‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 49 sur 269 · L-Ua qu6 se · texte numérisé non relu

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lulleur doit renver<!er deux hommes, et quelquefois , suivant les conditions faites. Si nul ne se présente ; la première victoire» le prix lui appartient. Ce prix de 50 à 500 francs, en proportion de Topulence ommunes. Les artistes du premier rang reçoivent lomme flxée, même après avoir été renversés. le des plaies de la lutte, et qui en amène la décae, au dire des amateurs, c*e>t la dôloyautô de ses îfvants. Par une conduite fort expliciible du reste, •ci préfèrent gagner la fnoilié du prix, moins les la- I et les chances alc.itoires du combat. Aussi deux nés qui luttent au même dogré de force et de repu- I, et peuvent craindre réciproquement une défaite, renl ûxer la destinée, et l'un d'eux convient d'avance lier le rôle de vaincu; puis, le prix remporté, grâce le concession, est partagé entre eux. Quand le peuoupçonne une surperchcrie de ce genre, il mur* j, crie qu'ils s*entcndent et les fait recommencer, quelquefois la d'-loyantéest du côté du peuple qui, ononçant les paroles sacramentelles : À peu touca *, se donner double plaisir, comme un dilettante qui lit bis. Dans d autres circonstances, une coalition dit contre un lutteur robuste; au contraire de la dision d*llorace contre les trois Curiaces, ils s*unissent contre un. Le plus faible vient éprouver les forces dosse, et prolonge sa résistance autant qu il peut le fatiguer. Le second, plus vigoureux, engage une sérieuse, lasse son adversaire, et, si celui-ci n*est errasse, le troisième, frais et dispos, supérieur aux premiers, combat souvent avec succès le rival dont trces se sont épuisées dans les luttes précédentes. oiquMl n'existe pas une loi aussi terrible que celle unissait de mort toute femme qui assistait aux jeux piques, les dames n'assistent plus à ce spectacle : Dnvenances les en ont exclues, et surtout les acciqui, dans toutes ces prises de corps, arrivent souà la frêle étolTe de V inexprimable, seul vêtement )ortent les lutteurs. En revanche, les maîtresses des iirs assistent, inquiètes et éplorées, a ce drame palt d'intérêt pour elles. La grisette et la paysanne y dent, et ce passe-temps l'emporte souvent sur le plai-

ne celui qui veut lutter se présente, qu'il vienne au pré. lue celui qui veut lutter se présente, le rond est fait.

i n'a pas touché [ses épaules n'ont pas touché la terre).

fai

sir de danser lou eongo, la$ treiJhas, et la falandoulo.

Le lutteur, à part sa nudité académique, n'a pas de costume spécial; mais l'on remarque dans sa toilette, quelquefois assez soignée, le goût général du peuple pour les couleurs tranchantes, qui se révèle par un gilet sang de bœuf ou une cravate d'un rouge êcarlate. Ils ont d'ordinaire les cheveux courts et ras à la malcontent, le chapeau languedocien en feutre gris relevé et liseronné autour des bords, la veste du paysan. Plusieurs, grâce à leurs Pénélopes, ont du linge fin, et j'en vis un qui s'enorgueillis.<:ait singulièrement d'un jabot volumineux disposé en arc sur sa poitrine.

Outre le lutteur proprement dit, qui vit exclusivement de ses victoires, qui n a pas d'autre métier, qui, professeur théorique, développe les éléments généraux et ses .«systèmes particuliers il y a le lutteur d'occpsion. Comme tous ont quelques notions sur la lutte, c'est un paysan aux formes massives , aux bras musculeux. que le prix allèche, ou bien (anomalie heureusement fort rare) un je me homme de famille distinguée, cédant au désir impéri "iux d'exercer des forces remarquables. Mais, comme luit dur de ce genre, celui qui tranche sur tous les autres par son originalité et sa bizarrerie, c'est le earraco.

Le carraco fait partie de cette grande famille inconnue, éparse sur les points du globe, condamnée à la vie errante et nomade, sauvage en dépit de la civilisation qui la cercle. Les Pyrénées rejettent celte écume dans les provinces méridionales. A chaque fête, ces gitanos viennent allumer la veille leurs bivacs aux portes de la ville, et, le lendemain, on les retrouve s'épanouissant à la lutte d hilarité* et de bonheur. L';ippât de quelques pièces d'argent les fait toujours entn r en lice avec les miechommes. C'est alors un grand divertissement pour les spectateurs. En effet, les carracos (nom injurieux qui veut dire aussi bien voleur que bohémien) sont en ce moment la race souffreteuse et méprisée dont la gaieté cruelle du peuple a toujours eu besoin pour s'en faire un jouet passif, ainsi qu'ont été les juifs pour les chrétiens du moyen âge, ainsi que sont actuellement les Chinois pour les Malais. Le carraco est donc le loustic involontaire, le pana, le souffre douleur delà multitude. On rit de ses gestes frénétiques, de son corps brun, de ses membres grêles comme ceux de l'Arabe, de la façon dont il grimace vis-é-vis de son adversaûre, qu'il fixe de ses yeux étincelants, en lui montrant ses dents blanches au milieu de sa barbe épaisse et noire. 11 est, du reste, fort

LE LUTTEUR

pUiwnt de Toir U tribu sniFre avec anxiété cette lutte, où se réftont la quettion d'un bon souper et d*UDe joyeuse orgie; et le lutteur exprimer sa joie après une vicloire par le* folies les plus bizarres, en bondissant comme un cheTreau par toute Taréne tandis que, dans la silnalion contraire, il nie avec opiniâtreté, et les bras tendus an dtl. qu'il ait été vaincu, lors même que ses épaules sont encore maculées de terre.

Le lutteur cumule aussi souvent ces fonctions avec celles de toréador. 11 est un des acteurs des courses et des fertadtê. Sans armes, en bourgeron, le corps ceint d'une échar|)e niuge, tandis qu'un compagnon munie à cheval harcèle le taureau, il détourne la fureur de l\inimal sur lui-même, et se glisse, dans les moments dangereux, sous les charrettes disposées en fer à cheval qui forment la lice, ou franchit la barrière si la scène se passe dans \m Arènes, Butin» après quelques passes» H dirige sa eaursa vers re:tlrémUc uù k^ fers se préparent dans un brasier allumé, altend de pied ferme k râroiicbc habitant de la Camargue* le sohtt par \q% cornes, le U\l trt'buciicr. cl le tlrnt a terre maintenu et dom|ité. tAndts qu'on applîtiiic à l'aiiimEiL sur le^ cubées, uue élampe rougie an feu. qui le sligni8Li!^i* du nom înefTftçable de ses mailreiï, et le fait e^icbvo. Les plus célivbres loread jrs sont Bft railler, Jiics|ucs. Faiiiet de Va u vert» lltnvel Celuici, répuié pûur son nrlret^sc dans ce^ jeux din^eieux, renversé dans une luUe à plusiteursi j eprî^e^ par k fa-

meux Maxard, se releva arec dépit en loi coftctiiel, t^awrla tomba 9*amé$ dm bémm K

Le lutteur, jaloux de sa gloire, se retire sent ses forces s*anaiblir, pour ne pas enteaèta rer autour de lui :

Trop longtemps le vieillard est resté tor k wIêl

Il se marie et devient jardinier on tejflf * d'an a rie; mais les rhumatismes, les dooleurs, friib è excès, de tant d'efforts physiques, de Ticloircs «â au prix de contusions, de chairs froissées d rétendent de bonne heure sur un lit de moins qu*il ne soit toréador; alors il a b cbaceA au préalable éventré, et d'entendre en moanstuii cinpie 8*cbranler aux clameurs des gens difnpii dîjiant les uns aui autras en frdppani dan^ Um À btn fa lou bau, l'a ben fréta. Va htm pafi*Jlii tous raconteront d.ins leur famîlk ffiif^ U loQiitfl ténssante. et (^u'il y a ru uo maladrall toriafeu un lourdaud, un pounU&ucan * qui t'est latl Hk Ce sera là son oraison funèbre.

^ Ail 1 coquin, je t'auraîi renversé, ai l4 avtit isi^

' MaUre-ral£t.

^ Le taureau s bien 3gi« il Ti bien fr^ïii^^ tffi liaia

^ Tvrtm àt m^pm : \m luHxiiac f«il»>?, îotiçtMc )ê0 muni, un emplàire.

LE M4RGHAND DE COCO

JOSEPH MAINZEK

arcourez la France dans ses qualre-vinglsix départements, interrogez l'une après ]*au Ire toutes les classes de la société: du travailleur au sinécurislc. de l'ouvrier qui mouille son pain noir de sueur au propriétaire opulent,du garde champêtre au pair de ■ance, montez tous les degrés de l'échelle : vous ne 3uverez pas un individu plus paciGque et plus doux le le marchand de coco, une industrie plus calme et oîns compliquée que la sienne; vous D*en trouverez pas m plus qui soit plus fidèle aux vieilles traditions de »stume et de manipulation. C'est toujours le même taîer blanc, noué autour des reins; le mAme tricorne, icadrant toujours d'une façon assez burlesque une face rge. aplatie, dont la physionomie est ordinairement npreinte d'une bonhomie toute joviale; c'est aussi la éme liqueur fade, d*un jaune pâle, et d*un caractère si nocent, que le peuple qui ferait an usage exclusif de

Le gaUIard, le verre à la mais, Au oiesticr qnMI fait D*est pas asne : Il vend aux aaires sa tisane Et gagne pour boire do vin.

Ccitumeê 9ou9 Louis XIV.

cette boisson serait, je n*en doute pas, de tous les peuples de la terre, le moins remuant et le plus facile à gouverner. Si j'étais souverain et tyran, je ne voudrais pas que dans mes Etats il. fût permis de vendre et de boire d'autre boisson que le coco.

A peine levé, le marchand de coco s'assure si sa fontaine est en bon état ; il entretient, â Taide du Iripoli, le lusire et la fraîcheur du cercle de cuivre qui Tenibellit à la base et au sommet : puis il procède à la préparation de sa rafraîchissante liqueur. Sa foutaine se compose à rintérieur de deux compartiments qu*il remplit également d'une eau limpide. Dans Tun, il introduit quelques b<1tons de réglisse : voilà pour la boisson : l'autre ne demande aucun ingrédient : I eau quMl renferme n'a d'autre destination que de s'échapper parcimonieusement deux ou trois c<'nts fois dans la journée, pour avoir Pair de rincer des gobelets toujours essuyés au même tablier. J'avoue que, si j'étais consommateur, j'aimerais autant que mon gobelet ne fut pas essuyé.

Ces préliminaires terminés, notre marchand étudie le jeu de son double robinet, fixe sa fontaine sur ses épaules au moyen d'une courroie, accroche é sa ceinture ses trois ou quatre gobelets argentés faits en forme de coupes élégantes plus ou moius bossuées; s*arme du bétoo

LE MARCHAND DE COCO

qii*é chaque halte il placera sous la Immc de «m fardera, s'en servant comme d une troisième jambe, afln ^^ maintenir I êquililire, et se met en marche. Il fnit son entrée dans la rue en poussant le cri : Â la fraîche I fui veut Mre?

k la rnicb*qui tcuI boir*?

qui salue le premier rayon du soleil pour ne s*étclndre qu'à la lueur artificielle du gaz. Ses iireniiers pas sojt leuU et mesurés, il trre assez tristement jusqu'au milieu du jour; mais, à mesure que le soleil monte à Thorizon, sa démarche devient plus t Ive. ss voi\ s*élcve pcr de^cs jusqu'au diapason le plus haut, le son de sa clochette devient plus aigu et plus pressé : le marchand de coco a presque perdu sa gravité philo^ophiq<ie. Comme il envelop|ie tout Paris dans le vaste réseau de son industrie, on le trouve partout où quel(|iie gosier populaire et altéré peut réclamer son iulervenlion : dans les rues, sur toute la ligne des boulevards, â rentrée des promenades publi«|ues; à la barrière même, bien qiie sur ce tlié.1tre privilégié de tant de libations on préfère ^néralemeut de plus éuerglipies liqueurs.

Le soir, il stationne à la porte des bals et des théâtres; les boub-vards Sninl-Marlin et du Tem|»le sont les Tkîuv où Kon industrie brille alors de 1 éclat le plus vif. Au moment où la foule, désertant IMutéri ur d'une salle échauffée fiour vinir respin r un peu d'air â la porte, annonce qu'un entr'acte vient de commencer, le tin tin provocatcnr «le vingt clochettes se mêle aussitôt au cri : Â la fraieki!

A la ^fraich' veut boir'*

qui te trouve être en cette occasion fvarfaitement de circonstance. Chaque marchand de coco devi- nt le point central d'un groupe nombreux où figurent à la fois la grisette sentimentale, les yeux rom|ilis de larmes, et le titi goguei:ard, qui panidie la scène terrible ou pathéti* que à laquelle il vient d assister. Dieu sait combien de foi«i, dans l'espace de ce bienheureux entr'acte, le marchand joyeux a décroché, rincé et raccroché ses quatre gobt'lets, et combien de fois sa main s'est ouverte pour percevoir les deux liards d*usage ! Mais la sonnette du ré;;isseur se fait entendre; les spectateurs se h.llent de rejoindre leurs places, le boulevard n'est plus occupé que |»«ir quelques vendeurs de contre-marques, et le marrh.-rnd de coco profite de cet in>tant de répit pour aller faire nouvelle eau é la première lK>rnc-ronlaine. L'entr'acte suivant le relrouveu â la porte du tlié.1tre, prêt â fitire jaillir de sou inépuisable ntbinet cette liqueur écunifiisf> qu'on pourrait appeler la limonade gâteuse du prolétaire.

Les théâtres n'ont pas seuls le privilrge d'olTrir A notre induslrinl ses moments de bonuf fortune. Une revue de la garde natimale, une rour^e de chevaux, un ballon lancé dans le Champ de*5l.irs, les féte« publiques qui fout courir la |iopuUtion soit aux Champs E.ysécs. soit à la lUstille, soit à la l»arri<*re du Troue, sont autant d'occalons de g^in pour le marchand de coco. Uans la belle

saison, on le rencontre smr les promeneurs, dans les foire», aai portée des pn Saint-Gloud et de Versailles, partoal oâ i1 y i db et si le ciel, exauçant ses prières, permet ^m le j soleil de Paris te donne les airs d'une chakvM riale, il se lance avec jubilation dans la foie de h la et va jusqu'à doubler le prix de soo liquide.

Il y a cependant dans sa vie calme « t si r^^sEaii tant d'épo(|ues qu*ii y a de Misons dans l'année. >ai heur suit les variations du débit, et celoi-d looa de la température : comme l'été est l'apogée deaii l'hiver doit en être le déclin. Mais il j a en lii ai mour de l'art, tant de religion poor ses haUiaiB lutte courageusem*^nt contre le froid. Il ummLti sa liqueur ao plut haut degré d*ébullitioo ctv vent et la neige, alon même que le themow» que le fatal degré de la congélation des liquiéa verrex passer tritte et grelottant, mais impotsHi fipT, et comme une protestation muette coofetent son maudite.

Je fi^iis ai présenté le marchand de coco ém ai primitif, mais gardei-vous de croire qu'il «oit Kii rebelle au progrès ; la civilisation est venue JBfiii Il est vrai que, s'il améliore, c*est avec lentnre» dence. et plus souvent dans son propre ioléréi^B celui du consommateur. Ainsi, les pins gnafeid calions qu il ail jusqu'ici «ipportéos A son eu pour but de lut procurer pins de pnitiwKH de p: ine. Les moyens de transport et de di^rèiias pu être perfectionnés: quant au coco, il eAkÊmm muab'e; seulement, quelques cerveaux lafaora» nisés lui <uit donné des auxilibires. Il n'ettpim,^ exemple, de voir au coin de certaines pljc»s, ètvtiB promenades, d>s marchands, et pins soevestlan chandes. remplaçant alors le tricorne par sa n*è peau de paille, étaler sur une table recoavcfte f «i tite nappe deux carafes, dont Tune cootieat àfl tandis que dans l'autre surnagent trois ou qaatft firi de citron qui communiquent l'acidité de Irsrjaii eau parlaitement veuve de sucre, tin en trtmri qui poussent le raffinement jusqu'à faire Jet piiyrti d'eau de groseille et d orgeat. L'été dernier, «^ nombre de petites charrettes, surmontées fèf tonneaux, circulaient dans 1rs rues de Paris, (éti^ gosiers desséchés de la limonade et du âàr^i ai*> verre. Enfin, il y a des march nds, priuiipahstf l'entrée du pont au Change, et vls-i*m I UélrlàV qui disposent siur une table, an lien de fbntaÎMiài ritibles édifices artisteraent façonnés, qm itff" s'y méprendre (â la matière et aux propnrtimi pt dôme écrasé «lu Panthéon, et la conpole dorer è>li lides. voire même les tours superbes de P Mais ces nuances, hAtons-noas de le dire, i*' pas entre eux d'orgueilleuse dilTérence, et l'aMni rirn runiformité df |eurs mceurs Je citera WÊ0 trait de carart re qui leur est commun A Uhu : M| soit défaut de confiance dans la vertu du caca.akf ne pas Hiire dire qu'ils boivent leur fonds, iliaH bi<*n de dét*)urner à leur proflt la moindre émé\ mrrveil.euse liqueur; quand Ils ont soif, ik wftdi marchand de vin. et ils ont soif trés*soavent»

Four le marchand de coco, il n'y a ni datta^al* ni litres : que vous voyet un diplomale anttÛM prince rus>e rinmnrré de décorations, on wm wêêÈ de |H'BUx d»* lapins, il ne s'en inclinera ni plat lia devant vous, il tournera so» robinet avec Itariailt et, |>our rincer son golielet. ne versera pasMtf d eau de plus. Vous êtes i

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LE MARCHAND DE COCO

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6 '/aqiKjôh —

\m\ liards dans votre bourse : il n*cD demande pas da- 'VDtafre.

Od peut bien conlesler la vérité de cet axiome de la Siarte ronstîtutionnelle : To\jl% les Français sont égaux Uvant la loi; on ne contestera j.imais In vérité de celuii : Tous les hommes sont égaux devant le marchand Itcoco,

On rencontre quelquefois, parmi les marchands de ;oro. de cette boisson si éminemment pacifique, des »hy<ionomies prodigieu8<ment militaires. On en voit qui ^orient des moustaches, d\inties de longues barbes, en ouvenir de leurs b>'Jles années de service. Ils lisent le [>urnnl quand, par hasard, ils peuvent en attraper un, [iielle que so^l «m date. Ils sont animés des sentiments BS plus guerriers et les plus français; leur fontaine a

souvent la (Drme d'un temple grec surmonté de drapeaux tricolores et enrichi d'inscriptions ; sur Tune on lit : Gloire au courage l sur l'autre : Honneur au dra* peau français! sur un troisième : Aux braves rtmmortalitél Le marchand lui-même est, par son physique, â la hauteur de ses patriotiques inscriptions. 11 a l'extérieur d*uo vieux militaire qui ne semble pas avoir bu beaucoup d'eau dans sa vie; et, s'il porte sur son dos le paisible et peu dangereux coco, sa face rubiconde et Téclat de son nex écarlate protestent ouvertement contre la profession de son choix.

Il y a des hommes à double face, des hommes qui renient leur passé ; notre marchand de coco fait mieux encore : il renie son présent. Par derrière, renseigne du coco; par devant, celle du vin ; d*un côté, le symbole

LE UARCnAND DE COCO.

de k |»aix éternelle et i tout prix: de Tantre, les traits d*QD matamore qu*oa dirait D*aYOir veeu que de cartoQches et de coalisés

Le marchand de eoeo Wi pelle que la même iode ie cardé le souvenir d'aoe aes

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Il >erail a-«îurôm ni diffi» île de citer une profession dins laquelle les Ljn.jûces >oii;nl plus considérab'es en rai^oa des d^Loiri'}': cl. fourlanl. c'asl peut-être de Irilf^^ Celle q':i con Isiit le m liiis à la fortune. On voit, p imi 1'-* injr«:b;r;d< de coco, de trop vieux visajçcs pour ::i*5or j pe!js?r q Vils se relirenl jamais propriétaires de m:î'i i;^ de carni'">i'nc ou de renies sur l'Etat.

D-rni'-remenl l'un d'eux, voulant corrij^er sans doute re C'j!'* fî«;heux de son coinniprce. avait entrepris d'y joiuire une Lr.iD'^îie qui proineltail de devenir assez productive. Chaque matin il sortait de Paris, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; il rentrait le soir, et avait fait une excell nte journée. Tout son secret consistait à faire remplir d'eau>d«^vie. hors barrière, un des deux compartimeoti de sa fontaine. Depuis un mois environ, notre homme faisait aiu>i sa petite contrebande, et tout allait à menretile. Un jour, jour fatal ! comme il était sur le l*oûit de rentrer dans Paris^ un commis de l'octroi l'arrêta

pour lui demander an Terre die coco. Oi i de Toctroi va-t-il prendre l'idée d'avoir Hi(«ao de se désaltérer avec une pareille boitMBÎUHÉr s'empresse de remplir an gobelet, et le frimÊÊtm mis avec toute la grice imaginable. CeM-da'hpo tôt goûté le liquide, qu'il poasse an cri i*adûibi app^.lle quatre ou cinq de ses collégncf fÉl in suivre son exemple. Les gobelets sont renipb in en un instant, et chacan s'extasie. Fnrhirf en consommation ioattendae • le marchand lad li ■ pour faire sa recette; mais, au lien de pijcr. kiua l'invitent civilement à entrer au boreaa. Lin^a charge de sa fontaine, et ie pauvre homme letoèi a s'expliquer les éloges llattears prodigoés à n nn chissante liqueur : la cloison int *rienre s'clol te dée. et Teau-de-vie. se mêlant avec le eoeo, M as culeusement transformé oeluFci en un frsf <

Virchand de coco S9us l.ouîs XV.

LA PORTIÈRE

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