HORAT
a RévolatioQ (nous parlons de la première) a eu des conséquences immenses , incalculables. Non - seulement elle a opéré des changements complets dans Tordre politique, moral et social, maïs encore» s*il faut en croire ses détracteurs, elle a bouleversé Tordre physique et naturel. Ecoutet quelques-uns de ceux que M. de Chateaubriand appelle les hommes des anciens jours: si Tatmosphère est aujourd hui déplorablemont dérangée; si le parapluie est de\enu, comme Tamour, « de toutes les saisons; » si le printemps s'ea va, si les petits pois au mois de mai sont rentrés dans le domaine du fanlaslique, c'est au mouvement de 89 qu*il faut s'en prendre.
Sans nous laisser entraîner dans de semblables exagérations, nous croyons être fondé à dire que la Révolution a exercé en France une influence notable sur la mélo* manie. Sous Tancien régime, on chantait... pour chanter, commo les oiseaux, par un instinct naturel. La preuve que nos pères n*y mettaient, en général, aucun but. aucune préméditation, est dans la profusion des ira de ri d$ ra, de tra la h, de la fari don daine, la fart dùn don, de Um taine Um fou, etc., qui composaient le fond de la plupart des chansons d'alors. Ces refrains ne sont- ils pas. sous le rapport significatif, comparables au gaxouillement du rotrie ou du sansonnet?
 cette époque, ce qu'on a appelé depuis le htmd leur de société était complètement ioconan. di chantait, sans apprêt, sans façon, le nin, Catmtmt â helUs, pour sa jubilation personnelle. C'éUUiMif d'épanouissement de rate plutdi que de gos cr.
On entonnait de joyeux refrains i U suite des nffl cela tout naturellement, de même que les eunrii i coulent au sortir de la mangeoire. Afin de prois^pi plaisir, la moyenne des couplets était de qnÎHséiil sans compter les chorus obligés. On peut dira fùà a tout finissait par des chansons » qui n*ei triai pas.
Sous la République et sous TEropire, la . le Chant du Dépari, etc., imprimèrent aoi i tionaux une direction patriotique et guerriira. il Tinvasion, ot dans les premiers tempe de la MmÊ/mm AoTS que le chauvinisme avait tout envahi, y eH| les mouchoirs de poche et la vaisselle, alors quViS suyait le front avec un peloton de la vieille |Hil avec la jambe d*un Cosaque , que Vom aMagHi < crème aux pistaches sur le champ de bataille dï^jk de la Moskowa, le chant, lui aussi, fut votté à la «ski au grognard, a la gloire, à la vîcfotrs etansMA Français. Plus tard, grâce é Béranger, il m iBBHh en moyen d'opposition politique. Aiyovd'Mlid est devenu généralement une prtteirtlaa, mma di presque un calcul.
Il est b en entendu que nos pr de même que celles qui vont suivre, ae' point aux véritables artbtes» leavpels e«l taieîîti
LE MÉLOMANE
use à part, mais seulement aux amateurs. Mainon ne chante plus pour chanter; mais dans le but 1er, de se foire remarquer. C'est à peine si, dans as de province, on a conservé Tusage dadrcsser à le aux convives Tinvitation de chanlrr qtielque Et même encore la prétention dilettante a fait nner comme trop vulgaire ce qu'on appelait jadis insons de table. Il n'y a plus que des chansons à
Qisede
joyeux refraiii
Qui mette tout le monde en tram, Tout en vidant let verres.
Gomme biaatent nos pères,
mne de langourenses et plaintives romances, parème la cavatine funèbre chantée par Rachel la ou par Ninette de la Pie volewe, avant de mar- 1 supplice. C'est très-réjouissant.
! un dîner départemenUl auquel nous assistions «ment, un Dnprex de l'endroit jugea i propos de * au dessert le grand air AHle hérédiUiire. Il en-
leva la belliqueuse strette Suivei-moi ! en brandissant sa fourchette au lieu d*épée.
C*est seulement dans les repas de petites villes, lorsque arrive le moment de chanter â la ronde, qu'on voit se renouveler ces excellentes scènes de comédie, dont le proverbe de Uenri Blonnier, intitulé un Dtner bout' geoi$t nous a offert une peinture si plaisante et si vraie: — le chanteur, faussement modeste, ayant l'air de se défendre, tandis qu'il grille de se faire entendre dans ce qu'il considère comme son triomphe: — un autre se faisant supplier pendant une demi-heure pour finir par dé« tonner un chétif couplet; — puis, les demoiselles, contraintes à chanter par autorité maternelle ou paternelle, ce qui, é quelques variantes prés, s'exécute de la ma* niére suivante :
LA BâHAll.
Allons, ma fille, chante-nous «ti wwreeem.
Là MMOlilLLI.
Mais, maman, je n'ose pas.
LA HAHAV.
Allons donc... mademoiselle... ne. bitef pas h sotte*
Pipit Imp. de Edouard Blct, me SÛBt-Leols, 4ti
LE MÉLOMANE
Allons, levez-Tous... tenez-vous droite. Allez, son père, soiifllez-la... vous savez :
Je n* aimais plus...
LE PAPA» soufflant.
Tu n'aimais plus...
LA DEMOISELLE, se levant et chantant.
Je n'aimais plus...
LA MAMAK.
Tenez-vous droite, mademoiselle; vous avez Tair d'une contrefaite.
LA DEMOISELLE
Je ii'aimais pitis...
LE lAPA.
Tu étais triste et rêveur.
LA DEMOISELLE
Je n'aimais plus... j'étais triste et rêveur.