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ET L'HABITUÉE DES TUILERIES

JACQUES ARACO

ous trouverez des géographes fort habile.^, sachant à merveille combien il y a de méircfi de Paris é toutes les capitales du monde, et qui prétendent elTrontémentqu*on necompte pas plus d*une demilieue du jardin du Luxcmbourgâceluides Tuileries.

J*ai vu des gens trcs-versés dans la chronologie, art brt utile, comme on sait, qui assurent qu*il n*y a guère |ii*une quinzaine d'années entre ces deux jardins rivaux, !t qui vous allèguent mille raisons victorieuses pour ttayer leur docte opinion.

Eh bien! je me fais fort, moi, de dérouter chronololistes et géographes ; je me fais fort de leur prouver qu*il f a trois cents lieues au moins entre le Luxembourg et les Tuileries, et que ces deux jardins ont une différence l'âge de trois siècles bien comptés. Prédire le gain d'une aase, c*est être, dit-on communément, fort prés de It perdre; n'importe, je suis de ceux qui chantent le triom-

phe avant de livrer bataille, car je ne sors pas de la lice, ou j'en sors victorieux.

J'étais bien jeune encore (il y a deux siècles et demi de cela) quand j'arrivai tout pimpant do mon village pour achever à Paris mes études mathématiques. Je logeais au collège de France — le malheur a de la mémoire ! — et mon savant professeur, qui voulait faire de moi un Mongc, un Laplace, un Legendre, me disait souvent : « Allez au Luxembourg, couchex-vous sur le gazon, au pied d'un beau tilleul, et ne revenez que lorsque vous serez bien sûr de la leçon. » Ilélas ! je revenais toujours sans avoir rien appris, du moins de ce que mon livre auraitdù m'enseigner, mais plus avancé en d'autres études. Je me livrais à de profondes méditations sur les passions des hommes, principalement sur celles des femmes, et je négligeais la solidité du cône ou de la pyramide triangulaire pour l'observation plus grave des mouvements terrestres qui avaient lieu sous mes regards.

On a dit, mais bien à tort, que les cieux étaient incor* niptibles, parce qu'on croyait alors à leur immuabililé dans l'espace. On aurait du dire, du jour même de st création, le Luxembourg est éternel, et les sannts eut* sent été terriblement c&ibarrusét pour prouver le ton* traire.

Hjôê Irop. <le ildouiia Dlut, rue hattil^LnuiA, «a.

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