‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 22 sur 269 · PAR L ROUX · texte numérisé non relu

PAR L ROUX

e pas croire m médedD^ cela e%i pcrmk; douter de h mcde^ ctiie, c*est marcher sur les traces de don Juan. Alat^, daDi on siècle au^sî positif que le nôIre, le sccplicisme ne sûurail aller jusqtjc-Uï îl D'y aurait qa'iiti cas où il serait permis de se montrer impU m médeane^ ee serait celui où le médecin luimême, Vendant (cliOv^e împos&iblfij le secret de l'art, partitrait abjurer la propre religion.

Il y a pour I0 médecin une époque problème : muni d*un excellent titre» il ne jouit encore que d'une médio^ cre position. La médecine est ^a première croyance, comme elle est sa première élude; mais II ne tarde pas a ne croire qu'aux malades , et â n'étudier que la cllen* télé* On est médccio à diplôme , et on se dispose â en faire les honneurs  qui de droit, ^^êanmoins le dieitt étant un mylbe, le genre humain paraissant se porter i merrcillê, 00 serait tenté de se faire astronome en attendant : c>!ïl TApoque du cumul, celle où le médecin accepte toutes sortes d'emplois pour s^mpoiw €00ï|»té^ tentent du sit^n ; se fait l'odileur responsable des fautes d'un grand maître, cittrc d.ins un journal de médecine comme correcteur -, édile des makdti «t juequ'a ce qull en puisse guérir ; quoi qu*il en soit, il débute..

Le médecin qui débute va voir le député de lïon dé-^ parte m eut : soi|;uer les débuts d'un jeune m decin , et se faire traltCT par lui, est pour rhomme du Palais-Bonrbon une clause tacite de son mandat \ la Chambre des pairs reçoit les médecins tout formés avec les projeta de lois lies mains de u cadette. Puissamment recommandé, en outre , a un confrère fort en clientèle , le mcdccîii qui débute lui rend une visite : il en reçoit un malade â

titre d'enœuragement ; bieit entendu qu'il dt^îlle gnj dans rintérét de lespéce, îl n*agiarde d'y manquer dj celui de sa réputation* C'est la route battue» Tidc^ i vient à tout le monde; ces précautions parlemeiilaîi tiennent au début, te inccès tient â autre chose. Il sm d*user des procédés reçus puur être m^^decin ; mû, |m être célèbre, il faut avoir une métbode â soi.

Faire son chemin â pied quand on a ta renomn pour but , c*est vouloir arriver tard, on plutôt it'âmi jamais : on prend donc nne voiture. On tviit mi hâ neuff on s*adjoint un paletot; on habitait un trotsiétt on monte au premier. C'est une avance snr la dliiiitél^ venir ; les malades ne vous prennent qu*à mmûé dh min. On fait meubler un appartement splendtde, et T accroche dans son cabinet la gravure à^Bippoerat^ t fmanî ki prétenU ê'ÂTtaœcTch, aBn de pouvoir di avec ooascieace : c II y a chei moi du désintéresi ment. >

N'est-on pas connu , c*est un avantage : 00 a KMl gagner du moment que Ton n'a rien à perdra; les ■ lades attendent la snntéj de même que vous atteEies, la maladie. Ce que d'autres oseraient a peine tenter 4 peur de eompromettre une réioitation, on leiécalei sang froid puur faire la sienne. Viennent alors les grtt des maladies, celtes qui impriment luut d'un coup sceau â la réputation d'un m<^dedn j ces bonnes eompl cations de Vatça et du ehroniqui , ces bonnes &ictan qui emportent le qufirt d'un iudivtdu , et sauvent m médecin aui trois quarts , ces bons empoisonnemei qui l'établissf nt profond chimiste et en m in al i s te distl gué^ et lui font découvrir dans les tracer d'un crime i cii'H la ronle d'une renommée nouvelle; et le méded triomphe, le char de h médecine se transfârme en m âtmi-fûTÈunt qu'il vient de se donner, Ne pouvant 1 constituer de prime abord une célébrité de teleal.

LE UEDECIN.

unit son safoir i quelque rîehe hériliére du conunerce parisien qui rétablit une célébrité d'argent. Â4-on peu de malades , c*est le moment de concentrer tous ses soins sur un seul, de suivre son idéal, si on en a un en médecine, de se montrer le médecin modèle. Celui-ci arrive à heure flxe ; il reste prés d'un quart d heure chez ses clients, s'informe de la qualité des remèdes, se fait exhiber les déjections plus ou moins louables, passe les nuits, au besoin pose les sangsues, suit une maladie â la campagne, et donne des consultations gratuites aux gens de la maison. Le médecin qui débute ne connaît aucune saignée qui lui répugne; parfois il se saigna" lui-même, pécuniairement parlant. On vend une propriété pour avoir une clientèle ; la clientèle est une propriété. On l'achète souvent toute faite. Un bon moyen de s'en créer une, c'est de supposer qu'elle existe; beaucoup de médecins commencent par être célèbres, afin d'arriver à être connus. Faites réveiller vos voisins, que l'on vienne TOUS chercher à toute heure de la nuit au nom de telle duchesse qu'il vous plaira , prise dans le nobiliaire de d'IIozier, que la santé du faubourg Saint-Germain tienne, s'il se peut, a une de vos minutes; qu'une file de voitures armoriées sUtionne devant votre porte; alerte ! vtleu de pieds, chasseurs, livrées de toutes sortes; que l'on fasse queue devant chex vous, que l'on s'y égorge comme aux mélodrames : vous tenex déjà l'ombre, la réalité est à deux pas.

Le médecin affectionne la presse périodique comme moyen de publicité et de diffusion. S'il parvient é fonder un journal de sciences médicales, chirurgicales, médicochirurgicales ou chirurgico-médicales, c'en est fait, il a posé les fondements d'une renommée sans bornes, c'est pour lui le levier d'Archiméde, et la science ne saurait fiire un pas sans sa permission ; il n'existe pas de maladie qui n'ait paru dans sa gaiclte;* les jeunes médecins recherchent son appui , les vieux le ménagent . tous le craignent ; il est capable de donner la fièvre même à la Faculté.

Planter des dahlias , c'est pour un médedn un moyen d'avoir bientôt une clientèle en pleine fleur ; exceller sur un instrument de musique , c'est apprendre aux clients qu'on doit avoir, qu'on connaît les louches les plus (délicates et les plus nerveuses de la fibre organique; se faire l'ami des artistes, c'«*st être avant peu leur médecin; collectionner des médailles, des tableaux, des bronzes antiques, c'est s'exposer â avoir prochainement une collection de malades, espèce précieuse, et qui mérite comme une autre d'être embaumée.

C'est surtout lorsqu'on a le plus de temps â soi qu'il est le moins permis d'en perdre. Il est des cas où un médecin doit être ubiquiste : le malin, c'est à son hôpital, le jour chez les malades de la campagne, le soir c'est â une réunion de médecins qu'il doit être retenu Sa consultation a dû retarder ses visites ; il arrive tard dans son cabinet; la clienléle a ses exigences. Il ne prend rien aux pauvres pour commencer; il se contente de traiter des malades, afin d'avoir plus lard des clients.

La renommée marche d'abord au pelit pas; survienne une éprdémie , elle prendra la poste. Le choléra a fait quelques victimes, il est vrai, mais aussi que de médecins n'a-l-il pas créés ! Beaucoup se sont improvisés médecins attendu l'urgence du fléau ; il y eut à Paris quelques médecins de plus et quelques hommes de moins : en tout deux fléaux.

Ce sont les circonstances qui font les médecins, at-on dit souvent. Il y a des maladies obscures, des scia- 1 tiques, que l'on guérit incognito; groupées, elles repré- I

sentent à peine un rhume d'élite. Lier une artère, fût-ce l'artère iliaque , â un pauvre dans un carrefour, c'est avoir fait beaucoup pour l'humanité, pour sa réputation peu de chose ; mais une angine que l'on réussit ches une comtesse rétablit l'équilibre : tout se compense. Le médecin voit d'abord des sujets dans les hôpitaux; pu» il fait des visites n'importe où ; il examine la maladie quand il débute, il examine le malade quand il a débuté. Dans la première époque , < il n'y a guère à ses yeux que des réputations usurpées ; les grands médecins sont des charlatans, le savoir est méconnu ; la conscience est un empêchement; il se reproche d'avoir des scrupules. » A-t-il pris position : < Défiez- vous, dit-il incessamment, de ces jeunes gens systématiques , â qui la saignée ne coûte rien, qui vont tranchant â droite et â gauche toutes les questions et tous les membres qui leur tombent sous la main. L'expérience a prévalu, le grand médecin est seul digne d'être appelé. »

Aujourd'hui on ne meurt plus dans Ui formes, rons d'après la méthode. Il est mort guéri, dit un grand chirurgien de notre époque ; ce mol peint tout le chirurgien. Sa passion est de rogner, disséquer, cautériser, et de pousser une opération jusqu'à ses plus extrêmes cobséquences; comme il n'a que Dieu pour juge, c'est à lui qu'il présente ses opérés assez bien pansés pour des morts qu'ils sont. Il y a, au contraire, parmi les médecins, une espèce bénigne qui laisse mourir avec le pl«s grand sang- froid et la plus complète philanthropie.

La consultation réunit d'ordinaire deux médecins rivaux, la jeune et la rieille école. C'est une position dé» licate : le jeune médecin a seulement voix consultative; le consultant jouit, au contraire, du double vote, et résout les questions que l'autre n'a fait que poser ; Taecessoire l'emporte sur le principal. Le jeune médecin mandé le premier prend moins cher et guérit quelquefois. On a vu de grands médecins enterrer à grands frais leur client. Dernièrement un jeune médecin se trouva en face d'un professeur chez un riche malade; leurs méthodes étaient opposées ; le jeune médecin était celui de la maison , l'autre Cnii pour lui l'autorité d'un grand nom. Le consultant blâma ouvertement le système suivi par son confrère : il fut écouté, le jeune médecin éconduit ; on lui demanda son mémoire le même jour. Le malade jouissait encore d'une apparence de santé. « Sachez bien une chose, dit le jeune médecin en remettant son mémoire, c'est que. tout professeur qu'est monsieur, son malade mourra celte nuit. > Le médecin fut repris parla famille; qu avait donc fait son malade? Il était mort. L'art proprement dit consiste à ne prédire qu'à coup sûr, â faire craindre bien plus qu'à faire espérer. Les ma!ades qui viennent de loin mènent toujours loin leur médecin; croire beaucoup aux remèdes est un moyen d'imposer le savoir. Des fièvres quartes ont été guéries par des pains à cacheter. Il n'y a que la médecine qui nous sauve.

Parlons d abord du médecin en général; il sera temps ensuite de le considérer dans ses divers attributs. On voit le médecin, apôtre prétendu de la seule religion qui existe encore, sans croire précisément â son art, le maintenir à la hauteur de toutes les croyances, et l'asseoir même sur les débris du i^enre humain. Une société où le médecin existe seul est assurément une société malade. Néanmoins la médecine est impérissable, par la raison éminemment pércmploire qu'il y aura toujours des médicins; que, si l'homme sain a besoin de croire à quelque chose, l'homme malade croit à tout aveuglément; et que, de toutes les maladies, la plus invétérée, c'est la maladie des médecins. Pénétrer dans la conscience du méde-

LE NEDECni.

«i> vBfWt •« r«ste «sirv ttuf «a

WtfU^ MA |iMi.itim wT«i*^ iivab«rvl»«f . y4iN tcIW ^«e

k Mdvit Unit < L r»rkcn^. «ï ^ui ÎH u<Lt }«*T*««ii^tV«f.

•i»ilr»QLkiM 4ft i'vrx , r«dvh«ut 1» ib"d»f:iike t vu petit

l^jt. 0»fs-fi . «i *"&<, ii^ WAA'Xh ji'.lil ^i Hitlîidi*^ ' •Vtmn UfBilM:»- Il fnul l»r »'«ff l'.;*^i.*: rMrtL'! * d*Xj^ Lt «11^ U fewl* 4oitM: tus IW/U ^ui 1 tfflir^fct fc'.'.^^pl'T *!

fmvr M pi t'tli^«T 4«r» 'JMtkU ftUtjrd*:». Le» mii2.4«:v ttr^Urui ^U« trtiUi ff^^ur i«» mtUdi«-i qa'ilf i4 »u( ;<o- •**», «ît j«f In r»tfi«r4« ^« iU obI prwi* 4'aT«f»t« : d* U i.«Us«;u( |«n eoiifi de Mmf et l«« fraïuff échauffewt/emU; àt tsJ-u^t 1^1 f^ni^*r% ont diverf ti(mif, »fia que In ib«Udn ^uhM-fitcliKit^îr, far e»m|ile, on tdrbiuiare ()«:'; svib'4;/: ['titrait ée Utéba'iqme a e^rux qci rv^oa- Uijt l'oi^i'jff;. C t^l »iïj»i qui: l'af»<*l-*. four oe j»'/iût (^if*; tj'K^ tu r;,4:;':'ir«, ibif-tU le fuMtm^'. UaAi aoe ij4i«?re ^]u» éJ»rié>, îe friéd*:«iii eré*-, *u 'M.lnire, one f</ul<; d«: rii^sU'iiei, «tiW-'' qui isrxi»t<'Lt uebufLaDt pas aux Le^'yiiJi byp«rrb>]iqo<;> de m:% ciifLU du gr«rjd nioode. Il ^nuÂt tti outre f^our lui-ni^me oa code eiceptionoel ; il tt'tki poittt malade </jrr.me tMit le monde, et les rerof^ies qui f^uérU^ut un «.lient tueraieiit inlaillîMemeol un ibédefin. La niédecin uVkI jat^aU pla« à Tai^^ que l«/r» qu'il exer«>; Mir bet |#fO| res données et que la ni a ladie qu'il c^juibat n'a |ia» été autorisée par i'exptirif^nce d«;t «i^rles , ou prévue par lei décret» de la Faculté. M\f^ï hïVt wtUM de c/iDUcrer aucune doctrine : ce n'eu pas un pouvoir re^pon^ble, parce que, peut-être, îl y aurait trop de danger é Tétre. Les fautes sont peraounelli s en médecine.

Le» pbilosfiphe» et les médecine eui-mémes afDnn<'nt que la médecine use l'âme au profit du corps ; en d'antres termes, qu'elle perfectionne le corps en vertu d'un certain épicuréisme pliiloMi| bique. Au moral, le médcfin vit Uauoiup pour lui-m/^me, il se lait d'ordinaire une religion de miu égoi^me ; le reste de l'humanité n'existe paH pour lui , attendu que tout le monde n'a pas l'honnfur d'élre mé<lecin. Cet amour du positif se formule en idoMirie |>our l'argent. Suivez un niéd«'cin dcfiûis srin en* Iree dans la carrif^re pratique : souple d*a!»ord et insinuant, il prendra luKensiblement le tfin sec, tranchant, d'un homme dont la n'ftiutalion s'augmente et dont la caihse b'emplil. Bientôt maître de sa clientèle et de son entourage, sa parole sera celle d'un maître; elle coûtera ausni cher que celle d'un procureur. I^ vie et la mort i^*i'*(:ha|peront de ses lèvres selon son bon vouloir; mais il fiïra (iImh de cas d'un écu que d'un homme : l'argent sera le point de mire de toutes ses actions.

A relie ép(H|ue, s'il n'a pas la croix — et ceci est une gniMle question pour le méderin, —il l'achète ou la fait arlieiiT ; si le grand chancelier de la Légion d'honneur le rejellt* de son l^ldorado , il a recours à quelque ordre équivoque qui se r/ipproche par la couleur de i>cs insignes du rulian si dé-irè. non qu'il y tienne comme û une (liNlinrtion, mais parce qu'il voit un supplément declicn- |.le nu bout d'un rub.in. Le mêderin n'oublie jamais d'être df qui Iqu'un ou de quelque chose, le public veut Naviiir «l'on viennent les grands médecins.

Avniil nii'nie d'rlrc une sommité, un médecin est devenu priirniMliMiient sensualiste : rêluJc et la vue dos siiiillr.iiico, m lui donnnnl W nioyi-n de les éviti^r, lui en ont ri'udu la jouissancu plus précieuso; aus>i oxccllc t*il

é vufT. teavpmr •■ 4êv«-Ufipa- lo«l es ^1 ert éoflaé à ! V/ttflMr d'en éfrc*DTer. CeA le SMéeeiB fm Iràle !«• n^me WÊ m'Am . qui c^otcâi •» peréreavx trafiec dka CiieT«4: c'ett îuj qci a isr^xAc la salftie 4'tBaB»«; b jl<;|»tr d^ nflo'i&exitf duî&airei àiiîjial à^ U mèéefiii*: fjMit:A l'ksE.a&ité e«t ai plu mai. le méixia nsfe di:.i 1«( r^jOvitaiKef soc'^alei.

I! frit l'aToocr s mm . du mîq àt la mdecâDe nxrps- Kent de t/.nps a tolre de piz>des iaiëîvîivalilés qui <wt iiom l»:ifTnlr«. c«^ quelques autres q^oll ferai! ÎBpra-irLt de «[riUrf fiêrre qii'tlje» exigent eaeore. Oaaod os mêdeciii parvient à écbapfcr as firtit Berrantîli«n>e de «i pTifetMOB ci aux soins excluûfs de sa dient^rle . d* v*d< mieux, a riodividualisme qui oons ron^e. îi pe'ùt l-.mt comme on avtre devenir nn grand b-Mime. Obscrvuns cependant q«e . même dans son hypothèse . sc*n Klîon a été jiiqu'a présent purement individnelle. La médecine manque de ces vaes «cnérales qui embrassent tout nn peuple, tonte une nation. Tout se fût chez noa» dans des iijtérrls de personnes, de f mille tout an plus. Un médecin ne Oiiii prendra jamais qu'on paisM travailler à perfectionner l'bvgiêne d'uLe ^ranie ville, et à réformer les abus qui compromettent la santé de tOQt une classe d'hommes. Il eA vrai que c'est l'affaire des phlosophes. qui n'entendent rien à la médecine, oo des académiciens, qui Tenvii^ag^nt à un piint de vne par trop constitutionnel. .4usM les grande» questions (Thygiéne et de »la- 1/rité publique sont-elles moins avancéL-s cbex nous qne ch z les anciens, g'^néralement dépourvus de grands m*> decin<. J<f m'éloigne ici de mon cadre, mais il me semble que je me rapproche di- la vérité.

Entrons maintenant dans le monde à la suite du méJecin. comme lui, le chapeau à la main, mais avec l'intention perfide d'anatomiser chaque individM:«l:tc. Sur h premier degré de l'échelle médicale est placé le médecin de cour, personnage multiple. — La cour a plusieurs médecins , l'habit a la française est placé en première ligne dans sa thérapeutique; il ne le quitte point tant que sa clientèle le retient dans le faubourg Saint-Uonoré ou dans les riches hôtels de la Chaussée -d'Anlin. Tout ce qui peut payer noblement veut être traité de même. Grâce au médecin de cour, l'anecdote de salon pénètre jusqu'au château ; il ne dit jamais que la moitié de ce qu'il sait. Sa clientèle de Paris est toujours malade autre part, et on le consulte moins sur les maladies que l'on a que sur celles qu'il a du guérir ailleurs ; un mol de lui contient le bulletin des affections que Ton doit se permettre , set ordonnances sont des ordres du jour. Quiconque n'rst pas médecin de cour l'a été du premier consul , ou espère l'être tôt ou tard d'un dictateur.

Cette distinction se confond fréquemment avec celle d« médecin professeur. Aucune existence, que noussacliîoniy n est plus variée, plus complète, que celle de médecin professeur. Faire marcher de front les intérêts de k science et ceux de sa fortune, avoir une clientèle et un auditoire, être obligé de révéler mille secrets au nom de l'art, n'en laisser échapper aucun par égard pour ses clients, avoir sa po))ularité de professeur et sa renom* mée de médecin â faire fleurir l'une par l'autre, être profond â la Faculté, léger et superficiel dans un salon : tel est son rôle de tous les jours. Le médecin professeur possède, outre sa chaire^ une clinique dans un hôpital; il est au moins chef de service. La douleur lui apparaît sous toutes les faces, hideuse et agonisante sur un gra* bat, co(|ueUe et parée dans le boudoir d'une femme élé* gaule. D'un hùpilal, ce purgatoire de la souffrance physique cl m(»ralc, il passe dans un somptueux hôtel, Eden de lu maladie. Celle vio si coulraslée de Paris, il la sait

LE MÉDECIN

Uml eoliére, les UUeaui les plai sombres de Ribeira sont à ses yeux une réalité ; il connaît égnlemenl les touches religieuses et mélancoliques de Mnrillo. Un palais et «ne léproserie, voilé le monde pour lui. 11 est médecin dans son hôpital, sec, dur, brutal par nécessité; il est médecin de bonne compapie prés du lit d'une grande dame. Dans ses salles, le matin, il est roi; dans ses visites du soir» c*est une royauté constitutionnelle tout au plus.

Le grand monde possède encore dansle médecin des eaui une garantie pour ceux qui s'aventurent, sur la foi des sites et des douches sulfureuses, jusque dans le sein des Pyrénées. Le médecin des eaux part avec ses malades dés les premiers jours du mois de juin ; il est chargé de procurer des eaux i ses malades, et des malades à ses eaux. Moitié administrateur, moitié savant, il a plus à faire que Moïse au sein du désert. La parole de celui-ci était commode; pourvu que les Hébreux eussent un puits, ils ne s*informaient pas si Teau était plus ou moins carbonatée. Pour le médecin des eaux, l'analyse chimique le regarde ; il est en outre chargé de l'hygiène du local. Les petites brochures se succèdent entre ses mains; il s'agit de prouver que sa fontaine est une piscine, et qu*elle l'em-

^^v.eO^

porte sur tous les filtres connus. Des gens ont la témérité de prétendre que cette place est une sinécure. Il est vrai que le gouvernement qui en octroie le brevet donne rarement les connaissances requises pour en foire usage; mais trouver un homme qui soit à la fois physicien, botaniste, géologue, chimiste et voyageur, n*est pas chose facile ; on prend un homme politique, et tout est dit. Quand on n*est rien par ses emplois ou par ses titres, on peut encore s'établir homoeopathe, phrénologue ou magnétiseur; on ne parvient pas toujours à fonder ainsi une science, mais on fonde une réputation.

Le médecin, prosecteur, aide ou professeur d'auatomie, jouit d'une grande importance, aujourd'hui qu'aucun homme ne meurt sans que l'on sache ce qu'il aurait fallu foire pour le guérir.

Dans quelle classe rangerons-nous celui qui se complaît dans les phénomènes de la nature anomale? Sa maison est un musée asses semblable au musée Dupuytren. La Vénus hottentote y donne la main é l'Apollon de Pa* ris; un squelette type, un Quasimodo chevillé en laiton, l'embryon acpphale et le fœtus à trois têtes, Rita et Christina, une deuxième édition des frères Siamois, se rencontrent dans son répertoire. L*espéce humaine est su-

pin». Tmr* «'ôlî.îon-ri BlOTjriBSaflrt Lwilt 3IIL

IRIIÊIIECfIf.

! H nikm)^ «ou le icalfel ie 1' wàL y» éfr^i 0riXthÊifti, ef il aoc«y« In

L«tH4Lft ui uul««r fit«MBBé 4e b «atere »orte *'e»w!ri^îr frâBtlvr^BKnt 4U&4 m» otfiuire : occiip<oo§- •MH 4u MÎlKÎfi dcrt pntTH. Oo o'eft encore mort qo'i 4eaki q*itftd ob « rver»«n «q iii«decia da dispensaire: il 44CD4 d^ft f6i&i i cevx q!3i uVo peirent ^VbttÀTt qoede I kviLi£ft«. Lj |.b'fltiitn>f ie a i^ af ôins, po«r nepas dire ftet 0iirt}n : ev^l»d«T dei m»ii^»&t de tOQS le< élai^es, !*«*♦■' r*T dî fi % dfr* L 0?- * iuelo>nqnef , pre*aire de la limfm-A': t2triqa«r a n^'jx qu«r d*^ f4Îo% de qaatftf U«res rrUbi)r«tef.t 'L'jfiiiiiblefD^-fït. te! le e»t lln^rrate mL^sioa dq nMn.ih philtctliropc. L'adiniDi«4ra(J00 d'>it les choâ- ^ m fi^M:% pour les au^r teoMbles : à force de s'atlepNr' ' drir, le Cfror se p^'-trifie, le médecin )« forme aux dép^ de l'être ^oiitif; Time ijmpath^qiic ft*éfaiioaiC. Le eal||V ■'appraîl plok que crm:me anr matière plot 00 vAw orpraui-ioe qae Too traite iodifferenaeat leloo telle mHh/^e : on bit de la mtAtxmt; la ■*ea plot qu'un*- tradition.

Le médetiif-afCche existe de compte a %ÊÊàW9t \m alEcheurs, les distributears d'adr«Mi sor 11 «rik poWqtie, qui accosti;iit les passants dm» les CMrefoniiy €t to«fe cette oalir>n (aove et arîMi 4iBC IU>*jert Mieiire est le patriarche. La pnblioîliv'kfH pHT le mèÊÊMalBcbe de formes ib^f^oùtailes ^]it fi||» les phnfrotsiers sont ceux qui prennent le fitaM^ woade. H ipdnie sur un procès : quand la l'amende, c'est autant de {rajnié. le réclame pour lui . Il aurait fait ia fortlM iit0*l It était informé qu'il a été condimaé é nadgagi mois %b prison, san« préjudice de set mérllct el qwlilét tnditidoellet . Il sait ce que la coodmmlkNi mi disque «■• •ce, et combien il ga^e par jour é Ure en prison. 9o« exploitation ne se borne point mn li»ilfi d'une me 4a Paris. Pour peu que son industrie ait prospéré» son l^f* i;iéna se répand bicnt^ sur tons las c— tinanta. Héa* moins Paris, la tIIIc du monda la plaa wédtoiia aC k plus éclairée, est encore le panUs Iswisira 4a <a ehvbtan; c'est lé qu'il enterre le pins 4a

On peut être médecin d'un théâtre sans médecin. Là. on doit constater jusqu'à quel point une toux peut être légale. Le médecin d'un théâtre est un lynx pour les maladies imaginaires. La prima donna déteste le médecin, qui l'oblige de temps é autre à se bien porter : aus^l a-t-elle dans ses bonnes grâces un jeune docteur choisi par elle pour plaider la migraine contradictoire.

Le médecin d'une compagnie d'assurances est chargé 4a constater l'entité physique, la parfaite intégrité corl^irelle des remplnrnnts soumis à son examen. Il doit se

m-'^ntrer pins «rr^re que b loi m^ioe, le étant plu- méticuleux pour un resplaç^Bt ^«e pa simple fcidat. Qn'e«t-€e que l^koauBe. pliynqm parliot ' Demande? à ce médecin. Ceux qii*îl nccief^ Tent dise avec férilé : c ie suis un bomaie. » Saint 1 n'est pttfAn5 difficlr sur le choix des âiBes qae h dicin 4e norutement sur Tadm^j^ioa des Barécka Triece. S y a on médecin pour les Tirants, ^n malades; Q y a de plut le médecin 4es WÊiorU, Ce n'eslaf-pelé que pour s'a>^unr de la d^hi exi<tC9 ses clienla -jUn éf ronre le bes<^4n de rivre povr i ^..a'vUite, car il donne des ?i«as yfymr I Inrihdre symptôme d'existence reoil son 1 loMilawtoafiéces, les inhumati >ns. se font pa É an ■! meurt pas «ans sa penni^sioB. L fbdn dMJÉacliist gai comme un cataf .Iqae, W •teir 4es flrfs é% tête; il existe comme gamnlia les fîtanli at las jaorts ; les collatéraux lui doivai remcrcioffils.

Parmi «eaKqw la Proridence Teut afDi<*er. ell raie ans vm «aa maladie, aux antres un ntêdeda : on li'isar laasiimable 00 un mal sans rem^-de; on | dîne «Miadia, on ne guérit pas d'un médecin. Ay nédedn paor ami, sinon un ami pour mêlt^in, il la (sonrage de vo«s mettre tout de suite a>i ocMiraa saerets de Tait, «1 de ne point tous tmoTer umIi Tons n'êtes qnlnd^iosé. Il y a des familles on la 1 cia est hérédîtaira,^t où le même homme f^mèn trés-pen de tamfs^Çe père en fils, une foule da gé tions.

De nos jours, la médecin doit être ambideitre |»ardu de ses piqagês aristocratiques* qui oe Ini pai laient pas Wtre confondu avec un chimi^en; oa | le chiraq^ a acquis ces connaissances interaei relèvent au rang de son confrère : il pratiqua la pa sion. fti Angleterre, un médecin laissa rooarir va d amis fimifé d'apoplexie â ses côtés, pour ne pta aa honorsr rn le saignant.

Uepds qae les croyances sont aflaiblies, le «Mac le notanre semblent avoir hérité de la sodélé. Gaqpa n*a«MM^t>s an prêtre^ la souffrance oblige de ie

in, ou l'intérêt le fait dévoiler au 1 médecin est le dépositaire forcé des mystères da l'ak do boudoir et des affections intimes ; confident oblif toutes les faiblesses, il élève sa profesMon en sau l'honneur des familles; le seeret de la confffsaiaBag renu le secret de la médecine. Le médacis aasirtft naissance ; pendant la vie est-on jamais sûr da peu s'en passer? Aussi, après celui de se bien porter, il 1 pas de plus grand bonheur au monde que d'avoir «1 médecin.

L'HORTICULTEUft

Page 1