‹ Les Francais peints par eux-mêmesChapitre 71 sur 269 · LA JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE

Malhear i toi, malheur, âme dé( ossédce, Qui d'un bel avenir avais conçu Tidée, Qui miirchais le front haut, flére de ton printemps! C*est ainsi que tout char dans sa course dévie; Parmi nous, qui ne peut appliquer à la vie L'histoire des bâtons flottants?

Tu vas à chaque instant de ton pèlerinage Contre quelque douleur te heurler au pnssnge ; Pleure sur le tombeau de tes plaisirs défunls!... L'Age te vient saisir dans l'ivresse et li joie. Comme la nuit surprend une abeille qui pîoia Sous SI récolte de parfums.

Qu'est-ce donc que Tamoar? Un Muge 4e yt&t. Un esclave déchu qu'on Tend et q«*OB achète. Vu orphelin banni du foyer pelemeU Un beau feu que le monde éteint avec calât, Un rêve que Ton peut commencer swklmv, Qui n'est réalisé qu'an ciel.

Qu'est-ce que la jeunesse? Un brillant màim Un jour dont le déclin est proche de Vam»/ ■ Dont le souflle du temps vient dis.sipcr Vixr .' Un éclair qui s'éteint au milieu de la plnt ' i Et présage au mortel embarque sur la vit Les tempêtes de Vège mûr.

LE PÊCHEUR DES BOROà DE LA SEINE.

^elle espèce. Le grand déraut des classifications 9 que» dans la société, ainsi que dans la naexiste guère de choses qui aient des limites as* les, des contours assez arrêtés pour qu*on puisse 6 classe finit là, et telle autre y commence. 11 t des nuances intermédiaires et des individus alifourchon sur le point de démarcation, qu'on s sont réellement d'un côlé ou de l'autre. Par l) la classe du pêcheur par nécessité déborde ! du pêcheur par désœuvrement l'individu entrouver dans la pêche, qu'il nomme sa passion le, un prétexte pour fuir une société disgrai'esquiver d'un intérieur désagréable...

pêche pour ne pas pécher en maudissant Thuâtre, boudeuse ou taquine de sa femme. Il est 9mbre de ceux qui bénissent l'institution de la onale et du jury, accueillent le billet de garde bon au porteur, et sautent de joie en lisant le i un journal leur nom sur la liste des prochains reuses inventions qui donnent à ses soufTran* oment de relâche, délicieux rafraîchissement

apporté par le législateur au milieu de l'enfer où il vit! Sa patience a été si bien exercée par le lien conjugal, qu'elle se complaît et se délasse dans les épreuves que la pêche lui impose. C'est entre le bras inficxiblement tendu de cet honnête esclave rendu à la liberté, et le revers de son habit-veste, que Taraignée de mon ami Henri Monnîer a le temps de jeter les fils de sa toile et de chasser tandis qu'il pêche ^. Pour celui-là, du reste, la pêche est plutôt l'absence d'un mal que la présence d'un plaisir; il ne songe guère au poisson à prendre, il pense que sa femme n'est pas là. Il savoûr^^ cet instant de repos, il hume la tranquillité par tous les ^.ces, il s'attriste quand le brouillard s'élève sur la rivière, quand le dernier rayon de soleil glisse sur sa surface et dore les légers sillons qu'y trace le vent du soir... Voici la nuit, c'est l'heure de la retraite, il faut reprendre le joug du domicile conjugal. Le pécheur fait lentement alors ses préparatifs de départ; avec la soie ou le crin qui diminue sur le plioir humide, il voit peu à peu disparaître ce fil

> Ctrieataret d'Henri Honnier : U Pécheur.

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