‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 252 sur 269 · ROTTES · texte numérisé non relu

ROTTES

Lnlii'r'' sous I.oiiiN XV.

LE SERGENT DE VILLE

ARMAND DURANTIN

I y a dans notre monde civilisé de CCS plaies tellement vives , tellement hon« teuscs, que le cœur se soulève de dégoût rien (|u'â les voir; il est de ces cloaques dont l'impureté rêne assez pour que Ton tremble en mettant le pied le seuil de leur porte ; il existe quelques classes »mmes dont le nom seul est une insulte, une ignoie, un fer rouge qui se grave inefTAçable, comme s les terribles lettres T. F. sur Tépaule de galérien. a fallu du courage â Parent-DuchAlelct pour visiter égouts ténébreux de la capitale, il lui fut nécessaire i avoir plus encore pour franchir la porte de ces re- «8 impurs, de ces égouts parés de guirlandes flétries Ton voit trôner en souveraine la prostitution dans la lerne Babylone.

*est dans les grandes villes comme Paris, que toutes misères de la société viennent se cacher. Ici, la déche qui jette un regard de convoitise sur la jeune i; U, les tripots secrets du jea qni présentent aux imdents, aux gens usés, un lucre facile et des émotions usantes; plus loin, le vol, le meurtre» qui se cachent s Tombre, vous attendent au passage et vous dépouilt avec le c^^nisme révoltant des voleurs modernes.

Pour se défendre contre de semblables ennemis, il fallait à la socicUé une arme terrible, une puissance occulte, active, vigilante, qui fût toujours là, sur tous les points, à toute heure, en tout lieu, pour voir, saisir et frapper le coupable. La société étant impuissante d se protéger elle-même, sa sûreté devait nécessairement devenir Tobjet des soins empressés de tous les gouvernements.

La police fut établie.

Invisible réseau, géant aux mille bras, aux mille oreilles ; fantôme à la marche ténébreuse, la police est là qui, nuit et jour, veille sur la cité. Pour elle, jamais de repos, jamais de nuit. La Cn du jour n'amène pas la On du travail, elle lui apporte un nouveau labeur. Sa tâche est celle des Danaîdes; c'est une tête qui conçoit sans cesse, et dont les bras sont toujours en activité. Sa pensée est constamment éveillée, ses mouvements se croisent sans jamais s'arrêter. Les fêtes se succèdent pour nous, sans qu'il y ait de fêtes pour elle; les plaisirs passent près de nous, nous entraînent, nous enivrent;... il lui est défendu de jamais s'y mêler. Il faut qu'elle nous protège et soit à chaque instant prête à crier à ses agents, comme les hommes d'armes du moyen âge : c Sentinelles, veillez-vous? »

Si la police s'arrêtait un jour, la société serait perdae: vous verriez surgir au milieu des places publiques ces hommes dont Paris même semble étonné ; qni paraissent sortir des entrailles de la grande ville, qae l'on voit seulement dans les tristes jours où l'émeute promène son drapeaa sanglant, et qui sont vomis des cloaques de li cité; alors le pillage, le voU le meurtre^ se dresseraient

Vlfc^Iiip. iê Eêmii BWt, m SdH-L— >, 14

LE SERGENT DE VILLE

etTrontcment à Ira vers la cafiitalo effroyéc ; mais la poUce, par bonheur, ne s'endort jîimaîs.

Dans un rjuarlicr désert de Paris, côte d cote aveu les prison S| le dispenfialre, k Morgue et le palais des robes noîrcSr en ton ré de rues m nom juit se CAche, obscur et honïeiix, un monumont aux leîoles blafardes, sur le porta ri duquel YœW f^etit encore distinguer ces trois mots :

FnÉFlCTLîttË DE PoUCË.

Au dehors le silence, au dedans ractivîlé. Les nrdres

sont donnés, se rroîseot, se transmettent, s*exécutent avec rapidilé, mais t ou [ours tu y s tiTi eu sèment. Pnrfoîs un bruit de cbevau% ^ù hli entendre dans la cour et vient troubler la tranquillité de rhôtcl^ des hommes armes escortent une voiture cellulaire : c'est une bripde de la gendarmerie départeiuentate qui accompagne le triste panier à salade où se tient entassée la pSiure ordinaif^ de la police correctionnelle ou de la cour d'ai^sisesp Souvent aussip comme pour donner plus de variété â ce sombre tableau, g*avance une bonne iij^ure bien pure, Meo honnête, bien confuse de se trouver en si mauvais lieu, s'arrélaut au milieu de son chemin, et n'osnnt demander la porte du bureau. Ab! celui-là u'cst pas de Tbôtel assurément : c'est quelque pauvre diable ijui vient cher* cher iii feuille de route^ ou quelque cbasseur de la plaina Saint^Denis.

On i bien crié après ta police « il y a longtemps que le mépris des hommes et la hninc des voleurs Tont traînée au pilori de Topinion publique. Honnêtes gens et co* quÉns se sont donné la main pour maudire rennemi commun, parce que la dénonciation rrpugne au cœur des hommes, même les plus pervers. Puis, les rigueurs de la police sont cruelles, chacun doit s'y soumettre, chacun doit voir ses intérêts prirés froissés en faveur des intêi^ls i^ênérnux \ des lors, on murmure contre elle. Plus elle est rigide, sévère, juste pour tou^, plus elle s'attire de baincs. Elle est destinée pnr sa position a être clernenemenl placée entre chaque homme individuellement et tous les hommes, entre vous H la so<:î/'té entière ; aussi vous géne*t-elle dans ses plus minimes dispositions*

Le police est une triste nécessité, mais c'est une nécessité véritable dans une ville immense comme Paris, Sans elle que deviendrait It iociêté? Sa vigilance e^t lelle, qu'elle semble exercer un pouvoir mys^térieui el surnaturel. Peu de criminels parviennent a lui échapper; il est rare qu^un forfait demeure longtemps* impuni. Avec un nombre d'agents fort restreint, elle peut surveiller la conduite des forçats libérés qui rompent leur b«in, et des voleurs qui cherchent sans cesse à mettre ses Umiers en défaut. Choque soir le préfet de police doit connaître en une heure tout ce qui s'est passé dans la gronde ville.

Celte force, cette activité, sont le résultat d'une centralisation parfaite. Le public ignore entièrement cette organisation eurieu&ep ivec laquelle il est si souvent en rapport malgré lui, qui le protège à son insu, et pour laquelle il ne trouve que des tiTmes de mépris. Dans le type de V Agent de ta rm de Jérusalem^ c'est le portrait du mouchîirJ, de Tagenl secret qni se cache dans lombre, tanlùt sous la blouse de l'ouvrier, tiinlôt sous le frac de lOlPgant, que nous venon^t livrer à la pubUciléf aujourd'hui, pour compléter ce tableau, nous peindrons les agents ostensibles employés par la police, et les ressorts de celle administration si peu connue de uf\s jours. Le portrait du Sergent de viite vicjidva toutnAlnrcllenitnt »e pincer ihm ce cadre pour lequel il a été créé; mais il Bsi nécessaire de remonter aux sources mêmes de cetie institution.

Avant la révoluLiao de §9, Ift ville leFMnÉi chef de sa police no MeiiteiMat pmnl ée ftk%i

tué par dédiralîon royale* le IS ivril t674.&iiff comprenait celles da Uent^iaiit de ^tice uMÏ nant civil iq Châtelet, abolieft i eetle C tioD de la préfeelure de police* telle <|D'«ttatt| dliui, date du 17 venlô^ la wm (1800K

Le préfet de police a pour devoir et 1 reté, à U tranquillité de la cité. Il a dana tout ce qui concerne la m nnio pallié, la \ que. les intérêts des citoyens *. sSowsaaa \ vent Immédiatement len ciuqiiaiiie-a police, les officiers de pab aos^iielieiTteJ tout récemmeul ce oouvean retroussis, broderies de bnnclkes de i parements et eoliet, cbapeaig i tro bleue, épée au ciké; les inspecfevrida pM missaîres de la Bourse, des balkit des ■■ ou Ire, tonte force arnica, garde de Pkrk^ i ville, gendarmerie, &apeurs-|»iifi>pMfi* etiaJ nation aie.

Le préfet de police a deux i politique, Vautre municipale.

Il est vrai que, depuis dcm dissemiaesl a prétendu que la fiolice politique ahaoïria toute rinielligence de oo» ^réTets: ^*ece^ à la découverte de complota imafinairit m bliaient parfois les defoîra de leur cbaq mais c*estas(;u rémeut une calmniiîe- Oa i que dea administrateurs éclairét | fracas deui ou trois Brtitas de baa toKMl téger un paisible cilojea eltardé leia de m4

tin prêret de poUce à ParU ne nnal trsans qni négligent la séeuHté d'osé ' pour veiller uniqneiueenl à ta sûreljd fet de police â Parts ne saanil étfe qui votent sans ptltc lenra agents 1 orers politiques, et leur abaadoMH arbitraire t parce que Téoieoi* p trône de la rue de Jênisâli*iii ; qb ] ns ne peut être non plus de i ville sans défenseurs pende et le j une voiture pour les proléfrr» alki hôteL Mais ta police m toaJMrs bvf au j Y a-l-îl une émeute^ — c'wt la choléra francbil-il les rronti^reei — c*esl encore la faute de la bon bourgeois â domicile» — c'eîl pmt lice, le ne serais pas élomié qee rtei de néi^ligence si le puita de Gre^lleifoÉ ivir-^ i mon Dieu, la police ne petit pu tooiiiirf. c^i^ijj stitutîon fort humaine. îfe eriet potat filelliil l'émeute, elle qui a tant de peioe â la j

*■ Au préfet de poli«e ports r dctf tartci deiAfcté; k «ar dc$ nuisons publiques , des Êll«f io Jour, ées dcpdttdi* mt^ndklté, Lei n.^pre«5»i>n dct iitroupemeuts, 1 rie, If^ tl litres, le« débit* de povln ai to d'arni4»p la petite et li gnada vstfiab iaiiia| mené, la houne, les porta, la i^iliHbîïiP eliAtidtseï prohibée», Ità MÊÊÊÊÊÊÊÊ^^iâ

tc^ mo»umi:iiti publia ^ h \ hôtels gumîsi, le* reprit de joctîa% ht UiHt le b:i|ay»|;af ttsi iolluiliitioiii.f hi-rhiristes, sagoa-fenim miiMliim% lea Inb publics ol t nidp^kJité reutrê dïiu Èe$ ill

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