I/AUTEUR DRAMATIQUE
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ne quatre quarts de pièce font toujours un aulet, la postérité n*y perd rien et la gloire du en augmente. On est auteur dramatique pour oses différentes! pour le titre, pour Tidée, pour
0, pour le dialogue, pour les couplets, pour es airs, pour faire recevoir la pièce, pour diss la censure, pour surveiller les répétitions, r son nom à l'auteur endetté, enfin, pour quelet quelquefois pour rien du tout.
ent plus facilement auteur dramatique qu*épii*est pas épicier qui veut! Et n'était la crainte l'utile corporation si admirablement réiiabi-
1. de Balzac, auteur non dramatique, — le peinliature badigeonne mal les décorations, — je t Fauteur dramatique est Tépicier littéraire de |ue. Mais repoussons une comparaison peu fal'épicier, quelque droguiste qu*il soit. S*il le il peut être modeste : ses balances lui rappelcesse l'égalité native des hommes ; il n'a pas i et deux mesures; et, s'il le veut, il peut être mandez donc de la modestie à l'auteur d'un e, et de la probité au ?audevilliste ! il n'y a pas dans l'épicerie : ghiu et patrie à l'épicier !
Cependant, nous ne saurions le taire, l'auteur dramatique est boutiquier manipulateur : il broie son cacao sur un dictionnaire, il distille son huile de roses dans un encrier, il mesure ses vers à l'aune, il pèse ses ingré* dicnts d'après la recette classique ou romantique; puis il coule ses actes dans le moule à chandelles, où tous les auteurs dramatiques, ses confrères, coulent les leurs, cinq à la livre, plus ou moins. C'est ainsi qu'on éclaire la France, c'est ainsi que le suif littéraire lutte avec le gaz de l'industrie, et que notre lustre national projette ses rayons jusqu'à Saint-Pétersbourg! L'adepte qui dans l'étude de son avoué rêvait la gloire littéraire, devient donc, sans y songer, un misérable canut, un filateur de scènes, un tisseur de péripéties, un tailleur dramatique, flairant la mode, guettant les circonstances, interrogeant le caprice d'un public blasé, retournant les vieux habits pour les vendre comme des neufs, s'ingéniant à mettre le commencement à la On, i changer les épiques et les noms, à profiter de l'esprit des autres;... mais cent mauvaises pièces rapportent plus qu'une bonne : à ce compte on se fait un nom, une fortune, sans se fairt /ennemis.
La baguette de Tarquin ne frappait fue les ptyots d»
Paris, lop. de Edouard Blot, rue Sûot-Lows, 4«.
I/AUTEUR DRAMATIQTiE.
qualité : le poète habile ne doit jamais dépasser le niveau de SCS confrères.
Je sais Lien que le public est parfois singulier, qu'il prend mal certaines choses, a ses mauvais jours, qu'il nidoic Cnligula.,, mais il caresse Mademoiselle de Belle- Isle, et tout se compense. C'est surtout dans la vie de l'auteur dramatique que le système de M. Azaîs reçoit son application la plus étendue : des sifflets, mais aussi des bravos: les critiques du feuilleton, mais le bullelin du caissier; l'exigence des acteurs, mais la vie qu'ils donnent à de pâles et frêles traits de plume. Ou tombe, soit, mais on trône. D'ailleurs, n'est-ce rien que d'être l'âme de cet univers de carton dont on fait mouvoir toutes les machines, que d'être l'ordonnateur de r^ pêle-mêle de palais et de chaumières, que de commander aux orages? L'auieur dramatique sur les planches d'un théâtre est le fiai lux au sein du chaos, c'est le ciel et l'enfer, l'objet des bénédictions et des imprécations d'un monde de coqutttes et de pères nobles, de rois et de niais, de figurantes et de figurants. Aussi, voyez-le, providence, espoir ou terreur, arriver les mains dans ses poches, et le manuscrit sous le bras, le jour d'une distribution de rôles. 11 lit, on écoute; les vanités sont en ebuUilion, personne n'pst content de son lot , tous envient celui des autres : Vmgénue veut un peu plus de candeur; l'amoureux demande une autre déclaration ; Araminthe exige une c,'raudc tirade. Mais tout s'apaise aux promesses d'un nouvel ouvrage. Avant la lecture d'une pièce, l'auteur est une puissance, on le courtise, il fait ses conditions, il obtient ce qu'il veut; les rigueurs expirent, les intimités commencent, les haines s'oublient; l'actrice. Tacteiir et l'auteur se confondent dans une même espérance, jusqu'à!! jour du désenchantement, jusqu'à cette première rcpré>cnlation où la vérité se fait entendre de part et d'autre, après le jugement du public. — « Mon rôle est mauvais. — Dites que vous le jouez en dépit du l>on sens r> Les récriminations durent vingt quatre heures; et la iirochaine nouveauté change tout sans rien changer.
Je voudrais bien vous peindre l'auteur dramatique dans un eutr'acte de la première représentation de I un de ses ouvrages : l'anxiété ou la satisfaction avec laquelle il re}:arde le public par le trou du rideau, prouvent moins pour h pièce (pi'clles n'iudi(|uent le trait caractéristique du patieiit. — Il y a l'auteur dran»atique qui doute de tout, et cC'lui qui ne doute de rien. — Le premier, haletant, suant à grosses gouttes, le cou tendu, n'entend ({lie des murmures d'improbation; la moindre toux l'ef fraye : sou cœur suspend ses battements, il sourit, il pleure... Tattlôt c'est le public qu'il accuse de ne pas écouliT; tiinlùl c'est l'acteur qui va trop vite ou trop lentement; tantôt ce sont les machinistes qui se font attendre : ses jambes fléchissent sous lui, et il ne peut rc>lor en place. 11 marche, il s'arrête; les ex- Ciamntioiis qui sortent involontairement de sa poitrine trahi>sent ses tourments. — « Eh ! ce n'est pas celu, malheureuse î — Arrête-toi donc, bourreau ! — Ris donc, butor! — Cuisse donc les yeux, coquine! » Siifle-t-on : — *< J'étais sûr qu'on h s travaillerait â ce pas.sagc, ils ne l'ont jamais compris. » Applaudit on : — « Ah! on se décile ; c'est bien heureux, vraiment ! » Mais, â côté du lui, une actrice jalouse donne â ces applaudissements un motif étranger à la piéee : a II parait que nousavon> nos amis dans la Siille. > Puis il lui faut subir les re) roehos ou les félicitations du directeur et lu((i guanli ; puis enfin il se retire seul, harassé de son succès ou de Si dite, interprétant pour ou contre lui tous les mots
que le hasard lui apporte %ur soo p«««ap: n a dani, les feuilletons qu'il %e promit d^ irpifi qu'il lira tous, il va expier sa glnirn «iPT-r^r b geanre sur son lit de PnM:ii>te. T'est U ^1 irv trop tard, les situations fortes, les sc^tte^ «Mn»* les mots pi |uants qui auraient pu (aire uni Wwj de l'feuvre représentée.
Quant à l'auln , an second auteur, â Trair^j on le rencontre partout dan« la «lie, «a fc«r loge, à l'entrée dune p^alerîe; il se inwwi couloirs il traverse furlivrment le foy«r.î} rt du puldie, il exnlte les acteurs, il ramrf ■! monde ; à son oreille tous les mumarei Mla« il D aperçoit que des marques de joie. Oiifi/i le plus pathétique: — « Boo ! on le pra/api m est égal. > On sindigne : — c BîtrB!h«aH Kon effet. > On siffle à outrance : — rCN ■ C'est un tour de Faimy! C'est radmiaKMs p pas me payer ma prinie! » On redonUe, « kaij le rideau : — c La pi'ce ira cent (wijelmmi que j'ai plus de talent qu'eux. » Et »pmim^ mener son intrépidité sur le théAire, oâ il n où on lui demande des chan|çemeiiLs. en c Non. rien, dit- il. je n*6terai |ia<( an ■•Lftfi monté, je le savais... La pièce a tr^kin ■ I^lis il va rejoindre ses amis les feulIlHaaHfei tendent à table où l'on table lesdroUl'j tine, l'agaçante et la mélancoli<|ae AdHc, conforter un amour-propre qui ne s'eafvni démenti ; les belles petites qui omtjomi mmf sollicitent kur amour d'auieur pooréi le pacte est conclu, sigi»ô, scellé. G r4 vj diaijolique, un concert d*i#iges êtourfiatf t^f^ que. On le voit donc, il ne 8*a^t qK km^ prendre les choses.
i/honneur d être l'idole des actrices, TiliÉi
tcmplation extatique des claqueurt et lci|0A>l immense sans do«lf:wii
ch..nds de billets est immense sans immunités plus réelles attendent ï dans la vie sociale : il ne paye pas plosiipli pair de France, car il oO're é l'Etat leski ki morales d'un homme bien penstant. AaMHli croix d'honneur, à titre d'enconrayeaaL ■ auteurs dramatiques mérit nt la croix AMtft le prix de sagessit, c'est le prix de bmÊÛ comme le fauteuil académique est k frit' graphe ou le prix d'ampliflcation !'■ aMri
tiqiîe, marqué d'un ruhmn ronge. nf«hR ^ demie, doit prétendre â tout, doit aller a h haute, — lisez la loi, — et â la Ghaviff ^ tés, aussi facilement qu'il a le droit i\ dnns les vingt-six ihrélres de Paris. Jeéi^ dei-enir membre. < orbleu croit-on qn*ilfC ter sp< dateur de la moindre eomêdie fi mange au r:\telii*r du budget le foin ées ihé.llrales. quelquefois mî^me TavoiM dci lik^ Le vaisseau de l'Etat a des ramenas delSBsbt chiournie est composée de gens habiln;tfi rien pour eux : la Méduie chaTÎre, mais lique. s'il n'est pas placé sur le radesn. ces bout> il les vides et bouchées que ks la mer pour laisser une trace de leur deville bouton de rose, qui it les dé.iôv di n'cst-il pas toujours â flot dan» lecBlM|iik d-mic: il donne dos prix de vertn, hû fd M' lie les recevoir! Le titre d .luteur dr4MlifH ^ leurs un bi*evet de longévité; on se on le porte ; il préserve de tOHs les