‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 70 sur 269 · LE P.AMO:«EL-R · texte numérisé non relu

LE P.AMO:«EL-R

souffreteuse qui nous est envoyée, et que cette nnscre est une exploitation savoyarde et non française, et voiU pourquoi les fondations d établissements publics réclamées en faveur des jeunes Savoyards n'ont jamais eu d'effet; cela était conforme aux vœux de l'humanité, mais non aux lois de Téconomie nationale. Ce n'est pas lors4|ue nos maisons d'orphelins, nos salles d*asile. et même nos maisons de détention du genre de la prison de h Roquette, sont encombrées d'enf.ints français, que l'on peut n^lnnu-r opportunément une nouvelle fondation en faveur d'enfants élr.in<;ers. Tout en rvcunnai*»- Mut et flétrissant rodieusi exploitation de la maîtrise, on n'a pu cl dû peut-être se burner jusqu'à présent envers les jeunes Savoyards qu'à des actes de charité partiellf.

Quand l'hiver est fini, que les papillons et les [larfums de violettes recommencent â voltiger dans le ciel, qu'il n'y a plus par conséquent de cheRiinCes à ramoner, les ramoneurs s'en retournent au pays sous la conduite de leurs maîtres; mais on en voit beaucoup rester à Paris, abandonnés é eux mtmes, sans direction, sans moyen d'eiistence, et de là tant de mendiants et de vagabonds.

Cependant, é propos de ces départs de ramoneurs savoyards, nous aurions voulu trouver dans les bourgs et les villages qui environnent Salancbes, car c'est de là qu ils viennent presque tous, quelque fête, une solenoilé naïve, une messe, un gala, des danses avec un triangle et la cornemuse, que sais-je? quelque chose dans le genre des bourrées d'Auvergne, pour célébrer le départ

en masse du printemps et de l'aurore de h &« présente par ces jeunes bannis; pais, dans le Iflcn ne sais quoi de patriotique, an convenir di eyi t montagne», comme un rans de Tachns^ q« «caki leur dire : c Adieu, petits enfants, grandUio. cb scz-vous, soyez sagis, prudenls, et revean-cwi vite. » Puis, les mères pleuieraient â chaades>« embrassant leur deruicr-né, les saches mngini^i qu'elles ont pt rdu leurs petits bouviers, le% ï ibM raient pour dire adieu à leurs p.1ires. Qoelf»^ nés croient qu'à l'époque du départ des jeancsy*» le curé du pays, saint Vincent de Paul campi^ti le pendant du vicaire savoyard de Roasseai. 10* chaire, et adresse â ses jeunes ouailles ua^ ii^ relative aux écueils de Paris, aux devoirs qm ta;' dent, à la conduite qu'ils y devront mena; mi* drions que tout cela fût vrai dans l'intcrét mèmèÉ peinture.

Mais on nous a demandé le portrait mifi^ar. di l'églogue du ramoneur; or, noas devons ëki fvli tes villageoises, ces danses et rondes lawyaÉk' adieux aux cimetières, aux crois des pères, â'ridi' montagnes, même ce prêche du and, iMSCBtfl s'ils ont jamais existé, sont anjoord'hni Hdhèia suétude, ou du moins dans le domaine et k ntf comme, du reste, la plupart des prali^ets ttnéà ques de nos provint Les fomiatea mmmii f>' joument avjoun i a i t dédmit Ike Hdiàl

LE RAMONEUR

lys muets et sîleocieux comme des marmottes ; pour la lapart fort heureux de le quitter, et, par la stiite, non loins heureux de n'avoir plus â y revenir.

De m^me» en donnant le costume et le signalement iCérieur du ramoneur, nous devons chercher plutôt la Srité que la flatterie; car, s*il est vrai qu'un peintre >ive rendre ses portraits toujours un peu plus beaux le nature, ce devoir ne s'étend pas sans doute jusqu'à llui du ramoneur.

Nous dirons dune, en thèse générale, que le ramoneur ti ordinairement plutôt laid que beau, d'abord parce 16 le type savoyard, piémontais ou auvergnat, est fort oigne du type grec ou romain, et qu'ensuite, avec un »x4oujours bnrbouilié, un bonnet de laine enfoncé sur s oreilles, et de la suie jusqu'aux prunelles, il se voit ^cessairement privé de la coquetterie, qiii est un des lus puiss.-ints accessoires de la beauté.

Mais disons aussi que lorsque le ramoneur est réelle- «nt gracieux et joli, il est peut être plus charmant i MF que tout autre enfant; rien ne lui va mieux alors je ses grus sabots, son bonnet brun, sa veste de bure, où m corps flotte et se joue à l'aise. Quand il saute et vous it une révérence en souriant et eu faisant le ;:ros dos,

est parfois irrésistible de gentillesse ; on dirait un pei caniche sorti récemment du ventre de sa mère, et qui imnieuce à gambader, ou mieux un de ces petits Amours D porcelaine de vieux saxe, affublés de granJs justauorps et de perruques à marteaux, avec des ailes aux paules. Si B mcher ou Vanlooeùt peint Vénus commanant à Vulcain les armes d'Enée, nul doute qu'il n'eût lace autour de la divine enclume des Amours armés de lufllets etd('*gui es en ramoneurs,

G*est ordinairement à la porte Saint-Denis, ou à la le Basse-du-Rempart, qu'ils se réunissent quand ils int sans ouvrage : on y voit, outre les Savoyards, des •ancs-Comtois, des Dauphinois et surtout des Auverlats. Us attendent là qu'on vienne les louer, comme 8 vignerons sur les places de certaines villes de lurgogiie. Leurs outils sont les genouillères et la raeUe; l'élymologie de ces instruments en indique assez

l'usage. Ils logent ordinairement dans la rue Guérin- Boisseau, et dans celles qui avoisinent la place Maubert.

On sait pourtant qu'à Paris la plupart des métiers ont leur patron et célèbrent entre eux leur fête annuelle : les fruiters, les jardiniers, les cordonniers, les maraîchers, les blanchisseuses, ont leur fête; je m'étonne que les ramoneurs n'aient pas aussi la leur ; on peut dire que généralement ils l'auraient bien gagnée.

Ce serait aux maîtres à en faire les frais; ne seraît-îl pas juste que ces pauvres enfants eussent au moins dans l'année un jour de bon temps et de relâche ? l'our ce grand jour, on les débarbouillerait, et, des la veille, s'il le fallait, on leur mettrait des habits blancs, des bouquets à la boutonnière mêlés de rubans; on dérouillerait de cette sale et épaisse fumée ces cheveux qui sont peut-être blonds et bouclés sous la suie ; ces cous d'ivoire, ces peaux encore blanches, comme le lait de leurs mères ; on les ferait diner à table ce jour-là et comme des rois, dans des couverts où ils n'auraient pas honte cette fois de se mirer; puis, après le diner, on les ferait danser comme on danse, ou plutôt comme on dansait dans leurs montagnes; et on parlerait de cette fêle toute l'année, le matin et le soir, à la chambrée: on n'en ramonerait que mieux, on y rêverait même dans le fond de la cheminée, et on ne manquerait pas de grimper jusqu'en haut à chaque expédition, pour voir si le temps sera beau pour le jour de la fête.

Mais où allons nous donc? Voici que nous chantons la gloire, la fête, la joie du ramoneur, et nous ne pensons pas que bientôt il f.iudra peut-être porter son deuil. Oui, l'industrie, cr'îe géante qui nivelle et simpliGe tout, supprimera, avant qu'il soit peu, le ramoneur, comme elle a supprimé tant d'autres machines vivantes, le garçon boulanger, le garçon imprimeur, le garçon chocolatier, le filatcur, le routier, le palefrenier, le m.iquignon, le cocher. Le ramoneur périra tôt ou tard par la vapeur; e.: peut-il être autrement? La vapeur et la fumée ne sont-elles pas sœurs du même lit? Vous verrez que les cheminées trouveront un jour le secret de se ramoT'çr elles-mêmes.

LA JRmiE FILLB.

lit parlé» de sa bouche de rose chapper quelque charmaote chose, 'un beau vase un nectar précieux, mit;!, et sa voix est plus douce lement du bouvreuil dans la mousse, 3tte dans les deux.

ue front se reflète son âme; sainte elle ressent la flamme, vnfaits peupler son souvenir; it pour donner ouvertes à toute heure; lendiants au seuii de sa demeure nt point sans la béoîr.

oint touchés des soins qu*elle dispense i vit comme à l'homme qui pense, icne en laisse un agneau favori, issereau la suive i tire-d'ai!es, 1 giron les blanches tourterelles lent le moelleux abri ?

e et pieuse; ardente à la prière, église, à côté de sa mère, tement les feuillets d*un missel, ille prie, et la bouté divine distingué cette voix argentine concert universel.

mouillant au fond d'une chapelle, mocents (|ue sa candeur révèle un sourire au front du confesseur, •ieu Tenccus d*une Ame sans reproche, ement l élève et la rapproche es, dont elle est la sœur.

!au jour d*été, pur et riant comme elle, splendeurs le soleil étincelle, 1 vagues d*or ruisseler les moissons :

nps d'alentour, vous la voyex errante, mlier sa parure odorante, er dans les buissons.

)nt les bals, les fêtes, les soirées, le festons les salles décorées, et Torchestre aux accords enchanteurs, lieuse, et de fleurs couronnée, plaisir, elle est environnée cortège de flatteurs.

lusions nombreuses et pressées, m chevet, les mains entrelacées 1 horixon n'assombrit la couleur.

11 est de pourpre et d*or, et le sort infidèle Dans sa coupe jaroau ne verxera pour elle Le suc amer de la douleur.

Lorsque pour lui voiler les peines préparées, L*espoir a déployé ses ailes axurées.

Voit-elle les chagrins dnns Tombre s'altronper? Au détour du sentier que suit la voy.ipfeuse, Peut elle voir la mort, implacable faucheuse, Embusquée et prête à frapper?

Non; exempt de soucis s*écoule son jeune âge; La vieillesse à ses yeux est un lointain rivage, Dont sa barque toujours saura fuir les brisants. A son appel jamais le plaisir n'est rebelle; £lle rit, elle joue, elle chante, elle est belle. Elle est riche de ses quinze ans.

Mais d*oi*i vif^nt cette sombre et vague rêverie? D où vient que de son front la beauté s*est flétrie, Qr.e ses yeux demi-clos s'ouvrent languissamment? Un prevssentiment vague a visité ses veilles. Et dans la solitude un sylphe a ses oreilles A murmuré le nom d'amant.

Même au bal, Tautre soir, un jnine homme au front pâle Auprès d'elle est venu s'asseoir par intervalle; 11 la magnétisait de son regard brûlant; La crainte contraignait ses lèvres à se taire: L'amour habite un temple entouré de mystère Que l'on n'aborde qu'eu tremblant.

Tu le connais â peine, et d^jâ, jeune ûlle. Tu vois à tes côtés grandir une famille, Aux sources du bonheur tu penses t'enivrer. Vos premières amours ne seront point troublées; Vous êtes deux moitiés par le ciel assemblées Qu'on brise sans les séparer!

Et ton cœur bat plus vite, et tu songes sans cesse A ce jeune homme* objet d'une ardente tendresse; C'est l'aube de tes jours, l'étoile de tes soirs; Et, quand autour de to» vient peser la nuit sombre, Ainsi qu'un feu follet, tu vois luire dans lombre L'étincelle de ses yeux noirs.

Qu'il est trompeur l'espoir dont son âme se flatte 1 Avec sou habit noir et sa blanche cravate. Un homme, ]irocureur ou notaire, apparaît; Et de fleurs d'oranger pannt ta chevelure. Tu vas te consumer, viaime douce et fiure Sur les autels de 1 intérêt.

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