‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 220 sur 269 · ANNA MARIE · texte numérisé non relu

ANNA MARIE

l^l existe ici-bas ^ une paufre créature assez généralemenl insupportable à ceux qui Tenlourent, et détestée par tradition de génération en génération, depuis que I r^ivj la terre enpro- I ■^- "'- duit ; un être dont le nom déplaît, dont la ice importune, qu'on veut fuir à cent lieues et à mille, et que pour toutes ces raisons peut-être, ir bien d'autres encore, nous plaignons pourtant lie notre âme. Nous le trouvons incompris parmi cotnpri$y méconnu parmi les méconnus, et mal )armi tous ceux qu'on juge â tort et à travers, dont mbre est bien grand sur la terre. « M. de Robest n*est point encore jugé, » comme dit M. Cagnard; is, nous en disons autant de la belie-mére, oui, de le-mére. Pauvre femme!

s ici ne confondons pas les genres ni les espèces, belle-mère nous n'entendons point cette jeune pertoute neuve de cœur et d'âme, à qui ses parents )nné un veuf pour maii en disant : « Il a rendu sa ère femme si heureuse!... ce sera la perle des ; > cette seconde épouse qui vient, toute radieuse le d'affections naissantes qu'elle ne demande qu'à ire autour d'elle, ré;;ner sur une maison où le a passé; qui doit remplacer Vange adoré qu'on ï chaque jour, Télre parfait entre tous, qu'on ché-

rit, qu'on adore, surtout depuis qu'il est remonté vers les cieux, sa patrie (pour son bonheur et celui de bien d'autres), disent entre eux tout bas quelques intimes de la maison.

Pauvre jeune fille, qui, sans se douter de rien. Tient habiter avec une figure si fraîche et sourifnte un cœur et une maison où toutes les places sont prises par la défunte, et ses souvenirs, et les enfants qu'elle a laissés; et son portrait, et sa harpe, et ses livres, et tout un culte qui n'existait guère de son vivant, mais qui s'est établi depuis sa mort.

< Oh ! quel ange j'ai perdu, » dît le mari avec un soupir, la première fois que madame seconde demande une chose juste peut-être, mais qui ne plaît pas à monsieur, c Oh ! quel ange vous avez perdu, » répète-t-il à ses enfants, petits louveteaux impitoyables qui dévoreront tout, à qui tout appartient : héritage, amour, caresses, tendresse, tout est à eux! Ce sont eux que Ton a aimés les premiers avec ces transports de père qui ne se renouvellent pas à chaque nouveau-né comme ceux de la mère; ils sont grands déjà, ils sont beaux; c'est pour eux que l'on s'est remarié, dit-on. afin que le fils trouvât un lotérieur, et la fille un chaperon. Chaperon respectable, en effet, qu'on a eu soin pourtant de prendre à seize ans» parce qu'encore faut-il bien que chacun trouve son compte. Et s'il survient un petit enfant, quel malheur! Celui-ci, c'est le fils de l'étrangère ; on le déleste à l'avance, et c'est bien pis quand il est né : il pleure, il crie, il gâte tout. « Qu'il est fâcheux ! qu'il est laid! quel ennui ! » Les gens aussi se plaignent, c Madame première faisait ainsi, elle ne faisait point cela ; elle se levait plus lard et se couchait plus tôt; elle donnait davanUge et se fiiisait moins servir. Oh! quelle bonne dame elle était! Nous avons tous bien perdu. > Et ces plaintes, souvent absurdes et mal fondées, sont cependant sincères, car il

LA BELLE-MABE.

y a une chose assez bizarre à obserrer, c'est que sur la terre les absents ont toujours tort, et les morts toujours raison. Il y a sans doute à cela quelque grande cause philosophique, mais nous la laisseroDS expliquer i de plus habiles.

Ce n*est point, nous le répétons, de cette pauvre remplaçante que nous voulons parler; que faire? Un cœur de hasard est un cœur de hasard, il faut souvent savoir s*en contenter. Celui d'un veuf a son enseigne, les autres ne Tont pas, et les plus fines y sont prises; les cœurs tout neufs sont Ircs-rarcs : et ({uel homme a jamais pu donner son premier amour ? toujours un autre Ta précédé. — Mais n'importe qu'une pauvre femme no puisse pas s'arranger de toute la vieille friperie de sentiments que lui laisse sa devancière, et que de désappointement et de dépit elle devienne une acariâtre marâtre ! Ce n*est point de cette belle-mère que nous voulons nous occuper.

Ce n'est guère non plus de celle qui devient bellemère pour avoir une belle-fille de Tespèce appelée vulgairement bru; celle-là, nous avons en perspective quelques raisons pour la ménager.

C* pendant, on peut le dire en passant, c*est là une sorte 4e personne souvent très-difficile à vivre, mais difficile Jusqu'à rimpossibilile.

Elle est jalouse à trois parties : jalouse de son fils pour sa bro. Jalouse de sa bru pour son fils, et puis jalousissime de son autorité qu'elle rend tyrannique, parce qu'elle la sent s'échapper. Puis Thumeur . cet autre infaillible moyen d*étre redoutée, s empare d'elle ; elle en veut d sa belle-fille d'être jeune, d'être jolie, d'être parée, de plaire, et d'être appelée madame une telle la jeune, ce qui ne lui laisse plus é elle, naguère encore assez triomphante, aucun espoir d'éviter le nom le plus lugubre qu'une femme puisse porter, nom si déplorable, que pour rien au monde nous n'aurions la férocité de l'écrire ici.

Dans les petits ménages, la belle-mère garde les enfants, a soin du linge, fait les provisions et surveille la cuisine, pendant que madame une telle la jeune (toujours ce cruel contraste la jeune) lit un roman, va au bal, et se pavane dans ses jolies robes. La mère est quelquefois une bonne femme qui se complaît assez dans sa surintendance et y vil en paix; mais, s'il n'en est pas amsi, il faut l'entendre grommeler : a Ces jeunes femmes sont sans soins et sans souci de rien ; elles laissent là leurs enfants, leur ménage, ne savent s'occuper à rien d'utile, et dispensent plus en six mois que leur mari ne gagne dans une année. Voilà mon fils bien heureux d'avoir épousé une mijaurée qui lit des romans et fait les beaux bras dans un salon. Elle le ruine. Mais, j'ai beau dire, il est conleni, et dit que c'est qu'elle est bien élevée. Bien élevée! bien élevée! à la bonne heure, mais si nous avions fait ainsi dans notre jeunesse, auraient-ils trouvé du bien tout amassé à pouvoir dissiper en parties, en bals, en spectacles et partout? »

Or, la bonne femme cependant a eu son temps tout comme une autre, et trente ans auparavant, sa bellcmcre disait sur elle précédemment ce qu'elle-même dit sur sa bru, caries modes changent, les empires croulent; mais les hommes, les femmes, et surtout les belles-mères et les brus, sont et seront toujours les mêmes.

Dans la haute classe, la belle-mère et la belle-fille sont plus séparées, mais n'en vivent pas plus en paix. Elles éltîvcnt autel contre autel; leurs sociétés se divisent, chacune a ses partisans. On ne se querelle point, on est do trop bon goût pour cela ; mais on est froide, on échange des mots ])ii(uants, on se boude. L'une prend son fils à partie, l'autre emploie toute l'éloquence de ses lèvres

▼enneillet et de set liMiixjeu à « faire tes par son mari. G* qd guêpier dool le pnrnb sait comment i ir. La belle-nère leet te vrai, elle a tort; e. i est esijreante peeWilR. ■ que voales-TOUs? elle vosdrait donner de ai a à sa belle-fille, bien étbordie et nn pea lépi.. fille, de son côté, ne fait cas qne de h nedL e ceptes de sa belle-mére loi semMeat sansECLl monter i cheval, aller â tontes les ckissci. i b courses, parier, courir, fomer, deteair iin Quel mal y a-t-il à tont çda? Bien n'est ^ ■ en commençant. La belie-^icreaefoitpoirtaii qu'avec peine, elle fidt qoélpws RprinsUin se garde bien d'écouter, pw die se fkk Jk qu elle est ridicale cel|o bme.' cDeac nai sa belle-fille soit trop.i la BMde; ^e h taey lie et plus attrayante en robe de soie qa*a Uii val, elle n*alme point â la mir hmr ém a cigares par Jonr, elle dit que cela gUe in àaa cela enlaidit et Ole tonte la poésie d'aae famtl pédanterie! comme s'il s^^giiwt de bpniii femme dans ce temps où la mode est dWvki voiture hardie des imiutriees de anieMUklj Elle ne vent pas (notes bien ce poîat^Q^ htm son fils soit trop lionne, parce qa'eHe prikrin quel préjugé!) que d'être très-lioaneBàiBpBi Oh! quelle personne fSIcbenie qu'âne Ubnsii une bru; elle a des idées si gotbi|ues,n«Bài temps présent! Enfin... enfin. ••

Biais nous avens dé]i dit que ce n'est |«lidh; nous voulions parler : non, nous Iihbbbs oIh ses préjugés bons on mauTais se linr, |1b ai bien, d'affaire; peut-être II nousacnit vfSiBÉi ne pas prendre involontairement iût et cbbr pu car enfin nous pouvons bien et aoas vadai wà jour une belle-fille; pauvre petite! qa*AflfcA la bienvenue; mais. Dieu soit béaîliBBiHn aucun risque d'avoir jamais un genin. Isb| donc être très-désintéressé dans la mfifm <■ mères â gendre; ausn est-ce de ceBeadqBH Ions parler. . ^

ff Oh! nous disait dernièrement ua^ chemcnt marié, et en possession. 4'uaâ croyait très-enviable, on ne sait point es ^|^ belle-mére, et d'avance on ne peutalendB^jjr. I mère est une invention de la ririliffatap, ans ton rien dans le Deutéronome ni vous armer contre ce fléau, car ce n'( Dieu. Nais ceux que nous nous ne sont pas les moindres. Autrefois, hiOBuaf père et sa mère pour suivre son mari; é pm ne quitte point sa mère ou loge tootinsfrifa tous les jours, aussi raiïairedumari^a^dlu s'estellc encore bien compliquée par IL a

En nous voyant sourire, il reprit :

« Vous n*aves pas de fille, je puis mecsrfi Une belle-mére, c'est un piège vivaaL

a Figurez-vous qu'avant le mariage ua ^ qu'il soit, est un dieu pour la mère qui vaÉtlii ber dans ses filets. Il a toutea les vertas» bs comme exprés : il est beau, il est ricbs; sshI des plus illustres, il est l!on, «■— Ht| ^»fc c'est un caractère admirable, on refit chsnisrt

Dien entendu que toutes ces qualités

â son successeur s'il se retirait avant la rait que leurs filles lea embarrai voir l'enthousiasme qtt*ont lea méffe paarcÉ en délivre. On le couve, on le soignsban fmà

LA BELLE-MÊRE.

^ «Mais aussitôt Tirrévocable Oui prononcé, quand on est litilbien sûr que vous ne pouvezplus vous dédire, toutchange, Jiil vous n'êtes plus bon qu*à jeter aux chiens. 2t c Vous êtes un brutnl, un homme hargneux, taquin, ^^on commerce difficile; on ne saurait vivre en paix avec ^.iwis; vous rendez vos gens malheureux, vous battez vos ^'duens, votre fortune n'est plus si claire, vos biens sont 2 frevés, votre nom reste beau, parce qu'il devient provpriété de famille, mais votre figure parait des phis corn- ! mines. On a eu sur votre caractère des révélations éton- ; aantes; on a malheureusement appris trop tard à vous ^ connaître, et si on avait su... Viennent les réticences qui f donnent carrière à toutes les imaginations. En2n cela est ^. feity ajoute-t-on avec un soupir.

'^# c Alors, sous prétexte de sollicitude maternelle, com- ' nence une tyrannie de tous les instants : la belle-mère ' est toujours là, elle vous suit d'un œil haineux; elle ^ vient voir ce que fait sa fille, ce qu'elle lit (car elle se ' défie beaucoup des princ pes qu'on peut vouloir lui incalquer), ce qu'elle mange, combien de temps elle dort. Bile compte conibien de fois elle a été au bal, combien de loges elle doit avoir au spectacle, ce qu'elle peut dépenser sur sa toilette ; elle examine quelle est votre humeur, quelles gens vous recevez. Si clic voit sa fille gaie, elle la brusque et se montre susceptible sur tout; si elle Je trouve triste, elle lance au pauvre gendre des regards furieux. De plus, elle est jalouse de l'autorité naissante du mari, elle y veut substituer la sienne, défend à sa ille de rien faire sans la consulter. La pauvre fille, par parenthèse, est souvent bien embarrassée, pour ne choquer ni une mère qu'elle aime depuis qu'elle est au inonde, ni un mari qu'elle commence à aimer. Mais la

belle-mère n'en tient compte, elle vous invente impitoyablement des torts, vous noircit aux yeux de votre femme, trouve qu'elle vous aime trop, que vous ne l'aimez point assez, que vous la faites trop sortir, que vous l'en fermez trop longtemps, que vous n'êtes point assez souvent près d'elle, que vous y êtes beaucoup trop et que vous l'obsédez, que vous n'avez point assez de soins ni de ménagements pour sa santé, que ceci, que cela, que sait on? enfin elle veut régenter votre intérieur et en fait la désolation, c J'avais pensé depuis longtemps, ajouta ce malencontreux gendre, j'avais pensé même plus sérieusement que ne le font en général les jeunes gens qui se marient, aux devoirs sérieux de Tétat matrimonial, et j'étais décidé d'avance à faire de mon mieux pour que ma femme et moi nous trouvassions qu un ménage peut, à la rigueur, n'être pas un enfer. J'avais lu, j'avais rêvé de belles choses sur l'amour dans le mariage; j'espérais, vous le dîrai-je? à force de tendresse sérieuse et dévouée, trancher ce terrible nœud gordien, dont un spirituel auteur nous donne plus de terreur que les Turcs n'en avaient du nœud coulant, avant que la respiration leur fut garantie â peu près par un semblant de constitution. Mais, hélas! j'avais oublié la belle-mcre dans mes plans de félicité conjugale, et cette femme désastreuse vient tout compliquer, gâter mes plus beaux jours et flétrir mes beaux rêves. Après avoir assez médiocrement élevé sa fille, elle craint de la voir se corriger du plus petit défaut, la plaint comme une victime, et la soutient toujours contre moi. Nous nous convenons, nous nous aimons, et nous serions henreux sans ces difficultés. Mais que voulez-vous foire sous cette influence délétère? Croiriez-vous que j'ai trouvé Tautre jour ma femme et sa mère tout en larmes, parce

U BEI.LE-MeitE.

<{ue j'ai prié Xadiilde d'arrêter les conptcf de sa marchande de modes, à qni elle derail mille écns sans s'en doaler? Qoe Diea bénisse les belles-mères, c'est la plaie

delà lie!

\ c Et poartaDt celle-ci n'est pas nne des pires : j'ai dt% amis qui me l'enTient en comparaison des leors; elle n'est ni folle, ni coqaette surannée, ni dépensière, ni joneuse,

; ni intrigante, ni ambîticrose; elle est morale, piecse. in-

cip.ible de donner jamais de manTais conseils à sa fille.

C'est une f-erie, dit-on, car elle n'est qa'insnpportabîe. »

El voil j ce qae disent les (gendres, il est bon d*y penser.

j Poirlnnt, malgré ces clameurs trop méritées peut-être qiKïlquefois, nous noos sentons portés à prendre en coml'.-iSM'.n les belles-méres. On les juge sans miséricorde, et personne ne sait ni Teot saroir à quel point elles sont 'OU vent malheureuses Voyons un peu cependant si leur hi^liire n'est pas bien triste; la Toici, ce nous semble, en jrénéral.

Un a une fille; on l'aime éperdoment; onréléTearec tous les soins dont on est capable, et deqnels soins n'est p.ts capable une paufre mère : on lui consacre sou temps, ses veilles, ses pensées; on s'oublie tout entière pour ne songer qu'à elle; on n'est plus belle que de sa beauté, fii:re que de ses succès, heureuse que de ses seules joies. En récompense do tant d'amour, comment n'aurait-on pas toute rafleclion de ce cœur naïf et pur? On l'obtient tout ( ntier. Dieu seul et vous répncz dans cette Ame de vierge, dont vous avez éloigné tout contact grossier, tout sou file qui pourrait la V rnir. Elle est la sous Tolre regard. b>,'lle, innocente et pure, comme Eve dut apparaître aux yeux du premier homme, quand elle naquit, revêtue de candeur à son seizième printemps. Et le cœur de la mère se fond tout en joie, et ses yeux versent dis larmes si douci'S, que rien ne peut approcher de ce bonheur, en contemplant cette suave et douce figure qu'elle a bercée lie tr^ndresse de}iuis le moment de sa iiais<iance.

Puis vient le jour rêvé avec tant de crainte et d'espoir, jour si désiré et si redouté tout ensemble, où celte jeune et charmante enfant, si ignorante de tout ce qui n*e$t pas l'amour d'une mère, va quitter celle autorité facile et indulgente pour celle d'un mari.

On le choisit, autant qu'on peut choisir au milieu du monde; on s'infirme, on scrute, on interroge, avec quelles inquiétudes, bon Dieu I on lui témoigne affection et confiance pour solliciter sa confiance et son affection; on en parle â tous pour que tous vous en parlent. Mais 1.1 vie élégante est muréo sous les conveuances extérieures. On croit tout savoir, ou ne sait rien. Le jour du mariage arrive, la jeune fille, après un dernier acte de soumission contenu dans une révérence tremblante que l'on fait .i sa incrc au pied de l'autel, dit le Oui qui l'enchaîne, et voilà tout à coup <|ue ses devoirs et une partie de ses alfrctions ont chaulé d'objet. Ses nouveaux parents s'emparent d'elle; elle est à eux maintenant, ils remmènent triomphants, et la pauvre mère la suit. Seule elle sanglote au milieu des félicitations et des fêles qui éclatent autour de sa fille.

Ici deu\ ccueils menacent la mère. Ou la fille va s'attacher vivement à son mari, et toute more vraiment tendre et dévouée doit le désirer sincèrement j ou bien la pauvre enfant se trouve liée à un homme indigne de sa

I tendresse, à un tyran hrulal el capricieux, qui Uétrira une à une ses joies et ses bulles espérances, et, dans l'un comme dans l'autre cas, les douleurs de la mère commencent et ne finiront plus.

Douleur d'une jalousie dévorante qu'il faut cacher, qu'il faut combattre, car on en rougit, et pourtant on ne

■tes SOI ▼oir m Toaloir. i connu qae tout Vrnn m Elles meureiil, pour Ken se riei pti^iki^aid^ elles nearent roosées d*aa

Vous qni maries vos illcs. arei fitié ^dta il TOQs, eoToyei-les pMKr loin ém miers momenls oà dcoz j( à enx-mémes, pour q«e TaiMMr ofcn ci cnaft^ sion de caractère loqjoan li filldie. cl €m k^m tout leur afeoir. Si toos les garia prés de m^ h tendresse voos toera, oa bien rest tocrctlcvte» tellîgeDce à veoir. Use jcue fcame est kof apâ qoand il Crat toajMrt opter eatre ■■€•««■

L'autre 4oaleiir et h ncre CM phu allra».ri|» Uol elle ne Cee pesp noua a*«aoM&c fom^itê celle de Toir cet élre ai aioié, cclU fDe cbëm|M« on eAi Toala licfir les veals Aifcr et nfrHlKb rayons dn soleil d'été, ea Wlla a« malhcv mi^ d'une onion mal assortie ; deas Tan d ëas Vmi% la pauvre mère est comme aae Uroadclle a hfiki a Tolé ses petits. Elle eoort, die s*afte wtm I leur prison, elle appelle, elle gémit toet le jevléi leur est împortnné de set cris, de sea khil meri ses inqaiéCodes loi aoat iasapperUUes. De qaiin^ t elle? il est le maître eafia ; qa*a-l-clle i bat? f d s'en aille, qu'elle se taise ea moins.

Ob ! messîeors les geodres, vons êtes Via ina TOUS abuses bien soaveat de tos droits, et, nk^i vous fassiei on aimer on haïr, voes ne esapaa mais, car voas ne tontes jamais le cempimÉt,fBi avez dans ?os mains rime, la vie. leccar.klia cette femme, et qa'elle mérite m moimmpciéi|i puisque, h^!as! quelque chose qMvoBsfaMB,ki d'une pauvre mère qni tous a oonié a illi cs éi mais de souffrir et de sonflrir encore.

Cherches bien, remontes dans yos wmmàkm de trooTer nne heurense belle-mére. Erteiafei on emmène la fille an bontdn mooÀ?cii-CifldM le gendre n'a épousé qn'nne dol et déda^mmta est-ce cette antre qui Toit plonger m tlle,iBbi ment et pieusement, dans une ^^Hltawr Mktfii où elle doit périr de tontes ces Jat^caes tuent tant de jeunes femmes par anaéat dont le gendre se ruine en spécnlatioaa paris, ou en cbevaux. on en mille aatrw ce celle dont le gendre est avare cl laisae nftiHK enfiints dans la misère, au miliea de le taaaaîai encore celle qui voit sa fille se peHnpeaifiVJ son avenir et sa réputation à tons les verti,MiA trouvé dans son mari un guide sage et fdiis qditf pecter et entretenir les honnêtes peachaats de nta

Comptez, comptez les bons ménages, cipaiiawa terons les heureuses belles-méres; délalHdm H toutes les peines qui sont propres à lev éM dii dépouillée, vous terres ce qn'il en

Oh ! soyez patients, les belles* toujours... et on les regrette.

Peut-être on pourrait aossi dire vous, soyez patiente à Totre tour; Vi douleur de vos filles, ne seront pas ses ou malheureuses, après qnelqacs ment, elles tous reviendront, soj( qu'on a pour sa mère ne s*éteinl aaa. teai m fie sommeille; mab il faut dire cela taril lei^ dl gendres.

sira;MI

^M^Z^fBfMi'Kr.r*

LE MARCHAND D'HABITS

la

JOSEPH MAINZER

13 armi les crieurs des rues, les plus nombreux, sans contredit, sont les marchands d*habits : depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, dans quelque quartier que Ton se trouve, il est diflielle de f-irc un pas

IL^ uSHHB^^ IkFWV ' ^'^"^ entendre ou sans I lî™f»i^^W^^3r^ '^ coudoyer un des mein-

sdc celle intéressanie famille. L*ouvrier matinal n'a pas Dcorc ouvert la fenêtre de son grenier, que déjà, soriQt on ne sait d'où, ils font invasion à la fois, et comme

an signal donné, dans tous les carrefours, sur toutes les places pul)li(|ues, dans les rues même les plus étroi- W et les plus inconnues, au centre de la cité, à l'extrémité des faubourgs, et souvent jusque dans les communes qui forment la vaste ceinture de Paris, et ne sont, à Traidire. que sa continuation. Ajoutez à cela qu*il est certains endroits privilégiés, tels que le faubourg Saint- Jacques et le faubourg Saint-Marcel, où on les voit se succéder sans interruption, et à si peu de distance Pun de Pautre, qu'on serait tenté de croire qu*ils y marchent proccssionnollcmcnt.

Respectable par le nombre de ses aniliés, cette classe d'industriels ne Pcsl pas moins par l'ancienneté de son origine : des le quatorzième siècle^ on citait les clercs de

Paris comme étant les clients les plus assidus des marchands d'habits. A mesure qu'on vil s'accroître la population et le luxe, le commerce des brocanteurs prit de l'importance; Pinconstance des modes devint la source de sa prospérité. 11 eut un magnifi |ue moment sous le régne de Louis XIV, pendant lequel, au dire des écrivains, les tailleurs avaient plus de peine à inventer qu'a coudre. Alors un habit touchait à la décrépitude, s'il avait duré plus que la vie d'une fleur. Quel bon temps pour un marchand d'habits, que celui où les livrées luttaient de richesse et d'ornements, ou les vêtements et les chapeaux étaient galonnés! Quelle source inépuisable de fortune dans tous ces galons qu'on nettoyait ou qu'on faisait fondre! Tous les seigneurs, grands et petits, joueurs, débauchés, chevaliers d'industrie et banqueroutiers, avec leur innombrable engeance de domestii|ucs plus rusés, plus félons, plus débauchés encore, étaient autant de pratiques et d'amis du marchand d'habits, qui» m^me de nos jours, en a gardé un reconnaissant souvenir. C'est en vain que le sou file des révolutions a passé sur les habits brodés et galonnés, soit en or, soit en argent; c'est en vaiq que le modeste habit noir a rangé sous son niveau toutes les classes de la société, dans la vie publique, comme dans la vie privée, le brocanteur, comme témoignage de sa gratitude pour les talons rouges, ou peut-être pour donner un regret à Pdge d'or de ses ancêtres, n'en conserve pas moins sa formule primitive . UahiU, galont! marchand d*habiti! marchand d^ha^ HU galons! Un temps viendra où ifon ne comprendra

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M./, -i \i- m A : fiur'lr.ri'l 'Jli.iliil'j \i'M ;i p''ii prés f. ti.i< Il J il.m . .1 |.iir"t': *iti['jttf:\U'., ii'iiis 11*^11 s-'nirioris i\iti iiij'tr,' f|:i m:\ri U:*i <l'h.'iliit-. lui-riK^mo. II'Hiis! il I Ml liK ;j r.iv/iifi r, <l'' <!• |il'ii.'ili|('i Inirrfonrialioris se '.'.iii iij. "Il"/ . I fi l'ii , il v;i «!»• |i|ii , l'fi jiln.. ctfi d<;gén';r«irjt; 1« I . I «• |.riniifi( -.'.ill'nr t-.l '*^•\l.^é•, :\ tuf iim rji|i- sr nilllhjl'ifil Ir-î v.iri'p'-. »ii' !'<• i»»<«-, Auin-fois, on iiais<>Ait

Il Iiiiiil . iDiiliii-. r.ttjnuii' l'on ri.'iil |i<m';I<!; le iM.ircfnnil

trii'iltit . viMiil, inoiiinil rl.trri imk; oIi ctiril/! profcclricc. M 11 : <lrj.il i-, i|i II m ri drrinivTl l'uil ri! qu'il y a d<; liirra- II! dfiii« r.c iiufic, diins; rcl iriqiôl inyslcricunemciil levé

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gaeasiajl toctcfttjcr.

ouh Mal se hturdcr du» <

lai la malorité 4e Fif e derai i

pnL Uo BMirhscd dlubhs i

comme vne mon^trao«i:é : msi

loi aoraienl épar^ê ni la pitié, âî

cari.«, selon qa'iU l'eiissenl i

oa comme dd Tos. Aajourd*biii, Vimp

jeuDe«se par n >lre çrao4e époque i

sa p'ii<)«acle îofloence sur celle i

que sEor toutes les aalres; il nons est vriié|lHli

f^jis de rencontrer jusqn'i des enfiuils et qâÊmmj\

crisirnt, achetaient 3t Tendaient avce ■■ iphak*

mc'bl sexajçénairc.

Tous les Ages ayant donc entahi celle pnfcfltai^tt de ses privilèges, c'est sur eu qne Vm fnta li le plus raisonnablement pour établir do cMépris^fl aCo de ne pas en étendre le nombre k riafaiv ■■■ bornerons à choisir les trois époques de la «iisih|i sionomie présente ordinairement ses < tranchés, et noas étudierons chci le rhomnie de trente ans, Thomme de l'homme de soixante.

11 y a bien des points de contact eoIxotaidMp miiTs, et la différence est si peu de chose, qa'thriâ

LE MARCHAND D'ilADlTS.

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ne nécessairement de leur Age. Celui qui a trente st ordinairement petit et assez fluet; il est v<Hu redingote verte ou noire (celle dernière passablerâpée, et blanche aux coutures), dont les manches rop étroites ou trop longues, ettjui rappelle, sinon ;es détails et par son lustre, du moins par une cerélégance d'ensemble, Téludianl et Touvrier endilé. Il porte la tète haute et le chapeau inclmé sur le droite; sa cravate est nouée avec une négligence itieuse: c*est le fashionable de l'espèce. D'une

il tient d'habitude un chapeau assez reluisant, et fn bras la défroque moitié paciCquc, moitié gucr-

d'un garde national. A quarante-cinq ans, au con- , il est d'une taille et d'un embonpoint plus que res- >les; son chapeau est posé assez horizontalement sur \ déjà grisonnante; vêtu d'une blouse en été, il porte rer une large redingote à la propriétaire; toute sa per-

respire une gravité étudiée et une espèce de connent intérieur. Là, du reste, s'arrête la différence : t l'autre tiennent le haut du pavé ; leur démarche a ue chose de compassé et de hautain, et ils poussent leuz» en se rengorgeant, le cri consacré, l'un d'une

voix un peu llû , <« *nire avec une force de stentor. Parfois ils font une halle dans la rue, promenant en cercle leur regard inquisiteur; ils font la roue avec leurs yeux, , comme le paon avec sa queue; et si de hasard quelque croisée d'un étage un peu suspect vient à s'ouvrir pour laisser passage à une tête curieuse qui se penche dans la rue, ou si quelque malheureux, l'œil au guet, se glisse furtivement le long des trottoirs, leur vue se porte alternativement de l'un à l'autre, leur cri prend un accent interrogateur, jusqu'à ce que le passant ait disparu \^ détour de la rue, ou que la tête ait répondu par un sigi^ négatif. Que si, des hauteurs aériennes d'un sixième étage, arrive jusqu'à eux un signe imperceptible, alors commence une nouvelle élude. Le marchand d*halnts passe le seuil de la porte indiquée, mais fier, presque avec bruit, sans éviter le coup d'œil inquisiteur d*UD portier malveillant, ou la rencontre d'un propriétaire intraitable ; tandis que peut-être, pendant sa longue ascensioo» le pauvre diable, dont II est, après le mont-de-piété» la dernière ressource, a doucement ouvert et porte <Â a plongé son regard inquiet dans les profondeurs de Tes • calier. écoutant si quelque porte indiscrète t'outre sur

LE MARCHAND D'HABITS

son passage. An terme de Tascension, les deux personnages sont en présence. Ici s'établit d'abord une scène muette : on procède à l'inventaire des objets.

— Que me donnei-vous de ce pantalon?

— Bourgpois, n'avez- vous pas quelque autre chose & vendre? répond notre homme d'un air nanjuois.

Le vendeur, que la néct'ssilé rend docile, va chercher en soupirant son vieux gilet.

— Bourgeois, avec une redingote, ça ferait un habillement complet, et ça serait de meilleure défaite.

La redingote est tirée lentement de l'armoire par son triste possesseur, qui la jette enCn d'un air d'impatience sur un bras qui s'arrondit artistement pour la recevoir.

— BDurircois, n'auriez-vous pas encore de vieilles bottes, une vieille paire de souliers, un vieux chapeau?

H)t le chapeau, les boties, les souliers, prennent le même chemin que la redingote.

Vi»ilâ la première lutte terminée, car c'est une lutte qui vient d'avoir lieu. L'un, dans l'espoir qu'une vente en détail lui serait plus proiiiable, s'était arrangé de manière à ne livrer ses effets que successivement; l'autre, qui est depuis longues années au fait de ces ])etites ruses, exploite malignement l'ascendant que lui donne sa supériorité de circonstmcc, niin de ne pas perdre le bénéiicc d'une estimation en gros.

Aucun des objets ne manque donc à l'appel; notre marchand en a lu la certitude dans le nunge sombre dont se couvre la physionomie de son client, et il prend alors un ton goguenard, où se trahit la satisfaction intérieure que lui cause ce premier avantage.

A cette escarmouche succ«'de un long silence : le marchand tourne et retourne chaque pièce avec une attention minutieuse; il examine tout, depuis les boutons jusqu'aux coutures; il a grand soin de tenir en évidence les endroits où d'ordinaire le temps, cet impitoyable nlpeur de vêtements, porte ses plus rudes atteintes; et, s'il arrive que le coude, le collet, le genou, la doublure, soient allligt'^s dun accroc, quelifue léger qu'il puisse èln'. c'est toujours ce f.icheux accroc qui vient, comme par hasard, se placer sur sa main. Combien souffre le ve= deiir durant Citte pen|uisition d«'précinlrice! Comme son œil suit avec anxiété chacun des mouvements de l'impassible examinateur! Avec quelles transitions poignantes il passe tour à tour de la crainte à l'espiTance, et de Tesporance «i la craiute ! Horrible supplice dunl son bourreau ne se met point le moins du monde en peine, et qu il ne parait même pas soupçonner! Enfin, la bouche de celui-ci va s'ouvrir : c'est un moment solennel.

— B.Mirgeois, (|u'est-ce (|ue vous demandez de tout ça?

^'.elle interrogation est accompagnée d'une telle expression de mépris, que le pauvre vendeur découngé n'ose plus dire le prix sur lequel il avait compté, et ce n'est le plus souvent que sur une demande iléiative qu'il se diM-ide à faire connaître ses prétentions, ayant soin de les laire .lescendre à la moitié de ce qu'il avait d'abord arrêté dans son esprit.

Mais, quelle que soit l'exiguïté de la demande, notre îiiarcinnd ne manque jamais de se récrier aussi haut que si l'on avait l'intention de le ruiner. Puis il recommenée son examen; il calcule, il réiléchil, ou du moins en fait seniblaul, et, s'il n'a pas affaire à queh|ue étudiant, insoucieux enfant du ]daisir. si là se passe un drame de faim et de misère que lui a fait deviner son instinct de lucre, il devient tranchant, impérieux : ce n'e.Nl [dus un marché, c est un combat réel, et le dessous reste toujours à la misère et à la houle.

Arrivons au marchand d'habit scxagi-naire : c'est en lui que s'est conservé le type prinûlif, le beau idi'ul de

respcoe. Dqpau dii ans qn'oo k eaanft, 1 1 1^ ans; il les aura encore dix 9bm phs tad. Cctf k^ la même redini^te looipie, olivilK, ri^ Ii ^ chapeaa bas, dool le bord, par no effet Ai eili.a» lève derrière vers le sommet, le même vûifc api ridé. 11 a ses mes. ses heures de prédiledia«, m^ qu( s dans le quartier. 11 n'occupe pas arpiêkmm le haut du pavé, il côtoie modestcoieat la Mi ruisseau. H est légèrement voAté, et hsiaelil^B qui ne l'cmpéche pas de promener partML enaiil dérobée, son œil gris et vif, toutes les Us ^1 au înlervalies ^aux son cri nastllnd el pcrtaii tm^ de la rue à Tautre, il aperçoit llndex ■ptériv ^ rappelle : alors il entre sans brait, il se hàfâLl échappe à tous les yecx ; l'escalier ne crie pa» «■ k pied discret; on dirait un habitué du logis. Qidafi soit la personne à qui il a affaire, il c4 to^afe même, humble, rusé, dépréciant les objets 4e bi^ mais avec bonhomie, sans dédain, sans |e«leUm sans arrogance. 11 a mille petites phrases k m i^: Les temps sont durs; on tie reiul pas; loel «émi si bon marché: on gagne si peu! Que répnètifci bonnes raisons? On se laive persnader. Qsai|ilpi moins cher qu'un autre, comme il ajonle laejMnfi que chose â sa première estimation, il arûréetaia sacrillce; et, quand il est sorti, on eaprcs^lofei dire : « Voilà un homme accommodant, b

Celte variété des marchands d*habils, lecmê-e a son côté poétique, le côté de l'art, eteacchin che sur les deux autres, que la passion do fiiaàa s->ns distraction et faiblesse. Qne le hasard lai pas quelqu'une de ces rares g«ienîlles, respecUUeèfai de quelque seigneur de la régence, qui aura pné. ai vers les révolutions, du maître au laquais, éilifÉ ses enfants, de ceux-ci é des collatérau, nmoi quatre générations, alors son regard s'anine. mm d'ordinaire terne et froid, s*illumine et i*«kd c'est la joie du bibliophile ressuscitant qaelqv % manuscrit oublié, ou celle du gastronome, qn 6i profondeurs d'un caveau une bouteille parée im\ dre semi séculaire. Dans ces belles occasioBS,épe de moins en moins fréquentes, A son gr^nd rs« marchand d'habits antiquaire met en œune tsiift ruses : il sort, il rentre, il sort encore, il rerifit^ et fait des sacrifices réels pour acquérir la (nâni lique.

Ce qui rend surtout remarquables les wtA d'habits dans la grande famille des crieors. cM^ en sont les finauds, les intrigants, les roacs. 1% rivalité qui existe entre eux, on les voitloqsni cord quand il s'agit de déshabiller le l'état de ses finances contraint de recoii trie : de rivaux qu'ils étaient, les Toila res. Un premier s'est présenté; il a offert soi prâ. absurde, un peu plus que rien; il est parti ami d'un centime. Un second passe, puis un tmiâft. vaut les refluants vers la même fenêtre de b ■tel saide, faisant retentir incessamment le corbeau; on les appelle, et leur prix est dre que le demitr mot du précédcoL peur d'en voir venir un quatrième, un demanderont de Targent peut-être poor charger de sa pauvre dépouille, le pauTre cide : il échange contre vingt, trente oa une garde-robe complète, son habit de tnlon de gala, le gilet de veloars dont sa Is^ae I cadeau le jour de sa fête; et, an moment oé, ksh aux yeux, se mordant les kérres de i«ge» fl Mm

LE MARCHAND D'HABITS

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t^ibrt adieux aux compagnons de ses longs jours de tra- ^^n aux conûdents discrets des plus douces joies de sa aux souvenirs brûlants de ses trop courtes heures de leur, le marchand, pliant sous le faix, se retourne lai dire d*une voix à la fois ironique et protec- : c A une aulrt". fois, mon bourgeois; pensez à

li, nous nous arrangerons toujours. 9 Mais ce n*est pas assez d'cludier le marchand d'habits DS la rue ou chez son client; il faut encore le suivre "^iaiis son intérieur. Là brille dans tout son éclat le gé- ^■b dont la nature Ta favorise Qu'est-ce* en elTet, que Vtf avoir acheté à bon compte quelques misérables virille- *liet? Le point capital est de les métamorphoser en nou- ■^fiiatés de la plus belle apparence; et, pour atteindre ■i00 but, il possède mille recettes merveilleuses. Ce pantai^km» dont on ne voit plus que la corde, il le retournera, ial en confectionnera des guêtres d*une admirable frai- ■IChaar; cet habit, que vous n'auriez pas osé donner é ftfOlre portier, il trouvera moyen de le dégraisser, de le ^neonvrir d'une laine soyeuse en le brossant avec un miclHirdon ; et, lorsqu'il y aura cousu une doublure neuve, ^nll aura promené dexirement les barbes d'une plume spAargée d'encre sur ses coutures blanchies au service, il ■ïBe se trouvera pas un ouvrier qui ne s'estimât heureux H^ie le payer vingt fois ce qu'il vaut, pour en faire ses ■{fteaux jours de barrière.

Modestement téta, modestement logé, le marchand d'habits thésaurise longtemps avant de songer â prendre une position en harmonie avec sa fortune; il a'inquiète fort peu d'acquér r des dro ts politiques; il n'ambitionne pas d'autre insigne que la médaille qu'il tient de la police. Quand est venu le moment ou il juge convenable de se retirer des affaires, il disparait tout à coup de la grande ville; vous pourriez le croire mort si le hasard, vous conduisnntdansquelquecommunedes environs, ne vous le Caisail retrouver propriétaire, m< mbre du conseil municipal, sergent de la garde nationale, et lecteur assidu du Constitutionnel. Il n'en est pas de même tout à fait du vieux marchand, de l'antiquaire, dont nous avons tracé le portrait à part : celui-ci, tant que sa vie dure, achète cl brocante; il est toujours pauvre, et c'est après sa mort seulement que sa fille épouse un avoué, ou que son fils acheté une charge d'agent de chanfre.

Nous ne terminerons pas ce tableau sans dire un mot des marchandes d'habits; caries hommes ne se sont pas réservé exclusivement le privilège de celte intéressante profession, et les femmes y prennent une assez large part.

Nous avons remarqué que celles-ci. dans la nomenclature des objets qu'elles désirent acheter, procèdent toutes dans le même ordre, commençant par le chef, et , descendant jusqu'à la chaussure»

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des vieux sou-licrs à vcnd'l Voi-là la mar-cliand' de chif-fonsi

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Cha-pcau à vend*! Det Das, d«8 souliers, des chif-lons, voi-là la niar-chand'l

Leur mélodie, moins originale que beaucoup d'antres, est une des plus belles qu'on entende à Paris. Le caractère en est emprunté à l'Eglise : c'est du plain-rhant tout par. un plain-chani tout grégorien, bien qu'il n'ait pas été extrait du rituel du saint homme En général, il e^t mal chanté, et ce n'est pas toujours chose facile que de découvrir toute la beauté d'une mél* die si ignoblement rendue. Mais on rencontre pourtant quelques femmes qui la chantent avec une voix fraîche et claire, et lui donnent l'accent de complainte propre au plain-chant. Lorsqu'on les entend de loin, 00 se croirait transporté dans le midi de l'Italie ou sur les iles de la Mèli terra née, où les femmes, en filant tantôt sur le seuil de leurs portes, tantôt sur le toit légèrement voûté de leurs maitons, chantent : Ave, Maria gratta plena, avec une voix argentine qui va retentir jusqu'au milieu des rochers escarpés qu'on voit s'élever du sein des flots. Que de

' Ibfs ces marchandes d'habits nous ont reporté, par le souvenir, au temps du notre vie insulaire, et qu'elles

%nt souvent réveillé les impressions profondes que produisaient sur nous les chauls des fileuses, lorsque, assis sur les ruines d'un castel de Barberousse, d'un temple d'Apollon ou d'un bourg de Tibère, nous admirions ai loin les iles de la Corse et de la Sardaigne, le promontoire de Gaëte ou de Myceoe. le château Saînt-Elme et les rochers de Sorrente et de Salerne! Quand une pan* vre crieuse des rues nous rappelle ainsi ces voix qui venaient interrompre nos rêveries, et troubler le silence de la montagne, en se mêlant au murmure des vagaes de la mer, combien nous serions heureux d'avoir â lui offrir quelque chiffon de prix comme un hommage de notre reconnaissance pour tant de beaux souvenirs. •• et quelquefois pour tant d'amers regrets!

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MlSÈllE EN HABIT NOIR

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'hal.îl noîr. c*csl

çîiis ilepui^i ((u'on lie purte plus €□ France l'h^iLît li la ri'itnr.'ibe. L'Linbit noir, c'esl celui i|ini nous rcvploDS pritir le niitrlagc , ha bnfitéme et Tente] renient; pour h

rtmlfi du h demoiselle, cnnimc pour La visih^ de condoléance à k veuve, L*ltaIntnoîr. c'est l'habit du i^olljcileur, comme ceUiî du ^'îullicUe ; c\'?t l'habit de tenue, riiabit habillé. L'habit noir, c*e>t V\iMi di; cctiK qui en ont tant qu'lLii en veulent comme ùa ceux ([ui n'en ont qu'un. L'habit noir, c'est aujourd'hui clieï nous riiabll de luxe et l'habil de misère.

Entre ces deui famillfs d*habits noin^ , il y en a bien encore une ttnlre , Thiibit ridicute ; mais celle- La sedb* Ungue l^iciLemetil des deux iuitres. C'c^t dans cette classe que nous rangeons cctiu foule d babils noirs i|ue k dimanche seul est c^n possession de produire à la lumière. Cet habit es^t irop court ou trop lon^*, le? basques en 10 nt trop carrées ou trop arrondies; p eut- tire tl a dételât, mais il n*est pas use. Jïegardei ûttenlivemeût [es dépendancea de ccl habit ; voyez ce pantalon bleu d'u-

niforme ou ce panlaloD de nsnkia pasu, ec «ol è# mise qui nous rendrait l'angle droit dans tmdeMia» titudo, $1 |iar malheur Téqaerre venait à « fsètiB boucles d oreilles, ceiie eravate empesée, ccibi«i clous nu ces esc^irpim à farges rubaas; «s pia mains veuves de ganls, ou que les gmti ieaUfM j^ regardez snrtout cette chaîne à laquelle ippo^nfei»^ seau de breloques d'or. Tout voaa dit qi» cet Ulè n'est point une livrée de misère. C'est lliaUl riWi» rbabit dans lequel s'est marié il ^ i cinq ouàivk petit marchand ou le maître ou mer. Il le \ cînquante-dcui Tois Tan fiendanl cloq oa su i nées, jusqu d ce qu*U en alTuble au joar de si pa^ communion ce llonssatit gamin qui rappelkFfailî marche sur les pieds en costume d'arttllev.

Pour mon compte particulier, je n'iive ftf îlril noir, parce que Innglcntps on nie Ta mpom pvtt Toutefois, j*en conviendrai, l'habit iidrcatb«a.w beau même : je ne lui connais qu'os débat Q^:i est vrai , c'est que de tous c'est celui qui È'wmkt^ vite, et qu'enlre tous c est celui qui iOTiit bMafll coQslammcnt neuf, ilcgle générale : mettait fUli dieu le de cùté, tout habit de misère a é^étmtmfi h,->bit de luxe. Si Ton achète ^ur aVa tHv IbiS gote^i et les habits de conleurp oo D'acëéle IIM iri que pour s'habiller. Lors doue que l'habit lor ftaèil l'état de simple vêtement. Il a'esi pu Im M ^/é un haliit de misère.

Le proverbe c L*habit oe ûiît pis le noiatafflltt très-vrai de tous les autres babits^ Il ne Test |«ii A bit noir usé. Il peut y tToir beaucoup CaisseiHil

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