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lii boCt' d'as^cfi'i!
Oa : Pm miÀ, yob dcoMÀ/
Ftois ra-méa^pois é-cn-AI
LA
[AITRESSE DE MAISON DE SANTÉ
FRÉDÉRIC SOULIË
vant de faire le portrait de l'individu, essayons de donner une description de l*endroit où on le trouve, du cadre où il pose, ou, si vous l'aimez mieux, de la contrée où il régne. La maison de santé est presque toujours logée dars quelque vieil hôtel dont les vastes appartements du rez-dechaussée sont afTectés au service commun , au grand et au petit salon, à la salle â manger, au parloir, etc.
Les étages supérieurs divisés en une foule de petits appartements qui sont iés aux malades de première qualité. Ceux du second *e sont casernes dans les chambres que l'on a pratistsous les combles, ou dans celles qu'on a créées, au en de quelques cloisons, dans les bâtiments destinés efois aux écuries et aux remises. Comme la maison ioté parle toujours, dans ses prospectus, de l'air pur o y respire, elle a toujours un jardin d'une auei e étendue. Ce jardip eil d'ordinaire livré i rentrées c'est-à-dire que moyennant une somme de cent es par an, il y a un jardinier qui se charge de le rar» de le labourer et de le fournir de fleurs, d'où il
résulte nécessairement que l'herbe pousse dans les allées, et que rien ne pousse dans les plates-bandes. Gf'pendant, c'est M seulement que se trouve l'air pur qui fait le plus grand mérite de cette demeure, car Ton ne peut guère s'imaginer l'air qu'on respire â Tintérieur. Grâce aux nécessités de l'exploitation, qui font à la fois d'une maison de santé une succursale d'hôpital et une annexe de restaurant, il s'y forme une atmosphère pharmaceutique et culinaire, chargée d'exhalaisons d'éther et de jnatelote. de quinine et de choux farcis, de graine de lin et de haricot de mouton; espèce de gaz gras et nauséabond qui donne â la fois des étouffements et des envies de vomir.
C'est là que vit pèle-méle In population la plus diverse et la plus changeante, car la maison de santé n'est pas seulement, comme nous avons dit, une succursale d'hôpital, une annexe de restaurant, c'est aussi une dépendance de prison. C'est en cela que la maison de santé diffère essentiellement de la pension bourgeoise. Celle-ci n'est, â tout prendre, qu'un fac-iimile incomplet de la petite ville ; la maison de santé est un résumé de la société tout entière. L'une ne renferme guère que la sottise et le ridicule, et l'autre y joint le crime et le vice. Vous allez voir comment.
Par une tolérance dont nous ne voulons point (aire la critique, mais qui existe, il y a un certain nombre de condamnés qui obtiennent, sous prétexte de maladie, la permission de subir leur châtiment dans une maison de santé. Cette tolérance a été appliquée d'abord aux écrivains politiques, et en ce cas elle semble presque juste, oa tout au moins possible i expliquer. Dans nos «tœors.
Vii.>lBp.d« É4mm4 BM, ntSdM-LMli, 44
SI
L\ MMTI.ESSE DE MAlSt» DE SAKTE.
<i:ri..- '•■■ i: : i -:.î:-r:eli':mecl ftil un •€« coa&Abîe. ^. .!-• :■' L-i •--; rr: .ra j toit dacs la BKBe ^«oa ;:i 1 ; il j- ; ^\ \z os.:r»ic, un poêle el nn Tolcor. La loi 1 ; :.:- ri '. i-i -.Iroîice, l'adminislralioD en a r*»?jûBa liif '. i 1 t:\ r.ii<«-r. sansdoule; mais malheareuîrîr.-îtil i.;.i- ..j rv; p,iy-; l'abas est l«..ujours près d.- Ka-aze, el 7- i i zk'I là lo'.êrance dont j*ai parlé s'est éteni'ie asx j.î î ; : r:)it:«îrs. aux f,iu-s.»ires, elc.; de fiçon qi'ii j a ic< r:!r.!ûels donl les uns pourrissent dans des celiaies L : ires el dont les autres s se gobergent dar.s les sa!oas ■i^. Il m .is'>n de santé. Si Ton veut me permetlre d* rac>...:t^r une visite que je Gs dans une maison de ce getire. i-Q jujera |ieul-^lrc mieux de Tensemble de cette populili n. <ur laquelle règne la maîtresse du lien, et peat- *'t?r: a'.!<>i le portrait de ce que doit être la souTeniae •1 'in I •^rtil monde se trouvera-t-il à moitié d'.ssîuè par le- ;!ii^>f; des ."UJeU sur lesquels elle étend son empire. J'tt'iis ii.'ité à diner dans une mai>on de santé, par nn •!•: m^s amis, qnc des passants y avaient transpor'ê i li ^'.itt: •! un aci'id lit, el qui s*y était installé pour s'y f.ire LiM'ir, r.if i! n'avait point (!c famille à Paris. Je mârec- Ji^ di; h'Mino heure â l'invitation. C*était en été. et la p!a- P«irt <l(s iiabitants de la maison se promenaient d.*ns le j.^Tlin. Auprrs d'une plate-bande où j*avais cueilli une ro>e tli'' d'une pâleur charmante et d*un parfum diflcal. )'.•[ rn l]^ lUiix hommes que leur entretien semblait ab-
f». f-r r.iiiipl(>temenl*. Tun jeune encore et malade, mais liibii:«'; .-iv«T une n'chcrche el une élégance partîcaîie- I •■. Oii \oyait que c'étnil un étranger. L*aalre, au coati.iir r'ilii>>, rubicond, musciileux. suaot la safflt- el la ■ :. I' : . niii- d'uufï allure î^rossiére el brute, était vêla I I..11 •• 1.11 ou^rii^r I ndiniiinché. Je demandai a mon irai
. .M. f r ;.:i)t (.«-^ dcu\ lioninics qui causaient si fr^ter- . - ..«i.'iil, qiKriqu'îN |>arnsKcnt de nature si diJèiezjte. ( \j' |.itiiiiir, ni" répondit-il est un baron all-m2ci, ' i.'.f i!:-iiifht rirJH', et qui est v<'nu se faire trai.er ici p»our ■m ■ iïii'ii '<li(; df piMU leronnuo incurable. Le second est 1)11 ii.'iiii' iii.iriiii di-tiMiu sous prévention de faillite- firèa- 't»i m: •. i.i' Koiit 11 des pn-ttiques excellentes, le l*aron 1. 1 ..r>i t).r...(:lHT pniCi! qu'il est riche, et le maçon parce ^•1 11 V t roup/iblt;; l'un vivant dans Tespoir d'une piéri-
,h qu'oii lui promet toujours pour le mois prochain, IhiIi" >ivniil dauH la crainte d'être à tout momenl re- •i, »ni*' 'i l;i iMirns, el flattant de ses écus Tolés Tinflnence '• I iil!<- dr l/i dirfi.trire di; la maison, qui le sauve de ' ' i>< 1 4>rriiiitn. l/iiitiniitédeccs deux hommes, qui tous
• li.ji >: iiii prolilciiHi insoluble, s'explique ici tout nalui> ii< iiKTiit. La uMuin*. maçon seul s'est trouTo la pe^u as*
• / 1 li'li^ i-t u.vi ralleuse pour toucher la pe^.u p^-l-use •:ii lui .Il hllitiit.tiiil, lui K(*iil ose entrer dans sa Ciiamhr^ il bi.ivi r la pif.iilniciî do Vnr qu'on y respire. D;i nc>: . loin ih ii\ m l'iJiiili'itliMii l'impureté p.^r un cxcrcico conliiHi ili- l.i pipii 1 1 iiiif prodi^^ieu^e absorption de biore. il 1 1 la .1 ri'iMoiitir des ordonnances du médecin.
— Il lii iii.ntMv-ii* do la maison ne s'oppose pas àcdte d' i>v;..h>ii iiiix liii^ haiiilaircs qui doivent être plus de»pifliquci ji 1 i|iii' |iiiiioiit iiilleursï
l|i' lu". 1 1 ptii|iia mon nmi, où serait alors lobénrâcode i i iiiii |>n *'. hi jt .'. iMiihidfv. KO guérissaienl? Chnque bv'»uh ili il* lii'ii- i'ki/ii. Il- bïiidfMii'iin, un pot de pt^mn^^de l 'lit liK ii'.iiiiii l< li.iioii ; vi je vous jure qu'on !o frict t.hut , iMiii bi oi< iiii-iil piMir ce qu'il boil, mais |:v.:r ct^ q'i«. 1,1,11 1< ifi.ii •Ml
'l"i' !• iM'iiJiniii'ui f*n mourra.
O'i 11 M i ii.|.i( liifii bjf*ii. La maladie de fe.iu esl ''iht.ut 1 1| ., t i 1*1 ||fMl:i proluit^. C'est le \Tai fonds '^' " ' ''• ■!' <>»<iii:, fin iiVii guérit jamais, mais on
qoe Irés-tard ; imc maladie 4e pcaie ^«e ue icote Tiagére pour U isaboo. cL s i pkxie, oo se i^rde bien de la laincr alkr irf m Y a ps dtf" malade^lns «oigne que le krotL i
A qaelqaes pas de lé. Je pos me coaniBcreii avait te amitiés dent cette sentine, Q y anit ■ laines profondes ; et j'appris en même lenpi fji tmvait des malades et des prévenas, fl yanits coodamncs. Une femme aliominablenunt aicn fra<M beauté, passa prés d*on bomne Im di et d'âne ncberche ezêessiTe. Tous deux «e Iim- R^ard de baioe et de mépris, que tous den »• coHime « Ta voir. La femme sale était ue M pablîcaîne, que son mari avait Ciic eond^iuff. qnll croyait que le ménage est tout é bit oa « cbii^ae oô il ne doit j avoir qu'on sonrenizi. e fenuoe j vnulait un sénat composé de toi< l^ ç de bontiquop é larges épaules, et lenr fai^: p aax anaires une part trop intinoe el en mêneiai publique.
Le monsieur était an vicomte de l'aDdeo m qui les bourgeois du juiy avaient lait payer, fw m tention de cinq ans» son trop grand usov pavlsj filles au-dessous de qninse ans.
U haine de ces deux êtres l'un pour Tarin «vf <«^ aux dernières limites. La forte et vtmmi ch^re. pour qui son crime n'était qu'aocuittia étendu de sa constitution républicaine. cwÉa quel de vicomte et son incapacité à aboritr h ^ dans toute sa puissance, en bce d'aMpnaa comme elle, savait an moins ce qu'eneflMâs,e« suluitâ la nature par l'abominable oimytai tel irissail des «très incapa blés de se défendre « fUi pïbles de céder. De son côtéje viconiettifi*i4 que cette volumineuse et lourde boacbvcàlBiÉ contact grossier ce joli petit crime pmilêpife.i lui. ne devait appartenir qu'au toMiàmb qui consiste à tromper son marL DsicIlhI avaient trouvé, chacnn pour Tanlre, aae ^naa qui peignait é la fois ce qu'ils élaimt ë.km qu'ils s'inspiraient. La bouchère appcUkH c Vieux Gontrafatto! » Le vicomte app^ m nu c La tranche de bœuf adollêrel a Tonsiniaii avaient trouvé nn asile dans cetle bimb. hai par qui? comment? Ceci est nn d sons de santé.
J*avone que ces deux rencontres mV un commencement de mal an cceur, qui B'dlpri (ait inventer un prétexte pour me rètkw aurtM si je n'avais été ramené é des idées notas Mhfi jeune homme qui m'aborda en s'écnastiaBi TOUS, mon cher, est-ce qne vous dincsaatMH cas. je vais faire frapper du cbamp^aa» mpâ la maison. — Vous» ^t à quel limî^lblé:^ en riant aux éclats, i «>inme malade. * kmm^ épanouie ! Vous éles tonc nn malade iaMaMW-l l^ardieu, je suis plutH an malade imapai. W« c'est. Un juif me pr^ie vingt mille kaM;Ci«l qu*il me donne cent iouis en éeos, al dh-àflrii cents francs en savon de Windsor, an ta^miAi en pains à cacheter, en serins, en i^nMiiAii que, etc., etc., etc. L'échéinea fensa; laMboif suivie. Je loi proposai an airanifl, i i^aÎi vengeai. Il m*avait prêté en savanalanprivHdM je le payai en prison. Mab dums CUr stf «il nable séjour, je me tn ivai, le atteint d'une maladie i ironiqae sous peine de mort, i lire bosne chÉ% ii
LA MAITRESSE DE MAISON DE SANTÉ
m ik
Kl
Tftl, é me livrer à toutes sortes de distractîoDs ; et comme ml b loi a dit au créancier : « Tu emprisonneras ton dcbi- \a leur, » mais non pas : « Tu le tueras, » j'ai été transféré ■f dans cette maison de santé, où je me soigne le plus que lÉ je peux, en attendant ma guérison déGnitive, qui arri- IF Tera dans deux ans, car voilà trois ans de traitement ^ qoe je fais de mon mieux, sans que ma maladie ait diiiminué d'intensité. C'est pourquoi nous allons boire de il la tisane de Champagne.... à la santé de mon juif. A lout
à l'heure. Je vais à rofûce. >
Il nous quitta en riant, et trouva sur son passage un homme chauve à qui il se mit à chanter à tue-tête :
Préfel, je veux de tes cheveux.
L'homme ainsi interpellé se redressa comme un aspic, •t courut sus à celui qui l'avait interpellé, jusqu^à ce que, fatigué de le poursuivre à travers toutes les sinuosités du jardin, que l'autre lui faisait parcourir en lui chantant toujours, Préfet, je veux de tes cheveux, le malheureux tomba sur un banc où il se mit i frotter sa tèle chauve avec un morceau de flanelle grasse et une
fï*énésie extraordinaire. C'était un ex-préfet de l'Empire, qui, devenu trop pressant dans ses hommages à une belle dame, s'était vu enlever son faux toupet au moment le ' plus animé de l'attaque. L'éclat de rire que fit nailre cet accidej^, et qui défendit la dame beaucoup mieux que ses fureurs, avait si profondément blessé la prétention belliqueuse du préfet, qu'il en avait perdu le peu de bon sens demeuré jusque-là sous sa perruque. Il en était devenu fou, et sa folie consultait à croire qu'il avait inventé une pommade pour faire pousser les cheveux. C'est pour cela qu'il se frottait si furieusement le crâne.
EnGn l'heure du diucr arriva. Nous étions à peu prés vingt-cinq à table. Le diner me parut convenable, mais l'aspect de la table fuX plus puissant que mon appétit. J'avais en face de moi une pulmonaire, espèce de cadavre ambulant qui avait été accueilli à son entrée par un murmure dont le sens voulait dire : c Tiens! elle n'est pas encore morte; c'est drôle! » Un peu plus loin, un manchot, que j'avais d'abord pris pour nn militaire, mais qui n était autre qu'un scrofuleux à qui l'on avait coapé le bras, lequel bras, à ce que j'appris, avait été enterré an pied du rosier où j'avais cueilli cette charmante rose
^ hrrasse
-- ' .' .*-•.•.?> ^' : 1.: <t--..r-- '.7. itir' * J '■-<-'> T. '.-.>r- -*r a /yary* «de
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i^- f'j.n fjM y rf,f; fi. yfi'XHïMT , f-X je Ciuni lonri/^rf.; ? .!/#/ /f.jf,. r«.jj«rr,f.i; rj'rjn <;rfrj.ire «-i singmiTrerr.^nt ''»f/.j.'/ /• Kili: rr.c (ji |>j;r, Klle ii>sl f^irm jeune, m::s i I «J'i Mr*-. f'iri |,«;|)<î; uii*; «r'^t rude, ttaU eîlc a un ch.iîi !
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I lia ly.-n. suosiear, z'.'jin. Li suL^u fe mué da mx «fc îfre <i s*«i yi frappaot â
U F<r»Ki2« qai m'avait aiosi | Lûrs de ce:te voiture, ci U laBiére 7i:: écliir? soa nage de naaiêr^à •!i7TÎ^-»:: etU êuit belle. Celte •iiQf ricc«ct de sa toîz , quelque iaas de aïe l'empéchi de voir avec r^^niiis : mais, da monent q«*elle relin dins la foîUire H se voila le Il Toîtare jus^a a la maîsoa d'oâ je roU de m'iorormer de celle p>:)r!aî à mon ami.
II ne l'a?ait point ▼ \ l n\ 1er. Personne, daos la
!l...?Cii
deh
ce^ji"»*
LA MAITRESSE DE MAISON DE SANTÉ
Moiionnaîre ou d'une malade arrivée en chaise de poste* !• supposai que cette étrangère n'atait pas trouvé chez M docteur ce qu'elle y cherchait, et s'était adressée yUears.
Le jour du bal vint enûn, et dans cette maison d'in- ^ides et de condamnes , où la maladie régnait à tous Itt étages, où la honte semblait devoir fermer les portes
tiod ce n'était pas la douleur, ce fut un luxe, du bruit, fleurs, des diamants, des femmes qui riaient et danteient au son d*un orclicstre joyeux. Une seule flgure
a pelait la mort au milieu de celte fête bruyante. C'était le d'une jeune poitrinaire, qui. â force d'instances, llftte obtenu de se placer dans un coin dn salon. U, imiMbile, attentive, respirant un air qui devait lui brûler Il poitrine , elle regardait danser d'un œil ardent d'auhitt Jeunes filles pleines de fraîcheur et de sève. Ses le- ■n^ convulsivement agitées , suivaient les mesures ra- ■Mes du galop;... elle tressaillait d'une joie désolée, ■orsque la danse animée emportait tous ces flots de femiMt en légers tourbillons; ses doigts, crispée; sur les jtnM de son fauteuil, essayaient de la soulever. Un mo- ^Benl elle se tint presque debout, et je crus qu'elle allait ^pièler sa flgure cadavéreuse à celte course emportée et jmge de plnisir. Mais la force lui manqua , et elle Retomba à sa place.
^ n né faut pas crofre que ce monde qui dansait ainsi JM se fût pas aperçu de la présence de cette mourante : .^cnn la savait là, chacun l'avait remarquée. Mais par jn admirable instinct d*égoîsme , personne n'en parlant
Î {personne, tout le monde .«semblait l'ignorer, et l'on 'efsit pas besoin de donner à la pitié une seule minute de cette nuit vouée au plaisir. Moi-même je voulus me tblraire de cette pensée, et je ne sais ce qui me prit de ^hmander à mon ami des nouvelles de notre préfet. Je "mcontrai bien.
' c Silence, me dit mon ami, sa folie a pris un caractère furieux, et ce matin il s'est tué d'un coup de cou- HeiQ. Ne parlez pas de cela, ça jetterait du froid dans le 4Nd... Il est là, à deux pas, dans un petit salon... Les iJBsiDmes sont si ridicules! elles auraient peur, et j'avoue iqae je ne voudrais pas manquer le galop que m'a promis ik femme du général belge R***, la belle^œur du docteur, me femme charmante ; elle est arrivée ce matin d'Angle- ! terre, et n'a pas voulu manquer le bal ce soir, car elle t repart demain pour Bruxelles.
Je demeurai à ma place. Le galop passa à plusieurs filis devant moi. J'étais tellement préoccupé de ce bal, à côté de ce cadavre, que je ne voyais personne ; un couple jflûs rapide que les autres me heurta assez fortement,
et j'entendis un rire suave et doux glisser en même temps dans l'air. Je levai les yeux , et je vis mon ami emportant une femme d'une élégance et d'une souplesse merveilleuse. Elle repassa devant moi, je la reconnus. Cependant je n'o^i me fier à un premier coup d'oeil. Lorsqu'elle fut assise, je me plaçai près d'elle; elle m'aperçut et devint pAle. J'allais aborder mon ami qui venait à moi, lorsqu'elle me dit avec un sourire plein de bonne grâce.
• N'est-ce pas vous, monsieur, qui m'avez invitée pour la première contredanse? »
Je m'empressai de lui répondre qu'elle ne se trompait pas. Nous dansâmes ensemble ; pendant une figure elle se tourna vers moi, et tout en arrangeant les plis d'un fichu de blonde, elle me dit à voix basse, comme si elle m'eût parlé de sa robe :
• Si vous dites un mot, je suis perdue... Point de questions sur mon compte... Là-bas, au coin de la fenêtre , cet homme à cheveux blancs à qui je souris en ce moment, c'est mon mari; et s'il soupçonnait que je suis entrée ici il y a trois semaines, quand il me croyait à Londres, il me tuerait. >
Elle ne put continuer, c'était son lourde figurer; elle s'élança, la joie sur le front, le sourire sur les lèvres, et je ne m'étonnai point de voir mon ami danser gaiement prés d'un cadavre, quand cette femme se montrait si légère avec une telle terreur dans l'âme.
Quand elle revint, je la rassurai; elle me remercia comme si je lui avais ramassé son éventail.
Le bal dura jusqu'au matin. Je me retirai vers six heures, et pourtant je ne fus chez moi que beaucoup plus tard. Cela vint de ce que, dans l'avenue de la maison, la voiture qui précédait la mienne, et où se trouvait la belle madame R'**, accrocha le corbillard qui venait pour enterrer l'ex-préfet. On fut plus d'une heure à dégager ces deux voitures Tune de l'autre ; et comme les deux cochers se disputaient, celui du corbillard dit à son camarade :
• C'était à toi de faire attention, animal ; je ne courais pas risque comme toi de faire changer mon monde de voiture.
— Taisez- vous! s'écria madame R**' avec épouvante.
— Laissez donc, la petite dame, dit le cocher en sifflant ses chevaux pour les faire avancer, vous y viendres tôt ou tard. Je sais le chemin , et je ne chercherai pas l'adresse cette fois-ci. >
* Je regardai le drôle, c'était le postillon de Ghaiilot devenu cocher de corbillard.
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LE TAILLEUR
UOGi:U DK BEAUVOIR
M. locKDADi. — Gomnent, BoakaMt B'crtiÉUMB» rivé? .
LB LAQUAIS. » HoB, sioiislear.
H. jooRDAiii.«— Ce oiaDdit tallleor mt blllhiflri^ poar on Joar on J*al Unt d'alfatm; feanfe! te h ta qoariaine poisse si^rrer bien fort le koamn fcMM!a diabir 1« tallleor! la peste étoofle le Uilbw! B ^k«* maintenant, ce tailleir déicsuble, ce chioi fcMkv^e traUrc de tailleur !...
(U Bùw$Éùlê fwtfirii— I, acMB,Mte«l
Mon père a l*boDiieiir dTavoIr le premier Mm ibI» leine en se raiuiit prendre U meure d^ haMi,*fflt f nlr&l moins d^ctoCTe.
nel pst ce pauvre h»'>re, aiKsi mnigrc que la Italie d'Arle«|iiin, jaune el nialailif à faire trembler, dont la jioilriiie rciilrêe décrit un arrcau, dont les jambes grôlos forment un X?
Un biKKiuet de barbe taillée en {lointe à la façon de celle de Don Quichotte grisonne sur son menton, dos lunettes de magicien ou d*a1chimis(c pincenl son nez. Il laisse tomber de joie srs ciseaux en vous voyant tourm-r le coin de sa rue et monter ses quatre étages. Vous sonnez à sa porte, et il vous reçoit avec les façons les plus humbles, vous ofrant la meilleure chaise de chez lui. Il n*a pas de valet,