LE PAPA
Tu n'aimes plus, tu veux chanter encore.
LA DEMOISELLE
Je n'aime plus, je veux chanter encore. LA MA3IA9, aigrement.
Assoyez-vous, mademoiselle ; on a assez de vos chansons 1 (La demoiselle pleure.) Je vais envoyer lesplfurnicheuses tout à Theure a la porte.
Touchant cfTet de Hiarmonie dans les familles !
A Paris, de semblables scènes ne se présentent que rarement. Ici, les délits musicaux se commettent avec prcmcdilation. Les dilettanti amateurs, de tout Age et de tout so^lc, ne se présentent en société qu*après avoir longuement et laborieusement préparé leurs morceaux Ils ont soin également de choisir leurs victimes. Méfiez- vous des billets d*invitation se terminant par celte formule : On fera un peu de musique. Ce sont de véritables guetsapens.
A tout prendre, nous préférons encore Tancien usage des chants entre la poire et le fromage aux modernes réunions dans un salon tout exprès pour y subir de la musique do famille ou de voisinage. A table, du moins, m avait mille moyens polis d'éluder les approbations de rigueur et de dissimuler son ennui. Un verre porté à propos aux lèvres servait A masquer le sourire et le bftil îomonl. On pouvait se donner une contenance à l'aide de répluchcnient d*un fruit ou d'une transposition de couteaux cl de fourchettes. Dans une soirée musicale, au contraire, sur un fauteuil à découvert, on reste exposé snns drfonso, sans refuge, au martyre auriculaire, aux regards ombrageux des parents et des amis. Pas moyen (le se snupirairc à l'rjrV ulton.
Nous en dirons autant des préteadas ( teurs, aujourd'hui multipliés d*UDe manière Ai et qui constituent un véritable lléaa q«e mm ip rons le musica-morlnu.
Tous ces fâcheux abus preoDent leur siMna à manie prétentieuse qui 8*est gènénltmoit capa dilettantisme bourgeois. 11 n'est si mince freiow ménétrier de salon qui ne veuille briller, il lu fa un auditoire et des claqueurs ad hoe. Ce Iravfni pas seulement emparé de la jeunesse et de rifci a gagné jusqu'à l'enfance. Depuis quelques awie que famille met son amour-propre à posséder à sein un ou plusieurs petits virtuoses. Le piam. Ion. la flûte, voire même la clarinette, ont m comme amusements dn jeune âge, la poupée, Itc et le ballon. L'étude du solfège a été substitoéii ture des contes de la Nére-I Oie. On distrifae a fants des tartines de musique au Heu de tarliacié fitures.
C'est ce qui fait que nous rencontrons à cbf des Malibran, des Grisi de dix ans et an éann Uerz en bourrelet et des Paganini en jaquette. Ofei ces artistes prématurés de peHiê prodiges... ésû soit.
Les classes populaires, elles aussi, ont été atoi la prétention mélomane. Elles dédaignent la gisar des chansonnettes du vieux temps ; elles fliMt f i cucils imprimés sur papier brut arec eouverm geâtres, et contenant les inspirations peo bm|H ménestrels de carrefour. On veut chanter des mm a la Râpée, à la Gourtille et sous les piliers éii aux légumes. 11 n'est pas rare d'entendre u iém de la halle roucouler la romance langoorenntf p naire ; un inculte gamin du boalerard do Taupirdi ce le noble fils des preux, » ou « le beau ftpt, U d'or et de soie. » Témoin encore la loaMUMeèt fci tant :
Brûlez sur moi les parfoms d'Arabie,
qui fait les délices des marchandes de han ture.
L'ambitieux désir de se signaler, de se sicalement, a fait de plus éclore de nos joàn de soi-disant réformateurs et norateors lyrip époque éloignée de quelque cinq mille mii s écriait : a 11 n'y a nen de nouveau sons it plus forte raison pouvait-on croire qu^aoréi-^^ les Mozart, les Beethoven, les Rossini» Ha)iri| rien de nouveau sous les sept noies de II reur ! nous avons vu récomment surgir d0 des Calvin, qui affichent la prélentioa de ' plétement les anciennes croyances mnsiea que Sganarelle se flattait d'avoir cbanfl b gauche.
Parmi ces nouveaux sectaires, i toU lyriques, qui, s'appuyant sur rasNNK:i dans tout, » prétendent que la musiqae cH d'exprimer quoi que ce soit, fût ce même m tlh'ologique, philosophique, poliliqoe, diéi tique, éclectique, etc.; un fait d'histuire, lati parlcnicntaire, une variation d'un demi cours de la Bourse, ou une dépêche rompue par le brouillard.
Pour qu'on ne nous accuse pu d'eagéRT, I fira de rappeler ces programmes de eono quels on annonce des fa 'aititi monlei res, des symphonies sliqaes» poétii|nii tl
LE MÉLOMANE
ISl
atenn de ces eoropositions ne prétendent-ils ir non-seulement tous les effets de la nature nab encore les émotions les plus intimes du icissitudes les plus romanesques de la destie ; et cela au moyen de croches, de bécarres ces? Ainsi un compositeur a rédigé naguère «lographîque en symphonie, sous ce titre, une te. Entre autres chapitres, le livret explicatif description d'nnp promenade dans la plaine, [|ue consacrée a ce sujet aurait tout aussi
dépeint une promenade sur les tours de e.
:ore un jeune pianiste» aussi connu par la i son talent que par la longueur de ses checlamé hautement l'intention de transformer
queue en chaire d'enseignement huihanist pas une de ses notes bémolisées ou diato- , d'après son système, ne tende à rendre les ailleurs. Et, si parfois il frappe sur les touches
les briser, c'est «fin d'inculquer avec plus
préceptes moralisateurs.
Qs enfin une troisième petite église musicale,
toute modâ*ne, avec son pontife, et qui se
Jérémies partisans exclusifs de la musique
souffrante et attendrissante. Leur répertoire aiquement de lamentations notées et intitupir, une larme, un sanglot, un désespoir, etc. le font entendre dans une société ou dass un
devrait avoir la précaution de distribuer des à la porte.
u û est des moments ^où tout ce fatras de rrcs, prétentieux et ennuyeux, tous forcerait egretter les beaux temps lyriques de Ir^ou- Clair de la lune et de la Pipe de tabac. ms dit qu'aujourd'hui le dilettantisme était s un calcul. Combien de parents, en effet, ur le piano et la cavntine brillante, comme Uiblissements économiques pour leurs filles! ) Duprez amateurs qui, se fiant é cet axiome nique : « L'oreille ravie est bien prés du iffbrcent d'atteindre à l'ul de poitrine dans
I de charmer quelque riche héritière ! 0 culte de l'art pour l'art, qu'êtes- vous devenu? este à signaler une classe de mélomanes qui ble caractère de la prétention et du calcul : les chanteurs de romances. Le métier dechanlances a remplacé, comme moyen d'existence !s anciens poètes de famille, les diseurs de les conteurs de société, etc. Aujourd'hui le i romances est le lion obligé de toutes les mrgeoises. Il a son couvert mis é une foule
II jouît du privilège des grandes et petites enles salons et même dans les boudoirs. On le le un être neutre et sans conséquence. L'étal r de romances n'exige d'autre mise de fonds . noir à peu près neuf fi une voix râpée
etir de romances est ordinairement un petit pu, courtaud, aux épaules largement cam-
joues rubicondes, ornées de favoris noirs et X, à l'abdomen proéminent comme celui d'un voltigeurs de la garde nationale. La nature
Hour être l'Atlas d'un commerce d'épicerie 1 d'une maison de roulage, et c'est pitié que ployer un si puissant appareil de forces mussoulenir de simples notes de musique, plaisant comme les efforts de l'obèse mènesimorimer a sa face réjouie une expression miigoureuse ou mélancolique, en harmonie avec
les chants de ion répertoire. Impossible de réprimer un sourire lorsqu'on l'entend se plaindre de son malheur, de sa langueur, de son acheminement vers la tombe, de sa frêle existence, etc. Hercule filant des sons n'est guère moins bouffon qu'Hercule filant une quenouille.
Le chanteur de romances a l'avantage d'exercer une industrie qui ne connaît pas de morte saison. Il travaille en tout temps. Il détache la barcarolle au plus juste prix, fournit la tyrolienne avec ou sans gestes, pleure le nocturne, gazouille l'ariette, et expédie non-seulement pour la ville et la province, mais encore pour l'étranger. Au printemps, lorsqu'arrive la saison des eaux, il exporte son bagage troubadour i Spa, i Aix, à Baden-Baden, i Vichy, à Dieppe, au Nont-Dore, i Néris, à Plombières.
On voit revenir le chanteur de romances vers les premiers jours d'automne. Il reparait dans tous les concerts que le vent du nord refoule sur Paris.
Cependant, à force de se couronner de roses, le troubadour arrive à l'hiver de la vie. Il perd presque en même temps son sol et ses cheveux. Alors il songe A revoir sa Normandie, ou tout autre pays qui lui a donné le jour. Li, il convertit le produit de son travail en bons biens au soleil ; il devient notable de village, conseiller municipal, et marguillier de paroisse. Chaque dimanche il s'installe sur les bancs du lutrin, et consacre à chanter les louanges du Seigneur et du patron de l'endroit les restes d'une voix jadis vouée à célébrer les Zelmire, les Elvire, les Jeux, les Ris et les Amours.
Ainsi passent les gloires et les romances de ce monde.
En cherchant é conclure d'une manière grave, nous sommes arrivé à découvrir que le chant peut être employé comme moyen accessoire d'atteindre ce but qu'on prétend le plus important de la vie : la connaissance de soi-même et des autres. A la suite d'une foule de déduc* tiens et de raisonnements, nous croyons pouvoir poser ce nouvel axiome : que chez la gent humaine, comme chez la gent volatile, le ramage répond au plumage, et qu'on peut dire, en entendant chanter un homme : « C'est un brave, un sournois ou un sot; » comme, é la simple audition de leur chant, on dit : « C'est un coq, un corbeau ou un serin. »
Kous nous empressons d'ajouter que l'honneur de l'invention ne nous appartient pas tout entier. Avant nous, deux grands génies, Shakspeare et Chateaubriand, avaient déjà appliqué la musique é la connaissance du cœur humain. Le poète anglais s'est borné, il est vrai, â l'indiquer comme un moyen de Jugement négatif, lorsqu'il a dit : a Celui qui n'a pas de musique dans l'âme est capable de toute espèce de noirceurs. » D'où il suit que, si l'auteur à*Hamlet eût été chargé de la rédaction du Code pénal, il aurait placé tous les gens qui n'aiment pas la musique sous la surveillance de U haute pol- ^e.
L'illustre Chateaubriand est alV plus loin : Il a remarqué que les villageois, les berger.*, tous cei t enfin qui ne chantent que d'iustinct, prélude it toujours m mineur, et que l'air de toutes les complaintes villageo.ses est modulé sur ce ton plaintif. Le cbanUe A*Àtala u vu dans ce fait la preuve a que la corde de la douleur est la corde naturelle a l'homme. » Ainsi, en supposant que le grand poète fût tombé inopinément des régions éthérées sur notre globe terrestre, il aurait deviné tout de suite que nous sommes sujets à la mort, à la douleur, aux rages de dents, aux drames adultères, aux romans échevelés a l'asphalte, au bitume, aux sociétés en commandite, aux patrouilles de la garde nationale, et tout cela rien qu'en entendant un villageois chanter en mi bémol. C'est une bien belle chose que le génie.
Nous nous sommes permis de glaner après ces deux
LE HÉLOHANB.
grands hommes dans Tobserration du chant, el voici quelques-uns des rapports que nous avons cru saisir entre le moral de l'homme et ses habitudes vocales et instrumentales.
Toutes les fois que tous enteDdrei un de vn ca toyens préluder invariablement ai comiBeBçait fv I notes médium, et en s*arrèUint avec oompUisnccnri notes basses, de cette manière :
(ces derniers sont murmurés trémolo dans la cravate), vous pouvex dire hardiment : c C'est un prud*bomme, un béotien. » •
Celui qui, dans la société, va jusqu'à trois couplets de romance, doit être considéré comme ayant des dispositions â se rendre indiscret, importun. Quant au malheureux qui dépasse ce nombre, et qui ne craint pas de se fiermeltre les six couplets, jugez-le comme un être de 'espèce la plus dangereuse pour la paix de votre foyer domestique, comme un personnage essentiellement rabâcheur, ennuyeux, assommant.
Celui qui attend, pour fredonner un air, qu'il soit depuis longtemps tombé dans le tuyau de l'orgue de Barbarie, qui, aujourd'hui, par exemple, vous chante les Bœufs ou les Louis d'or, — perruque, rococo, idées toujours en retard, comme une mauvaise pendule.
^lui qui psalmodie tous les chants tristes ou gais, sur un seul et même air de sa façon, lequel ne varie jamais : — être monotone, fastidieux.
Dans certains cas, l'observation doit être prise â l'inverse; car quelquefois on peut dire que le chant, comme la parole, « a été donné à l'homme pour déguiser sa pensée. » Ainsi, tel qui cultive de préférence l'air de bravoure : En avant, marchons, contre les canons, ou la marche des Tartares: celui qui, dans chaque couplet, pourfend les ennemis de la France, et meurt pour son pays, celui-lA, disons-nous, peut n'être qu'un bravache et un poltron. Et, pour citer un exemple pris dans un autre genre, on se rappelle que la romance : Upleut^ il pleut, bergère, fut composée par le vieux eordelier Camille Desmoulins, qui, certes, était loin d'être pastoral.
Passons maintenant au choix des instruments, comme indice de caractère.
La trompette, le trombone, le cor et la trompe de chasse : —jeune homme bruyant, étourdi, tapageur, caractère coquin de neveu, ou officier de hussards d'opéracomique.
Celui qui cultive les instruments de remplissage, les-
quels jouent dans un orchestre les rAles qa*OB ifpÉ au théâtre grande utilité, tels que le triangle, h ss caisse, le chapeau chinois, celai-Ià doit être a ^ simple garçon, sans prétention aucune, toujoonisi à rendre service à son prochain.
Le basson : — caractère concentré.
La clarinette : — esprit peu poétique, tounutti! picerie
La contre-basse : — indice de maturité ou plttâti^i crcpitude. Regardez, en effet, dans un orchestre : i très-rare que l'on n'aperçoive pas au-dessus à i manche de cet instrument une perruque â CnL un nez qui, comme celui du père Aubrj, vfài] tombe.
Le choix de la harpe indique une femme jolie e quettc, attendu qu'elle fournit l'occasion de dêpipr bras bien fait, une taille élégante, et que ks fîi mettent en évidence un pied mignon. AnjourdUcd strument est presque généralement abandonné. 5iiii mes trop galants pour y voir une preuve que ksli|i perfection féminine sont devenus plus raies; Il si que la renonciation à la mode des culottes i été citée comme un aveu tacite de la T lets contemporains.
La femme qui empiète sur les ment réservés aux hommes, el qui, par ( violon, de la flûte ou de la contre-basse» a ] naire une allure de caractère masculin el i moustaches. Si elle est mariée, elle inteitallalil article 313 du Code civil, relativement â conjugale.
Vice versa, l'homme qui pince de la hmfê mi guitare doit, au besoin, faire de la tapimani tf fl des cravates.
Si l'on adoptait généralement notre vation mélomane, il faudrait direâ un de non pas : c Dis-moi qui tu hantes, a msiia que tu chantes, et je te dirai qui tu es. a
L'AVOUÉ
ALTAROCIIE
1 semblerait, au premier coup d*Œil, que Tavoué exerce une de ces industries patentes où tout est percé à jour, où il suffit de regarder pour tout voir, et d*écouter pour tout entendre. Cela même serait d*autanl plus nat^«< que cette industrie est créée etrépar la loi, que tout citoyen est censé connaître. Il est rien pourtant, du moins à Paris. L'avoué *aris n'est pas Tesclave du texte légal, il en est &t le propriétaire avec droit d*u$er et d*abuser... je Bis même dire le bourreau, vu racharnement avec el il le torture. — Là où Tavoué de province n*a formuler servilement, l'avoué de Paris invente aagine. Aussi les mystères de son élude et de son set particulier, qui sont pourtant des lieux en que sorte publics, ne restent-Us pas moins inconnus 118 que les arcanes des coulisses au béotien qui € au parterre. Je dis à tous, sans même en exer les plaideurs.
Bivotté de Paris a de vingt-huit à quarante-cinq ans. un premier clerc qui, d'ordinaire, après s'être élevé essivement de l'état de petit clerc aux fonctions de .<lent du conseil de l'étude, achète enfin une charge son propre compte. Or, on ne peut guère arriver à t position avant vingt-huit ans, un noviciat de dix à 2e ans étant nécessaire pour passer des chaises dé- «es de l'élude sur le fauteuil maroquiné du cabinet xulier. C'est pourquoi l'avoué de Paris« qui ne fait iremicres armes, c'est-À-dire ses premières plumes, seize ou dix-sept ans, en compte au moins vingt*huit .eure de sa prestation de serment.
Être avoué n'est pas un état viager à Paris, mais seulement une profession transitoire. C'est en province seulement qu'on meurt avoué. A Paris, une étude est une sorte de parc réservé, bien distribue, bien giboyeux, où Ton achète le droit d'aller à la chasse de la fortune. Quand on a bien rempli sa gibecière, on cède ses filets et sa clef au premier venu. Or, celte chasse dure à peu près douze ans. En d'autres termes, l'avoué, après dix ans d'exercice, commence a sentir le besoin de goûter le charme d'une oisiveté dorée, et bien dorée, je tous assure... C'est pourquoi l'avoué de Paris n'a presque jamais plus de quarante a quarante-cinq ans.
Quelques-uns s'obstinent encore a regarder Tavoué cont< mporain comme une émanation fidèle de l'ex-pro* cureur; c'est une erreur grave. Rien ne ressemble moins à l'ex-procureur que l'avoué de nos jours. ^ D'autres, abusés par les vaudevilles de M. Scribe, s'imaginent que l'avoué de Paris est un fashionable qui, du haut de son tilbury, éclabousse ses clients dans la rue, pose le soif au balcon des Bouffes et de l'Opéra, joue cinq cents francs à l'écarté, et danse le galop avec une gracieuse frénésie. C'est encore une erreur : l'avoué de Paris ne tient pas plus du Chicaneau de l'ancien régime que des lions du Jockey-Club, ou des jeunes premiers du Gymnase.
11 y a deux phases bien distinctes dans la vie de l'avoué de Paris, et ses habitudes extérieures se modifient selon qu*il gravite dans l'une ou l'autre de ces phases, garçon ou mari.
Nous avons vu qu'après avoir croupi plus ou moins longtemps sur la chaise de premier clerc, le néophyte achète toujours une charge. Or, lorsqu'il signe la vente, y est ordinairement sans un sou ; ou, s'il a quelques économies à sa disposition, elles sont tout juste suffisantes potnr un premier à-compte. Qui se chargera decompléter la somme ? Eh ! pardieu, c*est tout simple : un bon mariage.
L'AVOUÉ
Le premier clerc achélc une charge pour se marier, et, une fois pa<:sesseur du titre, Tavoué le marie pour payer la charge.
Cest alors «lue Tavoué est frisé, masqué, pincé, pommadé; cVst alors qu'il porte des bottes de Sakoski et des habits diluniann : c*est alors qu*il pirouette agréablement dans un salon, qu'il fait la cour aux mères de famille, caresse les petits chiens, pince de la guitare, et se renJ utile aux demoiselles par son empressement à figurer dans un quadrille, ou à lire des vers nouveaux, Wch«» donl le veri e d\au sucrée ne suffit pas toujours à déguiser l'amertume. En un mot. il ne néglige aucune des mille recettes à Tusage des chercheurs de femmes.
Mais cet êti? exceptionnel dure quelques mois à peine : l'avoué trouve bien vite à s'assortir; car Tavoué. même avec cinq cents francs dans son tiroir, est toujours un excellent parti.
{imnà le mariage est consommé et la charge payée, Vavoué de Paris fait peau neuve et devient un autre homme. Il a des cravates sans n«eu<l prétentieux; il coni< mande ses bottes chei le bottier du coin : il s'approvisioune d*habits et de pantalons chez un tailleur, son client qui lui fait trente pourctut de remise sur les (>rix des tailleurs â la mode : à IVlôgant. en un mot. succ^e le solide. Du reste, tout e^t noir sur Tavoué, l'habit autant que les bottes : il n*y a que li cravate qui se j^rmet ei!c;»re d'être blanche.
.\dieu le boi^ de EU^ulogne et le café .\nghis ! L*avoué marié ne se promène plus, il va ; il ne déjeune, ne dîne, ne soupe plus; il mange chex lui.
Do tout son luxe d'autrefois, il ne constrve que sa robe de chambre et ses putoufles; car les p.ii.tou!les et la robe de chambre sont d»ux acoes^iVires indispensables à la mise eu sooue d'une étude d avoué à \\\ti<. La r. be de chambre et les pantoufles s\^nt. en qiielq'i'. s rte. r*:uifiYroe de Taroué trônant dans s<>n cahinet et dans IVxercîc« de ses fonctions. Il en a le monopole: on ne Toit point de clerc, pas même le maître c en*, se permettre la n^be de chanibre. fût-elle de si:r) V ird enne. ou les putvHiAes. fut-ce de celles qu'on d-^bite à vingt-neuf sivjs snr le toulevari ll'esl U prorogative -ie Tav.^ue; or. nous vÎTOQS dans un temps où le mv>indre des pouvoirs est te> nacemeut ialoQX de sa préro^atÎTe. jaloux même jusqu'au ridicde. qiî. du re>te, esl leur piérogstive â t«>u$.
Hii». s: Tivoué mirié est plutôt negl-gé qoe cx|uet dizs sa mise, en reT3i:che son cati^iet de réce^tio:: est dfcore avec une richesse et uor élégance re manqua blés. Ce n'est ^4S pour s« rvodre le travail plus facile ou plus arable ; c*e>( uniqn-.mect un nouveau calcul de s.i pirt. Le luxe dj ca^ir.tt sert j Tavoué de Paris, i Te. contre de ses c'.icDls. corrr^ie le luxe des vêtements îui a seni a rer\V-f.lre de sa fent-ne.
Ce s)iwriiisioe du c.»b:net deviest plus saiibnt e::c rpjT rhum Ne si:T*p'iic:îe. i»n po rrait m-' me dire sans ci- Ijciiiw par U mtjrv^rnrîê e. fur.>p de létule. Au<<i. pour s^-.e leJeldj c 0:1 Iras tr* ne s*.m: pas p^rdu. l'avoué esc ploie le pnx-^e en usapp djs< ie^ ^'anorimas, 01 1*. :: £1 il tnv ener i a spectate u de so r l«e> s eu l. ir* . pou r | - e **>a vril « iYp»»>e iv^ co!rpiJ!>ïKe sir le ;i>ir bî^a BWii^e ii tJb:*iu. Ri=> ce tut. ripçvirtement de TavwM f:»t L>jjo>ars dr^'o^^ de R^chn^ a cy q-^e le cirect lit b«hxi ie fMwr pjr i'x^-jde pour p-eo^r dars le cadùei. C est «a Ule«t de sise en scese dcct la tn^iition se |«rp«C9e iaw iMtes les c^»r^:es.
L^lvxvK ie F^ns est BMiiaaL li $e lfv« oriîsjirvz^eBt I Imà Wvres* et s'installe djus »« cabiset a dix he.res ai pi«s Urà. Ea «Ce, il c^Hicke a b campa^r^ie. car prv<- 4« tMii«an TavvvAf ^>»ede o« knie a^e casp.-gse. «^
il séjourne depuis le samedi soir jusqn^aa mardi les avoués de Pnris ayant l'habitude de faire h comme les ouvriers.
En hiver, il passe de sa chambre â coocber d cabinet. A dix heures, les portes en sont cuve les clients qui font antichambre dans Téinde i^y, heures peuvent enfin pénétrer dans le saoctoair le tête- à -tète. Tavoué parle au client de «ca c*est naturel, puisque tel est le but de la vi^^ite ii Mais ce n'est là. pour ainsi dire, qu'un yriUi Tavoué. Après avoir aligné quelques mot* l^; relativement au procès qu'il ne connaît pas et c seulement appris le rèsumi* par cœur, l'a.ou^ z' la conversation. Il possède un talent mervrill*: captiver l'attention de son interlocutenr; îl i Pintéresse, Tamorce, le circonTient. Bref, loi^] voué a noué des relations arec on plaideur qui [ venir une bonne pratique, il ne s'en Ttit pas ^. un client productif, mais bien aussi une codcv. un baSitnè de la maison ou plutôt de Tétude. Il j i ch =4n»> êtuile de Paris, un assortiment de flùf.-! vont ch^z leur avoué comme on Ta à la Bibli.iû* au Jardin des Plantes. La visite â Tavoué se cU*^ la rép.irtition de leur temps. Us ont un aTooèiver vont r.ins»T. de même qu'ils ont un café où ils fr leur d-mi-tass€ •. c'est pour eux une seconde caïc sent bi> n que ces honnêtes gens se feraient <cn;. déranger leur avoué gratis, sans lui offrir aimir compensation que le charme de leur société. 1/7 qui les a mis en rapport avec l'officier mini>léneir enfin son terme . mais les relations créées par ce r ne man fnent jamais de lai survivre. Alors kcii' biti:ê se fait un cas de conscience de se méBa|!V" tre f rovs qui justifie en quelque sorte ses as^iéca choLché d'à' ord an avoué ponr suivre son pnecherche niaintenant un procès pour suivre sm * Cetto immobilisatioo da client est le pins ben M d'jn titulaire.
Mais l'avoué ne se borne pas toujours â s'aiRcrf ploit'tîon viagère et quelquf^foîsméme hêrédiliiRic les procès généralement quelconques de soa d£ bitué II sait, eu outre, verbalement provoqoff «! fidences : initié forcément à une partie de ses a&fl ne f^rje pas i les connaître tontes. Alors fl km conseils officieux. ofTre ses services en dekon ^ fonctions spéciales. Le client a-t-il des fonds a p l'ivou^f se chir^ de trouva r un placencst iw^ A-t-il b soin, au contraire, d'emprunter, TatHélaf cjrerj la ^mme nècess^^ire. Bref, de priiche m H l'aToué devient véritablement on homme dt vi^â un d:re<-ie.tr de< intérêts temporels. Je n'ai fn^^^ Jire qu'il pTéleve tant pour cenL â titre de prim.' VI de s^î. tvite leine mérite salaire. L'avauédiBÉ d^rr.e eu g«»nénl beauc>^ap de peine.
\:\\\ cMnmentlec.^bfnet recrute â la febpavM et pojr l'eiude. Ces merveilleax résaltats m^i^ f-C'cde moePea<e de roTEcier ministmci. Oi i^l le doa de U parole est sue des qualités cMrilÉi riT.sé de Parts, et que le talent de U uimiiW est pas moiss Bêcessaire qa'au
[hi reste, wie oa deux ciir cts. n qoart d*beare pour les sig—tmm^ âtt he.:re de conférence avec le maître ctoc; Ék^ :yzmit oScteile de Pavoeê. Je ae mit pm Ai c:ts^iT les trois qnarls d*bi»nre poar In Icrtmtiil sasx. L*av^Mê de faris t abamw na SHébm^ iVyssf. seVm S4 amnce, ■ cam« An nWb* m M
L'AVOUÉ
*à la Gazette de% TrihunaMXj à cause de la spécmlilé, et 'jllix Petites Affiches, à cause des annonces; il reçoit XEs- ^ÊtfèUe et les Affiches Parisiennes en sa qualité d'actionkiàre.
Tout sombre et antiépicurien qu*il paraisse, Tavoué ^Ê% Paris n*est cependant pas un ennemi systématique Mms divertissements du monde ; il donne quelquefois Ithospitalité aux raouts dans ses appartements, et installe 1^ quadrille et la valse sous les girandoles de son salon. Ikis Tongle de Tbomme du Palais perce toujours sous le BUnt blanc de Tamphitryon : chez Tavoué, le plaisir cal- Dule, et le bal est encore un hameçon. G*est un prétexte l« politesses à faire mensuellement, sous forme d'invitalieo, aux avocats dont on exploite la confraternité, et aux l^agistrats dont on choie la connaissance; l'avoué invite i^ème i ses réunions ses principaux clients, qui s'empressent de venir y tremper leurs lèvres dans le verre A*eaa dont iU ont eux-mêmes fourni le sucre, et tour- K^oyor aux sons de Torchestre doLt ils payent les violons.
Ces bals, le croira-t-on, sont Fclfroi des clercs de Fétade, qui voient arriver cette nuit de délices avec plus de terreur encore qu'une nuit de garde civique. €*est que,
Cur eux, la corvée de Tétude passe alors pour quelques ares dans le salon 1 L'avoué les a chargés de recruter
le plus de danseurs possible, et c*est à ces danseurs étrangers qu'appartiennent de droit les bpllcs et aimables danseuses. Quant aux clercs de Tétude, le patron, en vertu des droits qu'il a sur eux, les commet dofûce pour servir de cavaliers aux vieilles présidentes, aux avocatei sur le retour, aux clientes d leur automne, en un mot, à toutes les prétentions surannées qui convoitent l'agitation du quadrille, et que la charité chrétienne peut seule exempter du désagrément de faire tapisserie. Les infortunés clercs traînent toute la nuit le boulet de ces rigodons forcés. Galériens du bal, ils ne sont jamais libérés avant cinq heures du matin.
On voit, par tout ce qui vient d'être dit sur la distribution de sa journée, que l'avoué joue le rôle d'un agent d'affaires plutôt que celui d'un véritable avoué L'étude n'est qu'un accessoire, sinon dans son budget, du moins dans la distribution de son travail personnel. Voici comment cette étude est gérée à côté, ou plutôt en dehors du patron.
La direction appartient au premier clerc, qui est plut avoué que l'avoué lui-même. Le second clerc fiiit la procédure d'après les instructions de son supérieur immédiat. Le troisième clerc fait ce qu'on appelle le palaU. G'esl lui qui fait viser 1^ dosslÂs au greffe, qui fait in-
L'AVOUE
scriro les causes au rôle, qui répond i l'appel de Taudience, sollicite des remises, elc. Il est aussi Tinlermcdiaîre obligé entre Tétude et les avocats. C*est, en un mot, Tambassadeur de Tavoué prés le Palais de Justice.
Ali quatrième rang viennent un ou plusieurs étudiants en droit, â qui leurs parents ont recommandé de travailler chez un avoué, tant pour occuper leurs courts loisirs que pour se fortifier dans le droit et la procédure. Ces clercs amateurs ne sont pas payés, ot ils en donnent â Tavoué pour son argent. Leur travail a l'étude consiste â fairo des vaudevilles qui seront refusés aux Folies -Dramatiques, ou des lettres d'amour, qui. souvent, obtiennent le môme succès auprès des modistes du coin.
Reste le dernier clerc, qu*on appelle dans le monde profane saute-ruisseau, et qut, dans la langue technique, on nomme \epeiit clerc. Celui-là est chargé des courses de l'étude. C'est ordinairement un enfant de quinze à dix-huit ans; mais quelquefois il est grand garçon, bien qu'il s'appelle petit clerc. J'ai connu un petit clerc qui n'avait pas moins de trente ans.
Une étude d'avoué rapporte, à Paris, de vingt-cinq mille à quatre-vingt mille francs; la moyenne du produit net serait à peu près de cinquante mille francs.
Or, il est reconnu que si telle étude, dont le titulaire tire cinquante mille francs, était gérée comme presque toutes les études dans les départements, elle rapporterait, même d'après le tarif de Paris, vingt mille francs tout au plus.
D'où vient cette énorme différence?
C'est que l'avoué de province (j'entends l'avoué simple et candide) ne compte dans ses déboursés que les sommes réellement sorties de sa bourse. Quant à ses émoluments, c'est-à-dire au prix des actes faits dans son étude, ils ne s'élèvent jamais au delà du chiffre strict auqud les besoins de l'affaire devaient nécessairement le porter.
Chex l'avoué de Paris, c'est bien différent. D'une part, il n'y a pas que des déboursés dans ses déboursés, et, d'autre part, dans ses émoluments figurent des articles dont le simple énoncé frapperait de stupéfaction l'avoué de province (j'entends toujours l'avoué simple et candide).
En résumé, l'avoué de Paris complique la procédure autant que possible, tandis que l'avoué de province cherche généralement à la simplifier. Pour arriver au but, l'avoué de province prend le plus court chemin, pendant que l'avoué de Paris suit le plus long détour, sachant bien que la route n'est pas semée pour lui de ronces et . de pierres. Il introduit le plus d'incidents qu'il peut dans la même cause; il entasse instances sur instances, il ente procès sur procès. 11 ne fait pas seulement les actes nécessaires au procès, il commet tous ceux que la loi autorise directement ou indirectement. Bref, son talent consiste à faire suer (c'est le mot) é une cause tout ce qu'il est légalement possible d'en extraire en la pressurant.
Il me serait aisé d'énumérer une foule d'espèces où se révèlent le génie le plus profond et l'adresse la plus incontestable. La requête, comme pièce de presque tous les procès, et la Hcitation, comme sujet de procédure spéciale, jouant le plus fort rôle dans la caisse de l'avoué, s'offrent de prime abord à mon choix.
^ La requête est une plaidorie anticipée, un mémoire où sont relatés les moyens de la défense. L'avoué défendeur en signifie une copie à chacun de ses adversaires. C'est un des actes les plus productifs de la procédure ; car l'avoué se fait payer fort cher la rédaction de l'original, et la loi taxe tsses haut les droits de copie.
Toutefou, il est divers moyens d'augmenter encore le
produit de la requête. Je ne veax point parler de h thode qui consiste â ne mettre dans les copies fM huit lignes à la page, et sept oa huit syllabes à hl quoique les règlements exigent Tingt-cioq Wpta page, et quinze syllabes i la ligne : c'est un péché bitudc dont l'avoué de province n*est pas plosa que l'avoué de Paris, et cela ne vaut pas la peine i relevé. Nais il arrive parfois que TaTOué ou ki < ont négligé de fabriquer la requête en temps utile,* la veille de l'audience survient à Timproviste uân ait songé à cette partie essentielle. On ne petto dant perdre ainsi l'occasion d'une requête... Ta moyen auquel on a recours :
Comme on aurait pas le temps de transcrire a quête entière, l'avoué se contente de signifier à h de son adversaire une fin de requête; puis, lorsqc» le moment de la tixe, si elle est requise, la piêcee tivcment rétablie après coup, et soufllée A* msà produire un chiffre de rôles proportionné i llDpw de Taffairc. C'est ce qui s'appelle» en argot d'ctià gniflcr en queue.
(Juelqucs avoués ont adopté le moyen non moiisi de signifier, entre un commencement et une fiié quètc vf'ritablc, un vieux cahier de papier tmki leur collègue leur renvoie, et qui sert aioï^î ooesec fois, puis une troisième fois, puis une quatrième, ja ce ((uc les feuillets ou le fil soient tout é faitoMA une élude où le même cahier a subi un service et d'un lustre, et a rapporté â lui seul près de ni francs.
— La Ucitation est la vente judiciaire 4*ua isM qui n'est pas susceptible d'être partagé en natvc
Suiiposonsdeux frères qui reçoivent, â titredVii une maison â Paris. Dans l'impossibililé de la dînr deux lots, ils s'adressent au même avoué poarUi liciter.
L'avoué devrait suivre une marche bian siiapltà deux parties étant d'accord, il lui suffirait de hnsfi par le tribunal un jugement rédigé dans l'étude, i» donnant la licilation, après l'accomplissemailAi^ malilés légales.
Mais ce n'est point ainsi que Tentend Vëfoaéèfà Une procédure aussi simplement conduite ne pni pas un état de frais assez bien fourni. Voici om l'avoué de Paris procède. Chaîné du mandat es frères, qui n'ont qu'un même désir, une même ni à savoir de vendre le plus tôt possible pour scpK le prix, l'avoué rédige la demande en lidtatioaih» quête de Pierre; Paul ne s'oppose pas, loin de li!^ porte, l'avoué lui choisit fictivement un autre iM^ sous le nom de ce collègue qui prête sa signature (c'est d'usage), il se signifie â avoué de Pierre, au nom de Paul, une reqvéHiMl d'empêcher la licitation.
Les motifs de cette requête ne peurent êtrefi'^ res, car une licitation est toujours de droit; ce qu'une affaire de forme, i laquelle on n*j grande importance. Le second clerc a, procédure contradictoire, des phrases
Dans cette requête, qu*ll rédige an nom de M sant, il dira, par exemple : c Vous le saTCi. d sèment c'est une obsenration trop bien moment tout est stagnant, par suite de la ciale qui se fait sentir, Paris a surtoal à • tristes effets qt aile produit. Autrefois, le ÔMtoM* cherchait arec avidité les placements en ii aujourd'hui que la fièvre de la commaadiU %\ rée de tous les esprits, un discrêdil rimi|ig| a l|
L'AVOUÉ
tout ce qui n'offre pas une chance à Tagiotage et i la spéculation ; aussi les enchères sont-elles désertes, et les bâtiments ainsi que les terrains ne peuvent-ils être adjugés même au plus vil prix, etc., etc. »
Maintenant c*est au tour de Pierre. Pierre riposte à la requête de Paul par une seconde requête; et le même derc, après avoir manufacturé la demande, se charge de la réponse. Il fait parler Pierre à peu près en ces ter-
c Notre adversaire est dans Terreur et s'abuse sur la situation actuelle des affaires. La commandite est en discrédit; les fonds refluent vers les placements solides et eiempts de chances de Tindustrie et du commerce ; la confiance règne partout. On ne saurait trouver de moment plus propice pour vendre avantageusement les maisons et les terrains, etc., etc. »
Je n*ai pas besoin de dire qu*on peut varier ce thème â volonté, et que, sous la plume du derc rédacteur, ces phrases s'allongent indéfiniment, de manière à produire lue requête volumineuse. On a des formules de tel ou tel nombre de pages, selon l'importance de la licitation. Si rimmeuble est de peu de valeur, le style des requêtes est rapide et concis comme du Tacite ou du Paul-Louis Courier; si, au contraire, le prix est considérable, les requêtes sont abondantes et soufflées comme du Victor Ducaoge ou du Salvandy.
Alors un échange supposé d'exploits s'établit entre Pierre et Paul, qui se trouvent, au bout d'un certain temps, avoir soutenu un procès en règle sans s'en douter Aucunement. Singuliers plaideurs, qui, sans cesser d'être d'accord, ont lutté dans l'arène judiciaire jusqu'à l'épuitement complet de leurs forces, c'est-A dire des combinaisons procédurières !
Enfin, lorsqu'il ne manque plus que le jugement, l'avoué, qui se garderait bien de soumettre ces ridicules moyens à l'appréciation du tribunal, rédige et fait accepter un jugement de forme ordonnant que la maison sera vendue; après quoi il touche le prix des deux procédures, non sans modérer ses honoraires. Modérer est
un mot usité. L'avoué a toujours modéré, même lorsqu'il vous présente le mémoire le plus exorbitant. C'est * un autre enragé de modération.
Voilà par quels ingénieux procédés l'avoué de Paris, tout en modérant ses honoraires, marche à la fortune d'un pas aussi sûr que rapide. Et notez bien que j'en ai choisi quelques-uns entre mille, presque au hasard.
Après douze années d'exercice, d'agence d'affaires et de vente judiciaires qui lui suffisent communément pour se créer trois ou quatre cent mille francs d'économies, l'avoué cède sa charge à un maître clerc, qui lui paye à peu prés autant pour avoir le droit de recommencer, pour son propre compte, la même exploitation.
L'avoué se relire ainsi, riche de trente a quarante mille francs de rente. Il continue d'habiter Paris pendant l'hiver, et la campagne pendant l'été. Alors il ne sait plus que manger, boire, digérer et dormir; c'est désormais un homme de loisir. Il s'abonne au Journal des Débats.
Il est électeur, membre d'une société philanthropique, quelquefois adjoint à la mairie, et le plus souvent juge de paix ou suppléant; il convoite particulièrement ces dernières fondions, parce qu'il les considère comme un marchepied pour la magistrature. Il a toujours la croix d'honneur, et rate périodiquement la députation.
Cette vie inerte et placide, ou plutôt cette végétation de l'avoué retiré n'estagitée que par deux crises accidentelles. Tous les deux mois (lorsqu'il n'est pas capitaine rapporteur, titre auquel ses antécédents judiciaires lui ont fait une sorte de candidature), son sergent- major l'appelle, en qualité d'oGlîcier, au corps de garde, où il déclame éloquemment contre les ambitieux alfamés d'or et les factieux altérés de pillage; — tpus les deux ans un huissier le convoque, en qualité de juré, à la cour d*assises, où. après avoir compendieusement manifesté l'homme de Palais en adressant mille questions aux témoins dans le ' prétoire, et une harangue argumentassée à ses confrères dans la salle des délibérations, il condamne le malheu- •reux, qui, poussé par la misère, a brisé le volet d*une boutique de boulanger pour prendre une livre de pain.
LA NOIJRIUCE SUR PLACE
àilÉliÉK ACHAHD
î i*avais l'Iionucur tJ*ê- Ire |MU'e de laujiHe, je ii'iis**ra\s iiasi l'crire cet arliclCp t;iitl je crain* dr.ii^ ti'ei poser itia race au rrs^efiliiTieut des Dotirricf?^ fuiures: iï y a trop de petits vkes^ trop de [lêcliiés monihiu?., trop de quulkês lépUvea a dévoîler- La seulechosetiuî pourrait peut'^tre accroitrti luoii cour.ige» c'ei^t celle pen\ée consaJatue» qu*eu gétiéra! hh uourrices ne savent pas lire.
(Juoî qu'en piiî^s^e dire Jean -Jacques Bou^s^eau, pendaiu lonftemps encore, sidqii jusqu'à la Un du m on Je, toutes les d^imés de France, et celles de Part^ en piinicuHer, eontiaueront à ne pas allaiter leurs i ntmts. ' e «ont, pour la plupart, d*eiicelleiit< s mères de famille, îrreprocha blés à l'endroit detsmu^ur^, GlevéeK dans le res* pect de ropbîos et h crainte du bavardafte, et qui savent i une unité près le nombre de sourires et de valses i|u' elles peuvent oser saos risquer de se compromettre. St donc elles n'allaitent pas les h en lierai que la Providence leur oetroîe, c'e^t que toute leur bonne volonté échoue devant cet deux grands obstacleit Indépendants Ton de Tiutre : le mari et le bah
Pour cefi piuvreis remmes, le monde est un de?tpûte îiDpertineul auquel 11 faut obéir, snus peine de voir Tenitui se gliE£er tu sein du ménage : !e bal ne soufre pobt de rlvil- et. il les jeunes mères donnaient leur lait à leurs enfinlSp comme elles leur onl doiin«^ la vie, que deviendraient le£ fêtes, les parures, Its danses, Im concerts? tê chambre i coucher serait un cloître habité par là solitude, et nous savons beaucoup de hauts dipîliii-
rcs de lEtat, lieaucoup de sati^pet de li ban^icpi voudraient pas d'une vertu dont le premier ■clti^ d'enlever au monde les charmantes reines qal éMi huT^ projets par les grâces de leur esprit el li dhfli de leur sourire.
Quant aux maris, aujourd'hui que tout« thoêmé cuk et s exprime par drs chiures, ïh « il y a de dèpejises économiques et d'écoeawsiit teu-^es; Us n ignorent pas que toutes les fcnwii plus ou m oins poitrinaires ou sêri eu sèment diïs symptôntes de f^^islrlte. quels que Sdieat f dtf l'éclat de leur^ yeux et la fraîcheur de leur tmÊLU rallait- ment ne pourrait que dévelûpper la mal que leurs lèvres ro^es respîreat daai X chaude H parfumée des bak; et, qutQd Tienin h^ vragt % un pclerina|^e en Suisse ou en iLiUe, lut ^^' nsdc aux eaux des Fyréuées, seraient îndb|i€asillaifl raflermîr lo sanlé t>récieuse, ébranlée ptr let iiwi la maternité.
Or, toutes choses égales d'ailleurs, il est ^1m 4b^ mlijue de payer une nourrice* que de courir m éM de pn^te avec une adorable malade qui prend ta^l se!i sauiïrancei pour se faire pardoimer «es plsi dii fantaisies.
Toits If s maris savent cela. Lors daoc qà'm itfAl la parole illvine, qui* au commeneeraenl dm ^mtÊk dît aiii hommes r « Croisses et mnltîpliet, m um tm rirhe» des hautes classes de la société, ftpprgcbtéi M de m gros^ef^e, le médecin de la milaoo se «MtafÉ d*une nourrice jeune et vîgourfuse.
Bientôt, par les soins dr ce po^ontitf e Inpo^tf un frac de jeune homme, la nourrice tu mmm^tê campagne. Soit qu'elle arrive de la Nonuâafi» Mil haut bonnet traditionnel, soit qu'elle vienne éê liBli nais avec le cba|ieau de paille recourbé et §M«i#l lours, c*est toujours une forte m ^mma^ Uls qàU
LA NOURRICE SUR PLACE
Ihlt la richesse de son organisation par la vigueur de ses contours. Son fichu de cotonnade grossière à carreaux a ^eine à contenir les rondeurs sphériques de deux seins -qui promettent une nourriture aussi abondante que saine à l'enfant qui dort au berceau.
La nourrice efii installée. Sa chambre communique par lin cabinet à celle de sa maîtresse, et tout le luxe du 'Confort lui est prodigué.
Pauvre femme des champs habituée aux rudes labeurs d^ .^on ménaf^e, aux travaux incessants de la ferme: transf^orlée soudain au milieu des splendeurs que donne la r^ortune, éblouie de l'éclat qui l'entoure, elle ose à peine 9^ servir des belles choses qui sont à son usage, ni toucher B. wiz meubles qui garnissent sa chambre; silencieuse et s^sraintive, elle obéit sans répondre, remue sans bruit, ii^aîsse les yt'ux, et prodigue à son nourrisson les gouttes ^^^nimiellées d'un lait suave et pur.
Son caractère a des contours arrondis comme ceux de aE.es formes: toujours douce, avenante, timide et bonne, ^^lle sourit et remercie quoi qu'on fasse. Elle a l'humeur ^^alme el patiente ainsi que l'onde d'un petit ruisseau i^gui glisse sur un lit de sable et de mousse, et rien ne ^B.aur:iil obscurcir la placide lumière de ses yeux ou plis- ^E-er répiderme brun de son front poli comme du marbre. Li jeune mère s'applaudit du hasard qui lui a faitren- ^ntrpr la perle des nourrices, et s'étonne qu'un aussi ^aingèlique caractère se puisse trouver sous la robe d'une ^Eemme.
C'est l'aurore splendide et vermeille d'un jour souillé ^cj'orage. Un mois s'est à peine écoulé, que déjà de petites ^■bourrasques de mauvaise humeur ont rendu boudeuse la ^■bouche entr'ouverte qui n'avait jamais fait divorce avec ■■e rire; les sourcils se sont froncés; des paroles rapî- ^EZJes, grommelées à voix basse, accompagnent des gestes ■■irusques qui coûtent la vie à quelque porcelaine, tasse ^E3u soucoupe ; et l'enfant s'endort, s'il peut, sans le se- ^^ours de la complainte.
La fille d'Eve se révèle sous l'enveloppe de 1a nour-
^■rîce; et la maîtresse du logis reconnaît enfin que l'ange
:iHii*était qu'une femme, et quelle femme encore! un vrai
^Éliable plein de malice et d'astuce, de rouerie et d'enté-
"Wement.
Cependant la transformation ne s'opère pas avec la 'xnngique rapidité d'un coup de baguette : la femme ne se dévoile que lentement ; ses progrès négatifs suivent une marche oblique, mais, soyez-en bien ^ûr, il ne s'écou lera pas un long temps avant que le masque ne soit tout é fait arraché.
Les premiers symptômes de la métempsycose se dék veloppent d'ordinaire dans les basses régions de l'office; m c'est autour de la table commune où cuisinières et la- I quais, grooms et femmes de chambre, dévorent en se re- ^ posant de leur oisiveté, que la nourrice laisse apparaître les inégalités d'un caractère revéche, que la timidité, autant que la diplomatie naturelle aux gens de la campagne, avaient couvert d'un voile menteur.
Une aile de poulet est souvent la pomme de discorde; le majordome la réclame, et la nourrice l'exige. Le droit des préséances de l'antichambre est mis en discussion : l'un s'appuie sur les galous de son habit brodé et sur l'importance de ses fonctions; l'rutre fait parade de la sacro-sainteté de son emploi intime, qui suspend entre ses bras l'héritier présomptif de l'hôtel. L'office se divise en deux camps; mais l'envie que tout domestique inférieur nourrit en secret contre les serviteurs qui ont leurs entrées dans les petits appartements donne la majorité â l'intendant. L'aile de poulet tombe dans l'assiette masculine, et la nourrice quitte l'office en roulant dans sa
main le taffetas gommé de son tablier, et dans son cœur des projets de vengeance.
Elle boude un jour, deux jours, trois jours même, s'il le faut. La gravité la plus sombre siège sur son visage; son allure affecte la colère dédaigneuse d'une grande dame insultée par des manants. Un désordre inaccoutumé préside à sa toilette, de lamentables soupirs soulèvent sa poitrine; et bientôt la pauvre mère. inqui^He, cherche à )>énétrer le mystère effroyable qu'on ne lui cache si bien que pour lui donner plus d'importance. Enfin, après mille détours, mille circonlocutions entrecoupées d'exclamations plaintives, le fait de l'aile de poulet est révélé dans toute son horreur, avec enjolivement de petits mensonges, de médisances anodines, de doucereuses calomnies qui noircissent le malheureux intendant, et prêtent â la nourrice la blancheur d'une colombe innocente et persécutée. Pauvre victime d'un infernal complot, elle s'étiole ainsi qu'une fleur privée de nourriture; on lui refuse le nécessaire à elle qui proiiigue son sang le plus pur au petit bonhomme <|u elle aime tant. Au besoin, l'embonpoint progressif do sa taille, la rotondité lustrée de son cou, orné d'un double menton, pourraient donner un éclatant démenti à sa mélancolique élégie; mais la mère ne voit que son fils en tout cela. On lui a si souvent répété que les enfants ne se portent bien qu"â la condition d'être allaités par des femmes dont rien n'altère la bonne humeur, qu'elle tremble déjà de voir le sien pAtir bientôt, victime des infortunes culinaires de sa nourrioe.
Le majordome est appelé s«ir l'heure, vertement réprimandé et sérieusement averti que l'est »mac d'une nourrice a des droits imprescriptibles auxquels il fait bon d'obéir.
A dater de ce jour, une haine sourde et profonde surgit entre elle et la gent de l'office; mais, orgueilleuse de sa position, et fière de son premier triomphe, elle se joue des efforts de la coalition, qu'elle domine à l'antichambre comme au salon.
Les femmes, comme les enfants, n'ont jamais conscience de leur force qu'après l'avoir essayée; mais, sitôt qu'elles la connaissent, elles en usent et en abusent sans pitié ni merci. \je premier essai tenté par la nourrice lui ayant révélé toute l'étendue de sa puissance, elle se hâte de la mettre de nouveau à l'épreuve
Transplantée de la campagne, où du matin au soir elle vaquait à de pénibles travaux, dans une ville où les soins de l'allaitement vont devenir sa seule occupation, il était à craindre que la florissante santé de la nourrice, habituée à l'activité, à l'air, au soleil, ne s'altérât dans le repos, lesilenceetl'ombred'un hôtel delaChaussée-d'Antin. ' Le changement eût été trop rapide et trop complet. Afin de ménager à son sang et à ses humeiHrs une circulation toujours facile, et d'après les conseils du docteur, on attribue é la nourrice certains petits travaux d'intérieur qui ne demandent que du mouvement sans fatigue : l'arrangement et le nettoyage de sa chambre, les apprêts de son lit et du berceau en représentent presque la totalité.
D'abord humble et résignée, elle remplit sa tâche avec une ponctualité mathématique et une ardeur sans pareille. Mais une si louable activité se dissipe bientôt au souffle des mauvaises passions. La nourrice, après sa victoire sur l'office, trouve qu'il est malséant à ses maîtres de la laisser se fatiguer à balayer, frotter et nettoyer ainsi que le peut faire une simple femme de chambre. D'aussi viles occupations sont désormais incompatibles avec son caractère. N'est-elle pas payée pour être nourrice, et non pour être servante?
Alors commence une nouvelle lutte qui se termine
LA NOURRICE SUR PLACE
encore par le triomphe d« la nourrice. Elle murmure tout bas, se plaint, gémit, accuse de sourdes douleurs Tagues, qui toutes proviennent d*une grande lassitude; si la maîtresse feint de ne pas comprendre, les douleurs deviennent intolérables, rappétil cesse, la fatigue succède k la lassitude. Taccablement «i la fatigue. Le méde cin consulté ne découvre aucune fièvre ; mais la mère, effrayée pour Tenfant, prescrit immédiatement le repos le plus absolu, et le retour de la joie et de la santé coïncide avec la promulgation de Tordonnance.
La nourrice a vaincu; une servante subalterne est chargée d'office de l'administra tion de son appartement; comme sa maîtresse, elle gouverne et gronde quand tout D*est pas en ordre une heure après son grand lever.
Cependant Tenfant a grandi. Il s*agile dans ses langes ainsi qu'une carpe sur l'herbe ; plus fort, il a besoin d*air et de mouvement, le docteur conseille la promenade, et U Doarrice avec l'enfant, Tune portant l'autre, sont dirigés Tara les Tuileries, cette patrie de l'onfance et de la ▼ieillesse. C'est fort bien. Nais voilé qu'au bout d'un temps fort conrt k face arrondie de la commère se remWiinit progressivement De noovelles manifestations agressives éclatent dans son geste et dans sa parole; des réponses algrtt-dovoii se cnnsent sur ses lèvreSy et les
symptômes de sa mauTaise homeur a| .au retour de la promenade. Enfin» après de i investigations, la maîtresse parvient à décoofrir fat dislance qui sépare la rue du Mont-Blanc des Mrii est énorme pour une pauvre femme qui* i auparavant, franchissait sans se plaindre i lieues en pleines terres ; quelques tonn d'attéas dâsl jardin, entremêlés de stations prolongées snr tasdÉH à l'ombre des marronniers, achèvent d*épaiser sv fr ces. Ses jambes fléchissent; et, dans ee labev f^ dien, elle sent que le dévouement senl pent «sMik soutenir. L'insomnie vient pendant la nnU : TerfÉld et pleure; au réveil, la nourrice a les jeux IsHsl mère s'épouvante. Faut-il s'étonner alors si le hifr main l'équipage de madame ntationne A la | leries, attendant qu'il plaise à la nonniee de le chemin de l'hôtel?
Mais l'orgueil est insatiable conune k panas: M peu de revenir, il bot encore sllsr en verte, au trot de deux chevanx ( chés. Or, ce que nourrice vent, Dlêa k i tout, les nourrices sont femmes; et fciealôt eîto firiri à ne plus fouler de wu niads déilai|lSM ks fsmlil rue de la 1 i.
LA NOURRICE SUR PLACE
Jusqu'à ce jour, les articles du budget n'ayaient pas *lé discutés ; chaque mois, la nourrice touchait son traiement, et en appliquait la totalité à satisfaire ses fanaisîes sans contrôle. Mais une mauvaise administration .bsorbe et gaspille bientôt un budget ordinaire; il arrive oovent que la nourrice cherche vainement un ccu dans e désert de ses poches et de ses tiroirs : alors la nécesité lui révèle le mécanisme des chapitres additionnels, les ressources extraordinaires, des crédits supplémen- AÛnes, tous les arcanes du système Gnancier à Tusage les gouvernements représentatifs. Elle se pose devant es maîtres, femme et mari, comme un ministère devant es deux Chambres, en solliciteur. Le capital du traiteoent demeure intact; mais le traité est une lettre morte |ue Tesprit vivifie, et Tesprit, en pareille circonstance, :*est l'adresse à exploiter les sentiments maternels. A ce en-là, la nourrice est d'une habileté à en remontrer aux lias Ans diplomates; il n*est pas de ruses qu'elle n*em« >loie, pas de fils qu'elle ne fasse mouvoir, pas d'intri- ^oes qu'elle n'ourdisse !
Elle est tour à tour et tout à la fois souple et roide, <i7euse et maussade, triste et gaie, rieuse et chagrine, Mûve et madrée, impertinente et timide. Mais toujours !t tans cesse elle fait jouer son nourrisson, comme le léller qui brise les obstacles; pour elle, il est le nerf de • guerre invisible et infatigable qu'elle a déclarée à la aourse des père et mère. L'enfant est entre ses mains l*enclume et le marteau qui lui servent à battre monnaie.
Les contributions indirectes qu'elle ne cesse d'obtenir, uns avoir Tair de les demander, arrivent sous toutes les (brmes : en offrandes métalliques aux anniversaires et iQZ jours de fête ; en cadeaux de toutes sortes à des épo- |ues indéterminées; robes, foulards, bonnets, fichus, uibliers, tout est de bonne prise pour son insatiable vaatté.
A l'apparition de la première dent, il n'est pas rare le lui voir oclroyer par la mère la chaîne et la croix l'or, objet d'une longue et patiente convoilisc.
Elle se partage avec la femme de chambre, caméra- WMyor au petit pied, la défroque de sa maîtresse: à l'une ceci, é l'autre cela; l'adjudication se fait à l'amiable: ear, dans la hiérarchie de la domesticité, la femme de chambre est la seule personne avec qui la nourrice vive eo paix, encore est-ce à l'état de paix armée. Ce sont Ueux puissances qui se respectent en se jalousant.
En ceci, comme en beaucoup d'autres choses de ce monde, la forme emporte le fond ; les intérêts triplent ie capital, et il arrive à la fin du mois que les revenus »erçus d'une façon indirecte dépassent de beaucoup le àùire du traitement fixe.
La chrysalide a fait peau neuve. Quelques mois de sédor â Paris ont fait tomber la rude enveloppe qui cachait e papillon frais et dodu. La fille des campagnes a jeté, me i une et petit à petit, les pièces de sou trousseau liannpélre : la Berrichonne abdique le chapeau de leille tressée; la Cauchoise, le haut bonnet de tulle; loues mordent à l'hameçon de la coquetterie, et une toi* ^te fringante succède au déshabillé modeste de la ferniére.
La dentelle s'entortille autour d'un bonnet coquet; les îordons de soie d'un soulier de prunelle se croisent sur in bas de coton blanc bien tiré; la robe est façonnée ivec sabots ou manches plates, suivant la mode ; un mouchoir de barége s'enroule autour du cou protégé par une collerette : <m dirait une grisette en bonne fortune. Tous cefi changements w sont opérés graduellement â la sour^ Une; Tceil jaloux des cuisinières peut seul en suivre les
modifications successives, depuis la jupe de percale blanche jusqu'au gant de peau de Suède.
Fraîche, pimpante, accorte, la noumce, dans tout l'éclat de ses atours, se prélasse aux Tuileries en compagnie de ses collègues, tandis que les enfants s'amusent comme ils le peuvent, eu suçant leur pouce ou leur hochet. Leurs vigilantes gardiennes ont bien d'autres choses i faire que de s'occuper de leurs jeux; et parce qu'on est nourrice, fa ut- il abdiquer tout droite la coquetterie, cette nourriture des âmes féminines?
Aux Tuileries, la nourrice tient sa cour pléniére; elle a pour boudoir les quinconces de marronniers, les longues allées pour galeries. Elle trône sur un banc ou sur deux chaises, et reçoit les hommages de ses vassaux, sur la terrasse des Feuillants en été, à la petite Provence en hiver. Le cercle de ses adorateurs s'étend ou diminue, soumis aux variations numériques de la garnison de Paris ; un statisticien pourrait faire le compte des régiments qui casernent dans la capitale d'après le chifl're des guer^ riers qui flânent ou stationnent autour d'elle. L'artillerie passe l'aigrette rouge au vent, et broyant le gravier sous ses bottes ferrées; la cavalerie tourne et retourne, faisant reluire au soleil ses grands sabres d'acier et ses longs éperons; l'infanterie est au portd'arme, le shako sur l'oreille et le petit doigt sur lacouture du pantalon, comme un jour d'inspection; on y peut découvrir même le casque jaune du sapeur-pompier, dont l'inflammable sensibilité est devenue proverbiale.
C'est une joute de galanterie où Ton se bat à armes courtoises, à l'aide du pain d'épice, du sucre d'orge, de l'échaudé. modestes offrandes d'un cœur épris, et dont chaque prétendant en uniforme se dispute le privilège.
Ici une question se présente tout naturellement à l'esprit, question grave dont la solution morale n'est pas sans souffrir quelques exceptions : La nourrice, pendant son séjour â Paris, y demeure-t-elie vertueuse comme on l'est au village, a ce que disent les romances ?
Hâtons-nous de le dire : malgré certaines apparences équivoques, la nourrice conserve presque toujours sa vertu aussi blanche que son tablier; cependant, en notre qualité d'historien impartial et véridique, nous devons ajouter que, si cette vertu demeure intacte, elle le doit en grande partie au système de surveillance active que la maîtresse de la maison exerce envers la nourrice. La chair est faible et l'esprit est prompt, comme on sait, et il pourrait se faire que si par hasard... Mais à quoi bon analyser l'intention en dehors du fait?
De ses pérégrinations diurnes sous de frais ombrages, il résulte pour la nourrice un certain nombre de connaissances vêtues d'habits ou de redingotes, de fracs militaires surtout, dont quelques-unes viennent lui rendre visite jusqu'au logis. 11 n'est pas rare même de les voir déjeuner, avec d'énormes tranches de gigot et de bonnes bouteilles de vin, aux frais de l'office. Aux questions qu'on pourrait lu! faire à ce sujet, la nourrice a toujours une réponse prête; réponse invariable, imprescriptible, cosmopolite, que chaque nourrice répète avec aplomb i Paris comme à Brest ou à Marseille. Toutes ses connaissances sont des payt; au besoin même, elles sont des payi cousins. On aurai^ vraiment mauvaise grâce à refuser quelques dîners aux parents de celle qui nourrit le jeune héritier; car il n'est pas tout à fait impossible que U réponse soit vraie, par hasard.
La nourrice fait donc en liberté les honneurs de céans ; mais on a seulement grand soin de ne pas les lui laisser faire en tête à tête.
Cependant dix-huit ou vingt mois se sont écoulés; nne révolution va s'accomplir dans l'éducation matérielle de
LA NOURRICE SDR PLACE
reafoBt : one uwiiiture pins tifonrenip ctt offerte i son aïonar. La noorricc comprend que ion régne louche an crêpvcale; an lait succède la panade. (Tesl alors que, poor prolonger autant que posi^ible la douce existence qu'elle goàle an se\n de Tabondance et du far niente, die a recours aux ruses \e% plus adroites. Tout ce que son «(prît excité par la crainte lui suggère pour reculer le terne fatal, elle l'emploie. Un quart d'heure avant la préseoUlîon de la soupe abominable qui lui donne le cauchemar, la nourrice abreuve Tenfant de pins de lait qnll n'en désire; et l'enfant, qui tellerailvolonlier» jusqu'au de Viriê illustrihut, repousse avec horreur le mets qu'on lui prc>ente, sans prendre garde aux cajoleries (tout on l'entoure.
Ce manège dure un certain temps; mais en6n l'heure criti|uea sonné. Malgré ses roueries, la nourrice ne peut ériier l'épreuve du sevrage, et son régne finit le jour où l'épreuve commence.
Elle se sépare enfin de son nourrisson avec des larmes et des gémissements : Madeleine repentante ne pleurait pas davantage. Mais ce n'est peut-être pas la tendresse ft'ulement qui la rend si plaintive et si larmoyante, un autre sentiment se mêle à sa douleur : elle pleure ses revenus directs et ses ressources indirectes, sa molle oisi Teté, et la chair succulente qu'elle a si longtemps savourée. Dans la bruyante expression de ses regrets, l'estomac a autant de part que le cieur.
Quant à l'attachement maternel qui accompagne et suit rallaitement, à ce que prétendent certains philanthropes, l'expérience démontre, hélas ! qu'il ue subaiste pas longtemps et ne résiste jamais é l'absence. Sa durée, le plus souvent, égale la cau<ie qui l'a tiit naître; et, quand la cause n'e^l plus, l'attachement s*évanouit Cependant on compte quelques exceptions i cette fatale règle.
Lorsque la nourrice a quitté sa première place, la comparaison de ce qui est avec ce qui a été lui fait vivement désirer de regagner le bien perdu; parfois elle s'évertue avec tiint d'ard«'ur, qu'elle parvient à trouver un second enfant é nourrir immédiatement après l'autre; mais ce cas est rare : les familles prudeutes ne veulent pas d'un lait déjà vieux. Le plus souvent, elle retourne an pays natal, au sein de sa famille, près de son mari. Mais elle s'est déshabituée au travail ; les souvenirs du
luxe de l'hôtel parisieB U poomiTeiit 4aw h fa où l'aisance habite à peiae. Alon elle permit i mari, bon gros labi simple el BÛf, qmhp
nité est une source inépuisable de ricbe«cs»cl ^i que enfant que le ciel lui eoYoie est une rcM m dont il lui fait cadeau, sans qa*il j mette bean^ sien. La fortune riendra sans grande faligve ps» h jour oti il aura doté le inonde d*ane chérubins.
Le fermier no sait rien à oppcwer à d*i nements marqués au coin de U logique; et, il se trouve si bien conTainco, qoe, neaf moii ipai retour au village, la nouriice aeeooche d'an mmài faut, on, pour nous servir de son langage^ tmu velle rente.
Alors elle retourne A Parla, et poatnle amphif sa forte et belle saaté campagnarde ne tarie pnij faire obtenir. La fermière rederîent noarriee:ci(i commence encore la série de ses travanz, desalm ries, de ses promenades, de ses dlplomatîqao mm sions; pendant vingt noureanz mois elle eiplmn nouvelle maison, et, plus habile encore cette kkéi fait rendre i 1 enfant tout ce qu*il est possiUelf rer, en pressurant les bons sentiments qall ' mère.
Elle économise et fait paaaer an pays de pdian mes successives, qui, un joor agglomérées, la valeur d'un pré ou d'an moulin; elle aeca^f» peu un vaste trousseau dont elle paye chaque pima un merci peu coûteux, et elle bitît l'aisaneeéinia nir en détournant les miettes do présent.
A trente ans, elle clôt sa carrière. La noarriaii ou cinq enfants au moins, sourenl plus la tient à son mari: quelques petits champs s'( alentour : elle a payé le tout avec des gouttes ie ht
L'allaitement, je dirais presque le mon respect pour l'Académie, est iiijomd%Bii fession périodique et lucrative, qui est en au village; elle (ait partie des induiitries champs, et beaucoup de mères Tillageoiaaa k pour une grosse somme dans Tin ^qu'elles concèdent i leurs illes en les meunier.
jé
LE SEMINARISTE.
(rie les vases sur l'autel les jours de fête. Ils possèdent la théorie de l'art d'encenser à la grande et à la petite chaîne. Ils ne manquent jamais de se lever, de s'agenouiller, de s'asseoir à propos durant les offices. Enfin, ils connaissent a fond l'étiquette des chœurs et font à merveille le service des sacristies.
Mflis a côté àf ces êtres insignifiants, nous trouvons aussi, et en grand nombre, des jeunes gens laborieux et intelligents, aimant à s'instruire et à penser. Ceux-là sont pieux avec discernement, ceux-là sentent et comprennent. C'est parmi eux que nous choisirons un type. Môme, si vous le voulez bien, nous baptiserons notre séminariste, et nous l'appellerons Louis Benoit. Louis est un brave jeune homme, animé de bonnes intentions, aimant Dieu, et s'acquiltant ponctuellement de tous ses devoirs. Son enfance s*est écoulée dans le presbytère d'un oncle, curé d'un village de Bretagne. Louis est entré fort jeune au séminaire; aussi cet asile respectable lui tientil lieu de foyer paternel. 11 n'en sort qu'une fois par semaine, pour se promener avec ses camarades ; et tous les ans, au mois d'août, pour aller passer les vacances en Bretagne. Il n'entrevoit le monde qu'à cette époque, pendant SIX semaines, et encore son monde à lui, c'est le presbytère d'un petit hameau. Louis remporte chaque année tous les premiers prix de sa classe ; il explique Tacite à livre ouvert, et sait par cœur plusieurs chants de VHiade, car dans les séminaires l'étude des langues anciennes est portée aussi loin que dans les collcgos royaux. Benoît est très-fort en histoire, c'est-à-dire qu'il pfjsséde parfaitement la connaissance des faits et des dates. Mais ne lui parlez pas de la philosophie de l'hist/iire. il ne se doute même pas qu'une telle science puisse exister. Quant aux événements qui se sont passés en Eurof*e depuis 1789, Louis n'en a qu'une idée très- vague; car il n'a eu entre les mains que le résumé orthodoxe du pWérend péreLoriquet. 11 a compris, par la lecture de cet ouvrage, qu'il y a quelque cinquante ans la populace de l'arift s'eftt révoltée contre son légitime souverain, a brisé le» grilles des couvents et touillé les autels. Il sait qu'un officier de fortune appelé M. de Buonaparte a châtié les JaaAt'mn, a rouvirt les églises, et a essayé de s'asseoir sur le tr6n<: de saint Louis ; mais que Sa Majesté Irés-chrctieiine f^ouis XVllI, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, «'étant mis à la tête de sa noblesse, et aidé par les prières du clergé, a bientôt fait rentrer le rcMlt dans le devoir. En 1830, Benoit, encore bien jfîune. a entendu à travers les murailles du séminaire le canon gronder, et le peuplerenverser pour la deuxième fois l'antique monarchie des Bourbons. L'insurrection a même brisé les portes du sanctuaire où notre jeune lévite étudiait et priait en silence. Il a vu quelques-uns de ses camarades, séduits et entraînés par les révolutionnaires, abandonner la maison du Seigneur et jeter le froc aux orties. Alors Louis a déploré leur égarement et s'est écrié en se prosternant au pied de la croix : « Mon Dieu, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font I » Depuis cette époque, un nouveau gouvernement s'est établi, et notre séminariste, docile au précepte de l'aitôtrc qui a dit : « Respectez les pouvoirs constitués. » chante chaque dimanche le Domine, salomn. Pourtant, nous ne répondons pas que son esprit soit alors d'accord avec ses paroles: car notre Benoit, qui n'est pas un profond politique, a cependant des opinions bien arrêtées et enfermées dans le fond de son cœur. Instinctivement, uns qu'il sache pourquoi, sans que personne l'ail catéchisé, quand Louis prie pour le chef de l'État, sa pensée n'est pas aux Tuileries, mais, franchissant la distance, elle s'envole au delà des monU, traverse la frontière» et s'arrête sur la
ville bienheureuse qui possède dans ses mvsl banni de Henri le Grand.
On cite souvent et avec MÎson Texcellenle de nos armées; mais celle qui régit les séniBai: bien autant d'être vantée. U y a en France ii diocèse un grand et an petit séminure rcc-^nc risés par le gouvernement. Tons ces établi«« soumis à peu près aox mêmes lois. Les coodle de Bordeaux, de Lyon, et l'assemblée de Meh rêlé d'une manière pour ainsi dire irrêvocaM* ment des séminaires. Voici donc qnel est ïkl journée du séminariste. A cinq heures du m^ii le réveille en sursaut. Il se dresse aussitôt kt virginale, offre son cœur â Dieu, baise d«i scapulaire qu'il porte suspendu k son coq. soutane, et descend i la chapelle faire la prirmun. L'oraison du matin dure une heure; tli? diatement suivie d'une messe basse; après ii séminariste, préparé au travail par deux Wn tation et de prières, passe à la salle d'êci^ . s'asseoir devant son pupitre, il récite evs? '< tancte Spiritus, pour appeler & son aide la ï; de l'Esprit saint; il prend ensuite ses cahicn^ et se met à l'ouvrage. Si nous jetons les yca^blanche qu'il vient de placer devant lui. bk qu'elle est surmontée d*une petite croix tracée i et d'une épigraphe telle que celle-ci : Ad m^ gloriam, 11 a l'habitude de rapportor tout la i consacrer à Dieu toutes ses œuvres, mène « tiens des Bueoliquet de Virgile et des Ma d'Ovide. L'étude est terminée par une latre f commence ainn : Suh tuum prœtidium ceafifa 11 est huit heures alors; le séminariste âfy gaiement et en silence : ce premier rep» k uniquement d'un morceau de pain sec, et dore tes; l'étude, interrompue par le d^enner,estr suite et suivie de la classe du matin. A onn k( quarts, chaque séminariste fait son eiama science dans une chambre commune qui etf i salle des exercices. A midi Ton dine; le dne plus confortable que le repas du matin, est a de lectures édifiantes, telles que le Parfmii Mêà des SainU. Après le diner, récréation. La récri séminaristes est tout aussi bruyante que edfei giens. Le jeu de balles, les barres, soot ci ta séminaire, ainsi que dans les maiuins d'édscMia niversité. Dans la cour du séminaire, ass ttB siastiques se livrent franchement à tous kifii l'adolescence. Li, ils ne sont pas obligés, am les promenades qu'ils font au dehors uns Ûs^ maine, de garder une attitude digne et réMniti vent qu'ils sont chex eux, et ils s'abandonitM la pétulance et l'ardeur du jeune âge as Mi jouer, de rire, de causer» de courir et de fH^ d leur aise. Les uns retroussent, pour être plsi*^ pans de leur soutane dans leur ceinture; d'ami pouillent entièrement de la robe noire et Ibit ah et mille sauts gymnastiques. 11 n'y a peailH' seul séminaire dans toute la France où il isitéfc jouer, c'est celui de Saint-Sulpice A PMîs. IM* autres, les jeux sont permis, et même rseiaHi élèves. Quelques supérieurs mettent à la ^kft0 jeunes gens des jeox de billard, de dames, fthi chefs des séminaires aiment en général que tai s'amusent gaiement et prennent de TeimES. I gnent de les voir se former en groupes iiaiéitf ^ tenir mystériei ' dans les eoins de h «
amitiés particui
LE SÊMINABiarrE.
u*on aperçoit deux ou trois jeunes gens converilile trop assidiiment, le mailre surveillant a or- 'npprorher d*eux. de les inviirr à se mêler é 'es camarades, et de leur rappeler celte seiitt*nce e dans le règlement de la maison : Nunquam 9 iolut, A deux heures, le son de la rloche { séminaristes de cesser leurs jeux. Le silence lux cris bruyants. Les jeunes gens rajustent ils et vont successivement â Tclude et en clnsso, jres et un quart ils se rendent â la salle des pour réciter le chapelet et assi>ter à la lecture &. A sept heures ils soupent et vont en rérréaluit heures et demie ils font en commun la soir. Enfin, à neuf heures, on sonne le couvreséminari^^te va dormir du sommeil du jtis'ie. Le a ressemble à la veille, et ainsi des jours sui-
nce le plus absolu est ngoureusement observé îminaristes à la chapi lie, à Fétude, en classe, >ire/parlout enfin et en tout temps, excepté dans H rheure de la récréation. Depuis huit heures et soir ju5:qu'nu lendemain à midi et demi le séné doit ouvrir la bouche que pour prier ou pour aux interrogations de ses professeurs. Si deux
élèves étaient surpris causant pendant la prière, pendant la lecture spirituelle, ou pendant la durée de tout autre exercice, cette violation du silence sérail un motii suffisant pour les faire exclure à Tinstant de la maison. Du jeudi au samedi saint, le séminaire ressemble à un vaste tombeau, h une demeure habitée par des ombres. Alors il est défendu de parler sous quelque prétexte que ce soit, et Ton n*enteud plus même ni cloche ni sonnette. Un petit coup sec, frapp<* par le supérieur avec un petit coffret en bois appelé claquoir, avertit les séminaristes quand ils doivent se lever, s'asseoir, ou passer dans telle ou telle salle. .\n commencement de chdque année scolaire il y a une retraite de neuf jours. Tout le temps que dure cette retraite est consacré à la prière et à la méditation. Le séminariste entend chaque jour deux sermons, fait deux visites au saint-sacrement, et assi.<ile à une longue série d'exercices pieux qui se succèdent presque sans interruption depuis le matin jusqu'au soir. Cette retraite a pour objet de rallumer la ferveur des jeunes gens qui reviennent des vacances, de retremper leur foi et de les préparer à robservalion de la r'*gle pour le reste de l'année. Tous les mois il y a également une retraite, mais elle ne dure que deux jours. En général, les séminaristes se miifesscnt chaque semaine et communient une fois
l*.!ri.*. Imi/. ue i.uouCfJ Llui, «ut: î>ai;il-U»u:î4, 4tf.
LE SÉMINARISTE
tous les quiDic jours. On leur laisse à cet égard assez de liberté. Mais ils sont obligés d'aller s'entretenir avec leur directeur deux fois par mois, et de lui exposer Tétat de leur Ame. Cet enlrclien. qui est en quelque sorte une confession scnlinientiile. s'appelle direction. Le directeur est chargé de rectifier les idées, de raffermir la vocation do son pupille et de lui rappeler que l'homme doit en tout temps être pré|»aré à mourir saintement. A toute heure du jour on répvte aux séminaristes, à ces jeunes gons qui entrent à peine dans la vie, que la mort peut les frapper inopinément, et qu'il faut toujours être prêt à paraître devant le tribunal de Dieu. Les salles d'étude, les dortoirs, le parloir, le réfectoire, les escaliers, sont Lipissés d'images ou revêtus d'inscriptions qui commandent aux habitants du séminaire de veiller sans cesse sur eux-mêmes. Le séminariste ne peut lever les yfox sans renc(*ntrer ou les regards d'un saint ou d'un bon ange qui lui montre le ciel, ou la belle et douloureuse figure du Christ attnclié à sa croix, ou bien encore les traits sinistres d'un réprouvé qui se débat au milieu des flammes de l'enfer. De quelque côté qu'il se tourne, le séminariste est forcé d'apercevoir un passage solennel de I Ecriliire U\ que celui-ci : Memotare novi$$\ma tua, et in œternum nonpeccahis; ou une sentence d'un Père de l'Kglise ainsi conçue : 0 bcata solitudo, o sola heatitudo!
On voit sur un des murs du séminaire d'Issy un large cadran en carton, auprès du |uel la Mort se tient debout armée de sa faux. Le hideux squebtte indique du doigt Taigiiille qui est arrêtée, et il semble prononcer cette effrayante inscription placée pres(|ue entre ses lèvres osseuses : a Dieu a coniplc tes jours, tu n'iras pas plus loin. » Peut-être devrait-on ne pas multiplier autant ces funèbres s|)eclacles, et ménager davantage les jeunes imaginations des séminaristes, qui, pour la plupart, ne sont que trop disposés â se laisser épouvunt r par l'appréhension des terribles mystères de rétemité.
Outre les pratiques pieuses qui sont exigées pour tout le monde, chaque séminariste fait quelques dévutious en particulier. Chacun a un patron ou une patronne, un ange ou un séraphin qu'il vénère et qu'il invoque à une certaine heure. Benoît a voué un culte profond à la vierge Marie. Tous les jours à midi et demi, au lieu d'aller jouer avec ses camarades pendant la i écréalion, il se rend û la chapelle, et récite le Petit Office de la Vierge, 11 tire avec précaution de la poche de sa souUine un gentil petit livre relié en maroquin vert et doré sur tranche : il l'ouvre, se met en prières, et b.iise à plusieurs reprises une firaviirc coloriée représentant la mère du Sauveur, tenant sou Gis dans ses bras. Souvent il arrive â Benoit de s'oublier dis heui\*s entières, prosterné aux pieds de .Marie.
Le dimanche est réellement un jour de fête pour le séminariste. Ce jour-l.i, il ne s'occupe pas de ses études prolaiks : il va à la paroisse, assiste à la grand'messe. au prune, à tierce, ;i sexte, à nones. aux vêpres, à compiles, au saliit, à tous 1rs oflices, en un mol. Quelle douce joie il é|rouve quand le sort ou le choix de son supérieur le ilè^i.ijc pour faire quelque cérémonie, pour porter la Cii.ix, le liamboau ou rencensoirî Alors, soit qu'il endnssi la l;mi'{Me brochée d'or, ou la chape à gramls rama;:»-, on l'iube bordée de dentidles, il regarde d un air de Iri'Mipii'* ses c.imnraJes moins favorisés, ct(|ui, \étus pl'is sinnUincnt. s'acheminent deux à deux vers leurs s'.alies. n»^'nrJr2 Benoît faire son entrée au chœur : les d»."j\ ûilrs do son surplis blanc comme la neige s'agitent en frèmi<«:'ni d'MrîtTe son dos; il porte piteusement et 5\cc grâce son bonnet carré serré contre sa poitrine; sa
tête est légèrement inclioée wen répnl* pski;, cheveux blonds, partagi^ par uae raie bbickii recte, encadrent son visage pA> et retombai 9ii longs et flottants sur son cou. Il s'ivanop jsfvi l'autel, s'incline profondémeut et Ta s'annirii Examinix-le durant la célôliration du i commence par réciter promptement et i uni fice du jour: puis, dés qu*il a 6ui, il vert que vous connaissez déjà, et qui ne le et se met à réciter av<c ardeur les lilioicièfel Cette prière l'exalte, le traosporle. Tenim. colorent, son œil étincelle, son cœur bal re>pire i peine quand il s'écrie doncemciltfi entreconpée : « Sainte Vierge des vicrj^ai moi! Mère aimable. Yiei^e lldéle. Cause Vaissi-au spirituel, Bose tnystii|ue, Tuur i du matin, pries pour moi, pries pour mnîiil <1me se détache de la terre, ses lèvres dcfii biles ses paupières se ferment. Des voix mélodieux, resonnent a son oreille: il e char de nuages, la vierge Marie, courmisêcii lui sourit et le regarde d'un œil bienvciîlaaL à consiilérer celle ineffable vision \t* fht ments de sa vie. Alors il lui senibli-raîite et de souffrir le martyre pour aller la re'ne des anges; alors il rnvie le sort k dr Gonzague et de saint Stinislas Kndki. fij comme lui, ont eu le bonheur de qwWrti d'exil et d'être appelés au céleste séjov.
Les pieuses visions de Bennit sont ^ blées par des apparitions prof mes, para/ ces frivoles. Queh|uefois, au milieu àa contemplations, il pense à ses jeunes aÂ^ vient de< jeux de son enfance; il se nff^i les petits camarades et les peiites filléifii che, s'en allaient avec lui dans les piéi papillons. Alors son imagination s'ciIm peut-être pendant queb|ue ter**p« dat» te peu mondaines, mais dont le pieux pas de s'accusir i sa prochaine coofi
A dix-huit ans, Benoit termine porte, selon sa coutume, plusieurs prix,cli d( ruière récompense, la tonsure. Cette cale lui parait plus précieuse qut* Irs grands rois de la terre. Il i|uitte U mai>aa ée son adolescence, où il a bit »«s étndcs va dans un grand séminairi» suivre de» coa phie et de théologie. L'ardeur de Benoit H ne se dém<'nt pas. Il dévore les livres de qu'on lui met entre les mains ; il sait ha bien que ses professeur», Ksélémrntsdcs relies, et il aborde le vaste et |>ér.lle«i k discussions théologiques. Tant de si^lr. IMt tant d'efforts, valent à Benoit l'insijrne Unm noré. C'est l'évêquequi lui contre lesqn^tit< iieurs le même jour. Plu>ienrs Pères de l*!:^' guement débattu la qne.^tion de savoir «i (l'acolyte, d'exorciste, de lecteur et di' pialiff .sont \mi des sacrements. La plu|*art d« il ' conclu pourl'anirmalive, et tous coiivîmacslf < ne peut recevoir deux fois le même ordrp.
Autrefois les acolytes avaient niissiiia i' et de .servir l'cvêque. Ils étaient ses papntf gers ; ils portai* nt le |iaîn henit. et qockfidi''' I euciinristie. Aujourd'hui leurs liMirtiiMM ils allument les cierges, portent les chaaifi»* parent l eau et le vin pour le saciiire. Baa» des paroisses, ce sont des euLuts de
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LE SÊiaifARISTE.
iBent lien d*acolytes. La charge d'exorciste n*est plus Inlenuit qo*UDe sinécure. Il n'en était pas de même • lei premiers temps de TEglise. Les possessions mt fréquentes alors; mais de nos jours, il se présente
d'occasions de chasser les démons. Les lecteurs Mit chargés de lire les saintes Ecritures durant les :^t du jour et de la nuit. Au temps des persécutions, lient eux qui, au péril de leur vie, gardaient et te- ■it cachés les livres sacrés. Les lecteurs ont peu de m A faire •ejourd'hni. Le^ portier», ainsi q^e. 1%
leur nom, owNNdenl- «t fermaieiif. le$ porti^'4^ le? 9. C'étaient eipx firf monnaient . le» cHcbe»» <pn } Dt la poKee» ei «nîoieDafe4l,aii^inN<d|w jd#h4pi Sant la céléi»^îon de la mwe. iAifES8ni|,4jGQ# mercenaireaiappelés bedeii» el^cpiiiw <fQi;a*«e^ *. . de ces bumMtt fooctlow, ^e.>4ftK*l|9PMlrfiaiu irés ne dédaignaient paade reni|jîr moiftem^j ai jours du christianisme. • , f ' < «as quatre ordres mineurs n'engagent faa pour la vie ■ qui les reçoivent. Après avoir été minoré, on peut Bre revenir sur ses pas, embrasser une profession t e« se marier et devenir père de famille. Quant à nopéininariste, ce quadruple degré qu'il franchit en un
l'enflamme de plus belle pour Tétat ecclésiasti- . Il est vrai qu*il n*en connaît point d'autre. H s*en- -^ plus que jamais dans dans la métaphysique relire, étudie les Pères, analyse et commente les théoensde tous les âges, et s*exerce à composer de pieudlitsertations sur les différentes hérésies qui ont lé l'Eglise catholique ; il élabore de doctes sermons ■re les incrédules et les philosophes ; il fulmme de : Mes anathémes contre la corruption du siècle et les taises mœurs. H écrit des pages pleines de chaleur, ■es de flgures délicates et de subtiles arguments, pour L*^er qu*Arius et Manés ont été justement condamnés l^s conciles. Dans sa naïve imagination de clerc mi- 9 Benoit se figure que Topinion publique s'occupe are de ces vieilles querelles qui ont embrasé le ■le, mais qui sont presque entièrement éteintes de-
des siècles.
3»rè8 trois années d'études et de préparations, Benoit, cie vingt et un ans, est admis au sous-diaconat, le mier des ordres majeurs. L'évéque lui commande de r^osterner la (ace contre terre ; puis, ayant appelé sur une ordinant l'intercession des saints et des anges, i. fait toucher la patène et le calice, le revêt de la k«Uque, et lui met dans la main le livre des Epitres.
est fait, désormais Benoit ne s'appartient plus : il onort au monde. 11 a fait vœu de célibat, il est en- Kié pour toujours. 11 a renoncé sans hésiter aux joies estres ; il a promis avec confiance de porter jusqu'à lort une croix dont il ne connaît peut-être pas tout le L«. Plus il approche du sacerdoce, plus son ardeur pieuse augmente; il lui tarde de s'engager* plut
avant dans la carrière des sacrifices; il redouble de ferveur et de léle é Vétude, et se hâte de se préparer au diaconat. U subit avec empressement toutes les épreuves auxquelles sont soumis les sous-diacres, et il voit arriver avec joie le jour où il doit s'attacher i l'B« glise par de nouveaux liens.
Après trots mois d'attente, Benoit est ordonné diacre, et l'évéque lui remet Tétole et le livre des Evangiles. Le diaconat est le second des (ordres majeurs : c'est le degr^ qui tendiiU Immédiatement aq sacerdoce. Dans lef preiniers temps, et sortent an qnaUAéme siècle, les diacres étaieiit, fort puiasanU, et nD49nnd nombre d'entre A rei|ir.î<ft'^iow«' diacres que de devenir i:'0l&U»X%,<|oi aduiniUrûent les biens des
. ^ rép(H|i|é''où I'on:iklilén^ par im-
mersion, il y av<lt4èp(MÉe» femmes, appelées diaco- Jiesses, qtii ibaidut cdargéesdlBstroire et de baptiser les néophytes de leur sexe. Elles STaient soin des pauvres et des malades, et surveillaient les églises du côté où étaient placées les femmes. Les diaconesses devaient être veuves ou vierges. Elles recevaient l'imposition des mains, et étaient consacrées avec des cérémonies assez semblables é celles qui accompagnent l'ordination des diacres. Depuis le douxiéme siècle, on ne trouve plus de diaconesses dans les églises d'Occident. Aujourd'hui il est d'usage que ce soient les prêtres qui administrent le baptême, le diacre n'a le pouvoir de baptiser qu'après en avoir reço la permission spéciale de l'évéque de son diocèse.
A peine ordonné diacre, Benoit écrit au pape pour obtenir une dispense d'âge, et pour devenir prêtre avant vingt-cinq ans. La dispense est accordée en termes flatteurs pour le jeune diacre; et, quelques semaines après, Benoit reçoit la prêtrise.
Ainsi finit le séminariste. Il embrasse l'état ecclésiastique, sans connaître ni les peines, ni les affaires, ni les plaisirs du monde. Mais il a reçu du ciel un merveilleux don, qui vaut bien la science : ce don, c'est la foi. Benoit a mis en Dieu une confiance sans bornes. Dès ses premiers pas dans la vie, s'il lui arrive d'être snrpris par quelque péril inattendu, il se prosternera devant l'autel, et demandera au Seigneur conseil et protection. Espé* rons que Dieu n'abandonnera pas son serviteur, et qu'il le soutiendra dans ses pénibles fonctions. Cependant, si jamais Benoit venait â faillir aux rigoureux devours de son ministère, alors, au lieu dé lui jeter la pierre, allei i son secours, prodiguez-lui vos soins et vos consolations. Souvenexvous que les prêtres ne sont que des hommes comme nous. Sou venez- vous que leur nature est fragile comme la nôtre, et que c'est Dieu qui l'a ordonné ainsi. Si Dieu eût voulu que les prêtres fussent au-dessus de Thumanité, n'eût-il pas envoyé ses anges pour desservir sea temples sur la terre?
LE LUTTEUR
HENRI ROLLAND
I est des noblesses abâtardies, des royautés devenues mendiaiitjs , des statues tombées du piédestal, des arts descendus au ran<^ de métiers. Combien de colosses ^puissants , qui étonnent nos yeux da ns les temps passés, par leurs proportions, se sont amoindris en traversant \és èpnqm*s, winM (|ucles bAlonsQoltants sur Tonde; soit i\a*é h rbCHHlulVocuste nous les ayons écourlés à la mesure de nos Lnillf ^, Noit <|ne les âges aient emporté letir physîunomîe pf'u n peu, de ménir que chaque instant disHipo li^s p.'irruni!4 d'une cnssolclle Qui reconfia.t sous le toit ile réchtippc jiu3t cunirovrnts \-vvi<, dans le vicillnrd cmirt^ê KUr un bureau zt'bn» d'encre el de coups (îp canif, le •^crif^c* common^^ol dn> rois ol drs >«'ip;!irur>, (|ui j^uidail la plume dntis leîS doigts i|îr.ïr:ir.!> de In cli.Vil.iii;«\ le poijTunnl î«ur le p^irln^niiu d.m^: l.i inniii relicUo dii chrviiiiiT^ Et le Iwirbii^r cliirurj^i^'ii-riuvisto, ce prololype lii' Fi]îflro, jadU armé du r.i>«.ir cl de In Iniiccil^, piitle b<ibUlirdc du sDiinlnle, (Milrein<-Ucur d*int!i\:;i>c^, all**pT ci pro»|i;Tt\ nn^l il pas vu son nj(inopoleeii\.«Iii, tnoricli^. et m.-înifn.ini n'en esi-il pas rcduil nu pi. t i barbe, qiii> piteux el morne il leud comme la sêiilo du p<iuvre L'ith1>*lt; et It? (,'ladiateur que Thidia^, Cli''>ilao> el A|;tÀrd^ oui refintdiiît^ en niarbn» couinie un di'li di' perfeclion à notre humanité di'gôncrée. Tiçonm^s dans le
moule anfiqne, grec ou romain, penveDl-ilf aw une copie décolorée dans le Lommi de oos tof» et tinpu, lourd et commun, grossier é*aïimtt comme Quasîmodo, fait mentir razlome que • ^ monie naît la force? »
Acteurs d'une fête religieuse, las itUélef W^ que le dit Pindare, une réunion d'homnet ttmf naient conquérir l'immortalité et les coaroisn <* bruit dts trompettes, au son de la flûte, intuwiF les rapsodes qui récitaient les vers d'EùmènMf^ d*Ëmp docle et les chants d'Hésiode. fhidliflB^ divertissement du peuple-roi, dans un ckqsi tendu de filets d*or, de splendides tv Icrte. mi les lions et les panthères, où siégeaient oeà spectateurs; Tesclave thrace. le prisonnier • gaulois, jouaient leur vie dans un drame i^C^ et tombaient frappés par Tépée du Me«lir,ptfM du mirmillon, par le trident du rAtaîrr.
(Juel plus bel enjeu que la ne? quel ptal Itf que la liberté?
L'athicte de nos temps, triste parodisie, sirs d'une fôte patronale, lutte dans \\ du pipeau, aux mélodies conjointes de b du gdowbet. Et quelle arène! an lieu de w^^ assJN's de pierre qu'on appelle le ColysécM^ ('■(.lil p. r>('mée de cinabre, de sable d*or, gv**^ rlips fontaines ordinairement, c*est nne ffiiriii^ clair-scrncc de pierres et de paille, et ledRAwi par des spi dateurs en habit de bnre.
Eh Iti'ii ! v\\v/. U peuple romain, ctenii iVJ dins de niarlire, chez les innombrables ItadHW
LR LUTn:i:p..
^rf XX'l^-f''
n^ piques, il u*y avait pas plus d'enthousiasme et de «•« que chcîz les sprctateurs de nos jours On s*enivre ^i bien avec le vin bleu des cabarets qu'avec le lokni. ^ les provinces méridionales, il n'est pas de hameau ^mable et indigent qui, à son ro(o\ ne se cotise pour > v** au moins une couple de lutteurs. Chaque peuple a ^S dans ses mœurs un goût dominant qui décèle son ^^U*re, qui est le principal trait de sa physionomie, «u 'évoque le souvenir de l'Angleterre sans se rappeler ^«mbiLs de coqs, et surtout le boxeur. Nul, en pen- ^ A lilalie. n'oubliera ses soprani et ses poésies mu- '^«s. Quel est le roman espagnol qui, é part les auto- ^^. les sérénades et 1 inqui^^itioD, n'ait été défrayé par ^^urses de taureaux, les picadors, les matamores, les '^erilleros, etc ?
^Ds le Midi, le lutteur se détache comme un type spé- ' » fort de toute sa puissance et de toute sa popularité. ^ t bien là certaines Inspirations émanées de ce sol
^éte patronale.
romain, où dorment é quelques pieds tant de débris. Les arènes de Nimes. l'amphithéâtre d'Arles, ne devaient pas rester comme un c^id.ivre inerte; leurs échos ont trop souvent tressailli à des hurlements sauvages pour demeurer silencieux désormais. C'est presque le même peupie qui criait par les rues : Panemeicircen»e$; aussi les pierres qu'ont foulées les sandales et les bottines romaines doivent croire qu'elles assistent toujours au même drame, en entendant les transports et les clameurs de cette population passionnée. Ce sont toujours ces gens au teint bronzé, aux habitudes rudes et farouches, au désir ardent, avides d'émotions et de spectacles où ils puissent dépenser leur exaltation. Ne leur parlex pan du théâtre et de la littérature : ce n*est rien pour eux que ces catastrophes factices dont les cinq actes d'un mélodrame sont engorgés; ils méprisent ces rouages qui meuvent une machine dramatique, ces dénoùments prévus. Leur drame, c'est cette action réelle, ce concours d adresse et de forte. Tune si fertile en ruses, l'autre si féconde ea ressources; toutes deux se prenant corps à corps, et nr^
iSO
LE LriTEn.
«mffaat 'unionn 'Jtnl Ut snrvnnamirv iiv«ru»^. :anc ie îiVir; J«ri>^ 'ani te "jï^ios ia juair» '^ai i* 'cuwr xiiw
■n^. *v.iuni itr-. jiiiiwri li». w» «p'iWiitL-.'i.wntintj • imm»*
r.-mnnM ru 4« VMiwnriyii tes Ti.iMrUN*? ii .V-l .--^ .m w -niai :** >s «n^ J^vt ut itj*'^^ --rni: -bi . ^cl iwe» f.roii'i*»: <i M«es isin fi« ù -» ci r.'.is^tU*a le aiait a4r';. ;t situsrtit waaLert les -î^eei iau j 3uia 4e m9 >iii«un.
5^113 a-ï-iM iemb{«, par « fii p«^..*îie. cnoitjt^r
ruiÛHuU» : e «sC <fi €n «Set U '^^^i i2<i pri:jO-.:iuL>}a
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îilUqe ti pr'/ootl qi*;» ai pa- -rr.'*. ,r- ^ft -rfhT»* p.ir le remp4, le i'iu«i:r exiile « . -.u: > \r\\:\.c. Mi.-! ji.-Tii ie^ montra Tn.irfi kerzi'x/.ni !, F.i.,-.:r-r. ■:* i'*-:: pl.j Bn meter «pécùl, ce ioai <Sei p i«id::i r.,.ii:T^ i/:: |ak-
poiir le ii*7i9-t?4eineac lie lenn ^«TiTiiis Ms ie !i!cxe lotSe <ic p«r«îHc t pni up«ile mw'e. *t a'est iaCr« q«e U jc« it d Ei!ii6e. xù. MT-àig «n Aiifd«sterT«« Uqvrik a eaauer los aaiiie «ir 1« territoire 4e u on oiiiu ajenâiHUMniLs ««iLtenKsil osUc éoat U eu nnLuoi! I *.aîsà< tamber «foief^fiics aotioas nrk > e^i 3if»!i^ i'iz: pnciifacîs «op^rstJtietLses 4m m; •K a «.131 rjiiieflc« reiLr«fiâ« û ^î^santral L -tst ::ir.«iti2 le nppr.'cik^r ie» coatuiMS fi asji!^-s i7«K «Hei iie ai» pni«inee« méndÎQada D'iiniri. par ine venûa coacrûre qvehé je diauii expixifoe. les Br«toas ioncM hahi <:keBus« le €irte colle «i^ s'esserre dav iv «rnJKneat «uuue i« corftf, les dievea nkc Liiinè:» en dir^M ec lâês pv uae tarsaie à •i*» riê-'ïâ ée fetfCafff * : Totl^ le coetoM. ili pr^::i<l : :e U ! i:te ▼ p«ri beaoooap de toa iK4é :. r.x:s ii<*fl kic ie TiHil-âte : le jea des ma y:iri î.:.ii- r. " pes ie detxx corps eatrelacés, km le 'j-ii: :2 '. •!£ :i^*a ne feat plas exister, (h ■ ;:e :- I *;-uj {li se goamcat et se mltfà pi-isï. r-î.
Le Istleur breton est par-dessus tout siiperslitieux: s*il le tlgot A pluhieun rr|iriKes avant U combat, c'est moiof pour demaiid« r ainsi l'aide de Dieu et de la sainte Vierge oue pour «e préserver d* i sorti l«''ges et du louwam, Lt wMixou. uchevle bien, donne une vigueur surlieaiaiM A qui le possède : ce font quelque! plantes à cMllllr par U ouit, le jour du sabbat, avec des formules myaiérliOMa. Lm Ames religieuses s'en gardent comme d*an Miléfica. parce que c'est uo pacte tacite avec le féali dtt mal \ mais d'aatres moins timorées remploient
aelqMiMii îpÛHMl^
en se promeltaut de se racheter par qaelqa pied des calvaires. C'est à celle terrible pûn^ . dira-t-on, que Pierre de Moncontonr, Intletf Ib^ rons de Rennes, dont le nom est resté par éiti*' faite, a dû tous ses triomphes. Le Brekm cMN •' mais, au préalable, il fait couler Teev favonHiirf' taines dans ses man* ' ~ ) long Âo act hrai tf 0'
> F<^te patronale, s Fil et laine.
LE LUTTEUR
Irioe; il D*y entre pas, si c*est le jour anniversaire quelque caU>tro|»lie de famille, 8*il croit avoir va $ÊeiM glisser sur h s flots, s*il a pour rival un homme wuti de se sip^er à rel>onr8, de rendre les terres stém #1 les femelles de bestiaux infécondes. ^ oondilioRs de la lutle sont : de ne prendre son adnire qu*Â la chemise, de ne point le frapper du pied, B*efnployer ni sortilèges ni magie. Le croc en jambe, le manœuvre subreptice et perflde du traître, qu'on une \kpeeg gourn, «si autorisé. Les gages qui charit une sorte d'arbre de mai sont ordinairement : uu Dchoir, UD coq, un mouton, voire même une génisse, i ToD p^ace sous les yeux du public.
A lanibour annonce par un roulement que la lutte va imeiicer. Deux hommes, Tun avec un fouet à la lare silflante, le chapeau baissé sur les yeux pour ne i avoir pitié des réfractiires, Taulre avec une poêle, t faire liss^. Les sonneurs', qui sont un violon, un ibonrin, une musette, dite bigniou, un hautbois, seyent sur une estrade, ainsi que les juges choisis ni de vieux lutteurs, parmi les notabilités de Tent et les puissances temporelles et civiles : le maire, «Dtaire. Tout une f(»ule s* ccroupit autour de ce spec- ^; les toiis des granges voisines se garnissent de Bux; les ;irbres portent des grappes d*hommes; les aies se prélassent sur des échafauds construits à la . Un tulleur prend le prix dans son chapeau, si c*est nouchdir ; sur son poing, si c*est un coq ; au haut des
ou sur les épaules, si c'est un mouton ou une gé- R, et se promène ainsi dans l'assemblée, s'arrêtaut à Kin devant ceux qu'il soupçonne devoir répondre à zdéii : si nul ne tire sa veste et ne rdtlache sa cheve-
en lui disant : a Attendez, • le prix lui appartient;
, si quoiqu'un lui crie de s'arrêter et lui touche Tée, la lutte est engagée. Les deux lutteurs se désha- ■it et paraissent dans le costume que nous avons dé-
s'embrns.sent, se disent leurs noms, leurs communes; «tient 1 1 mnin dnûie sur l'épaule gauche, la main gausur le côté droit, et commencent Leur cheveux se dédans la chaleur du combat, leur chemise se déchire I mbeaux sous leurs doigts crispés; s'ils tombent dans iBussiere. et que l'un d eux touche la terre par le dos, <;rie : a Ar lam é ', b et celui-là est vaincu. Si aucun ■ n'est tombé ainsi, « ne get lamm *, b c est un cos^
une chute inutile, tl l'on se relève. Outre le croc fembe, qui est modiGc d'une manière savante, il y a ■res tours remar(|uables : le maléfant, du nom de
invonieu , par le(|uel l'adversaire est lancé en ar- 3 par dessus l'épaule; le toU scarge, qui ne laisse wersaire s'appuyer que sur la pointe d'un seul pied, «rte qu'il est facile de le faire trébucher par un peeg wn. il y a encore le cliquet roon, où l'adversaire ayant lu pied, le lutteur le fait rapidement tourner autour .ui et le jette à terre tout étourdi. Dès qu'un lutteur proclamé vainqueur, le plus fort des juges le saisit à ceinture et le montre à l'assemblée, qui applaudit c transport.
^assons à un plus véritable représentant de la lutte Ique. au lutteur des provinces du Midi, fous avons nommé le boxeur quelques pages plus it ; voila dans la physionomie de nos voisins d'outrer le véritable pendant du lutteur méridional. Tous iz ils résument les instincts d'une population : ils sont
Place.
Musiciens.
La chute y est.
La chute n'y est pas.
uu anneau semblable de cette longue chaîne de types qui, réunis, forment une nation ; on ne peut les en détacher sans briser la trame. Aussi, quelle est la collection de Heads of the english peopû qui ait oublié cette importante figure, nou plus que celle de lamateur de coqs? Qui de nous s'est fait une Angleterre sans son boxeur, escorté de ses parrains? Quel caricaturiste français n'a pas représenté l'Anglais avec son gros ventre d'alderman, les bras arrondis, les poings menaçants? Le boxeur agressif et brutal n'est-il pas le type le plus vrai de la populace grossière de Londres? Le lutteur n'est-il pas une révélation des instincts un peu farouches des Méridionaux?
Les rapports, du reste, sont si réels entre les deux productions indigènes, que, malgré la distance, elles ont un esprit haineux de rivalité. L'Anglais méprisera le lutteur français de tonte sa morgue britannique, en déclarant que Swift ou Adams en feraient bonne justice. le lutteur vous apprendra comme quoi un de ses confrères, insulté par deux boxeurs dans les rues de Londres, les fracassa sur la muraille ; anecdote que je croirais dévotement par patriotisme, si elle n'appartenait pas, p^r droit d'ancienneté, à Maurice de Saxe, tout aussi bien qu'à l'amiral de Grasse.
Les villes qui se baignent au Rhône sont la pépinière de ces lutteurs. Remoulins, sur le Gardon, cite plusieurs illustrations de cette espèce. Saint- Quentin fut la patrie d'ArchambauU. Les naissances douteuses donnent lieu à des querelles. Domère ne fut pas revendiqué avec plus d'acharnement par Chio, Scyros, etc. Aussi, chaque affiche distingue précieusement le pays, et signale bien clairement : le parti avignonnais. le parti lyonnais, le parti du Gard, le parti marseillais. Quand un lutteur étranger est vainqueur dans l'arène, les rivalités grondent sourdement ; les parieurs aigris murmurent contre le malencontreux lutteur : — A pas péta d*eschino ' / crie la multitude. On rapporte que les deux célébrités nîmoises actuelles, dans un défi qui leur fut porté par Marseille, indignées de se voir ainsi chicaner la victoire, renversèrent leurs adversaires avec tant de force et de rudesse, que plus d'un d'entre eux ne put se relever sans secours, et que le peuple irrité faillit mettre en pièces les vainqueurs.
Entre deux lutteurs en renom la ville se partage; tous prennent parti pour Tune ou l'autre faction, ainsi que pour les hleus ei les verts du cirque de Gonstantinople. Chacun raconte de son lutteur des histoires qui font pdlir celle de Polydamas, qui soutint une caverne prèle à s''écrouler, et de Milon de Crotone, qui tua et mangea un boeuf (d'autres disent un mouton, ovem et non hovem, ce qui réduit singulièrement le prodige). « Un tel, disent les prôneurs, près d'être écrasé sous une roue de charrette, la souleva é quelques pouces de sa poitrine jusqu'à ce qu elle eût passé*. —Un autre élève jusqu'à sa bouche une cornue de vendange pleine de vin aussi aisément que nous autres débiles approchons de nos lèvres un verre à pied. — Un autre crève un baril d'un coup de poing, et a été surnommé pour ce fait Crè5obouto *, etc., etc. » Blalgré tous ces témoignages de chaleur et d'intérêt, le lutteur est mal considéré. Un paysan aisé montrera autant de désespoir en voyant son fils dans l'arène qu'un respectable bourgeois de la rue Saint- Denis en sachant son fils engagé dans une troupe de cabotins. Cela tient au pr^ugé qui poursuit tout homme
> n n'a pas craqué de Téchine; expression pittoresque pouf l dénier la victoire, s Grève-toDoeaa.
Ui
LA NOURRICE SUR PLACE
l'enrant: une nmirriture plus tigonrentp est offerte é son esiomac. La oourrice comprend que son régne touche au crépuscule; an lait succède la panade. C*est alors que, pour prolonger autant que possible la douce existence qu'elle goûte au sein de Tabondance et du far niente, elle a recours aux ruses les plus adroites. Tout ce que son esprit excité par la crainte lui suggère pour reculer le terme fatal, elle l'emploie. Un quart d'heure avant la présentation de la soupe abominable qui lui donne le cauchemar, la nourrice abreuve Tenfant de plus de lait qu'il n'en désire; et l'enfant, qui tetterait volontiers jusqu'au de Viris illuitribui, repousse avec horreur le mets qu'on lui pré>ente, sans prendre garde aux cajoleries Hont on l'entoure.
Ce manège dure un certain temps; mais enfin l'heure critii|uea sonné. Malgré ses roueries, la nourrice ne peut éviter l'épreuve du sevrage, et son régne finit le jour où répreuve commence.
Elle se sépare enfin de son nourrisson avec des larmes et des gémissements : Madeleine repentante ne pleurait pas davantage. Mais ce n'est peut-être pas la tendresse seulement (|ui h rend si plaintive et si larmoyante, un autre sentiment se mêle à sa douleur : elle pleure ses revenus directs et ses ressources indirectes, sa molle oisi ▼été, et la chair succulente qu'elle a si longtemps savourée. Dans la bruyante expression de ses regrets, l'estomac a autant de part que le cœur.
Quant à l'attachement malernel qui accompagne et suit l'allaitement, à ce que prétendent certains philanthropes, Texpérience démontre, hélas ! qu'il ue subsiste pas longtemps et ne résiste jamais à l'absence. Sa durée, le plus souvent, égale la cause qui l'a f.iit naître; et, quand la cause n'est plus, l'attachement s'évanouit Cependant on compte quelques exceptions i cette fatale règle.
Lorsque la nourrice a quitté sa première place, la comparaison de ce qui est avec ce qui a été lui fait vivement désirer de regagner le bien perdu; parfois elle s'éveKue avec tant d'ardeur, qu'elle parvient à trouver un second enfant à nourrir immédiatement après l'autre; mais ce cas est rare : les familles prudeutes ne veulent pas d'un lait déjà vieux. Le plus souvent, elle retourne au pays natal, au sein de sa famille, près de son mari. Mais elle s'est déshabituée au travail ; les souvenirs du
luxe de l*bôtel | b la poorsnrrest èÊm h fan où l'aisance habite a ] :. Alors die pirnila km mari, bon gros lab eur. iple el ouf, q«e k fit nité est une source puisaoïe de riclMMCS, d qii# que enfant que le cicj «ui vu«oie est une
fi
dont il lui fait cadeau, sans qa'il y meUe sien. La fortune viendra sans grandie ffiligiie pav Ûk jour où il aura doté le monde d*iuie chérubins.
Le fermier ne sait rien é opposer à d*< nements marqués au coin de la logique; et, il se trouve si bien convainca» que, neaf retour au village, la nourrice aecoache d*wi atiM» fant, on, pour nous servir ie son langage, tmÊWL velle rente.
Alors elle retooma é Farit» et poatnle ana piv^f sa forte et belle santé campagnarde ne tarda pnik faire obtenir. La fermière redevient noarriee:di» commence encore la série de aes traTani» de ries, de ses promenades, de aes diplomatiqaas cnn sions; pendant vingt noovaaoz mois die expiais n nouvelle maison, et, plus halnle encore cette fÉ^é fait rendre é lenfant tout ce qull est possible fip rer, en pressurant les bons sentiments qnll isspÎRii mère.
Elle économisa et fait paiiar an pays de mes successives, qui, un jour agglomérées» la valeur d'un pré ou d'an moulin; elle lecipsri ps» peu un vaste trousseau dont elle paye chaque un merci peu coûteux, et elle liAtit raisancaditsn» nir en détournant les miettes do présent.
A trente ans, elle clôt sa carrière. La nonrrieeafrt ou cinq enfants au moins, souvent plus la fienat ig tient é son mari; quelques petits champs s*amaii alentour : elle a payé le tout avec des goottes de lia
L'allaitement, je dirais presque le nonrr^el. aV mon respect pour l'Académie, est aiyourd^Wa aai fession périodique et lucrative, qui est en grai au village; elle fait partie des indositries en champs, et beaucoup de mères villageobea h pour une grosse somme dans VI ^qu'elles concèdent i leun illas an les meunier.
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LE SÉMINARISTE
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