‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 251 sur 269 · ijiice: il y i Ionç*pmps qne · texte numérisé non relu

ijiice: il y i Ionç*pmps qne

t 1 îiiue ies voienrs l'ont Ira î- ■l1 uuil(|ue. ilunniUes p]iis et co-

!T3:a niiiir maudire reonemicom- 2»jaL*:jtiou n'piiirne au oeur des :a «îP'^jr?. P'iis. les ri^eurs de

SKun i'.il >y sonmeltre, cha- «il aîTCï .■rji>ùes en fiTcur des ' .r>, }ii Tiirmure cortre elle.

•r^Hf-» ■;>ie loiir t «i^. p!*.is elle i

s* .^r-^-.-e 'T >J T'rsi'.ionâétre ^ir* . :*. : ir.T.^ ::;i:v!.lrielle- TT^ ....:*• ■:;> :C !i s-vi lé en- ..- .ï l:^> srs tI 15 nlcimes dis-

Avant Il rPTolnlion de 89, la ville deParii im « chef de sa police on MeuteDaet général d« ^*, •» tué par déclaration royale, le 18 avril teTi.Ot-fk; comprenait celles dn Heatenant de polke el da .^ nant civil an Chfttelet, abolies â ceUe époqw. Li s« tien de la prérecture de police, telle qu'elle ca iqs d'iiui, daleda 17 ventôse an Ym <1800).

Le préfet de police a ponr devoir de veiller ib» reté, é la tranquillité de la cité, il a dans «es ithb«« tout ce qui concerne la municipalité, la lievt- p^ que. les Intérêts des crtoyeos*. Soas ses ordroK*» vent Immédiatement les cioqnante-nx anmîiêc^i police, les officiers de paix auxquels oo vieai «mip tout récemment ce noaveaa costume:— kk^îkii retroussis, broderies de branches de cbéocea eps« parements et collet, chapean ï trois corso, osm bleue, êpéc au côlé ; les inspect<^urs des port», le » missaires de la Bourse, des halles, des mmà» n outre, toute force amiee, garde de Fuis, len» ville. gendarmerlCp &apeurs*pompiers, et an nationale.

Le préfet de police a deux mis«ons politique, Tautre municipale.

Il est vrai que. depuis nos dîsscnsioos ialà a prétendu que la police politique ahsorbaîte toute rintelligence de nos préfets: qo'occspâi â la découverte de complots imafnnaires os rédi.fe» bliaient parfois les devoirs de leur char^HH mais c'est assurément une calomnie. On lenfaiii que des administrateurs éclairés préCèmtvdlripri fracas deux ou trois Bnitas de bss cCagCMfaè^ léger un paisible citoyen attardé Mb Se m Ma

Un préfet de police à Paris ne saurait Artèv» tisans qui négligent la sécurité d'une vifli Mfl pour veiller uniqnemeent à la sûreté dlntov:!] fetde police à Paris ne saurait être ii éifli qui voient sans pitié leurs agents mallnîlff ia niers politiques, et leur atMmdoaneatflra arbitraire, parce que rémente peut lui trône de la rue de Jérusalem ; on piéfelà riii ne peut être non plus de ces égeitfeifBl ville sans défenseurs pendant la ont, pav une voiture pour les protéger, s'ils rcrintfl hôtel. Mais la police a toujours tort an jHàj Y a-t-il une émeute, — c'est la polkt fi W choléra franchit-il les frontières sanss'ariair — c'est encore la faute de la police; bon bourgt'ois à domicile, — c*est par lli lice. Je ne serais pas étonné que l'oa asaritlil de néïriigence si le puits de Grenelle venà ai mon Dien, la police ne peut pas tout dire, dii stitution fort humaine. Ile cries point qMii l'émeute, elle qui a Unt de peine é la RfriK

& Au préfet de police appartient la dflnMafcl 7ort5. d\:s Cartes de sûreté; h turveilbacc fa i !(.'> auiïoas publiques , des 6ll«s ■ossilm, é .our. ies JiL'pdtsdc mendicité. Le vagabMdqg r- pr>;<MiMi lies Ktroupemeuts, lescalbes. Vitm -rt* . L'< ilicâtres, les débits de poadic H m i iriies. la pelile et la gnmle voirie, h v«B| uep ■>. la Kourse, les ports, U Si«labnlé, i»i

:!i.iiidisei pruhtl)ées, les étatilisacmci

■:« 'uoiiuiiienis publics, U rccbeftJiedeiî

•l'Ut» firnis, les repris de justice, h a

t >. c bitl:iyaçe. le* inhumitioiis. lesw

'. . rn H>les. sajics-reninifs, bonrkm. cA» lai

. :i;'iii^. les luis publics et eufin loat etqac : I. p. il lé rentre diins tn illrihiuwni.

LE SERGENT DE VILLE

ooo

Le préfet de police connaît seul les agents secrets employés à la politique. C'est lui qui les reçoit, leur donne ses instructions, écoule leurs rapports et rétribue leurs senrices. Chaque mutation de préfet amène un changement dans ce personnel, beaucoup trop variable pour être étudié. Seulement, nous devons dire en passant que les espions envoyés dans les cours étrangères ne partent pas de la rue de Jérusalem. Chaque ministère a sa police secrète; celles du ministère de Tinlérieur et des Tuile-

1 lies sont les plus importantes. C'est de la que sont ez-

I pédiés nos mouchards d l'étranger ou dans les salons de

I la haute aristocratie.

I Le cabinet du préfet se compose de dix-neuf em-

( ployés ^. Aucune pièce ne sort de ce bureau sans avoir

I été lue, enregistrée et portée au préfet lorsque la note

I est importante.

ji Le secrétariat général comprend un secrétaire géné-

jj rai et vingt-neuf employés *.

1^ La préfecture renferme deux grandes divisions : la

firemière, occupant cent trois employés, exerce la police ndiciaire*; la seconde comprend cinquante-deux em- ^ ployés*.

m * L'occupation de ces employas consiste dans l'onvertare, f^ Tenregistrement, la distribution des lettres, pièces et dépâcbcs û* adressées au préfet et s'élevant par jour au chiffre énorme de deux mille. La correspondance du préfet avec les ministres et *' les autorités pour causes politiques est faite aussi dans ce bu- *' raan. La formation des dossiers relatifs aux affaires politiques, ^ le dépouillement des pièces adressées par les agents secrets, les làl réfugiés politiques, iont du ressort de ce cabinet, où se trouve ^ en outr^uQ registre qui contient le nom de tous les individus ^, ^aî ont figure dans les aflaires politiques.

s Dans leurs attributions se trouve : la rédaction des arrêtés . de nomination des employés de tous les services, la formation ' '^^ et le classement de leurs dossiers, les demandes d'emplois elles (^ renseignements sur les candidats, les archives générales, l'ad-

0 ninistralion de la garde municipale , des sergents de ville et iir des sapeurs-pompiers, les théâtres, saltimbanques, réunions y ^obliques, lôtes^jeux, afticheurs, crieurs publics, cultes, Tétat

1 ^ril, le timbre, les débits de pondre, les déserteurs, etc.

a Dans ses bureaux sont les archives des arrôts et jugements

X*eiidus en matière criminelle dans tonte la France depuis cent

'^ringt an^, les crimes et délits, la sûreté publique, les forçats,

"Vagabonds, mendiants, brocanteurs et cbifTonniers, la garantie

^ei matières d'or et d'argent, les laminoirs et balanciers, Fexa-

'Vnen, l'interrogatoire de tout individu arrêté, sa mise en liberté

^etson renvoi au procureur du roi. Un individu arrêté est d'abord

, ^M>nduit au dépôt de la préfecture , où il ne reste jamais plus de

Tiogt-quatrc heures ; il est interrogé par un commissairede police

~ md hoc, renvoyé s'il n'y a pas lieu à suivre , ou conduit devant

- hd juge d'instruction s'il y a lieu. Les prisons, les maisons d'ar.

* rôt, de correction, de justice, de force, de détention, de régime

Bfr pénitentiaire, dépendent encore de cette division , ainsi que le

^ bureau de mendicité, le départ des chain^'s. les passe-ports, les

.^rtff d'armes, les livrets, les permis de séjour, les hôtels garnis

*et les logeurs.

* Ce sont ceux qui veillent aux approvisionnements des halles m^^A marchés, aux cimetières, exhumations, épidémies, poids et mesures, à la Morgue, la Bourse, aux bateaux à vapeur, bains ^jor rivière, navigation, marchands de vin, traiteurs, charcutiers, ^^/diantiers de bois et charbons, édifices publics et carrières, netploiement, éclairage et arrosage de Paris, égouts, puits, fontai- *iie8, aqueducs, voitures publiques, roulage, professions des nié- ^'^decins, chirurgiens, sages-femmes, herboristes, droguistes, ^ ^t^mèdes secrets, eaux minérales, etc. — En dehors de ces deux ^ "^divisions, on doit placer la comptabilité, qui occupe douze em- ^"flployés , le bureau des architecte» et eomminairee de la petite "^^^cirie, composé de treize architectes experts , la eaiete et ses ^^Onse employés, et le coneeil de salubrité foTm& de huit médecins. ^*^bia)i>tcs et pharmaciens. Cent quatre-vingt-dix employés sur- -^Veillent et perçoivent les droits dans Us halles et marchés; lu '''^curti9ri gourmets piquewrs d$ vins, au nombre de quarante.

C'est de la première division que ressort le bureau des mœurs, triste séjour où viennent aboutir bien des existences de femmes amenées â cet état de dégradation par la misère, le vice ou la coquetterie. Souvent il y a pour premier échelon à leur douloureuse position un somptueux hôtel , des jours de luxe, des nuits de plaisirs, et pour dernier degré la honte, la misère et le lit douloureux de l'hôpital, où la main d'un ami vient si rarement presser celle de la mourante. Elles viennent, les malheureuses, oublieuses du passé, insouciantes pour l'avenir, chercher à leur tour une place pour leur nom , pour le nom de leur famille, sur ce fatal registre qui grave une tache étemelle de boue sur chaque nom qui s'y trouve marqué.

Cependant on les voit arriver là sans regrets, sans pudeur, sans remords; elles sont jeunes, elles sont belles, leur voix est pure, leur regard doux et tranquille; elles ont souvent à peine seize ans lorsqu'elles s'empressent ainsi de solliciter un brevet d'infamie. Quelle douloureuse mission que celle de flétrir malgré soi tant d'existences que Dieu avait faites si brillantes ! comme il faut que les hommes de cette administration soient purs par leur caractère et dans leur existence, pour que la malignité publique n'ait aucune prise sur leur conduite! Parmi ces jeunes filles , il s'en est trouvé souvent qui n'étaient qu'égarées, que de sages conseils ont ramenées d la vertu ; mais si les hommes qui sont d la tète de cette dangereuse administration n'étaient pas honorables, s'ils abusaient de leur position pour profiter du vice, s'ils se servaient de leur ascendant sur ces pauvres filles en faveur de leurs passions, alors une telle organisation, loin d'être salutaire, deviendrait monstrueuse et ne servirait plus qu'à la corruption.

Bien que ces femmes, une fois admises sur le registre, soient à jamais perdues pour la société , la police s'est pourtant préoccupée de leur sort. Elle a compris qu'elles seraient chaque jour par leur position confondues avec le reste de la société, qu'elles vivraient, malgré leur bon te, dans la vie commune , et qu'elles deviendraient dangereuses si elles n'étaient l'objet d'une surveillance assidue. Depuis douze ans, l'administration s*est constamment efforcée de les renfermer chez elles, de les cacher au regard de tous , de leur interdire l'accès des promenades publiques, où, par leur présence , elles exposaient les honnêtes femmes aux insultes des passants. Il n'était plus possible, comme au moyen âge, de leur donner une toilette distincte : c'eût été les enseigner à tous ; la police fit mieux, elle ne les toléra que sur certains points, et veilla sévèrement à ce que leur mise fût toujours convenable. La moindre infraction est sévèrement punie ; un pouvoir absolu sur elles est donné au préfet , qui peut les condamner à plus d'une année d'emprisonnement, et des agents spéciaux, chargés des maisons de tolérance, veillent sans cesse sur ces femmes et sur les filles intour mistiy qu'ils conduisent au bureau des mœurs pour requérir leur Inscription.

Ce n'était pas assez de maintenir l'ordre dans une classe aussi dépravée , il fallait encore songer à la santé de ces malheureuses. Le dispensaire fut créé, et dix médecins furent chargés de ce pénible service, dont l'utilité ne saurait être trop appréciée. Toutes les femmes , soit en maison, soit en carte, passent chaque semaine soui l'eiameD minutieux du docteur qui se rend auprès d'elles

dégustent les vins qui arrivent, et empêchent h fiilsification. Ensuite paraissent les employés de la navigation ti dts porU, le contrôle de la halle aux grains et farine, des bots et charbons, de b fourrière, le personnel dos prisom, etc.

Sôî»

m: s:: (;;.n: di: ville.

it si>:ne leur feuilîo. ou donne Toi-dre de le? diriger sur ^siinl-Laxiro. Lo nOuI reproche qu- Ton piii>Ne adresser à ce nuvio d'odmi:)i>tration . c'e>l do ne [>as eul ver d rinxtJiui môuio îe< lomuies maîade$. d'aUendre souvent au lendoiîMtn curies envoyer a rh-><pîw. el d>n»o<cr ainsi le public .v d^' venir vioii:uc de h cupiitté de:$ maîtresses de nuîsoii.

le ^urt\lM du dispKiisairf e>l ouvert chaque jour, nonseulenu-ui i t.^i:^> les lîîles Je c«:::c o!a>>o. n!aUenc."»re à beaucoup vie :VrLir:e> q :e î.i fv'.i.e est fonree de lolêrer. ci a ; x • ;:c * î c < c 1 '; e de Livre i-: > ci r it s que celles-ci ont soi a de :c:i;r <^v.i;e<.

Trîsle i: ct><c :r. :c o-lè dir.s un coi^ d-f ]à frvft'rture de I ol i c e. U dif^wm :\r: < : cj. c ■: ' 1 . : :: tt* ;: >en: e 1 1 i lO" s les r- prds, K > :: L-. : î .«: ce v-ir."::.-.; - f par le a.^ni de stt rues, •■.;lf di«> soii o. ;,:■„•? . >::: Ci'i^-è a servir d? cèïjc'.e i :o-:e> 'es i::i>. rc-^ i^ li s-cl^;:. Lv se :r:"v« le P '.ii> ie --.'^'Ice c^ >*J^:;e sazs rcfos \x c\issi i^rili^a:'c ic> \^x ii rs. cl ■i.»n- 'e seis i-.qiel vifrrc:! >e der . \t :» •. io ir— -^s lu^i.res; ici. î^s 'risr^* ';:\ se^:dc:::ch4;:c:v:r-:so:::::L;:*ursF:i:-Ts\ !!::>!:-:. __. h M.^ue ei ses froides dalîes ,::: hjniies e-COf« ij i j^eci

passage des noyés; pris le an TÎce pour en f^inntir l'haï dont l'œil d'Argus se dont U mission est de

compenser.

Il n*T a dooc aMoar êm o honte et do désespoir. A se f:mîe «tîc les prisons, le pieis la fioge da sang : tootes les misâmes»

corroptionsdeU Pair qui r soit cn:cle lever tu regard me ni se troore rcravre de 11 jo;:rs chaste de toole sovilli

Tel est k raie; passons proaplfuH à h

fiocne vtSiert de p«x,

LE SERGENT DE VILLE

SoÎ2C «genls parviennent le plus souvent à la dêcourerte des crimes commis dans Pnris. Chargés de visiter les hôtels garnis, ils prcnnmt cb :îf|uc jour le nom et le signalement des individu:? qui ronlrent ou sorlont. Dés ^u'un crime est connu, les inspecteurs s'informent du nom des gens absents de l'hôtel à l'heure où le forfait I du avoir lieu, puis à rin>lanl même on fait arriver tous 5CUX qui paraissent suspects. La plupart du lemps, ce sont des forçats libérés . des repris de justice ou des lioromes sans aveu. Il est bien r.^ro que le coupal)lc ne se trouve pas parmi ces figures patibulaires *.

II y a quelques années, lorsr|u'uu bon hahilr.nt de Paris rentrait chez lui longtemps après l'heure antique ]u couvre-feu, il rencontrait parfois sur sn roule une Kcouade d'hommes se glissant avec lenteur h !ong des maisons, ne trahissant leur pré ence pnr aucun bruit, et le brave homme pouvait continuer son chemin en toute rârelc; la patrouille grise avait pas>é par là. Aujouri'hui la patrouille grise n'existe plus , elle a été remplacée par les rondes de nuit qui fout ce service de conîerl avec la garde de Paris et les patrouillas de la jarde nationale. Lorsque le jour a fui, quand on.o heures ont sonné à l'horloge de la Tréfeclure, vous oyez îOrtir et se diriger en tous sens , dans les quarliei> les [ïUft déserts, ces agents ténébreux charges de vcilloi à la sûreté commune. Un honnête citoyen vient-il à pa.^ îcr, leur présence le rassure ; un ivrogne a-t-il roulé lans le ruisseau, ils le relèvent tt le couchent au violon. Le malheureux, sans ce secours, pouvait être écrasé par les nombreuses voitures qui arrivent approvisionner la rille entre deux et trois heures du malin. Mais survienne in voleur; ah ! comme de bons limiers, les voilà sur sa Hstc. Ils se lancent à sa poursuite : laissez-les faire, il *êcliappcra pas.

Ce sont, du reste, les seules patrouilles vraiment utiles vcc Cilles de la garde de Paris. Les hommes qui r^mposenl ces rondes nocturnes se répandent sileucieucmcnt au nombre de sept, et s'échelonnent de dislance n distance de manière à pouvoir facilement se porter ecours en cas d'attaque, ils ont soin également de ne oint éveiller 1rs soupçons des voleurs, de ne jamais ouner l'alarme à ces travailleurs de sinistre passage, et ,e pouvoir les envelopper sans difficultés dans l urs angs, qu'ils resserrent au premier signal. Leur co>tumc st simple, léger surtout, pour leur permettre de courir lîus facilement lorsque le voleur tenic de s'échapper. jcuTs armes se composent d'un sabre qu'ils tiennent

le sûreté, occupes à surveiller les npr is «le juslice et a lour rrcstalion, voilà toute la jio'ico il) ir^.'e de prc)t».'^cr la villo 1I3 *aris. A une heure donnée le lijcurn'e, les i^cnts placés pour a survoiîlinccd'un nicnie quirlicr s«> n'unissent dans une rnai- ,OD iu'Ii picc et sous la prv'>i<lence «l'un oflicier de paix, drcsiCiît leu:s r.ipporls qu'ils ftivo'CMl à li pr^'-rn lure.

* Il o\i>lc à [\iris quatre nidle ;;trni;, cl le mouvcmenl jourlalier des enlrées cl ^o^li^s i!o:l èlre rvilu r à deux mille cinq Mîiils. I.e nombre des bulletins envoy/s à la préfecture pir les nspcclenrs des j;arn:s est d'un miilion environ par an, et l'un no compte pas moins de soixante mille per.^o:ines lo;;;canl en »arni. Les dépenses de la prèfeelnre de po ice sont moinilrcs |u'on ne pense , cl sont refilées chaque arinée avec cxactilu !o. Le coiJ'îeil municipal vole les fonds à emjdoyer pour la police munieipde, cl les pièces comptables, après avoir élé examinées par le conseil, passent encore sous les yeux de U cour -ies comptes. Quint aux fonds secrets, ic sont les chambres qui les rotent. Ces fonds s'éièveut annuellement, pour/e miniiièrt di tiutérieurf à trois millions environ. Ce ministre verse i peu près trois cent mille francs sur h prél'cclurs d« po'icè, et les agents secrets, même ceux cœploj'Ss pour la politique, sont rétribués sur celte somme.

cache sous le brr.s; leur marche est toujours lente et mesurée. Laissons donc passer ces agents protecteurs, la terreur des assassins, la sécurité des citoyens attardés; et si. comme je le pense, vous vous êtes parfois trouvé seul au milieu des rues de la capitale, entre une et tr.ûs heures du matin, regardant avec soin autour de vous chaque visage qui passe dans l'obscurité, vous tennut ]»rêt à tout instant pour Tune de ces attacjues moir s rares qu'on ne le suppose, vous avez dû souvent, à celte heure, remercier dans votre pensée la ronde nocturne qui se glissait en silence auprès de vous et vous rassurait par sa seule présence. Quant aux palrouilles que la troupe de ligne et la garnie nationale envoient se promener à travers la ville endormie, elles sont assurément trés-boîines pour remettre dans leur route ies Trînquefort qui reviennent de la barri-TC la tête légèrement émue par les fumées du vin à six; mais il suffit de jeter un seul coup d'œil sur leur costume cl sur leur allure pour se convaincre de leur insuffisance.

Le service de nuit que fait la troupe de ligne pourrait être a>surément aussi utile que ci lui des agents de police; seulement il faudrait la débarrasser de cet énorme fusil qui gène les mouvements sans être d'aucune utilité; en outre, il est un reproche plus grave qui doit trouver sa place ici , puisque nous traitons de l'utililé des rondi s nocturnes. Ce reproche, c'est de ne pas laisser au sous -officier (|ui commande la patrouille la possibilité de s'écarter de la roule tracée, en sorte que s'il entend les cris de détresse d'un homme assassiné dans une rue voisine, il ne peut lui porter secours si cette rue n'est point indiquée sur son itinéraire. Quant à la garde nationale, sans parler du fusil de munition, du sac et des buffleterîes qui étouflent le plus zélé citoyen, il est mille autres causes qui nuisent à l'efficacité du service de ces soldats amateurs; et, pour ne pas nous étendre plus longtemps sur ce sujet, disons seulement en passant que les bons nmls lancés en patrouille, les éclats de rire, sont nn assez mauvais moyen de surprendre les voleurs en flagrant délit.

Les patrouilles de nuit sont d'une utilité incontestable; sans elles, Paris serait livré au pillage et au meurtre, comme au quatorzième siècle. Depuis quelques années, on s'est eObrcé d'apporter des améliorations à ces rondes vigilantes, et la police a compris la première qu'il était moins nécessaire d'avoir des hommes armés jusqu'aux dents que des agents vêtus à la légère pour ne perdre aucun de leurs avantages sur les voleurs. Voilà pourquoi tour à tour ont disparu la patrouille grise, le chariot découvert qui porta la nuit une escouade de la police dans les rues de Paris, pendant une année au plus, pour faire plr.cc à des agents plus utiles. Depuis quelque temps on remarque un nouveau service : c'est c< lui que font les pa'rouilles de jour. Ces agents , envoyés par la police, circulent sur les boulevards de distance en distance; dans peu d'années, on espère pouvoir les répandre dans toutes les rues de Paris , et principalement sur les boulevards estériiurs, où leur présence est trop souvent nécessaire.

La nuit est terminée, les i ondes reviennent en silence» dressent leurs rapports, et vont chercher le sommeil. Alors vient le tour du sergent de ville : à lui maintenant de garder Paris, à lui de veiller à sa sûreté. Ce n'est point un mouchard, cet homme; il ne se cache pas dnnsl'om* bre , il n'a point jeté dc^ns un coin son costume ofliciel pour se couvrir du masque de l'espion ; jamais il ne 8*est introduit dans le sein des familles pour scruter les coo* sciences, ni dénoncer la pensée ; jamais non plus il ne s'est paré de faux titres, de fausses décorations, comme plus d'un baron de l'Empire ou de la Restauration. Si la

LE SER^iENT UE MLLE.

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LE

COMMISSAIRE DE POLICE

ALEXANDRE DUFAI

ti

ar permission de monsieur le maire cl de monsieur lo commissaire de police , dit Bilboquet en ôtant son chapeau et prenant une pose majestueuse.

C'est qu*â vrai dire, après monsieur le maire, ce dépositaire suprême de Taulorité municipale, se présente à nos yeux, revêtu de son caractère et de sou ccharpc ofûcielle, ce grave magistrat qu*on nomme, en ôtant son chapeau comme Bilboquet, monsieur le commissaire de police. • Sérieusement, son inlluence est considérable; et, dans l'action delà machine administrative et judiciaire, il est peu d'agents dont les fonctions soient si complexes et si étendues.

Uier, pendant que votre admiration s'extasiait au pas* uge des Panoramas devant les statuettes de Dantan et les aquarelles de Charlet, quelqu'un a pris soin de vo* tre montre sans vous avertir : allei chez le commissaire de police.

— Vous avei perdu votre portefeuille? Quel malheur ! Vite ! vite ! allez chez le commissaire de police.

— Cette nuit, votre femme s*est égarée au bal Muiard? Quel bonheur! Ma foi, si vous m*en croyesi vous n'irez pas chez le commissaLre de police.

— « Mon cher, je ne dors plus. J*ai pour voisin un enragé dilettante, qui tous les soirs, entre onze heures et minuit, exécule sur le cornet à piston la grande chasse de Rohin des bois, — Eh! pourquoi, diable! n'en parlez-vous pas d votre commissaire de police? »

— Votre boulanger s'obstine donc a ne pas comprendre que deux et deux font quatre? Dites un mot n voire commissaire de police ; il possède une méthode infaillible de lui inculquer Barêmc.

— Eh ! madame, qu'avez- vous? — Blonsieur, je suis horrililemcut contrariée : il pleut à virse; mon mari m'attend d six heures au café Anglais. — Votre mari, madame? — Oui, monsieur; et ce maudit Gacre, qui est le seul sur la place, refuse de marcher. Blon Dieu ! mon Dieu 11! — Patience, madame. Eh! cocher, un mot. Vous allez conduire madame au boulevard de Uand, et dépéchons. — Cent sous, ou je bouge pas. — Alors, je prends votre numéro, et je vais de ce pas chez le commissaire de police. — Plaît-il, not' bourgeois? — Je vous dis que je vais de ce pas chez le commissaire. — Un instant donc; il y a manière de s'entendre. Qu'elle monte, c'te dame; elle ne s'explique pas, j'peux pas deviner ce qu'ell'vcut, moi. — 5iontez, madame. — Mille remercîments, monsieur. »

Et la petite damé va rejoindre son mari au café Anglais. 0 grande puissance du commissaire de police sur le bonheur de la vie conjugale!

— On m'a changé mon manteau. — On m'a pris ma canne. — On m'a appelé polichinelle. — On m*a jeté quiique chou par la fenêtre. — On a prétendu que je

LE COMMISS.AinE DE POLICE.

ice du bfifcdu s*élêve la bibliothèque. Elle est mie, et tous la consulterez avec fruit, avec plai- ^tez-vous médiocrement le droit et la procédure? sez alors parmi les chefs-d'œuvre des poêles, des s et des historiens. Vous en voyez figurer qui np- Qentà toutes les lillcralures, car le commissaire ce est toujours plus ou moins ami des leltres et ;. Luî-méme souvent a été artiste, il a cultivé les par vocation ou par occasion. Vous dccouvrinz les commissaires de police beaucoup d'anciens premiers, des figaros qui ont pris du ventre, des, des basses mis à la réforme, des ut et des fa autout-puissants, et qui un beau jour se sont radicaévanouis, des journalistes, des instituteurs mali; et, pour compléter cette nomenclature, des *çants ruinés et beaucoup d'anciens militaires, :ommissaire de police a toujours mené une vie 'entureuse. Son état même exige qu'il ait expéria vie sous plusieurs faces; car, comme vous le c*est déjà un homme d'un âge mûr, c'est-d-dîre mine entre quarante oa cinquante ans. Considésou corps maigre, son front large, sillonné de *ofondes, dévasté aux tempes, ses cheveux rares

et grisonnants, accusent les veC f^ et les perpétuelles fatigues de son état. Son œil est vif, éveillé, et toutefois circonspect. La curiosité, Tattention, la discrétion, se lisent au fond de son regard, et le nuancent différemment. En général, sa mise est simple et propre : il porte d'ordinaire du drap noir, et aux jours de service, sous les pnns boutonnés de son habit se laisse entrevoir sa redoutable écharpe, insigne et talisman officiel de son autorité. Quel<{ues commissaires de police, il est vrai, plus jeunes ou plus mondains, affectent une mise trésrecherchée; mais, sous Thabit classique ou le frac à la mode, la physionomie de ce magistrat ne change pas; car, sitôt qu*il entre en possession de sa charge, le commissaire de police éprouve le besoin de se créer un visage respectable et sévère, sinon il manquerait a Tune des conditions les plus importantes de son personnage : il ne serait pas imposant, et il doilTétre; car songez que, seul, il tient et gouverne ses audiences, qu'il les donoe à toute heure, et souvent en robe de chambre et en bonnet de nuit; qn*il y remplit les rôles du président, du juge d'instruction ou du procureur da roi, sans autres auxiliaires de son autorité que Tassistance grotesque de deux gendarmes on de quatre toarlourons et on caporal.

LA UmËRE.

La roulade dont il accompagnait le mot cré-é-é-ème était si merveilleuse, que tous les passants s'arrêtaient inTOlontairement pour Fécouter; arrivé à la dernière syllabe de son chant, dont le fromage de Neufciiâtcl lui Tournissait le thirmc, il réunissait, pour la lancer dans l'air, toute la puissance de ses poumons.

Ce bon vieillard fut quelque temps, sans s*en douter, un signal pour deux jeunes gens que leurs parents tra- Tersaieut dans leurs amours. Nous le savons tous, Tamour est un de ces sen'.iments dont les obstacles ne font qu'accroître la force : deux cœurs bien épris espèrent toujours, et la surveillance la plus minutieuse ne saurait les empêcher do se réunir quelquefois pour retremper leur courage et se faire part de leurs espérances. A peine notre marchand de fromage avait-il fait entendre sa délicieuse roulade, que, de deux maisons, situées â une assez grande distance, sortaient en même temps et à la dérobée le jeune homme et la jeune Bile, pour se rendre, par des chemins différents, sous les arbres du Palais Royal, conGdonts discrets de leurs alternatives de chagrin et de joie, llélas! un beau matin la roulade manqua; le quartier retentit comme â Tordinaire des cris du marchand d*habils, du vilrier, du raccommodeur de faïence; le marchand de fromages seul ne se Gt pas entendre : la mort avait mis fin a son long pèlerinage, et il s'était éteint sans savoir qu'il laissait inachevé, au milieu d'un drame de la vie intime, un rôle que ne remplit après lui aucun autre crieur; car cet amour, qui avait résisté aux plus grands obstacles, dépaysé tout à coup par l'absence du signal auquel il s'était habitué, ne survécut pas au pauvre marchand de fromage.

J'ai parlé de la laitière, de la crémière, du marchand de fromage â la crème : il me reste â dire d<'ux mots d'une classe à part dans cette nombreuse famille, qui, bien que placée sur un échelon Irésinférieur, n'en a pas moins des droits incoiiteslables â raltenlion de l'observateur. Celte classe se compose aussi de laitières; mais ces laitières portent de longues barbes et de lon-

gues oreQlet, et i an crient pas, elles chc eat sileadeaieacM àakl de Paris; elles ont irs pratiqves a«««i.ci buent leur lait â d aie. Vous les rtnumm k ■

dans les rues, o . par troapem ëetait si ^

les aiguillonne à coups de fooct. A peieesoM^fa. ▼ées devant la porte d'une pratique, que la* k i s'arrête; la ménag/Te descend, prcscMeaBfH tasse ou son Terre, et celnnci se met â triindiBa ment la chèvre et l'ânesse. Pais la treapcKis marche au pas de course, et dessert daas hc aé linpe autant de quartiers que le pourrui Un ■! en trois jours. Abimées de coops et de fa%v, h vres laitières rentrent enfin dans lev écarii, « trouvent pour nourriture du fmn et de k frik, ment des carotte^ et des betterates.

Quelques pratiques se seront aperçues, nai km les bêtes nourricières étaient pins maladas^k sonnes qui en attendaient lenr gucrisoa. or k e rence, éveillée par des plaintes, s'en est aiHét « dustrie s'est perfeaionnée d'une manière riagiiki remarquable. Je dois constater le lait, se fifre pour donner une idée du caractère de noire éyi de ses progrès dans la cWilisation : meféiaei ks rices quadrupèdes se sont ima*;inées de se Eûnc en équipage? Qu'y a-t-il la d'étonnant? lesfactn piétons par excellence, ne se font-ils pas aaw ^ Chèvres et ânesses Tolent aujourd'hui d'aa «ra ment â l'autre, dans lenr calèche, avec la n^ convient â une société si fashtonable. En varK le brillant équipage, votre œil se dirige ciria^ vers la portière, dians l'espoir de rencontrer le ns quelque beauté coquette, et tous n'apercevei^ael tes de Balaam contemplant d*un air grave, et v élonnemcnt stupide, les arbres, les maiseaiclki mes qui fuient. Leur voiture porte cette iaiB^ gros caractères : Lait assaihi d'axusb Mssims

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