I.E NOTAIRH
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itres à copier des actes, à étudier des liquiangenl des maximes de Fénelon cl de Massil-* Mil 011, le patron sorti, resl«''s seuls, ils prcnlile récréation? L'esprit Irançais, comprimé ms poudreux du minutier, éclate en saillies
limites du drolatique. Ln langue de Habelais jr celle de Flori.m. On y de\inc les intenenls, on commenta leurs friponntries, on les !S clercs ne bafouaient pcs les clients, ils sclonstres : ils seraient notaires avant le temps. e la pensée dans la froide carrière du calcul •linage sont terminés par le grand nir>t du
Allons, messieurs, on ne fait rien ici î » Ce 5t vrai. Le clerc parle beaucoup, il conçoit vertueux comme un as de piquo. faute d'arnde plaisanterie des études à l'éî^'ard des nonest de leur présenter comme existants de chi- B monstrueux usages : quand le clerc y croit, lit On rit.
nts concertos ont lieu devant un petit fifarçon uze ans, Tespnir de sa f mille, à liHeblo.idc Tœil vif, le petit clerc ! cet empereur des gais qui joue le rôle de fifre dans cet orchestre les désirs et les intentions, où tout se dît, ('exécute. 11 sort des mots profonds de cette le parée de perles, de ces lèvres roses qui se
flélriroTil si vi!o. Le petit clerc joule de corruption avec les cltTcs, san<î connaîlr' la portée de sa parole. Une observation cxp/i'îurra le petit clerc. Tous les matins au bureau do la légalisation des signatures notariales, il y a une ;.<scin'Mléc de pelits clercs qui frétillent comme des poissoiîs roni;os dans un bocal, et qui font tellement enrager le personnage vieux et soucieux chargé de ce service, (pi'il eU à peine à l'abri do^cs jeunes tigres derrière son grill.'ige. Tel employé (il a failli perdre resj)ril) aurait besoin d'un OM diMJx <orgpnls de ville dans son bureau. On y a s'uigé. Le préfet de police a craint pour ses sergenis. Ce que disf^nlc.es petits clercs ferait dresser les cheveux à un argnusin, et ce qu'ils font altristcr.iil Satan. Us se moquent de tout, savent tout et disent lout, ne pouvant encore rien faire. Us composent à eux tous une es[iéce de léléi^'raphe sinijulier qui transmet dans les éludes et au même moment toutes les nouvelles du notarial. La femme d'un notaire a-t elle mis un de ses bas â l'en vers, a-t-elle trop toussé la nuit, a-l-elle eu des querelles avec son mari, le bas, le haul, le milieu, tout se sait par les cent petits clercs du notariat parisien, en rapport au Palais avec les cent petits clercs des avoués.
Ju.<^(|u'au grade de troisième clerc, les jeunes gens qui se destinent au notarial ressemblent assez à des jeunes gens. Un troisième clerc a déjà vingt ans : il commence à pâlir devant les contrats de vente, il étudie les liqui*
Paris. Imp. de Edouard Blot, rue Saint-Louis, 46.
LE IIOTAirE.
dali'ir.î. il f.i'<h<5 «on droil *11 ne l'a p'J prati luê chei un 4.0'.'". il l'.rt'- i^> *orrri** irr-fori nie* â IV. r-r*- Ir^nr.-rl. il %a r^,^\fir «ur I*:* '-or. ra^s ^{4 ir.ïn.ice les ^i^rn .lure- d^^s p»-rvi maîe^ en in- lit*. W aj»-rço t .Un* U 4i<«r iio!i et U p» »b:lê r^l-n^i-l d»? -on êt^l. D ja le jeun» h'.fnme \t''vA »'hib"i'i- de ne f i* lont diri>. il p»Til f »:l e ?r.iC!»-M»e ijtiiiL".n--i'ê «le rrr'iivt-menl «rt d»=i«f. ?'•?*• '|«î ii.érite re re,* r-'hc : « Vo.i* f-'t^ un Pi.f r.l! » a 'y\\c,iii..\Mr ;a ? rde. .i r^ri^le. ao vivant, à récri»Hin. 5- i'^- «'Ire ili*rr-l iif: y^^W'' ; r ibe. jo'ir un trui^i-me rl»-'f, rV-i reioucf-r »'i îO»"»rîir C r i ►■ i-lr ■:.,>•! I»r-d»-iii êirin«-ii'*-s vf-rlij* d»î li-t'.l j réf-ii^te:.! 'lu* i alrri'i^j h»rre d H i'-Pi. ! j. f'«;ii lie rlerr.t '•? l *:j!.i ■'»r'ix rtm'>iiir:nci»s â re *»ijVi. \ U *woi.d- . d'aiîltur*. IN *.»nieiilrehvf.y« et d<i'iir • in'a|i.L!c- d'i^irt- ilin* U-< aT i-e-. Au «^cooJ cipn- rorri' 'J-fiC*- h rf-sj or.oii'lî!''- Cii--»!! r d»? IVinilp, il iii'ux !e r«''| er'oire, il c^: ch^rî-* il'i *« »-l, de la *ij:nr:iure. de lViir-;ri-irt:mrf.! en if:ni|.% utile, d- la collalion des ar e*. Le lroî-i»-fii»- c erc rit d-j: n oin* qne le> autre-, lïïiïi^ \' ^ectnd cierc ne rit {Iiih : ji rurt plus ou nioiu% d«' î! iil»r dans «-e» m»rc"ri«les, il »-M pliK ou nioin* sard''iiit|iii--. %uit\% il ft*'nl di'j I >i;r ^ n r|<.iiil*f« le pr:tit nian t**' u f<rtîf ici. Cipfiid.iiil il e^l |lu* d un seroiid rlerc qui M: ni'-lr eiirote n h vie de* cl* rc*. il fait eurnre nueli\uc^ |:.r!ii'% de Gani)a;:ne. il >e ri-iue .i |a Chtumirrc; fiiiii- a m> il i/a p.i^ viiijît<tii.| a m» ■ .1 cet A?»-, tout secuid cli-rr p^n'^e â Ir.iiiei' d-r »pu'lniif; cli.irge en province. effr;:yê du prix dt- élule? .1 P.ifi*, la»%é de la vie p iiisii nni , rnnieitt d'une de>lini''e modiste, preNS<:d être, SI l'in If» pUi^aiiierie ton^a* rée. s-m pmpre pnlmn. et de se ni.'irier. Les pinclieur^ de la ronfri-iie des clercs ont un divriiNçernfht particulit r ap| eli* tonféTen e. LVp il de la roufén-nce consiste â >e r'unirdauN un locil «pielri>iii|ue |Miur y agiier les i|iie>iionN ardui s de la jurisprudnnr- ; mais re^ a>Nenil)lées ,'il(iiuli>s«'nt toujours â des d>''jf'uners duniinicanx. payés par les amende^ enrourues On y parle licaucoup, chacun en sort per>i>tanl dans son opinion, ahsoliiinenl comme â la Chambre, inai> il y a le vole de moin<.
Li se termine la première încirnalion. Le jeune h' mime s'e^t façonné lenteiAeiit. il a eu peu de jouissance: les clirrrs sortent tous de finiille^ plus ou moins laboneuNe^, uti leur enfance «1 été sans re\<e n- bat lue de ce mol : « Fais fortune! » \U oui travaillé du m tin au soir Mos «(uiller l'étude. Les clerc^ ne peuvent se livrer â aucune pas>ion; leurs passions pnlissent Ta^phaltedes boulevard*, elles doivent se df'nouer aus«i promptemenl qu'elles se nouent, et tout cltTC ambitieux se garde bien de perdre S4)n temps en avrnlures romanesques; il a enterré ses fantasques idées dans «es invtiiiaires, il a dessiné sCs déïiirs en figures bizarres sur son garde-main, il ignore entièrement la gilanlerie. il tient » honneur de prendre cet air indéfinissable qui |>articipe â la fois de la rondeur des commerçants et du bourru drs militaires, que souvent les gens d'alfiiires outrent pour se faire valoir ou pour élever par leurs mani<*res des chevaux de frise en- Ire eux et les exigences des clients ou des amis.
Eiilin, tnus ces clercs rieurs, g-ibeurs, spirituels, pro* fonds, incisifs, perspicaces, arrivés au princi|Wilat, sont â demi noiaires. La grande affaire du maître clerc est de doDr.i-r à pinser que sans lui le patron ferait de fameuses boulettes. Il tyrannise quelquefois son |uitron, il entre dans son cabinet |iour lui souniett>edes observations. il en sort m«*routfnt. Il est beaucoup d*artes sur Icsqui'ls il a dr «it de vie et de mort, mais il est des affaires qne le patron s< ul peut nouer et cou luire; généralemeut, il est â la porte de toutes les conlidences sérieuses. Dans beaucoup d*êtudesy le premier derc a uo ca-
binet qni préci^ re^«i ém palTML Cb [ ont at-rs bo de^ d*împort*Bee de ^b Ui rifrcs.q-ii sijner.l ^p«' cl s'apfdleati malt €, «e C'inr.4Ϋ«^nl. f« TOieslri ie( n.i;Lr>: d anlr^-s ciercs. Il ^t an aoMHaà clerc ne penw- qu'à Iratler. il te biileihnp il peut souiçonoer l'exioeare d'oMdoLEi br*», il dine 1 denx (rancs quand il b'm pt le patron, il affecte on air posé, r ~ en.prinlent de bel>« nianî'*re< et se^ afin d'au^me: ter lecr im|oria'.ce ils lre-«i-i:tiir-. el. dn* le» ménges d^ ] hrasfs dîn< le penre de cel e«ci le be.-u-fr'îrt: de m- ^n sieur To'.re gendre : ire lille e<^t rèablie de «o^i iodis|OsitJK4 clerc ton unit les :,lli «i.ces boorzeoisc^i tre fraiiLai^ aupr*'» d'une f^ite coar ilb celle de tnus le> principicules. Ces clercs profi'S^ent des priiicî|»e> con^cmMii sent extr^nii>ment muraux. îU «e gardoih publi'iufmeut a li liOMilli4te, mai»ils| vanrhe dans Ipur» réunions entre aaiir terminent pT des sou|«r< bien siipcrMi< damlys. et dont le dènoûment Icv cviki 1 aucune soLttse seulimentiU : un prviMroera evt plus qu'un*' nion^lruokilé c>4si(l»i Dtpiiis environ une doiiz..iDe d'ann^ i clercs, il en est une treiilaiof! emiortâprii rivt-r qîii abandonnent réliide. se hli dVnlre rises induslrielle«, dircdeord mes d'affaires; ils ch rchent une ckwpa peuvent ainsi omser«er nue phfsîiMiM p u pri'sce i|ue la nature les a bili^#B< ans d exercice, vert treote-deui al ripai est |»endant quelques jours t il est alli iiit par une charge au esw.lâte' larie. ni dans Téglise. ni dans le ■ULiih ni sur le tb-ltre m^me, il n j a dr 1 giie à celui qui se fait chez cet hoaac.«i*< du j lurau lendemain. D*s qu'il e»livçii ce vis <ge de bois .|uî le rend plus aotairr fil avec son petit manteau ofGcîel. Ilakito^ solennelles, les plus graves, avec lef^ | amis, qui cessent aussitôt dVtre \ ment dissemblable de l'honine qa'U clâhi phénomène de a troisième incamatîaB 1 esi accompli : il est notaire.
Frappés des dêsavaiiLiges de leur podtn ■' d'une ville pleine de jouissances, qaitnda*^' venant, qui la relève d*une façon si ] les notaires au désespoir d'être, daas !•«« rai, comme des bouteilles de Tia deCli glace, froids et pétillants, oompriméi flti i*Ëmpire, les notiires avaient établi. ditfM' couverts dans les étndes, une socièlê de nfti' laquelle était au notariat ce qu'une soepiyifl^ m chine â vapeur. Secrètes étaient Icsi crets étiient les inlemiédes, êtnngenesl i \l' nom de cette société, où le grand < le plaisir, où Paphos, Cyth'Hre et wémt Udi* membres du conseil de di>ci|ilin6, oi It nerf de celle association niy>lcrimse H ji dait. Que ne disait ps rbisloire? On y 1 coup d*eulants. on d^eunail de pcUles ifoi> di* mères, on ne s'afieroefail |ilas ni din|i*^ ni de la couleur des graud'mêran snr ki bouillottes échevelées. I ^ioguhalt il lui taient que dos petits ( "os avpiis èi Mi|
LBNOTAIRB.
iQt le moins intrépide, le lendere et froid comme si son orgie n> i«si» grâce à cette institution où le spirations du malin esprit, le noors moins de faillites à compter n. Peut-être cette histoire est elle les notaires fiarisiens ne sont plus I, ils se connaissent moins, lenr ) avec les transmissions trop répé* ien d'être notaire quelque trente lercice est de dix ans au plus. Un le retirer : ce n'est plus le magismeil des familles; il a tourné trop
aniérei d*ètre : attendre les affaler. Le notaire qui attend est le noest le notaire patient, écouteur, éclairer ses clients. 11 est suscepon étude. Ce noUiire a trois saints le en s*înclinaiu devant le grand balançant la ti^te le clitnt riche, le tête au: t'*^*"*" dont la fortune I porte sans saluer aux prolétaires, s les affaires est le petit notaire à maigre, il va dans les bals et les le, il y prend des airs penchés, il te l'étudu dans les nouveaux quarses saints ; il saluerait la colonne On dit du mal de lui, mais il se le vieux notaire complaisant et iresque dispanie. Le notaire, maire , président de sa chambre, cheva- »nque, honoré par le notariat ent décorait tous les cabinets de no* In Tair parlementaire des conseilion, est le phénix de Tespèce : il
e consoler des affaires par Tamonr ni, le mariage est plus pesant que e. Il a ce point de ressemblance ! marie |)Our son état et non pour ire voit également en lui moins e. Une héritière en bas bleus, la lices d*une moutarde quelconque.
on de quelque bol salutaire» du cirage ou des briquets. Il épouse tout, même une femme comme il faut. Si quelque chose est plus original que la plate- bande des notaires, peut-être est-ce celle des notaresses. Aussi les notaresses se jugent-elles sévèrement : elles craignent avec de justes raisons d'être deux ensemble, elles sVvilent et ne se connaissent point entre elles. De quelque boutique qu'elle procède, la femme du notaire veut devenir une grande dame, elle tombe dans le luxe : il y en a qui ont voitnre, elles vont alors à rOpéra-€omique. Quand elles se produi-sent aux Italiens, ell s y foiil une si grande sensation* que toute la haute compagnie se demande : c Que peut être cette femme? » Généralement dénuées d*esprit, trés-raremcnl passionnées, se sachant épousées pour leurs écus» sûres d*obtenir une tran |uillilé précieuse, grâce aux occupations de leurs maris, elles se composent une petite existence égoïste trè^^-en viable; aussi presque toutes engraissent-elles â ravir un Turc. Il est néanmoins possible de trouver des femmes charmantes parmi les notaresses. A Paris, le hasard se surpasse lui-niêrae : les hommes de génie y trouvent à dîner, il n*y a pas trop de gens écrasés le soir, et l'observateur qui rencontre une femme comme il faut peut apprendre qu'elle est nutaresse Uue séparation complète entre la femme du notaire et Tctude a lieu maintenant cbex presque tous les notaires de Paris. 11 n'est pas une notiresse qui ne se vante de ne pas savoir le nom des clercs et d'ignorer leurs personnes. Autrefois, clercs et notaire, femme et enfants, dînaient ensemble patriarcalement. Aujourd'hui, ce.s vieux usages ont péri dans le torrent des idées nouvelles tombées des Alpes révolutionnaires. Aujourd'hui, le premier clerc seul, dans beaucoup d'études, est logé sous le toit authentique, eT via sa guise, transaction qui arrange mieux le patron ^
Quand un notaire n'a pas la Ggure immobile et doucement arrondie que vous savez, s'il n'offre pas à la société la garantie immense de sa médiocrité, s'il n'est pas le rouage d'acier poli qu'il doit être; s'il est resté dans son cœur quoi que ce soit d'artiste, de capricieux, de pa.<;sionné, d'aimant, il est perdu : tôt ou tard, il dévie de son rail, il arrivée la faillite et à la chaise de poste belge, le corbillard du notaire. II emporte alors les regrets de quelques amis, l'argent de sesclienU, et laisse sa femme libre.
VTv^V^^i-iy '
LE RAT