‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 227 sur 269 · L.-A. BERTIIAIL · texte numérisé non relu

L.-A. BERTIIAIL

es électeurs parisiens à (liMix cents francs et audessus , les hommes d'ordre et de bouli'jue ont entendu prononcer le nom du ^0fçucllier une ou deux fois au thédtre des Variétés, et ils savent, c'est-à-dire

Qs croient qu'il se nomme Loupcur ou liulorhard. Pour ftlix, c'est rdtivrier imprévoyant et viveur, hâbleur, conteur* gaudrioleur et mauvaise lèle, allant boire à la barrtére et dépenser en deux jours, le dimanche et le lundi. Ses économies de toute la semaine; c*est encore celui lui, sans sortir de Paris, use sa journée et les manches sa chemise à rouler de cabaret en cabaret, se frottant à tous les murs et se brûlant Tesiomac avec les ^impositions lithnrîj:in( uses du marchand de vin. Hors de lé, les Parisiens ne voient fdus de goguettiers, mais déjà des goipeurs, déjà des vauriens, déjà des gens à tout Caire, et devant lesquels il est prudent d'allonger le pas ^ntre minuit et cinq heures du matin.

Les Parisiens ne connaissent pas les goguettiers. Le goguetlier est Parisien comme eux, né à Paris. ^evé à Paris, joyeux et nan^uois comme tous les enfants

du peuple de Paris, et brave comme nn coq. Il est eh:msonnitT, il aime la musique, les refrains bruy.ints, et c'est pour cela qu'il est goirneiiicr. C'est d'ailleurs un ouvrier laborieux et honnête; demandez à son ]ia(ron, à son chof, à son logeur, à son gargolier, à tous ceux enfin (|ui ont eu avec lui (pielques relations. Et si, d'aventure, il a démtMê quel<|ue chose avec la police correctionnelle, ce qui arrive aux conscienc« s les meilleures, assurément c'a été de peccadilles dont il n'a pas rougi, ni sa mère.

Le goguetlier a des aïeux illustres ; il en a qui sont membres de l'Institut, députés, pairs de France, et qui dînent à la cour avec le roi. MM. Dupaty, Eusèbe Salverte, Etienne et Ségur aine, ont été go;^ueltiers d'abord, fiéranger, le seul homme littéraire de notre temps peutêtre dont la postérité se préoccupera avec amour, notre poète national Déranger aussi a été goguettier. Dans ce temps-là, il est vrai, les goguettiers avaient une antre dénomination : on les appelait Messieurs les mnnhres du Caveau. Mais qu'importe une dilTérence quelco >|ue dans les mots, si, au fond, la chose est la même absolument?

C'est dans le courant de l'année 1817 que l'on vit apparaître les premiers goguettiers. Quelques mois auparavant, l'invasion étrangère avait dispersé les membres du Caveau; les échos du Rocher de Cancale étaient devenus sourds, et le peuple de Paris portait encore douloureusement le deuil de son empereur. Un despotisme prudent, parce qu'il avait peur, cherchait à comprimer, mais à bas bruit, la manifestation des regrets populaires; il annonçait la liberté, mais il défendait de chanter la 11. berté. Cependant la chanson n'avait point abdiqué à Fontainebleau, et son empereur n'avait pas, comme Tautre, conûé son destin à l'exécrable loyauté politique de l'An-

LE GOGDETTIER.

gletcrrc. Déranger clail resté dans Paris. A toutes les fautes du gouvernement restauré, le poète répondait par une satire énergique et railleuse; et puis, de main en main et de bouche en bouche, on voyait alors et l'on entendait passer la satire triomphante. Gomme au temps des Bhzarinadcs, le peuple se consolait et se vengait en chantant. Durant les premiers jours, ce fut dans Tombre et â l'écart, le plus loin possible de messieurs de la police, que Ton chanta; mais, peu à peu, le besoin de se réunir se fit sentir plus vivement; on essaya quelques petits festins à la barrière, puis à Paris, un peu Ç'i, un peu là. Les souvenirs de la société du Caveau tourmentaient d'ailleurs les chansonniers du peuple, les épicuriens en vestes et en blouses; et les goguettes furent organisées.

D/'s Tannée 1818, le nombre de ces réunions chantantes était incalculable. Aujourd'hui il y en a une dans presi[ue chaque rue de Paris. La îioc'iélé des Braillards, celle tliis Enfants de la Lyre, colle des Gamins, celle du Gigoty celle des Lyriques, celle des vrais Français, celle des Grognards, celle des Bons Enfants, celle des Amis de la Gloire , celle des Bergirs de Syracuse, et quelques centaines d'autres encore existent depuis plus de vingt ans. Toutes ont fait la guerre à la Restauration, et toutes avaient des soldats sous le feu des Suisses, le 28 cl le 2îJ juillet 1850. C'est là un fait qu'il n'était pas inutile pcul-èlrc de constater. Parmi les goguertiers actuels, on cilo les EjjicurienSy mais surtout les In fanaux!

Les gogueltiers se réunissent une fois par semaine, chez un niarchand de vins, depuis huit heures du soir jusqu'à minuit. La chnmbre ([ui leur sert de temple est d'ordinaire la plus grande de rétablissement. Elle est éclairée aux chandelles, quelquefois à l'huile. Une espèce d'estrade, destinée au président et aux dignitaires de l'assemblée, est établie un peu au-dessus des tables communes, à l'endroit le plus apparent de la salle. Celte estrade est couronnée de drapeaux tricolores arrangés en trophées, au milieu desquels, dans certaines goguettes, on aperçoit un buste en plâtre blauc. mais bronze par la fumée du tabac. Quelques noms de chansonniers, plus ou moins connus, inscrits en lettres d'or sur des carions peints, sont attachés pour la cérémonie le long des murs. On y remarque aussi des devises encadrées dans des écussons. telles que celles- ci: « Ilommage aux visiteurs! Respect au beau sexe! Honneur aux arts! etc., etc. » Eniin, n'étaient les tables rangées en file, et couvertes de nappes blanches et de bouteilles noires, la goguette représenterait assez fidèlement, au moins pour les yeux, les é^^lises ambulantes du grand primat des Gaules, M.l'ai.béChAtel.

Il y a environ trois cents goguettes à Paris, ayant chacune ses affiliés connus et ses visiteurs à peu près habituels. L'entrée de la goguette est libre : les agents de la rue de Jérusalem y sont eux-mêmes reçus, soit qu'ils se présentent en costume officiel, soit qu'ils viennent habillés en bourgeois cl marqués ou non de la croix d'honneur. Les tapageurs seuls sont exclus.

L'affilié de goguette ne possède pas d'autres droits que ceux du simple visiteur, seulement, lorsqu'on rappelle pour chanter, on fait précéder son nom de celui de la gommette à laquelle il appartient, tandis que celui du visileur est précédé du mot ami. Ainsi on appellera le Grognard Pierre, le Braillard Jacques, et Ton dira l'ami Jean , Vami Paul. Il n'y a pas d'autre distinction entre les affiliés et les visiteurs. Deux goguettes seulement, celle des Bergers de Syracuse et celle des Infernaux, imposent a leurs affiliés des noms en rap-

port arec le patrooaga coot laqwl dki n«f^ les Bergen empruntent ces noms an ^|)a(«ti bucoliques ; les Infernaux é reaCer. La phniif i goguettes est partout U même on i pn prè^ ca^n pendant chez les Infernaux. Le pffé^i4eflCaifi«h« par un toasts et les conTives boivent aicc tii, c ifq que la gaieté la pins firanche Ta régaer àairoÉp On chante ensuitep ducon & son tour, et la t&m cbœnr. Immédiatement après chaqw chum. Vf dent de la goguette se lève» noraneàhnkinc' leur et le chanteur, et Invite les gogsettîmiiifM ce qu'ils font toujours arec beancoop d'eCuta. b \ veau toast est porté an moment et don kn» Tespoir de se revoir dans huit jours! > ctMs Chacun se lève alors et rentre chci loL

Le goguetlier est igé de vingt i soilaBlem Jq il chante des chansons sérieuses et fUknfâfi vieux, il redit les charmantes gravelv» 4e Kb^ Le jeune gognettier est souvent l'aDtenr 4e h si qu'il chante : alors , ce sont des aspîralioai naa majestueuses vers un monde à venir, vm c ■ meilleur, et Ton y trouve, pribis, énëmfm et inspirés véritablement beaux. Dëpms ^ad^ti surtout, le jeune gofpietlier sembleavoir priii M glorification du travail et la propagaâoa do iéesti nîtaircs les plus récentes. Un dinît aa a|4bt |m son évangile, et c*est un apôtre en effet E«4ipa vin qu*il vient é la goguette? Non, car ilMiÉr rougie. Mais voyes sa tète , si belle et si pik.ss longs cheveux noirs; voyes ses yeoxnapbliàl écoutez avec quel aciSent de convictiott proMiRp autour de lui ses belles paroles et ses aoUadm n*a qu'une blouse sur le corps, c'est vnî, néiq dez : et dites dans quel tableau de Baphaaiaèil Ange vous aves vu un homme portant soa Hrtnl avec plus de noblesse et de simplicité.^ B s'y «i|i Gelui-d vient seul A la goguette; il s'anailniMB le coin le pins obscur; on ne levoît pasfdsis quand il aura chanté, soyes-ensûr, aasv^ que lui.

Tous les jeunes goguettîera ne ssnl pas, i Imi près, aussi recommanda blés. Là, ce— a dknilf par exemple, d'excellents jeunes gensaafeslvi n*ontpu encore désap|Nrendre les IraAisaipiid Pour eux, la gognette est un champ Glieiàrnii tout dire, presque tout foire ; et eenx-U alaitfil lardemenldes couplets d faire rougir la aeffclpi des jeunes Ûlles, bonne» et simples ( tcnt aussi A leur tour, et devant I la mémoire ne devrait être pldne que et i bien ! non, le goguetlier lîbertitt rit de F son triomphe grossier augmente 4 leur monte plus haut sur le fironL assurément, mais ce n>st pas

hommes. N'y a t-il pas à côté'd*ei ^-.

à l'heure a chântè pis qu'eux et leur a dmaita^fl

Regardez bien : il sourit encore. C'est bnlsiii^«

c'est vrai : il existe ane espèce i

tes choses ne connaissent pas de mesi

ches sont impitoyables comme leurs

ils ne peuvent plus Tacheter ni la si ,

qu'ils crachent sur la pudeur; c*eat pewiBHii

faction. Il faut qu'ils blessent, quT

se révèlent quelque part, et par qi

que, à leur avis, ce que l'on doit i

c'est de passer pour une négalka. -^..,^ ^^

monstres à cheveux blancs on écrtMspdii*fî4

enfin plus rien du geste ni de la veii» Il ■«'

LE GOGUETTIER.

SU

i maugréanl et grommelant contre la corruption du siêle; ils pleurent le temps où ils vivaient, où ils avaient "^^iQDtcs leurs dents, et cela dure ainsi jusi}u*au jour où ils '?fc'*en vont et font place à d'autres, plus jeunes et meil- ^Jl?9ur8. Il y a entre ces hommes et qucl(|U( s poilrinaircs ~ "^^"lussades une analogie crutlle; les uns et les autres ne Btenl souffrir la vie nulle part; la jeunesse fraîche et les allrisle, cl ils se dôlournenl quelquefois pour lier écraser une fleur. Ehl malluureux, passez donc -'Croire chemin : il n'y a rien de commun entre vous et les ^■leurs.

Uétons- nous de le dire, on rencontre à la goguette, et - <^QD fort grand nombre, de bons et honorables vieillards ^qpe IMge n*a rendus ni jaloux ni m('>chanls. Accueillis ^ fêtes par tous, ils savent que la couronne de cheveux blancs qu'ils portent sur la tête ne leur donne pas d*autre droit que celui d'être plus graves et meilleurs (|iie tous. Aussi, chacun s*empresse autour d'eux; on ^ applaudit leurs chansons avec enthousiasme; on met du aacre dans leurs verres; et les jeunes qui sont places à leur table éteignent leurs pipes et ne fument pas. C'est pour ceux-là probablement que Déranger a fait son Bon Vieillard; tant miteux t Déranger seul pouvait comprendre ces belles natures d'hommes et les chanter.

Au fond, les goguettîers sont pour la plupart des Roger Bontemps. Les soucis ordinaires de la vie sont venus frapper à leur porte, cl très-souvent sans doute; mais, en vrais gogueltiers, ils ont répondu aux soucis : a On n'ouvre pas ! » cl les soucis ont pris leur vol ailleurs.

Ce que le goguellier cherche pricipalemeni, ce n'est pas le vin, c'est la compagnie. Le vin qu'il boit est mauvais, les gens qu'il fréquente sont bons. Il n'y a pas d'endroit peut-être plus dépeuplé et plus solitaire, pour les travailleurs, que cette grande ville de Paris, où l'on compte un million d'âmes et plus. Les riches, les oisifs, ont des réunions convenues, des fêtes, des bals, le bois de Boulogne et plusieurs théâtres; ils jouent, ils chantent, ils s'enivrent ensemble, et tous les jours; avant la fondation des goguettes, l'ouvrier vivait seul et ne voyait pas même l'ouvrier. Aujourd'hui il existe entre les gogueltiers, qui appartiennent pourtant â tous les corps d'état, une fraternité réelle et bien entendue. Ils s'aiment siocériment, et ils s'entr'aident sans ostentition. On a vu des quêtes faites dans une goguette, aa proGt d'un goguellier malheureux ou malade, s'élever quelquefois jusqu'à cinquante francs. Lorsque les besoina du nécessiteux sont plus grands et plus pressés, oo tient

LE GOGUETTIER.

une séance extraordinaire, à laquelle les goguetliers de tous les rilcs sont invites. L*entrce est libre et gratuite, comme toujours, mais il y a un bassin au seuil de la porte, et il est bien rare qu*il entre une seule personne, vfSîteur ou goguetlier, sans mettre son offrande dans ce pauvre bassin. Alors, la recette monte souvent a cent francs, et le fçoguellier bénéflcinire paye son loyer, dont il devait plusieurs termes, rachète des meubles, retire son matelas du mont-dc-piclc, et donne du pain à sa femme et à ses enfants.

II y a environ deux ans que Tautcur de cet article fut introduit pour la première fois dans une goguelle, aux Bergers de Syracuse. 11 s'y trouvait, ce jour-ln, une centaine de ber^rcrs, et quinze à vingt bergères. Pas un geste, pas un mot mal à propos ne s'y Gl remarquer, et la soirée s'écoula aussi paisiblement que dans le monde le plus élégant. C'étaient pourtant des ouvriers, pauvres braves gens que Ton dit si turbulents, si barbares encore. Ils avaient achevé leur pénible journée, et ils s'en étaient venus chanter d la goguette pour se reposer un peu. Ils buvaient en chantant, et l'ordre le plus riant régnait parmi eux. C'étaient des hommes en blouses, en vestes, aux mains dures, aux visages noircis par le travail et la sueur; c'était la richesse et la force de Paris, les bras qui construisent, pétrissent le pain, travaillent l'or et la soie, bAlissent les églises, et qui, un jour de soleil, renversent les croix et font des révolutions! Les bergères, comme on le pense bien, étaient aussi des ouvrières, laborieuses abeilles, se levant à l'aube du jour pour composer un miel qui ne leur appartiendra pas; c'étaient des femmes habillées d'indienne et coiffées de bonnets et de madras à dix-neuf sous; pauvres femmes, jolies sans le savoir, bonnes et honnêtes par habitude; cliarmanles créatures prédestinées comme les (leurs des champs, et condamnées à naître et à mourir pour le plaisir du riche, dans les buissons; et tout cela, en vérité, CCS hommes et ces femmes avaient gardé entre eux, et malgré le vin et les chansons, une admirable réserve et une retenue vraiment décente!...

L'assemblée se sépara à onze heures et demie.

— Eh bien! me demanda le berger Ncmorin, qui m'avait introduit, que pensez-vous de notre société?

— Je pense, lui dis-jc, que c'est ici que l'on devrait étudier le peuple ; on le connaîtrait mieux bientôt, et ceux qui ont peur de lui uniraient par l'aimer.

— Si vous voulez, ajouta Némorin, je vous conduirai samedi prochain chez les Infernaux,

— Volontiers.

— 11 y a, parmi eux, vous le verrez, des chansonniers et des poètes remarquables, et qui ne seraient point déplacés sur une scène plus haute.

iN'ous convînmes d'un rendez-vous, le berger Némorin et moi, et, ajuts avoir bu un verre de vin sur le comptoir, et allumé nos cigares, nous nous quittâmes en nous disant ! a A samedi ! »

Les Infernaux tenaient alors leur sahhat sous les piliers des Halles, chez un marchand de vin nommé Lacube. A sept heures du soir, c'est là que je retrouvai, comme nous en étions convenus, mon ami Némorin. Nous montâmes ensemble dans la chambre destinée à ses camarades les démons, et siluée au premier étage. C'était une fort grande salle pouvant contenir environ trois cents personnes, attablées comme le peuple s'attable, c'est-à-dire coude à coude et prcsipie l'un sur l'autre. L'estrade des autorités de l'endroit était à droite, élevée de quelques pieds au-dessus des tables ordinaires. Cent cinquante personnes environ étaient déjà réunies quand nous entrâmes. Une demi-heure plus tard, la chambrée

éuit complète; 1 lier UianHM fâciriÉh boutique était lai- ne taamhn, ■>■ bi^ commençaient s < Bore. Je dcaanU h hm^ retard A N< ne répondit <|ii*ob «olih

fer et son gn. i ibelUn. En mènetcafiiii

remarquer que le fauteuil du |iréaidcntciafttn>| ainsi que la chaise placée innnédialenaitièka fauteuil.

— Comme tous ne connaisseï pu Ici vist'i fer, poursuÎTit Némorin, tous Ceres ce fuji^ les diables. J'en suis sûr, lerooi fortcoBkttftq Ici, ce n est pas €»>mme aux Rergen ée Sfimmi sufQtde boire, de chanter et d'appbndîr. Kqb i« culte partîcalier dont In langue ne voos « pi probablement» mais je tous l'expliqMnLciv saures tout de suite autant que moi.

— MoD ami Némorin, Tousetesanliilcv.ini!

pos, pourquoi parlei-Tous de messieonkiiÉn première personne et au pluriel?... EtUipipi sard TOUS séries...

— Je suis le démon Kosbyl

— Vous, le berger Némorin?...

— Moi-même, je comnl^ comme Ton im En ce moment, il se fit parmi las diiUes nfei

ment à peu prés pareil à celui que le ve«pa roulant sur les grands arbres. Toutes les pfci t a rent pour un instant des lèvres qui les pransii entendit passer de bouche en boochemanfii blait attendu arec impatience, le nom étladilirl

Lucifer, en eCTet, Tenait d'arrirer. Il l'adèi fauteuil; son chambellan prit place i cStéèkil chandelles, deux carafes pleines d'na et pat i teilles pleines de Tin étaient raofies cb«Aibb du trône infernal. Les tablés destiaéei aaiiÈmii alternes étaient garnies de même, à pei kmp Au bout de quelques minutes, Lndfcr «in.At petit bon diable de cinq pieds un pouce csm^ dodu, bien nourri, au telnlTermillonaé.aiw et Ans. Il portait d'ailleurs des lunettes, ni as ni cornes, et je remarquai trés-distindeMrtpii comme tout le monde des ongles ani êéiffiém griffes. Quant A ses sujets, ils ressnUiBtai point aux bergers de Syracuse et paraisnot isi tents de leur prince et de son gonrcnemiLiri promena sur rassemblée un r^ard aufsîli|B«|l que peu phosphorescent.

c Attention ! » me dit Némorin.

Lucifer frappa sept coups sur la laUefiaaM lui. \

€ Les carnei à Vair I » dit le chai

C'était Tordre de se décourrir.

qui avaient encore leur chapeau sar li lîftt' rent de l'ôter et de le placer, o clous plantés dans la muraille. Ged Ut, parler ainsi :

c Démons, démonesses, sorcien et

vous annonce que le sabbat esl

donc vide son e^udron, troussa asn iîBEmlvdl avec moi le triple ban d'ouverture. »

A l'instant, tous les Terres furent Tidââb nappes relevées devant chaque eoBTÎfs, tf Mi V enfer où nous iron», battu i toar de kai tf ii verres sur les tables de sapin, fas aaa sslii faussée; Lucifer parut en éprosTer fonde, et Sa Majesté infernale TOida concertants, qu'elle appela di chers camarades! a Lucifer ordonmeasatedi les Hncfulf et de remplir deamTesato

LE GOGLETTIER.

M ifai

éà H Uà

Bustes votre nappe el remplissez votre verre , me m roreillc mon nnii Némorin-Kosby; c*esl Tordre. »

leifer porta alors le toasl que voici : sânx démons et démonesses qui font la gloire de notre BJfl aux sorciers et surtout aux aimables sorcières qui •ûl bien venir rôtir U balai avec nous. A l'espoir gU gaieté la plus franche ne cessera jamais d*animer i sabbat!...»

Nlt le monde était debout, la tôle nue, le verre à la ft «t n'attendant plus qu'un mot pour exécuter la vo- ^ de Satan.

Videz! » cria-t-il.

encore une fois les verres furent vidés. Un nouveau E^l battu, semblable au premier; et les chants corn- !^érent. Dés lors, et malgré la chaleur étouffante qui t% sar cette immense réunion de démons et de sor-

^ on songea beaucoup moins à boire qu'à écouler kansons et à en répéter les refrains. Lucifer chanta r*^mier; à tout seigneur tout honneur. Sa chanson

gaie, spirituelle, bien tournée, et je n'appris pas

étonnement que l'auteur de cette charmante pro- Bon était Sa Majesté elle-même. Lorsque Lucifer eut . U poussa dans l'air un sifflement aigu qu'il est imt4H)1e de traduire positivement, mais qui ne ressem- ^pas trop mal peut-être au bruit que feraient, pous-

sées en fausset et les lèvres serrées, les lettres suivan* tes : trrrrrrrrrrrrrn-uuuuuu!...

M. le chambellan bondit sur sa chaise, se leva d'un bloc, et s'écria avec enlraînement : « A l'auteur, le chanteur, notre grand Lucifer!... Joignons lesgriff^^s! m

Et une triple salve d'applaudissements éclaU comme un tonnerre au milieu de la fumée du tabac.

M. le chambellan prit alors sur son bureau une liste des noms recueillis dans l'assemblée, et dit :

a La parole est, en premier, au démon Zéphon; en second, au sorcier Philibirt; en troisième, au démon Melmoth. »

« Qu'est-ce qu'un sorcier? demandai-je à mon camarade le démon Kosby.

— C'est un visiteur, me dit-il à voix basse. On désigne également par ce nom les chansonniers qui ne sont pas alliés à l'enfer; Déranger est appelé le grand sorcier. Il n'y a du reste aucune différence réelle entre les sorciers et les démons, et ceux-ci n'ont pas plus de privilèges que ceux-là. Comme vous voyez, ce n'est pas U une association, aux termes de la loi. Eh bien! la police nous tourmente à chaque instant. Elle arrive souvent, habillée en sergents de ville, tantôt ici, tantôt ailleurs» et s'empare de ceux d'entre nous qu'elle croit a sa convenance. On les met en prison , on les juge au bout de

LE GOGDETTIER.

quatre ou cinq mois; et, comme les arûliés ne sont presque jamais en majorité dans ces réunions, il arrive le plus souvent qae ce sont de pauvres sorciers qui y Tenaient pour la première fois que ron a pris. On les acquitte, c'est vrai ; mais ils nVn ont pas moins été privés de leur liberté pendant plusieurs mois. Et tout cela, pourquoi ! Personne ne le sait.

— Vous chantez peut-élre des chansons obscènes?

— Tout le temps que Ton a chnnté ces choses-là exclusivement, on nous a laissés en paix. Aujourd'hui que Bons cherchons à donner à nos pensées une direction plus haute , on nous traque, on nous persécute, et ou laisse faire les voleurs.

— Mois que chantez-vous donc, maintenant?

— Ecoutiz le démon Zéphon, me dit Rosby, vous comprendrez peut-être ce qui pour nous est encore une énigme, le> incessantes tracasseries auxquelles nous sommes en butle. »

Zéphon était debout, la 6gure calme, inspirée et pénétrée profondément des paroles qu'il répétait. C'était une chanson contre l'institulion du bourreau, et dont nous avons remarqué surtout le couplet suivant :

Ce criminel, hélas I avant de l'être, De sa raison dôjk portait le deuil, On lui (IcTait une lopc à Ricêtre :

Clama rt reçut ses débris san» cercueil. Détruire un fou n'est plus qu'un acte infdmo Quand du délire on guérit le cerveau.

Clian$!eon8 le juge en médt-cin de l'âme; L'humanité crie: A bas le bourreau I

« Certes, ce sont là de belles paroles et de belles pensées; c'est l'opinion de tous les gens honnêtes et d'esprit sup>'>rieur, c'est l'aspiration continuelle de toute sympathie vraiment humaine. — Qu'est-ce que la police a donc vu dans ces nobles idées? — La police n'a pas cherché à voir; mais il faut un bourreau à la police pour tuer ses sergents de La Rochelle, et la police ne veut pas que l'on crie : À bat le bourreau! — Voilà! »

Lorsi|ue Zéphon eut 6ni. des applaudissements énergiques partirent à la fois de toutes les mains, et recommencèrent avec ])lus de force encore au nom de l'auteur de CCS grives strophes, un ancien démon, et maintenant le sorcier Alphonse Bésaucenez.

Le sabbat dura jusqu'à minuit. Eh bien! pendant cette

tflBlil.â I rcfliiKt de WriB ^^ Bme«Blcf|«ili|i tBBntle,fiikpîi|jl , Les cT

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il n y eut pas le

ordre ; il n*y en m jl.

été applaudies avec chaleur, lai

été. On eût dit. que c'dlait pour tlartniim

sediKlraire que ton* ces braves oefrioi seau

Dans le courant de rannée ISM.hCIni Piliers des Ualles , ne poaTaat plai breux membres dn sàbhoi» fut af nit, dés ce moment, rue de la Graade un autre marchand de vin. Mais d$ ki ëm sorders n'étaient pins seulement des eniB;ii s'étaient Joints des étudiants en dnMl,fli niliii que Jour les réanlons des gogneltim naient plus oonsidérai>les par le noakReinhi li police alors a en tout à fUt pcar. banal eorreclionnel de Paris, renda i a aboli VEnfer, et condamné deaxaabni étaient U aux frais du procès et Ah frinLlki les mêmes juges tolèrent les bals CbîenLf ft| omoreê!

Les goguetlien ne ressemblent gnBa.llAfe convenir, à messieurs les membres daGÎm^dli rie» proiMblement, ne s'onvrira jaMS pi mj stitut, ni la Chambre des dépotés; ceMJi Jabot et portaient le trmc^ les gogatfwhâs^ qnefois leur chemise bleue, et Us n'oat^^Mi une redingote; letf membres du Cifiii sNé Champagne frappé, les goguetticn boiicsthéd sous le litre, et Dieu sait quel vu:... aniii Paris où il n'y a pas de vignes I Eb hica! Ispfi ne se plaignent pas; ils ne sont ni jdiBi b« ils chantent quand ils sont ensemble, tf fmm assez de bonheur*

Chantez donc, bons goguettiers, fmafiiâlrii pour ne pas trouver trop nuuvais la m pih pour TOUS, trop cher le pain que veas aekln.iq votre rade travail. Chantes, ô mes firm^rniv sans Joie aujourd'hui, mais qui soarin â Imbi mainsi, et voyez tous les lendemaias issi flan chants ressemblent aux prières; ils sa, d'une pure conscience, et à travers tans du monda ils montent au

LAVIEILIE

LES CRIS DE PARIS

JOSEPH MAINZER

a musique n'est souvent qu'un article de luxe, un divcTlissemonl de la classe si nombreuse des désœuvrés :

pour les uns, c*esl un chalouillement agréable de l'oreille; pour les autres, c'est un métier. A côté de celle musique privilégiée des salons, di s boudoirs, de ; lieux où l'homme lait étalage de ses talents, et les 3 pour acquérir de 1 honneur et du proflt, il en est xe qui nourrit le cœur, élève la pensée, ennoblit et dont la création doit être attribuée bien moins ence qu'à la nature, qui Ta douée de ses accents , si simples, et pour cela même si pleins d'éloet de conviction. Celle musique, qui se mêle â ?s comme un ami fidèle, et devient pour nous un isolateur dans nos jours de souffrance, celte mudont les modulations changent avec l'âge, l'état, onstances extérieures et les sensations intimes,

C'est ta musique populaire, la musique d^ rcnfance, celle qu'on entend à l'école, à la caserne, à l'atelier, celle enfin qui nous prend à notre berceau, et nous conduit, â travers toutes les vicissitudes de la vie, jusqu'à notre lit de mort.

Mais, après la musique des salons, que l'art traite en enfant gUé, après la musique populaire, que nous pourrions, que nous devrions enrichir, améliorer, rendre plus précieuse et plus influente, à cause de sa participation aux actes de la vie, il en vient une troisième, et ce n*est pas la moins intéressante, â laquelle l'art est tout à fait étranger, et qui, toute de l'invention du peuple, porte le cachet de son incontestable originalité. Créée par la nécessité, elle est l'organe indispensable du prolétaire, qui, sans son aide, ne pourrait gagner son pain de la journée. Devant cette triste condition du besoin, la critique dépose ses armes, comme sur un terrain npatre. Nous écoutons avec un vif intérêt, nous accueillons» dans leur étrangeté native, les mélodies bonnes ou mauvaises qui composent ce dernier genre de musique, el c'est en simple observateur que nous rapportons ce que nous avons entendu ; heureux si nous avons remariui des choses qui aient échappé i d'autres, et li nous tToof

LES CRIS DE PARIS

réussi k trouTer le côté poétique d*un sujet souTent revêtu de formes triviales, mais qui, sous plus d'un rapport, n'en est pas moins digne de fixer notre ottcn* tion.

Dans tous les pays, le peuple chante par instinct; le chant accompagne ses travaux, eu désigne souvent la nature, en marque presque toujours le mouvement et la cadence; le travail est en quelque sorte le diapason sur lequel il se module, et, plus celui-là a de rudesse, plus devient indispensable la mélodie qui raccompagne. Les travaux qui exigent des efforts fatigants, et qui doivent être exécutés avec ensemble, ne manquent jamais d'être secondés par une sorte de chant mesure dont le rliylhme, r>rten)cnt accentué, sert d diriger tous les travailleurs vers le même but. G*est de cette manière que partout s*exéculent les manœuvres des matelots; les maçons ne sauraient hisser une pierre de liille, ni les char|ieuticrs une pièce de bois, sans chanter leur ho!... hop! En France, les premiers ont tous la même mélodie, et la plupart du temps le même sobriquet |K)ur appeler leurs goujats, et leur demander co dont ils ont licsoiu : Larose! une truellcc au sas!

Dans les montignos. c'est encore une petite chanson qui sert do signal aux femmes et aux enfimts assis sur le seuil de leur châlct, pour guider un mari, un père, un

fréreitturdéé k tagnards. Hais itUilé w'étaàmmj^m les campagnes : le Qkgeob. ibtankKàiK; ploie poar ras: er mms iod tail4i àasi maux domesUc,..! .inqu*ilt rtntmÊOikj/^ les champs et dans lei brèU. G'cft artMp jeunes cochons (Oien merdl blupefeaBi dépouillée de la ridicnle padeur qoî eapUÎt mer les choies par lear nom) oatcié miyvi miére fois an pâtarage. el ignorent cienihi qui doit les ramener â retable, qaa le psimû à faire nn curieux nsage de la bagneiec m.\ tcndex alors la bonne ménagère, pbcéevkn la porte. éleTer gravement et farleaKSth lap peler à elle/ au moyen d*nne sngalièR nUi constance, les petits qu'elle a soigaii eUe^a ont appris déjà à la connaiire. Les aecofe à miére, dans ce moment, n*Qnt rien, je «n « ne soit agréable à l'oreille. Jlavofmii ■ h témoignage, ou plutôt le someair ém inp vers le soir, ont pu assister â ee ipeeladiliHi t-il pas, CD elTet, quelque cime dedaaatfès dans ces simples notes, qu*ôa midi de la France, comme a che lointaine d'un TÎUage?

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ÎS=*=TI

To!.r-ro l'ju:- rc, lour -ro, toutniT-rc! Pc-tion, pe -tîoul

Une dos choses qui tout d'abord frappent un étranger, â son entrée dans une î:rande ville, el qui l'impression nonl le plus singuUôri-ment, ce sont les cris des rues ]>ar lesquels les marchands ambulants signalent leur passage. La grande quantité de crieurs est un des caractiTOs distinrtifs d'une capitale : raflluence des consommateurs attire une nuôe de petits marchands, dont chacun annonce sa présence par une criVrif. ou petite mélodie qu'il invente el chante à sa façon, pour fliersur sa m^ivliandise ruUcntion du chaland. Plus les habitations ont do pr»fiMul:»iir old'ôlé.ation. plu^ ce cri devient perçant, eniploy,,nl alors toute la force dos p;»umons dilatés p,îr un conlinuol exercice en plein air. Une description iKs cris v}u'on i ulond tonte la journée dans les rues de Taris soinblorail aux halâlanls d une bourgade de province plus f'b'.ilouso eî plus incroyable que rOnumérali. n do loulos les ma^niliconcos de colle grande capît..lo.

Si le ha>.ird vont que. dans le cours d'une semaine, celte In urgado tnlondo r;lt nîir uins son n:ii|Uo rue le bruit i::..cooiît^:n:ô vi'u::o voil uv, c'est à .y.n s'élancera sur sa p Tl: \ o.:r Nav.i; quoN porsor.m.os elL ronrerme, quelle c^l >a d;>li:::.î:.\\ >i ol'.o se roi:d â une no:o ou â un b..plèm ; cî .;i:i saurait dire, dans co derr.i»r cas, toutes les suj po>i:;. :.> qu' f v.î orlro elles l:s voisines .' La c Mnmuno s*o>t-i'iîo accn:e 'li'.r.o lilio ou Lion d'un c*irç n • yuols noms d i:;riOra-t-e:i à roi.frnl? Q^i est le pirrain? Qui est la n'.;:riui;io ? (J--^'->*^*". îo 'Jx a-t-oa fa'is â h môro. à la nourrice, au ciir»*', au vi^airo, au sicrist;ii[i? Oue s?rail-co si, à ces pji<:Ms h l::a.::> dont 1 oroille no cor.nail d'autre bruit qio celui qui se fait i la ' sortie de l'école njuluclle. on essav^ii de donner uce i

idée de rétemel bronbaha des raca 4a MSI leur une statistique eiacle des vaitasifad journellement le paré de celte Yaite dll, éali veaox, des montons qu'on y coosantta ■ m\ se QgnreroDt qa*elle est peuplée d*sgRi,tf ■■ à elle seule qce le reste de rnaifos. lriio< tout mettrait le comble A leur f biMnittf r la peinture de ce concert monstre qa*aaja matin au soir, concert esécnlé par 4ei aani marchandes d'habits, des porteurs d*aas, fai des reirasseurs. des marchands de paraplaia,èi' des raccommodeurs de faïence, des muikaàii de lapins, des ramoneurs, des encan de on paillassons, de verre cassé, de moUcs,éifcm| plaisirs, enfin par cette innombrable qatÊÛâtk de femmes, d'enfants et de chiens, ^nm^ campagne poar vendre â Paris des l£gaau,éBi des fleurs, chantant tous i la Ibis dcsBâdsii tes, avec accompagnement d*otçaes et Ma trompettes et de tambours qui se crawal ■ ka Certes, iU se refuseraient â cnûre qa'aai frqi structlon comme celle de noire oraDi fil i^ mer â cet infernal chirivari.

C'est an moyen d'une chaasonnclte enfMi de mots que les marchanda se mettalmaH tion avec les habitants des anîére-aaiHBatf Ai sardes. Quelques notes leur sunaentpavinl de leur marchandise, le pria de ranaa, Aehiai quiruron; et parfois encore Ds y lininath|iM frimer l'admiratioa que doiwant inspiwr hl i beaux, leurs fleurs Ils T mettent tant de o

LES CRIS DE PARIS

■nps des façons si ensapteanlcs, fm'il esl difficile de | meiirer impassible lorsqu'on entend i Paris : Ahl UM ètitter à cette éloquence populaire. Le moyeu de de- 1 ognoni

ÏCTTE

^^=p=i^^^=^=g~S~p:gg

îcnp:

A deux sous la bott', le bel o- gnon, à deux sous la botl'!

Oo : Mu jnt ehampignonsï

I^^EfelN'-s^s^^^

Cham-pi- gnons, de gros chani - pi- gnons.

LES UUS DB PAHS.

A ToaloQie. on rtzc-icln uwr pelH« fille qui yxit sar

K téî9 G3« enz.d't rr,T yiiWe de cbMai^ei b-^aillief . en

! crun! : Cmnmo d\rrj%$ qui M dt catta'jnous ? Qui

\ tmU 4n châiai^néi grona cçmme des Œuf»? Qae.le

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OD cor:CG:t qae l'oumer qoitte aasMlôt son atelier, qne la coutLri^re de^ecde de sa mansarde po'ir se désaltérer a^^c des fra'ts &i succfj'eols. si juteux, que (a barbe eti cfjuU! S:ïnnil-on trourer cne inviiation plus pressante (Oiir UQ g<)sier desséché par Tingt-qoatre degrés de chaleur?

)lais e>>aToa3 de débrouiller, s'il se pent, ce chaos d*îr.dustriels o^-mades de diSëreDtes castes* ce tohab'^ha de cbaDteiirc ambulants, et de mettre quelque ordre dans un snjet si com^iliqué, dans cet immense tiotimarre de cris et de chaots qui commencent avec le jour, ne fini^seot que três-avaDt dans la nuit, et que dix Tolumes iu-lblio ne suffiraient pas à recueillir, s'il falLiil le< noter tous. Et d*abord. nous pensons qu'il ne sera pas «^ans intérêt de fi ire connaître ici ce que nous avons recueilli chex les anciens auteurs sur les cris de Pdris.

L'origine des cris des rues remonte très-haut, et ils n'ont pas toujours été exclusivement adoptés pour la mé:..e marchandise. Dans le principe, les gros marchands eux-rr.émes ne dédaip^nai^nt pas ce moyen d'attirer l'attention des (lassants. D'anciens ouvrages nous apprennent qir.iHx d<iuzi*;me, treizième et quatorzième siècles, les marchands ^ tenaient sur le seuil de leur boutîq>ie, et engageaient les ciialands à y entrer, il n'était aucune profession qui pen>ât déroger par l'emploi de ce petit roanéi:e. On était h-ircelé alors, comme on l'est encore aujourd'imi dans les petites villes de l'Italie, par le coiffeur, qui veut à toute force vous raser, par la fruitière* qui vous oiTre de la salade, et par le charcutier, qui exige que vous lui achetiez des ialamL Sans aller si loin, on peut se faire une idée du boutiquier des dou-

bar-ba coa - fau

siéne Cl trciiiéme dëeles. tm tmmmikm Temple, oà 4cs eenUincs de jeaDCs IBbvbi en TOUS prodigout les noB» tes plis cmbm vous oflirar dei dnpe, des Bildu, éa wnm lareltc, de., de., ee qw a'élene pv mUm pnmaciin pc« haUfeié A voir k leu se fawi^ avances dans te eeal h«t dedonB«(krMÉii

La Hamm parimgmm, «noctetiM di m acheU de Philippe-Aososle. Mji—dhg fetiis cent vingt livres, les cvtefv df fMittl ries des aarcheadises à veaére, ited qs bi placer cl de dépbeer les crievs. FéBMi «Hi livre n, p. 455) qa*alon qû vcndiil li*é à Paris, c'cst-â-dira do vin en détail, inrilMl d payer droili te ville. BUiiwa EmBm. ^ ris. régla, daas ue effrloBMte de IfilLM Paris et les dreits alte deveieoi pa^ihdh

Gonianne de TOlea—vi^ dcrinin il ffl rîécle, Doofl e teteei. deM n iddl WÊfÙ rents cris ei vnge de eoa laoïpe â HÎni. Hseï bien que soaveel fort richei, eavofrial fevt et dans loes les demander Paamtee.

saint Loutt avait carichte de que Biatin crier daas les raes: Ihi^siBfvU Croix/ Puis c'éuienl les frcKs de likliip carmes, les ptivres deoliera» et ks Éîmâl qui tons deoiaiidaieot ainsi dn pais. Bi wkÊtm\ DOS jours â Boom des eonfréries aller il adMi son solliciter des aeeoars en chasIaBL Vdii leurs mélodies:

Les ftdfcs de

Ma - don-oa sanc-tis - si -ma dal soe-eor - ao De

fCJJ'iJjJi;./;!

gia-ii-ad

Le poète clironîqueur du quatorzit':mr siècle cite encore los croisés «Je la terre sainte parmi les critnrs de rcpn.|ne, ai:i<i que les Glles-Dicu, qui s'en allaient disant du o ton li m en table : Du pain pour Jh'su nostre sire. On voynil au^^si les aveugles dtisQuinze-Vingt<, qui se faisaient conduire par toute la ville en cri.'nt comme des sourds . Du pain pour ceux du Champ pourri! (L'établissement d s Quinze Vingts avait été fondé sur un terrain <|ui portait ce nom.)

Le même auteur nous apprend que les étuvistcs se pl.çaîent de grand malin sur leurs portes, et criaient à tut'-lète : Seigneur, hât z-vousd'aWr vous baigner; les bains sont chauds, je tous Vassurcl Et il doune le dé-

tail de tous les cris nsités alon, terons de préférence ceu qui peâvcslk en quoi le commerce des nies, à WÊÊn '{■P^' du commerce de ces teni|M*là, leqMl ttlilàl par échange :

Saure à taxi on an «ilflf Mm mm dHBifl Poids chauds en purée^ /3ces rfcendwl— W< lans frais et salù, foi ém nnfitlMfi^d /<t/— QuivfnfdsrsonjMnrdnfnterla commère, la coistne / ^ Asnnt UdÉdI les! -^ Qui adelahedêwhkà mwÊmt-' marchandises à jfH tr amm ékî — nnn A joncher (les rue^. - dTeMNonl... JNÉllflîl«

LES CRIS DE PARIS

M pm^ vide cette éeuellel — Qui a des pots d'étain à ^IfMrf — Poivre pour un denier ! — Qui veut de$ PV« fui en veut? — Qui a des manteaux? Gare le

I / Qu'on me l'apporte à raccommoder !

lék|Qefoif on entendait crier : Le ban du roi Louis

r fimmir au roi homme et argent I] — Mèches de ^^iffrHé pour les lampes ! — Chnndoile de coton, ::jéioik qui plus art cler que nulle estoile (qui éclaire ^%»fueles étoiles!), etc., etc.

■m meuniers parcouraient les rues, faisant grand

t €l criant : Qui a à moudre et du pain à cuire?

n y • dans Paris tant de marchands de friandises,

éà loteries à plaisirs, à oublies, dit le naïf Guil- ■M 4e Villeneuve, que, si j'avais beaucoup d'argent, ■M Je voulusse avoir de chaque chose que Ton crie mt un denier seulement, mon bien, si considérable wé ttt, serait bientôt dépensé. La gourmandise m*a iliUlié; lécherie m*a dérobé de telle façon, que je ne Mtau que devenir, ni par où me tourner. Je ferais JM de tout bois ! »

lUiequin, dans une composition intitulée Cris de ^if $aus François P% nous a conservé un grand I de ces crieries, dont la plupart, après plusieurs sont restées les mêmes, tant pour le chant que

' les paroles.

' les cris des rues, comme pour toute espèce de At populaire, il ne faut pas oublier de faire la dis- UoD entre la mélodie et Texccution. Un bon chan- ^ fiiil valoir la plus insignifiante composition, et lui Um un charme qu'elle n'a pas. Une belle composition t devenir méconnaissable lorsqu'elle est mal exécu-

Le chant populaire, c'est-é-dire celui qui, poésie et liqae« a été créé par le peuple, varie dans chaque Bwb; chaccn le brode, le fredonne à sa manière, et fcVie il peut. Souvent la mélodie primitive est difiicile pibroaver; elle ne semble pas digne d'attention, et ■liDt il est reconnu que les chants populaires de la ptaî des nations ont toujours fait l'admiration des Moeiteurs; ils ont été pour eux une source inépuisa- «richesses inattendues, et leur ont fourni bon nom-

de leurs plus belles inspirations. Qui ne reconnaît ■ la Vestale de Spontini, de même que dans la utUe d'Âuber, le caractère des mélodies populaires de ^Ue'! La Dame blanche n'imite-t-elle pas les chants montagnards de l'Ecosse? Existe-t-il, en un mot, un 'positeur qui n'ait pas étudié les chants populaires de lie, de TAllemagne, de l'Ukraine, de la Scandina-

Cette originalité de pensée, qui tient son caractère c^l qu'habite l'homme, du ciel qui le couvre, ne se ^€ nulle part dans les théories. On chercherait en dans le monde savant des mélodies qui égaleraient invention le Cereno tre xitelle du peuple romain, ^Â'haut sus las mountagnes des Languedociens. ' Rousseau admirait les chants vénitiens, dont il a fait collection; Grétry parle avec transport des mélodies ^ines; Byron D*a pas assez d*élogcs pour celles des ^. Et qu*on ne se figure pas y voir de ces antiquités ^H déterre : ce sont des compositions toutes pleines %ie, souvent d'une ravissante beauté, fruits d'une ^ÎBation brillante, et manifestations des sentiments (lias nobles et les plus généreux. Elles se transmetl de père en fils, de génération en génération ; on les Ute dans les mêmes vallées, sur les mêmes montais : il semble que les échos les reconnaissent, et paissent répéter, depuis des siècles, que le même air, néme ballade.

Les cris des rues ont beaucoup de rapport avec les méiiee populaires, et en font, en quelque sorte, partie:

ils sont extrêmement intéressants par leur originalité, ce que très-probablement j'apprends aux Parisiens comme une chose toute nouvelle; car, habitués dès l'enfance à les entendre , ils n'y prennent garde en aucune façon. L'enfant de Paris a grandi au milieu des marchands d*habiu, des repasseurs et des savetiers; il a été bercé avec leurs tendres mélodies , il les a sucées avec le lait de sa nourrice. Ce sont pour lui de bien vieilles connais.sances; il leur doit ses premières impressions, sa première éducation musicale; aussi ses oreilles en ont-elles pris un pli tout particulier : elles ne se sont pas mt^liocrement endurcies à cette école de chant. De m^me que le meunier, au milieu du vacarme de son moulin, entond tout , excepté son moulin , le Parisien vit au milieu des crieurs sans les entendre. Mais il n*en est pas ainsi pour l'étranger assailli tout à coup par le bruit de ce redoutable tic-tac. Quel assourdissement! On lui crie a l'oreille , il n'entend plus; il se sauve , il a le vertige , et plusieurs heures suffisent é peine pour qu'il puisse recouvrer ses facultés auditives. L'étranger est ainsi frappé à Paris de mille choses sur lesquelles la pensée du Parisien ne s'est jamais arrêtée. Noos ne croyons pas que le dernier soit bien propre à faire connaître au premier sa ville natale; celui-ci sera souvent plus frappé de ce qu'il apercevra par hasard que des objets sur lesquels celui-là appellera ses regards avec intention.

Les musiciens sont naturellement ceux dont les cris des rues ont le plus vivement intéressé la curiosité; tous ont essayé de les imiter avec leurs instruments , ou de les noter. Combien de fois, dans les rues de Vienne, de Rome, de Naples, de Londres et de Paris . ne nous est- il pas arrivé de nous détourner de notre course, et de suivre pas é pas quelque marchand ambulant, dans le seul but de saisir le caractère de sa crierie, et de le transcrire sur nos tablettes !

Du reste, il ne faut pas s'attendre é trouver dans toutes ces mélodies des trésors de beauté et de bon goût. Il y en a de très-insignifiantes , et souvent même ce sont de véritables cris de sauvage, des hurlements inarticulés. On ne doit pas oublier que les marchands crieurs battent journellement le pavé de Paris au nombre de quinze ou vingt mille, et que pour eux l'important est de se faire reconnaître : chacun d'eux s'est donc ingénié â trouver un cri ou no chant qui lui soit particulier, et auquel la ménagère ne puisse pas se tromper, car la ménagère possède seule la clef de cette langue â part, et si l'Académie était chargée d'en donner une explication, nous sommes persuadé qu'elle se trouverait dans un fort grand embarras. On est plus d'une fois tenté de se demander où cet homme, cette femme, ont pu trouver des mélodies qui ne ressemblent à rien de ce que nous connaissons dans le domaine musical, et qui sont en contraste avec tout ce qui a jusqu'alors frappé notre oreille. Toute la notation est insufQsante pour rendre de telles intonations; le système musical n'admet que des demitons, et la mélodie de l'homme du peuple nécessiterait des quarts de tons. Â cela se joint la différence de caractère qu*il sait donner é chaque son ; des sons de poitrine, de médium, de fausset, un cri nasillard ou guttural , un autre qui semble partir du vontre , tout cela se succède souvent dans une mélodie qui n'a pas plus de quatre ou cinq notes.

Les crieurs des rues peuvent se dirifier en deni grandes caté|;ories : les vendeurs et les acheteurs. Ces deux classes d'industriels se composent d*hommes , de femmes, d*enfanU, de vieillards, de Parisiens et de paysans, dont quelques-uns quittent, à one certaine époque de l'année, des provinces asses éloignées, pour venir â

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