‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 24 sur 269 · PAR L. ROUX · texte numérisé non relu

PAR L. ROUX

e ^3 croire ati TnedeciD, c«la est permis ; douter de U médecÎBe, c'est marcher sur les traces de ion Juan. Mab, dans un siècle aussi positif que le aôtre, k tceplicttme nû saurait aller jusque-là; il n'y aurait qu'un eus au il serait permis de se montrer impU m médecine, et serait celui où le médeciu luimémo, veudaût (cha^^e impossible) le secret de Tart, pa* raïtralt abjurer u propre rcligioa*

Il Y Q pour le médecin une époque problème : muDÎ d*un eicfî lient titre» il ne jouit encore que d*uD€ médiocre posiliou* La médecine es^l sa première croyauce, comme elle est sa première élude; mais il ue larde pas eue croire qu'aux malades , et à n'étudier que la elien^ tête. Ou est médccio a diplôme , et on se dispose à ea faire les honaeurs â qui de droit, ^'éanmoÎDs le client étant un mylhe, le genre humain paraissant se porter d merveille, ou serait Icnlé de se faire aï^lronome en attendant : c*e.^L IVpoi^uc du cumul , celle ou le médcdn aeceple toutes sortes d'emplois pour s'emparer complè» lement du sien ; su fait Téditeur responsable des foutei d'*in gnind maître , entre d .ma un journal de médecine comme correcteur; édile des m ;< lad lis jusqu'à ce qu'il en puisse périr; quoi qu'il en soit, il débute.

Le médecin qui débute \ a voir le d^'^putédo son département : soigner les délmt^ d'un jeune m de cin , et se fnire traiter par lui, est pour t'iiomnie du Piilals-Bour- Lou une clause tacite de sou mandait ^ la Chambre des pairs reçoit les médecins tout formés afec les projets de loi:^ des mains de sa cadette. Puissamment recom mandée en outre ^ à un confrère fort en clientèle , le médecin qui débute lui rend une visite : il en reçoit un malade â

titre d'encouragement; bieiv entendu qu*!! doit k gnsv dans rintérét de l'espèce» ii n'a garde d'y manquf r dm celui de sa réputation. C'est la route battue, l'idée f« vient à tout le monde; ces précautions |»arl«iii€iilmni tiennent au début, le succès tient â autre chose* Il WÊ&t d*u^er des procédés reçus pour être médecin ; être célèbre, îl faut avoir une méthode À ioi.

Faire son chemin â pied quand oo a la pour but, c'est vouloir arriver tard, ou plutôt o'i jamais t on prend donc une voiture. On avait nu neuf, on s'adjoint un paletot ; on habitait un tit>Lnéty on monte au premier. C'est une avance sur la clt€Mili t venir ; les malades ne vous prennent qu'à moîâé ^ min. On fait meubkr un appartemonl splendîde, et tm accroche dans son cabinet la gravure é'tiippocraâe nfusant ki présenté d'ÀTta^ercèi^ afin de pouToîr dîîl avec conscience : i 11 y a cbei moi da dètîjitéraMi» ment. »

!9'€st-on pas connu, c'est un avantage i on i toiti gagner du moment que Von n*a rien â perdre; le» tta> lades attendent la sonté, de même que votis atlendcs.^ la maladie. Ce que d'autres oseraient à peine tenter II peur de compromettre une réputation, on reiëcnteil sang ^ froid pour faire la sienne. Viennent alors les fm» des maladies , celSes qui impriment tout d'un eoiip k sceau â ta réputation d'un médecin , ces bonnes coisplîçatîons de l'a t g u et du chruniquc . ces bonnes fraclmn qui emportent le quart d'un individu, el sauvent «■ médedD aui trois quarts , ces bons em poison nemeflÉi qui rctablissfnî profojid chimiste et criminaliste dîstiB'i^ gué, et lui font découvrir dans les traces d*un crtme t^ ciin la route d'une renommée nouvelle; et le in^iicii triomphe, le char de la médecine se triinsfonne en nt éenii-fortune qu^il vient de se donner, fîe fHïQvant m constituer de primo abord une célébrité lie talent « ï

LE BIEDECIN.

unit son savoir à quelque rîobe héritière du commerce parisien qui l'établit une célébrité d*argent. Â-t-on peu de malades , c*est le moment de concentrer tous ses soins sur un seul, de suivre son idéal, si on en a un en médecine, de se montrer le médecin modèle. Celui-ci arrive à heure fixe ; il reste près d*un quart d heure chez ses clients, s'informe de la qualité des remèdes, se fait exhiber les déjections plus ou moins louables, passe les nuits, au besoin pose les sangsues, suit une maladie à la campagne, et donne des consultations gratuites aux gens de la maison. Le médecin qui débute ne connaît aucune saignée qui lui répugne; parfois il sesaignf" lui-même, pécuniairement parlant. On vend une propriété pour avoir une clientèle ; la clientèle est une propriété. On l'achète souvent toute faite. Un bon moyen de s'en créer une, c'est de supposer qu'elle existe ; beaucoup de médecins commencent par être célèbres, afin d'arriver à être connus. Faites réveiller vos voisins, que l'on vienne vous chercher â toute heure de la nuit au nom de telle duchesse qu'il vous plaira , prise dans le nobiliaire de d'IIozier, que la santé du faubourg Saint-Germain tienne, s*il se peut, a une de vos minutes ; qu'une file de voitures armoriées staUonne devant votre porte; alerte ! valets de pieds, chasseurs, livrées de toutes sortes; que l'on fasse queue devant chex vous, que l'on s'y égorge comme aux mélodrames : vous tenei déjà l'ombre, la réalité est à deux pas.

Le médecin affectionne la presse périodique comme moyen de publicité et de diffusion. S'il parvient à fonder un journal de sciences médicales, chirurgicales, médicochirurgicales ou chirurgico-médicales, c'en est fait, il a posé les fondements d'une renommée sans bornes, c'est pour lui le levier d'Archimède, et la science ne saurait fiire un pas sans sa permission ; il n'existe pas de maladie qui n'ait paru dans sa gazette;* les jeunes médecins recherchent son appui , les vieux le ménagent , tous le craignent -, il est capable de donner la fièvre même à la Faculté.

Planter des dahlias , c'est pour un médecin un moyen d'avoir bientôt une clientèle en pleine fleur : exceller sur un instrument de musique , c'est apprendre aux clients qu'on doit avoir, qu'on connait les louches les plus (délicates et les plus nerveuses de la fibre organique; se faire l'ami des artistes, c'ost être avant peu leur médecin; collectionner des médailles, des tableaux, des bronzes antiques, c'est s'exposer à avoir prochainement une collection de malades, espèce précieuse, et qui mérite comme une autre d*être embaumée.

C'est surtout lorsqu'on a le plus de temps à soi qu'il est le moins permis d'en perdre. Il est des cas où un médecin doit être ubiquiste : le malin, c'est à son hô|»ital , le jour chez les malades de la campagne , le soir c'est à une réunion de médecins qu'il doit être retenu Sa consultation a dû retarder ses visites; il arrive tard dans son cabinet; la clientèle a ses exigences. Il ne prend rien aux pauvres pour commenctr; il se contente de traiter des malades, afin d'avoir plus tard des clients.

La renommée marche d'abord au petit pas; survienne une éprdémie , elle prendra la poste. Le choléra a friil quelques victimes, il est vrai, mais aussi que de médecins n*a-l-il pas créés ! Beaucoup se sont improvisés médecins attendu Turgence du fléau ; il y eut à Paris quelques médecins de plus et quelques hommes de moins : en tout deux fléaux.

Ce sont les circonstances qui font les médecins, at-on dit souvent. Il y a des maladies obscures, des sciatiques, que l'on guérit incognito ; groupées, elles repré-

sentent à peine un rhume d'élite. Lier une artère, fût-ce l'artère iliaque, à un pauvre dans un carrefour, c'est avoir fait beaucoup pour l'humanité, pour sa réputation peu de chose ; mais une angine que l'on réussit chea une comtesse rétablit l'équilibre : tout se compense. Le médecin voit d'abord des sujets dans les hôpitaux; pub il fait des visites n'importe où ; il examine la maladie quand il débute, il examine le malade quand il a débuté. Dans la première époque , « il n'y a guère à ses yeux que des réputations usurpées; les grands médecins sont des charlatans, le savoir est méconnu; la conscience est un empêchement; il se reproche d'avoir des scrupules. » A-t-il pris position : « Défiez- vous, dit-il incessamment, de ces jeunes gens systématiques, à qui la saignée se coûte rien, qui vont tranchant à droite et à gauche toutes les questions et tous les membres qui leur tombent soos la main. L'expérience a prévalu, le grand médecin est seul digne d'être appelé. »

Aujourd'hui on ne meurt plus dam Us formes, mais d'après la méthode. Il est mort guéri, dit un grand chirurgien de notre époque ; ce mot peint tout le chirurgien. Sa passion est de rogner, disséquer, cautériser, et de pousser une opération jusqu'à ses plus extrêmes conséquences ; comme il n'a que Dieu pour juge, c'est à lui qu'il présente ses opérés assez bien pansés pour des morts qu'ils sont. Il y a, au contraire, parmi les médecins, une espèce bénigne qui laisse mourir avec le plvs grand sang-froid et la plus complète philanthropie.

La consultation réunit d'ordinaire deux médecins rivaux, la jeune et la vieille école. C'est une position délicate : le jeune médecin a seulement voix consultative; le consultant jouit, au contraire, du double vote, et ré» août les questions que l'autre n'a fait que poser ; l'accessoire l'emporte sur le principal. Le jeune roédecÎB mandé le premier prend moins cher et guérit quelquefois. On a vu de grands médecins enterrer à grands frais leur client. Dernièrement un jeune médecin se trouva en face d'un professeur chez un riche malade; leurs méthodes étaient opposées ; le jeune médecin était celui de la maison , l'autre Crait pour lui l'autorité d'un grand nom. Le consultant blâma ouvertement le système suivi par son confrère : il fut écouté, le jeune médecin éconduit ; on lui demanda son mémoire le même jour. Le malade jouissait encore d'une apparence de santé, c Sachez bien une chose, dit le jeune médecin en remettant son mémoire, c'est que, tout professeur qu'est monsieur, son malade mourra cette nuit, b Le médecin fut repris parla famille; qu'avait donc fait son malade? 11 était mort. L'art proprement dit consiste à ne prédire qu'à coup sûr, à faire craindre bien plus qu'à faire espérer. Les malades qui viennent de loin mènent toujours loin leur médecin; croire beaucoup aux remèdes est un moyen d'imposer le savoir. Des fièvres quartes ont été guéries par des pains à cacheter, il n'y a que la médecine qui nous sauve.

Parlons d abord du médecin en général; il sera temps ensuite de le considérer dans ses divers attributs. On voit le médecin, apôtre prétendu de la seule religion qui existe encore, sans croire précisément à son art, le maintenir à la hauteur de toutes les croyances, et l'asseoir même sur les débris du genre humain. Une société où le mcdt'cin existe seul est assurément une sociélé malade. Néanmoins la médecine est impérissable, par la raison éminemment pércmptoire qu'il y aura toujours des médicins; que, si l'homme sain a besoin de croire à quelque chose, l'homme malade croit à tout aveuglément ; et que, de toutes les maladies, la plus invétérée, c'est la maladie des médecins. Pénétrer dans la conscience du méde-

LE MÉDECm.

cin serait au reste entrer dans une TaMe inflrnierie où toutes nos passions seraient numérotées, plus celles que le médecin tient en réserve, et qui lui sont personnelles. Ceux d*enlre les médecins qui s*c1évent dans les hautes abstractions de Tart , réduisant la médecine â un petit nombre de symptômes, se sont fait de bonne heure une philosophie pratique où ses préjugés trouvent une bonne place. Ceux-ci , en eflet, ne sont-ils point des maladies? En général , le médecin cherche son milieu comme les autres hommes. 11 faut le voir lorsque, retranché dnnsun faubourg , il adopte par nécessité les sobriquets bizarres que la foule donne aux mots qui Taffligent ; accepter en dernière analyse un vocabulaire complètement hérétique pour ne pas s*aliéner des clients absurdes. Les malades veulent être traités pour les maladies qu*ils se supposent, et par les remèdes qu'ils ont prévus d*avance : de \A naissent les coups de sang et les grands échauffements; de même les remèdes ont divera noms, aCn que les malades puissent choisir. Par exemple, on administre avec avantage Vextrait de théhaïque â ceux qui redoutent Topium. C'est ainsi que Paracelse, pour ne point faire appel au mercure, inventa le sublimé. Dans une sphère plus élevée, le médecin crée, au contraire, une foule de maladies, celles qui existent ne suffisant pas aux besoins hyperboliques de ses clients du grand monde. H possède en outre pour lui-même un code exceptionnel; il n*est point malade comme tout le monde, et les remèdes qui guérissent un client tueraient infoilliMement un médecin. Le médecin n*est janiais plus à l'aise que lorsqu'il exerce sur ses propres données, et que la maladie qu'il combat n'a pas été autorisée par l'expérience des siècles , ou prévue par les décrets de la Faculté. Celle-ci évite surtout de consacrer aucune doctrine : ce n'est pas un pouvoir responsable, parce que, peut-être, il y aurait trop de danger à l'être. Les fautes sont personnelles eo médecine.

Les philosophes et les médecins eux-mêmes afQrment que la médecine use l'Ame au profit du corps ; en d'autres termes, qu'elle perfectionne le corps en vertu d'un certain épicuréisme philosophique. Au moral , le médecin ▼it beaucoup pour lui-même, il se fait d'ordinaire une religion de son égoîsme; le reste de l'humanité n'existe pas pour lui , attendu que tout le monde n'a pas l'honneur d'être médecin. Cet amour du positif se formule en idolâtrie pour l'argent. Suivez un médecin depuis son entrée dans la carrière pratique : souple d aWd et insinuant , il prendra insensiblement le ton sec , tranchant , d'un homme dont la réputation s'augmente et dont la caisse s'emplit. Bientôt maître de sa clientèle et de son entourage, sa parole sera celle d'un maître ; elle coûtera aussi cher que celle d'un procureur. La vie et la mort s'échapperont de ses lèvres selon son bon vouloir ; mais il fera plus de cas d'un écu que d'un homme : l'argent sera le point de mire de toutes ses actions.

A cette époque, s'il n'a pas la croix — et ceci est une grande question pour le médecin, — il l'achète ou la fait acheter ; si le grand chancelier de la Légion d'honneur le rejette de son Eldorado , il a recours à quelque ordre équivoque qui se rapproche par la couleur de ses insignes du ruban si dé.>iré , non qu'il y tienne comme à une distinction, mais parce qu'il voit un supplément de clientèle au bout d'uu ruban. Le médecin n'oublie jamais d'êlrc de quelqu'un ou de quelque chose, le public veut savoir d'où viennent les grands médecins.

Avant m(^nie d'être une sommité, uu médecin est devenu profondément sensualiste : l'étude et la vue des souffrances, en lui donnant le moyen de les éviter, lui en ont rendu la jouissance plus précieuse; aussi excellct-ii

à user, tempérer ou développer tout ce qu'il est donné â rhomme d'en éprouver. C'est le médecin qui brûle loi« même son moka , qui choisit ses perdreaux tmflfés chez Chevet ; c'est lui qui a inventé la salade d'ananas ; la plupart des raffinements culinaires dérivent de la médecine Quand l'humanité est au plus mal, le médecin nage dans les réjouissances sociales.

Il faut l'avouer aussi , du sein de la médecine surgissent de temps a autre de grandes individualités qui ont nom Dupuytren, ou quelques autres qu'il serait imprudent de citer parce qu'elles existent encore. Quand un médecin parvient à échapper au petit mercantilisme de si profession et aux soins exclusifs de sa clientèle , disons mieux, à l'individualisme qui nous ronge, il peut tout comme un autre devenir un grand homme. Observons cependant que , même dans son hypothèse , son action a été jusqu'à présent purement individuelle. La médecine manque de ces vues générales qui embrassent tout un peuple, toute une nation. Tout se fait chez nous dans des intérêts de personnes, de f; mille tout au plus. Un médecin ne comprendra jamais qu'on puisse travailler â perfectionner l'hygiène d'une grande ville, et à réformer les abus* qui compromettent la santé de tout une classe d'hommes. Il est vrai que c'est l'affaire des philosophes, qui n'entendent rien à la médecine, ou des académiciens, qui l'envisagent à un point de vue par trop constitutionnel. Aussi les grandes questions d'hygiène et de salubrité publique sont-elles moins avancées chez nous que chez les anciens, généralement dépourvus de grands médecins. Je m'éloigne ici de mon cadre, mais il me semble que je me rapproche de la vérité.

Entrons maintenant dans le monde i la suite du médecin, comme lui, le chapeau à la main, mais avec l'intention perfide d'anatomiser chaque individualité. Sur le premier degré de l'échelle médicale est placé le médecin de cour, personnage multiple. — La cour a plusieurs médecins , l'habit à la française est placé en première ligne dans sa thérapeutique; il ne le quitte point tant que sa clientèle le retient dans le faubourg Saintllonoré ou dans les riches hôtels de la C haussée -d'Antin. Tout ce qui peut payer noblement veut être traité de même. Grâce au médecin de cour, l'anecdote de salon pénètre jusqu'au château ; il ne dit jamais que la moitié de ce qu'il saiL Sa clientèle de Paris est toujours malade autre part, et on le consulte moins sur les maladies que l'on a que sur celles qu'il a du guérir ailleurs ; un mot de lui contient le bulletin des afiiections que Ton doit se permettre , tes ordonnances sont des ordres du jour. Quiconque n'rslpis médecin de cour l'a été du premier consul , on espère l'être tôt ou tard d'un dictateur.

Cette distinction se confond fréquemment avec celle dl médecin professeur. Aucuue existence, que noussachiom, n est plus varice, plus complète, que celle de médedi professeur. Faire marcher de front les intérêts de h science et ceux de sa fortune, avoir une clientèle et «■ auditoire, être obligé de révéler mille secrets au nom de l'art, n'en laisser échapper aucun par égard pour ses clients, avoir sa popularité de professeur et sa renom* mée de médecin à faire fleurir l'une par l'autre, être profond à la Faculté, léger et superficiel dans on salon : td est son rôle de tous les jours. Le médecin professeor possède, outre sa chaire, une clinique dans un hôpital; il est au moins chef de service. La douleur lui apparaît sous toutes les faces, hideuse et agonisante sur on gn* bat, co(|uette et parée dans le boudoir d'une femme élô» gante. D'un hôpital, ce purgatoire de la souffrance physique et morale, il passe dans un somptueux hôtel, Eden de la maladie. Celle vio si contrastée de Paris, il la sait

LE HKDBCIN.

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éMm, Im tâbleam les plus sombres de Ribeira I set rem one réalité; il connaît également les m rdigieuses et mélancoliqaes de Murillo. Un paliM léproserie, Toilé le monde pour lui. Il est médms SOD hôpital, sec, dur, brutal par nécessité; il édecin de bonne compagnie prés du lit d'une grande . Dmis ses salles, le matin, il est roi ; dans ses vila soir, c*est une royauté constitutionnelle tout au

pvnd monde possède encore dansle médecin des eaux artDtie pour ceux qui s'aventurent, sur la foi des el des douches sulfureuses, jusque dans le sein des lées. Le médecin des eaux part avec ses malades dés «miers jours du mois de juin; il est chargé de prodes eaux à ses malades, et des malades à ses eaux, i administrateur, moitié savant, il a plus à faire que tu sein du désert. La parole de celui-ci était com- ; pourvu que les Hébreux eussent un puits, ils ne rmaient pas si l'eau était plus ou moins carbonatée. le médecin des eaux, l'analyse chimique le regarde ; en outre chargé de l'hygiène du local. Les petites ares se saccédent entre ses mains; il s'agit de er que sa fontaine est une piscine, et qu'elle l'em-

porte sur tous les filtres connus. Des gens ont la témérité de prétendre que cette place est une sinécure. Il est vrai que le gouvernement qui en octroie le brevet donne rarement les connaissances requises pour en faire usage; mais trouver un homme qui soit à la fois physicien, botaniste, géologue, chimbte et voyageur, n'est pas chose facile ; on prend un homme politique, et tout est dit. Quand ou n'est rien par ses emplois ou par ses titres, on peut encore s'établir homoeopathe, phrénologue ou magnétiseur; on ne parvient pas toujours i fonder ainsi une science, mais on fonde une réputation.

Le médecin, prosecteur, aide ou professeur d'anatomie, jouit d'une grande importance, aujourd'hui qu'aucun homme ne meurt sans que l'on sache ce qu'il aurait fallu faire pour le guérir.

Dans quelle classe rangerons -nous celui qui se complaît dans les phénomènes de la nature anomale? Sa maison est un musée assex semblable au musée Dupuytren. La Vénus hottentote y donne la main é l'Apollon de Paris; un squelette type, un Quasimodo chevillé en laiton, l'embryon acpphale et le fœtus é trois tètes, Rita et Christina, une deuxième édition des frères Siamois, se rencontrent dans son répertoire. L'espèce humaine est su-

Pins. Ttnp. (!sîi;!ou:ii BiOT; ne Sj'irt Iwrtf .HL

liE MÉDECIN.

blhne et riJiculo sous le scalpel de ranatomiste : il réunit les deui eitrémes. et il occupe lui-mèine la région moTPnne dans soo muséum.

LaissoDs cet amateur passionné de la natnre morte s'ensevelir prématurément dans son ossuaire ; occupons- BOQs du médecin des pauvres. On n'est encore mort qu'A demi quand on a n cours au médecin du dispensaire; il donne des soins d ceux qui n'en penrent attendre que de l'humanité. La philanlro| ie a st's af ôtns, pour ne pas dire ses martyrs : escalader des maisons de tous les étages, pénétrer d.^n s des b ug» s quelconques, prescrire de la limonnde citrique à ceux que dos pains de quatre libres rétablira ient iufaîlliblem»'nt. telle est Tiugrate mission du niédi\Mn philanthrope. L*admini>tmtion di>it les choî> i «ir jeunes pour les avoir sensibles : à force de s'attejik' drir. le cœur se p«-tritie. le médecin se forme aux dép^pi de l'être sensitif ; Tâme sympathique s'évanouit. Le oo^ n'apprait plus que comme unr matière pins ou Mpf or]!anii|ue que Ton traite indifféremment selon toUi <a« telle méthode : on fait de la médecine; la philalllli|iiu B*est plus qu'une tradition.

Le médeciu-afCche existe de compte à tmdSMt lei aflicheurs, les distributeurs d'adreeKS sur k vA pulfique. qui accostent les passants dm les cMTefoun, et lofile cette nation fauve et avinée tart Ho'.iert Maciire est le patriarche. La pnblicili*^ |ii pMT le méiecinalficbe de formes ik^gitùUrtes tleefl%M les p1iisfios« siers sont ceux qui prennent le flnK4le monde. Il qié- C3le sur un procès : quand la pdRWlé Teoporle sur l'amende. c*e>t auUnt de îrajm. le réfaMaire est nne réclame pour lui. U aurait fait sa forlue si tant le nnnde était informé qu'il a été condamné i qoclqiet mois ëe prison. san< préjudice de ses mcriica et fnaKtés înditi* daclles. U sait ce que la condamnation nini chaque année, et combien il gagne pv jonr A être en prison. Son exploiuiion ne se borne point anx linnlfs d*ane me de PMs. Pour peu que son industrie ait proqiéré. aon hygiène se répand bientôt sur tons les osntinenls. Réan* mmns Pans, la ville du monde la pina médicale et la plus éclairée, est encore le pavadis mriaaifo éa ce charlatan; c'est lâ qu'il enterre le plus de cliaMk

Oo peut être médecin d'un théitre sans iHMT Mfare médecin. Lâ. on doit constater jusqu'à quel point une toux peut être légale. Le médecin d'un théitre est un lynx pour les maladies imaginaires. La prima donna déteste le méderin, qui l'oblige de temps à autre à se bien porter : aus^i a-t-elle dan< ses bonnes grâces un Jeune doctcnr choisi par elle pour plaider la migraine contradictoire.

Le médecin d'une compagnie d'assurances est chargé de fonvialer l'entité physique, la parfaite intégrité corforelle des remplirints soumis à son examen. Il doit se

montrer plus sévère que la loi même, le gouTen étant plu^ méticuleux pour un remplaçAnl que f simple soldat. Qu'est-ce que Thommc. ptiysiqt parlant? Demandez à ce médecin. Ceux qu'il arce| ventdijK avec vérité : < Je suis un homme. » Saini n*e$t paaflus difficilo sur le choix des âmes que dccin de rwrutement sur l'admission dos maréci Fnince. D y a un médecin pour les vivants, p^ malades; il y a de plus le médecin des fnorU, i n'est appelé que pour s'assunr de la non existe ses clients . On é|rouve le besoin de vÎTre pour .«pcevoir m ^^te, car il donne des visas pour ;,jmiésVwBhdre syroptùmo d'existence rend son tére Inutile, ieadécês, les inhumations, se font ] Ordre : eiAi on no meurt pas sans sa permission, ^éecitt des Éiorls ist gai comme on catafilque, moir des |ieds A 4h tête; il existe comme garanti les rivanm et les morts; les collatéraux lui doiv remercîmants.

Parmi «en&^pe la Providence veut afflifrer, c voie auK mis une maladie, aux autres un médecii on trésar inestimable ou un mal sans rem*^e; m d'Éne maladie, on ne guérit pas d'un médecin. / médecin pour ami, sinon un ami pour médecin, le courage de vons mettre tout de suite an cour secrets de Tait, et de ne point tous trouver mt vous n*êtes qulnAaposé. U y a des fiimilles on le cia est héréditaire, et où le même homme gué très-peu de temfs,(k père en fils» une foule de f tions.

De nos jours, k médecin doit être ambidexti {lerdu de ses prgngfe aristocratiques, qui ne Ini p laient pBS>ntre confondu avec un chirurgien: on le chinnfian a acquis ces connaissances inlem relèvent au rang de son confrère : il pratique la | sion. fa Angleterre, un médecin laisse moarimn amis Grappe d'apoplexie à ses oétés, pour m pas i honorer m 1c saignant.

l>epnis que les crojpances sont aflaiblies, le aéi le noianne semblent avoir hérité de la société. Gofi n*asM#1us au prêtre» la souffrance oblige 4n In i au-MMann. ou l'intérêt le fait dévoiler nv aold médecin est le dépositaire forcé des mysières de 1*1 du boudoir et des affections intimes ; conident oh toutes le;» faiblesses, il élève sa profession en a l'honneur des familles; le secret de la conianaima* venu le secret de la méderine. Le naédecin nasii naissance : pendant la vie est-on jamais sàr de p s*en passer? Aussi, après celui de se bien porter, i pas de plus grand bonheur au monde fae dl*Moir i médecin.

L'HORTICULTEUR

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