et de hcrinière le mademoiselle R, tout comme s*il parlait de Miss îimeite. Ce peu de temps lui a sufti pour s'impatroniscr hes les marchands de chevaux, et de plus il est devenu D adepte forcené de la religion du pur sang. 11 trône en ctentat dans les écuries de Crémieux ou de Bénédict ; i, il adopte, il accueille, il accepte sérieusement les loges que lui adressent les maquignons sur ses connaisances hippiatriques. H pense souvent d la reconnaisance que doit lui inspirer la manière dont il encourage i lait prospérer le commerce des chevaux. C'est lui qui
répondu à un de ses amis, qui lui faisait remarquer «rnibicn son dernier cheval était poussif : Ceci n'est pas H>ssible, *'* ^ a trop de considération pour moi.
Le voilà donc improvisé connaisseur ; et mettant tout on plaisir à vendre, acheter et brocanter; à ne conserver jamais pendant plus d*un mois le même cheval, parvenant toujours à faire reprendre pour vingt-cinq louis "excellent coursier qui lui a coûté trois mille francs, lalgré toutes ses mésaventures, il n*en dit pas moins nces-samment qu*il est en possession du premier trot- £ur de Paris; il vous dira que c*est un cheval de :hasse qui peut sauter six pieds... De la figure un peu •hevaleresque du vrai sportsman il a fait un je ne sais |aoi de burlesque et d*exhilarant qui révèle toute l'imluissance de l'homme à changer sa nature et â masquer ion caractère. Ainsi, qu'on lui propose un pari sor- \able, vous le verrez réfléchir avec une profondeur digne ie Descartes et de Galilée, refuser décidément, et pour iccepter ensuite les chances d'une autre gageure extraragante. C'est ainsi qu'il parodie cette sagacité instinctive qui distingue le véritable sportsman. Autre travers : frappé du stoïcisme avec lequel celui-ci raconte .ses désastres, frappé surtout de la profonde impressîoa qu*il
1 Nous prions le lecteur de suppléer i notre réticence en remplaçant nos trois étoiles par le nom da dernier maquignon qui l'aura ce qui s'appelle tnrotii. Il n'aura que l'embarras du elMix.
produit sur ses auditeurs, il cherche i rivaliser de catastrophes et d'impassibilité laconique avec son modèle et son rival. Il ne vous parlera jamais d*ane chasse ou d'une course dans laquelle il n'ait pas éprouvé plusieurs malencontres, et tout son corps devrait en être couvert de cicatrices. Mais à force de malheurs il a rendu la compassion tout â fait impossible, et ses amis lui disent alors : <r Allons donc, marquis, allons donc!... i II a vidé jusqu'à la lie la coupe de l'infortune, car au Jockey- Club la mauvaise réputation de son écurie est tellement établie, qu'aucun homme expérimenté ne voudrait parier pour un des chevaux du marquis sans exiger dix contre un ; il n'a jamais gagné qu'une seule course, et c'était un jour où son cheval se trouvait sans concurrents. Tout le monde sait l'unique encouragement qu'il ait reçu dans un gentlemen riders dont il s'était ingénié de faire partic. Il était rayonnant, sublime, au départ; jamais pareil jockey n'avait relui sous le soleil ; à la iin du premier tour, en repassant devant les tribunes, un honnête spectateur le voyant distancé, et se trouvant saisi de compassion pour son pauvre cheval qu'il roulait avec rage, lui cria en manière d'applaudissement :
«c Ne vous pressez donc pas, monsieur, vous avez bien le temps. »
Comme on peut le présumer, notre sportsman arriva le dernier, quoique son cheval fût un des premiers coureurs des trois royaumes.
Personne n'ignore la manière dont il a perdu son petit jockey Bill; mais, ayant été témoin de l'Wénement. on trouvera bon que je le raconte avec plus de véracité que ne l'ont fait les journaux du palais et le Moniteur des Halles,
J'étais allé par un beau matin printanier chez le marquis de C. Je le trouvai en proie au plus furieux accès de misanthropie. Je m'informai avec anxiété de la cause de cette affection mélancolique.
« Tu sais bien, me dit-il, Atar-GuU, ce superbe cheval bai-brun que tout le monde m'envie, et que j'avais engagé pour courir demain au Champ-de-Mars: tu sais bien aussi avec quel soin que je le faisais entraîner et comme il est admirablement in condition? Eh bien ! mon cher, je suis obligé de renoncer au prix, mon jockey vient de crever comme un mousquet! Comme je tenais à Bill, le roi des jockeys, suivant moi, et que je conservais l'espérance de faire diminuer son excédant de poids, qui n'était que de dix livres et demie, j'ai d'abord commencé par le faire purger trois ou quatre jours de suite, et puis je l'ai tenu pendant trois semaines emmailloté dans sept ou huit couvertures de laine, en lui faisant boire une demi-pinte d'eau-de-vie par jour j'employai tous les sudorifiques connus, et je crois que j'en inventai même; Bill, qui jusqu'ici avait supporté merveilleusement bien toutes ces choses-là, n'a pu résister pour cette fois-ci »
Notre héros se leva brusquement, et, se promenant à grands pas dans sa chambre gothique (la chambre i coucher d'un élégant sportsman est toujours du style le plus gothique), il reprit bientôt :
c Je n'avais pourtant rien négligé pour qu'il ne diminuât que dune demi-livre par jour, ce qui faisait mon affaire et n'était pas trop exiger; car enfin j'avais expérimenté la prodigieuse bonté de sa constitution, et je ne craignais pas que ce régime le rendit malade; mais il faut que le drôle ait avalé la tranche de mouton rôti qu'on lui présentait chaque matin, et dont il ne devait que sucer le jus, suivant nos conventions : c'est la glootonnerie qui l'aura tué, et toujours est- il qu'il esl mort d'indigestion, à ce que je suppose. »
LE SPORTSMAN PARISIEN
Je ne pus m*cmpêcher d*cxcuser ce malheureux gar-
ÇOD.
« Voilà bien ta philanthropie malen tondue, reprît le marquis. Périssent mille fois tous les Bllls. tous les jockeys français et anglais, pourvu qu'ils fassent gagner nos chevaux/à nous autres vrais sportsmen! Nous ferons des pensions à leurs familles, s*ils en ont. »
rfotre licros était beau d*exaltation en ce moment; il avait grandi de six pieds! Bill était mort, et notre sporlsman avait constitué une pension de sept cents francs a sa grand'mêre, à qui l'on eut de la peine à faire comprendre que Bill était son petit-fils, car elle ne le connaissait que sous le nom de François Guillard.
Une autre fois je le trouvai qui lisait une gazette anglaise, et qui ruminait sur la nouvelle suivante :
9. Un vicaire du comté de Sussex avait égorgé le curé c de sa paroisse avec le sang-froid le plus barbare. Ce « jeune ecclésiastique passait pour aimer passionnément « les chevaux, et l'on a découvert par les débats (ju*il « avait commis ce crime atroce uniquement pour se pro- « curer l'argent nécessaire à Tachât d'un ouvrage en « trois volumes in-folio, dont voici le titre :
« Histoire de tous les chevaux qui ont remporté des « prix aux courses en Angleterre^ depuis leur établisc sèment jusqu'à la présente année, avec leurs généalo- « gies très-équitables et leurs portraits; on y a joint les € noms des particuliers qui les montaient avec ceux € des gentlemen à qui ils ont appartenu, et, pour Va- « grément et Vinstruction des lecteurs , on y rend un « compte exact de tous les paris pour ou contre.
ff Sir John Bniley, juge of King*s bench et président c des assises, a fait remarquer dans ses conclusions que ff la passion du clergé anglican pour l'hippiatrique avait c été la source de soixante-sept condamnations infaman- « tes pendant l'espace de sept ans. »
« Qu'est-ce que lu penses de ceci? demandai-je à notre anglomane. — Shocking, me répondit-il, my dear, very shocking, dreadfully shocking ! » Et voilà tout ce qu'il en résulta dans son jugement.
On peut supposer aisément que la fatalité qui conduit le marquis à des résulats si déplorables ne manque pas de peser sur lui dans les autres exercices qui forment la base du sporting character. Ainsi donc il est subitement épris de passion pour la chasse, il improvise une meute dans une de ses terres, devient la terreur de ses voisins et le fléau de ses métayers; il fait élever des renards pour se permettre le fox hunting : il nourrit des sangliers dans une de ses écuries.
Voici du reste une ou deux aventures de sa vénerie dont nous avons été les acteurs et les témoins.
Je me trouvais à la campagne en automne et dans le voisinage de son château, il m'invita pour courir un renard : l'animal, apporté sur une petite voiture, fut placé dans un fourré dont les chiens se rendirent bientôt les maîtres en violonnant comme des forcenés. Durant trois heures environ, nous galo))&mes à leur suite, et ils nous ramenèrent à l'endroit même d'où nous étions partis : là ils nous annoncèrent par le redoublement de leurs cris que l'hallali s'approchait. Le piqueur s'élance pour s'emparer de l'animal, mais le pauvre renard était déjà roide mort et froid comme une pierre, attendu que la frayeur ou la contrariété l'avaient fait succomber à une de ces attaques morbides appelées \n\Qà\rcmeni paralysies. Il n'avait pas bougé de dessus la motte de terre où il avait été posé, et nous, nous avions suivi au galop une belette, une fouine, un blaireau, que saîs-je? Un autre jour, on avait lâché pour nous complaire un de ces san-
gliers si soigneasaneni éleTés poor bm fMnu Igl chiens, accoutnniés à wn funel d i h plKifilêéia| caractère, ne se décidèrent à le chasser qae lfln^lis|
furent sommés à grands coups de Iboel : b chawi'i tama enfin, mais ce fat taat biea que mal : il fiMbl même jour une chaleur dévorante, et noei tsiriasp»! dant une heure à peu prés la Toii de la ne«te. TmiI coup un silence profond et solennel suecéda ibx c»ài| chiens : meule et sanglier, tout était dispara, tatf «I blail tomber dans an abime, et Ton auraitaii qvc îiib| avait englouti les chiens et le gibier : après une i scrupuleuse, nous trouvâmes le mot de cette CDifat* ^1 chiens et le sanglier buTsient amicalement i b itel mare, et la plus parbite intimité régnait entre es. bl sanglier domestique fut ramené dans <« I'Rl ^w\ on regorgea comme un tîI pourceau qu il était: «rml vigoureusement les chiens, et Ils ne dinèrent qae bbl demain : YoiU la moralité de Tanecdote. Oa pcK .^| par ces deux a?entores combien notre ami ft ai sont dignes de figurer en première ligne àun fm tion des louvetiers; société établie, conoie ebRiatl pour la conservation, si ce n'est pour i'amélioniîBièl la race des loups, à qui des louvetiers de noire cm»! sance font tous les ans le sacrifice de quelqBes lidbl vaches et de plusieurs ânes, afin qu'ils ne sHeBlpa| tés d'abandonner Tarrondissement. Notre hériK c jusqu'à vingt-cinq ans le cours de ses désastm;iaft| époque-là, sa fortune se trouvant déra^téepvmpl digalités, il se marie, réforme ses écories, « W^^î belle passion pour ragricultnre ou la nasiqBe, cttÉil trente ans par être député de son départeacsL 5iBin| le suivrons pas dans sa carrière poliliqae, aov m | contenterons de lui souhaiter plus de sMceii Ji C bre qu'au Ghamp-de-Mars (deux arèmi «Ire ks)! nous n'avons Tinlention d'établir aanae nie âa |a> | rite).
Les dernières courses de Paris dou afiit aii i fnlii | d'observer certaines variétés dn genre i. croyons devoir en rendre compte â nos hilMi:h| scène se passe au Ghamp-de-Mars et dam la fâmi\ droite.
Première variété du genre. — Le synrtaniiii | Il est représenté par un tout petit jeune I cravache et des éperons, il fome avec on apimiiib | tesque, et, s'adressant indistindement et f y ^^ à tous ses voisins : c 11 est inouû dit-il, 0 ctf îmhlbJ parole, il est inou! qu'on se permette de Ur i le public de cette manière-lâ. Ces memnnàdll (prononces claoub) se croient tout pcws. tf i pour nous faire voir des courses qui firât pMiâ, f^^\ a assisté à celles d'Epsom, de Kew-Maitatdi^i cott... 1
Enfin la cloche sonne et les membres ds Jadvtt| se dirigent vers leur tribune. Le petit en s'adressant avec confiance à son voin, ^"ii^l profondément : « Regardes donc, jevomsti |rie.^1 donc la conformation de llaîgarita«eaBma aBai^j que an galop; quelle béte! que da vaca, fttéifllf elle a ! »
Le signal du départ est donné» le Jockcf dséatii- j reste en arrière; le jeune homme, apns «îaMhl silence, répond â une dame qui s*élOBM it ABp^j ce que la casaque rouge est T ~
c (Test une tactique, \ tactique ; et, si vous aviex vu avtaal da i vous sauriex que rien n'est . imaia AlciiéaiaMlil^l nier tournant. Regardeii Ml ^ qu'elle les rattrape, elle a la eoide^ aBa a kc^- 1
LE SPORTSMAN PARISIEN
a dernière sufflsance.) Tout est Oui maintenant, lulres sont dislancés; je Tavais bien dit. » liéme variété du genre. — Sportsman stupide. (vincial en paletot noir, avec des gants bleu de s'écrie au départ : « Oh ! ah ! oh ! nh !» Au pas- 1 premier tour, avec joie : « Mon Dieu, monsieur, voudrais bien savoir qui est-ce qui va gngner?... » ivée des coursiers, avec un air d'ivresse : a J*en ien content, et c*est bien joli des courses de X, dont tous les journaux de Paris parlent
siéme variété du genre. — Le sportsman poHtin monsieur entre deux dges, habit vert, canne à ) d*or et eachet armorié. Il se parle à lui-même en it de lire son programme : Casaque rouge, toque Àrabellat au duc d*0 , c'est-à-dire au duc de
Gh... c Quelle rosse!... i A la fln du premier tour. Arabella tennnt la tète , il murmure : c C'est probablement une jument qu'il aura fait venir d'Angleterre ! Ces gens-là sont capables de tout!... • A l'arrivée, Arabella étant ce qui s'appelle distancée, il s'écrie avec explosion : c Enfoncée. Arabella! enfoncée! Je l'aurais parié dès avant la course, et je ne donnerais pas cette satisfaction-là pour dix louis!... » Le sportsman politique s'éloigne en se frottant les mains.
On trouverait peut-être que j'ai fait beaucoup d'honneur à ces trois variétés en les décorant du nom de sportsman; mais j'ai voulu prouver que le sporting character a gagné toutes les classes de la société française, ce qui ne laisse pas que d'être un sujet d'amour-propre et de satisfaction pour mes amis et pour moi.