‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 225 sur 269 · LE MARCHAND DE PARAPLUIES · texte numérisé non relu

LE MARCHAND DE PARAPLUIES

canicule. Son chapeau, par une conséquence toule naturelie d'une des nécessilés de sa profession, est ordinairement recouvert d'une toile cirée, et il le place de manière à laisser tout son front à découvert. l\ porte audessus de la hanche gauche, et retenu ^ar une courroie qui passe sur son épaule droite, une espèce de cari|Uois dans lequel se trouve classée par ordre une coli«clion de parapluies dont quelques-uns sont neufs , queiquvi^Mft. sont vieux, et les autres ne sont ni vieux ni neufs. Il y en a de toutes les couleurs , de toutes les étoffes , pour tous les goûU et toutes les bourses. L*élc, on j voit aussi

une certaine i Mikrrilat ioU 1t i

générale et moins 11 ' itive. flwt fd [ tont au marchand de firendre palinee pcoéuilfeja de soleil. Le marchand de perapleiei acheta cnnj vend du fienz pour da neaf. il achète éi ted^mt vieux, n est, de plas, raocommodcv, n, enMiy me rappelle un vieax jalf qai pasnil ta» Is jk.i ^me, sur la place du PuiChéon, et, d'iae im en bikte, poussait sous ma fenêtre ce cri laMttlkik '*a 4ei parapluieê déchirée à ratt9mmiiirî

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Le marchand de parapluies doît beaucoup affectionner Paris â cause de l'inconstance de son climat, et ce n*est pas lui qui voudrait en retrancher ce brouillard, enfant de la Seine que le provincial accable de tant de malédictions. Il passe la moitié de sa vie à étudier les variations capricieuses de la température; il interroge tous les nuneres qui passent à Thorizon : h leur forme . à leur couicur, il saura vous dire s'il fera beau ou s'il pleuvra ; c'est un baromètre vivant. Lorsque vous le voyei se mettre en route par un temps douteux ou sombre, soyez sûr que la pluie ne tardera pas â réaliser ses prévisions. C'est au moment où toutes les industries abandonnent la rue, qu'il s*en empare et y domine en maître , a peine les premières gouttes d'eau ont-elles moucheté le pavé, que son apparition a lieu sur tous les points de Paris, en même temps , et comme à un signal donné. Partout retentit, à des temps rapprochés, son cri aigu et perçant : Arrchand d* parapluies ! ou simplement Pluie! pluie! comme expression patente du vœu secret de son cœur. Que l'averse vous surprenne au milieu de la rue, en costume de visite, il vous regarde dès lors comme son client obligé : il marche a côté de vous, fatigue votre oreille de ses cris, vous interpelle ; si vous vous réfugies sous une porte cochére, il vous y poursuit, et, de guerre lasse , vous vous déterminez à lui répondre , i jeter un coup d'œil sur le parapluie que sa main vous présente. Il TOUS tient. Aussi à Taise sous cette porte que tout autre commerçant dans son magasin , il tire de son étui tous ses parapluies l'un après Tautre * les ouvre et les referme. faitrt*marquer la beauté du taffetas, le jeu facile de la monture , et cela avec un ton de politesse et de bonhomie tout â fait engageant. De quelques degrés que TOUS fassies descendre son appréciation , il ne se récrie pas; seulement sa physionomie s'empreint d'une espèce d'étonnemcnt rempli de naïveté; puis, il vous supplie d'être raisonnable, et, à cette condition, il se fera aussi accommodant qu'il est possible de l'être : il ne demande pas à gagner ; tout ce qu'il désire, c'est que vous ne soyez pas assez injuste pour lui faire subir de la perle. Eiifln, tout en paraissant céder, il vous amène insensiblement eu taux flxé d'avance dans son esprit : le marché conclu, il semble, en prenant votre argent d'une main et vous livrsLt son parapluie de l'autre , se résigner à un sacrifice nécessaire. Vous pouvts alors vous glorifier de votre emplette si vous ne l'aves payée que le double de sa valeur réelle.

Le marchand de parapluies est essentiellement voya-

geur : si , pendant les jours plufien , fl s oai presque exclus' vemeni aux besoins de la capebk.li ',iloie d'ordinaire le reste du temps i faire ib|a^ nations dans la banlieue, et, pour reculer ksliu son exploitationt il appelle de tons sesTinir«&Éb ment d un chemin de fer sur chacun des tifaaifip tent de Paris; dé|à il fait un assesrréqaentBB^iN de Versailles et de Saint-Germain. Dias leifan vend plus de coton que de tafletu, mais Q i«m|i manière i y trouver également son bésêiarfdta il raccommode, il fait des échanges, il hrocub:y« il trouve le m(^en de rendre, son voyage hnii n'est jam Vis sans résultat qu'il s*est iosaé h pn courir toule une journée, tenant, au graaicMÉi les chiens de la route, son parapluie ottart, eamp inviter le ciel à se fondre en eau.

Le plus ancien de mes souvenirs, en ULètwm rues, est celui des marchands de paraplaieifai^ se croisent dans toutes les villes, dans tosi kiil de l'Allemagne, et vont toujours en chaBlHl,ii|l en criant leur Àtrekand érparm^lmmî qse mua enfants nous ne pouvions pas eomprcnérs,tf ^q d'hui encore je ne comprendrais pas dafaslqeâhi chandise qu'ils portent en bandoalién naraylpi suffisamment. SI les chants de Técola, aiec \m\ poésie puisée dans le monde si idéal clri|sfip l'enfance, ont laissé des traces prolbato àm m\ moire, je n'ai pas oublié davantage le san w^Êàx cri des marchands de parapluies, non piv fsH verdâire qu ils portaient, et la casquette i émm l'un d'eux me jeta au nés parce que Je wtmi^ contrefaire. Ifous les prenions pour des saidnfi des paroles cabalistiques, obscurdswieH la ali provoquaient le débordement des cstaracMsiidA entendant i Paris le même son de voii, Icsmlaui inintelligibles, en revoyant les mènes bomMi^ls mes h ibits verts, et le même dd plnvienfÂii magne, il y a trente ans. Je doia MalHrtlhsutfm dure qu'il existe des traditiooa dne les ftétà comme il 7 en a parmi les insulabes» ksmHtqM les pAtres.

Le marchand de parapluies a dViritaake amfei dans les faubourgs les plus pauvres; liafa ai irit ou au quatrième étage, et un pedl lanihii à peint, suspendu é sa fei lêlre^ ~ ~ passants. Lorsqall a vu, d*années, chaque nuage 1

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