‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 249 sur 269 · LE MAITRE DE CHAUSSON · texte numérisé non relu

LE MAITRE DE CHAUSSON

Il est vrai tle dire que les mat 1res ne brUbicnt p.is pnr une icnm bien ngoitrnisic ; li pipa culottée ne qulitaît guère leurs lèvres que pour faire place «lUx petits verres de dur: ils fréquentaienl les eî^lammet^ bornes, 1rs rogomistes et les marchands de vin hajîrtrdeiïi; ih élaient b^rgneui, violeitti:» Lapageur^; queliiucs-uns même» fîdèleii aui traditions de Tanc tenue cbcvakrïe erriiute, consacraient letir canne et fc#:3rs pfïlngs au servîye des princesses en dé<;arro]* lli m canslHuatent les Amadîs et les Galaor des Orianes de la rue Froidnianteau et de la Cité. Leur langage, semé de Iropes i^t de métaphores peu académiques, di^sceodant fréquemment aui ÊmUiarités de Targot, éUiil bien fait pour efîaroncher les bourgeois honnêtes el délionnaires, si leur mine réharliiitive u*êf^n pas suffi pour cela. C'e^t ce qui cipliqae comment un arl aussi utile, aussi indlspensabto que la savate, est resté ù longtemps enfoui sous les derniérea couehns de U populace.

Maintenant les hommes ne portent plus IVpée ; la police défend d'avoir des armes sur soi, et t*on est puni de quinze rrancs d'amende pour avoir uti poignard dans sa pochf*, ce qui fait i|ue tout homme qui rentre chez lui après la brune est à la merci des voleurs et des assassins.

qui, risquant d^avoi meit de paver quii poignard; ki! cani prohibées et saisies tre, alln que lej mi nocturnes qui voli toute la facilite dé assommer i mm v< Ton ne peut satsîr et des pieds exerc que le casse4ête i hrésl liens.

Four notre part, de porter Tépée i'* Çaîsc; onesttoujo^ vous entrer quelqu manières n'ont pas duel achèvera de t de Tu ni vers : touil venir insolents. Et homme de cœur u bon acier bien treu ce commerce intim

LE BfAITRE DE CHAUSSON.

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loyauté inviolable, le vif éclat, la netteté i union tacite était si bien comprise, que ogeque l'on pût donner à quelqu'un, c*é- I était brave comme son épée. Mais nous le époque peu chevaleresque, et la profit remplacer la jolie épée française, ce éclair d*acier qui du moins brillait dans irriver à la poitrine d*un homme, îime on la pratique aujourd'hui, est un [ué, trés-savant. trés-raisonné; c'est l'es- 'et. Il y a la tierce, la quarte, l'octave et seulement dans l'escrime on n'a qu'un aie on en a quatre; car les jambes dans la science sont de véritables bras, et les )t des poings. Les maitres placent un ns les gencives ou dans l'œil avec beau- : plusieurs môme décoifTent leurs ade bout du chausson.

chausson actuel ne ressemble en rien au : c'est un jeune homme de Ûgure douce c sourire sur les lèvres, qui s'exprime avec un son de voix perlé. Ses manières inction parfaite; on le prendrait plutôt seur d'esthétique et de philosophie que te; il fume tout au plus des cigarettes de comme George Sand, et boit de l'eau suorateur. Il ne porte ni cravates rouges, , ni pantalons fabuleux, ni casquette exise est celle d'un fils de famille qui s'ha- — A l'entendre parler de son art, vous I présence d'un savant de l'Institut, fai sur l'équilibre et la dynamique : la savate calcul très-exact des forces humaines la libration et la pondération. Après d'étude, on est vraiment surpris de l'ée que peut acquérir un muscle bien dédirigé, et l'on s'aperçoit que la nature nme aussi désarmé que le prétendent les roses. Des poings bien fermés selon les *t valent des marteaux de fer.

I chausson fashionable ne néglige rien perfectionner son jeu. M. Lecour, celéa travaillé avec Adam, le boxeur anglais, versaire de Swift. Cette étude lui a beauperfectionner les coups de poing, qui, à it 11 partie faible de la savate. Les coups oitrine ou dans la figure sont fouettés et ie vigueur rare, et si bien calculés, qu'il in atome de force; la vitesse est triplée, l'une seconde, l'on a placé une série ainsi )S de poing sur le nez, sur l'os maxillaire ac, du bien coup de pied bas, coup de up de poing. Autrefois Ton ne faisait pas n ne liait pas les coups : un assaut actuel 'un assaut ancien, pour la difficulté de I hardiesse des poses, qu'un morceau de brenner d'une sonate de Steibelt. U y a la eût paru impraticable, rait beaucoup si l'on représentait les maia comme des gens de carrure athlétique ; en rien de THercule et du lutteur; ils ent de taille moyenne, ont les extrémités is petites. — Plus d'une femme envierait rifl; mais ces mains délicates, si elles ont i marbre, en ont aussi la dureté; et, dé* puissants muscles des épaules, meurtris* comme un caillou lancé par une fronde, ue nous vous avons fait l'histoire et l'es*

thétique du grand art de la savate, nous allons vous introduire dans une salle de chausson, celle de M. Lecour, qui est le professeur â la mode, et qui compte parmi ses élèves les lions les plus chevelus et les plus aristocratiques de rOpéra et du boulevard de Gand. Vous voyez cette file de cabrioliLs, de tilburys et de coupés qui stationnent â l'angle de la rue du Faubourg-Montmartre, tout près du boulevard : hdiez-vous, c'est jour d'assaut, et vous auriez peine à trouver place.

La salle d'armes est au rez-de-chaussée, car le piétinement perpétuel serait insupportable aux voisins les plus pacifiques, et les bourgeois proprets partagent la haine de Nicole contre les ferrailleurs et les déracineurs de carreaux ; la première pièce sert d'antichambre et de vestiaire ; contre le mur est appliquée une petite fontaine, qui fournit de l'eau froide pour tremper les coins de mouchoir quand il y a des nez compromis a bassiner, ce qui ne laisse pas que d'arriver quelquefois.

La salle est une grande pièce tapissée de coutil, en forme de tente, avec un plancher frotté au grés et à l'eau bouillante, pour que le pied morde bien et ne se dérobe pas. Tout autour sont disposées des banquettes élevées sur une marche qui encadre l'arène destinée aux combattants ; le long des murs sont accrochés les gants de boxe des élèves, portant chacun leur numéro. Ces gants, dont les doigts ne sont articulés que par-dessous, ressemblent é des traversins; la peau est de buffle et la garniture de crin. Les Anglais remplissent les leurs avec la plume; mais la plume, plus moelleuse d'abord, ne tarde pas à se tasser en paquets, et devient plus dure que le crin. A côté des gants, qui font trophée avec les masques, pendent les cannes et les bâtons de longueur.

Les assistants sont rangés au plus prés du mur, afin de ne pas gêner les combattants ; et, pour ne pas être atteints, dans les coups de grande volée, par les cannes des maîtres qui font assaut, chacun lient en main un bAton dans la pose d'arrêt, ce qui donne à l'assemblée l'apparence d'un chapitre de chanoines assis dans leurs stalles un cierge à la main.

Le costume du maître est trés-piltoresque ; il consiste dans un pantalon de laine rouge à piods, demi-collant, serré â la ceinture et tenant sans bretelles, une chemise rayée de violet ou de bleu, une petite calotte pourpre, et des ganU de boxe avec des crispins vernis.

L'assaut commence ordinairement par la canne et le bâton. La canne se tire â une seule main, et le bâton à deux mains, comme les espadons et les estocs du roovea âge. Avant de commencer, les maîtres se donnent une poignée de mains, puis ils font le saluL Ce salut, où les maîtres exécutent avec leurs cannes des arabesques plus capricieuses que celles décrites par le bâton du fantastique caporal Trim-Trîm, dans le roman humoristique de Tristram Shandy, en faisant des sauts cl des pas de voltige (la voltige se fait lorsqu'on est attaqué dans la rue par plusieurs personnes ; la rose couver(e, que l'on fait pour salut, est la plus jolie arabes {ue dessinée au bâton que l'on puisse voir; les voîtés^ les écarts de côte, les coups de travers pieu vent drus comme grêle); ce salut est vraiment très-gracieux et très-élégant. Après cela, les maitres se mettent en garde, et les hostilités sont ouvertes, les cannes tourbillonnent et s'entre-choquent en pétillant; quand le coup porte, le vaincu s'écrie: c Touché, bien touché, > et l'on reprend la garde. Comme les combattants n'ont ni masques, ni plastrons, les coups doivent être retenus : ils le sont presque toujours au début de la lutte; mais quelquefois les adversaires s'échauffent, et l'assaut ne diffère pas beaucoup d'une vé« ritable bataille. Aussi, l'assaut terminé, les combattants

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