PAR LE COMTE
DE COURGIIAMPS
ne duchesse française, avant l'année 1790, élait un personnage à part dans Tordre social et nobiliaire; c'était une spécialité féminine, et c'élail comme une étoile ' au firmament de la cour.
La duchesse avait les honneurs du Louvre et ceux du tabouret, sans ]>arler ici du titre d'avurcousinnlu roi, cl Mu privilège de trôner sous un dais (juand i.'i r.intai^it* lui prenait d'accorder une audience à S(U) bailli féodal et à ses procureurs liscaux. La duchesse entourait sou lit «le parade avec une balustrade dorée: les carrosses de la duchesse étaient housses d*un velours cramoisi crépine d'or qui couvrait leur impériale, et qui retombait à ses (|ualro coins avec des glands de la plus riclic facture. Madame la duchesse de Leuxignem (c*est a!iu>ivenient qu'on prononce et qu*on écrit Lusignan) était tout aussi souvent ciléc pour la splendeur de ses impériales <)ue pour la roideur de sa longue taille, la gravité de sa physionomie seigneuriale, et la sécheresse de toute sa personne. EnGn, les duchesses arboraient ])Our insigne au sommet de leurs armoiries une couronne de neuf feuilles d'acanthe avec neuf pierreries de couleurs
variées dans le diadème ou bandeao de laito ce qui ne manquait pas d*éblouir les panneaux du carrosse avaient été blasoniés fi] Ouvray, lequel excellait aussi dans Taju teaux héraldiques, ainsi qu*il appert to de ce temps- là. Les hermines étaient icieiii personnes ducales; car il est bon d*afCftir présidents à mortier se donnaient les ain manteau sous leurs armoiries, c'était «ne criante, et, du reste» ils irélaient jamab mine mouchetée ces manteanx de robe ni|ii pour la corporation des duchesses ane tion. Il n'était pas encore question de dot, qui a fait recouvrir le parquet de intime avec un tapis d'hermine mouchetée.— véritable manteau ducal, à ce que disent )mjitd sieurs de ce temps-ci.
Depuis Moli'Te, il y a toujours eu phi9B0* parmi les fagots ; mais aujourd'hui la ûm^i fait remarquer entre les duchesses est Ucs ^ tranchée que celle qu'on pourrait tronToroM' gots, des bourrées et des coirels. Afin ài pàf^ pareil article avec toute Texactitude qn*QiidMl drait peut-être commencer par dÎTlscr ci likiil duchesses, ainsi que toutes les substanees ■f*' tous les autres si^jets d'histoire natMtDst M' au moyen de la cloisê, du genre^ de Va
LES DUCHESSES
is chacune de ces divisions. La duchesse de préclasse ou d'un genre primitif est évidemment celle cien régime, et la duchesse de rang secondaire te de la Restauration. La duchesse de TEmpireest troisième ligne, à ce qu*il nous semble. ii les vingt-sept ou vingt-huit duchesses de la loblesse, il n'y en a qu'une ou deux qui prennent es aux Italiens; il y en a deux ou trois qui vont : tade une ou deux fois pendant le carnaval ; il y c ou douze qui ne sortent presque jamais de leur qfuartier, de ce paisible, aristocratique et verarréqui se trouve inclus entre les rues des Saints- E de Vaugirard, entre Tesplanade des Invalides et
d'Orsay, sans parler ici du quai des Théatios, usieurs personnes appellent aujourd'hui le quai a. Quand il est question d'aller, A la fln de janire une tournée de visites au faubourg Saint-Hon dirait qu'on se trouve à Bayonne, et qu'on enfler d'un voyage à Terre-Neuve, vait une fois une pauvre duchesse â qui M. Trous- L édecin laryngipharmaque, avait ordonné de trans- Bes pénates à la Ghaussée-d'AntIn, parce^u'elle snacée d'une laryngite, et pour être préservée du
nord, à l'abri de la butte Montmartre. Elle avait Lge et l'agrément d'être logée dans le voisinage ncteur; mais on n'a jamais vu femme de qualité |)aysée, plus mortiûée, ni plus abimée dans les r% de l'ostracisme. Elle en est morte au bout de la B, épuisée par ses lamentations, onnait une duchesse de la Restauration qui s'ar- ■ès-bien de la Révolution de juillet, parce qu'elle B tête d'une laiterie; mais tout le quartier du N)urg en est dans la jubilation, parce que le proses vaches est toujours de trés-bon aloi. C'est un 9 fait incontestable, une chose avérée, nous nous Bons de le reconnaître, attendu qu'il faut être kur tout le monde, et surtout pour les commer- >nnétes et les débitants consciencieux. La seule m qui ait été promulguée depuis la Révolution de »st une petite femme qui n'est à la tête de rien, rlerons des dames de l'Empire à la fin de l'article. ) d la loi des trois pour cent d'indemnité, la duile Gastinais pourrait jouir de quatre â cinq mille e rente; mais elle n'en fait pas moins de grandes les sur le papier a lettre et la cire d cacheter. I veut jamais payer son thé plus de six francs la -— c*est du thé de la rue des Lombards^ et du r Ihé possible; on n'obtiendra pas qu'elle en décl si vous n'en voulez pas, n'en prenez point. ichesse de l'ancien régime est naturellement in-
: elle hésite encore entre la somnambule de la nvge et TEsculape de la rue Taranne, c'est-à-dire t magnétisme et l'homœopnthie; mais elle attend patiemment l'année prochaine, et, quand on con- UTophétie de saint Randgaire, on n'a pas besoin ormer pourquoi '.
mo la duchesse en est restée pour les idées poii- L l'année 1788, et ses opinions littéraires sont à ft celles de la Régence. Ses deux écrivains favoris ijours MM. d'Amaud-Baculard et de Tressan; elle i pour étrcnnes à l'ainé de ses pctils-fils, âgé de eaf ans, l'année dernière, un charmant exemplaire reuves du sentiment, suivi des Délassements de te sennhle, avec des cartouches de Mayer et des
in. post.^XXX ante festa natif. Domini, prostratnm viîrversuro et ultimum usorpttorcm; Lilia florescemnt
reliures en veau écaillé. Comme elle est persuadée qnm la baronne de Staël et la comtesse de Genlis étaient plus ou moins démocrates, elle n'a jamais voulu lire une seule ligne de leurs ouvrages ; elle vous dirait même â l'occa* sion qu'elle n'est point faite pour cela. 0
Les questions de généalogie, d'héraldique et de cérémonial sont â peu prés les seules choses qui ne lui pa« raissent pas indignes de son attention, et vous penseï bien que, lorsqu'on est dévote, on ne répète jamais des anecdotes.,. Cette bonne dame en est réduite à parler de quartiers chapitraux, de retraits linéagers et de fourches patibulaires. Elle est bien prévenue de l'importance et de la signification de la brisure en barre, ainsi que la diffa» mation pour un aigle dépourvu de bec, et pour un lioo qui n'a pas d'ongles, ce qui est toujours provenu, comme tout le monde sait, par la dérogeanee ou la forfaiture. Elle a disserté pendant longtemps sur l'aigle impérial de Bonaparte, à qui les héraldistes révolutionnaires avaient tourné le col à sénestre, ce qui faisait de ce malheureux aigle un ùiteau contourné, et ce qui signifie toujours bâtardise. Elle en triomphait (on est forcé d'en convenir) avec un air de malice infernale et de joie sataniquc. ^
C'était, il me semble, à la fin de l'année 1816 ; la ûuchesse douairière de Gastel-Morard ayant eu la contrariété de se rencontrer chez un ministre du roi légitinie avec je ne sais combien de sabreurs que cet autre soldai avait affublés du titre de duc, il lui prit une assez vilaine fantaisie, disait-elle, et c'était la curiosité de savoir enfin quels étaient les noms de ces titrés plébéiens qui venaient d'être autorisés par la Charte, hélas ! é porter la même qualification que celle dont sa famille avait été décorée par le roi Louis le Juste. On accède respectueusement à sa requête, on se rassemble autour d'elle, et, l'Almanach impérial aidant â l'ignorance de certaines choses, on finit par appliquer assez exactement chacun de ces duchés forains sur son titulaire impérial. Après une dissertation qui ne dura pas moins d'une heure et demie : « C'est bien entendu, nous dit-elle, et me voilà toul aussi bien apprise que MM. de Montesquieu. ^ Mortier, c'est Masscna ; madame Ncy, c'est Elisabeth de Frioul ou de Carinthie, comme on dirait Éléonore d'Aquitaine et Blanche de Castille; enfin, le général Suchet, c'est Monlcbello : je ne me souviens pas des autres, et je ne vous en demande pas plus. — En vous remerciant de votre complaisance, et pour votre érudition. »^ «'^-^
Parmi les duchesses de l'ancien régime, il esi bon ne mentionner la duchesse héréditaire. Cette variété de ta duchesse en expectative est nécessairement progressive» le plus souvent anglomane, et presque toujours hluestocking. Tous ses valets sont poudrés comme des postillons de Longjumeau, et celui qui sert de valet de chambre est un véritable groom of hedchamher. Vous pensez bien que mesdemoiselles ses filles ont des gouvernantes anglaises. Elle ne veut parler qu'anglais, quoique sa mère et son mari n'en sachent pas un mot. Elle ne peut manger avec plaisir que de la gihelotte-soup ou de la hread'Sauce, et son mari, qui est un bon Français^ serait pourtant bien aise de lui voir manger des pigeons à la crapaudine ou des poulets en fricassée de temps en temps; mdis il ne saurait obtenir qu'on lui serve du melon qu'au dessert; et, pour avoir la paix du ménage, il est obligé de le manger avec de la rhubarbe. On lui fail journellement, â cet excellent mari, du potage à l'anglaise, c'est-à-dire avec de l'eau, du poivre et du thym : il en gémit toujours, et ne s'en irrite jamais. C'est bien la meilleure pâte de duc qui ail jamais été confectionnée sur une estrade et sous un ciel de lit empanaché.
Aussitôt que ceUe belle dame entend résonner les t3m
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coups de cloche qui lui annoncent une visite, elle se met âlire un journal anglais, une gazette inimen^^e, et la conversation roule inrailliblement sur le dernier bal d*Almaks et les copieux dîners du prince Louis-Napoléon; ensuite, on s'entretient agréablement, et Ton disserte avec intérêt sur les paris de M. le comte d'Orsay pour la course au clocher de Sitlingburn, ou pour les joutes de coqs au bois d*Epping. Quand vous n'êtes pas obligé d*écouti r la lecture d'un article biographique ou littéraire de lady Blessington. vous êtes bien heureux d'en être quille à si bon marché; ne vous plaignes donc pas, et surtout n'accuses jamais qui que ce soit d'anglomanie: c'est une indigne expression qui vous ferait un tort affreux ; on assimilerait cette accusation barbare é tous les actes de la méchanceté la plus no re et de la brutalité la plus odieuse. Apprenes qu'un jeune homme est diirépuîahle, et presque déshonoré, quand il n'est pas membre du Jockey-Club de Paris, où il est formellement prescrit de ue jamais parler que de fiHes et de chevaux. Ne prenez pas ceci pour une moquerie : c'est un des principaux réglemeofs de cette agréable et spirituelle agrégation. Cette charte prohibitive est toujours afQchée dans le greairoom, ou grande salle du Club. Si vous voulez parler politique ou discuter sur la littérature» allez dans la
rue. On n'a pas besoin d'être étaUi si
et si fashionablement poar s'oceapcr 4»mà0
11 est sous-entendu que. dans les aleviàhl qui sont toujours pleins d^emgUêh kMm, if commérages, et n était que je sais la niéme particule homoRopathiqae de la mH^k lie de Vunivers, je pourrais faire ohMnvf maison qui est remplie d'AngUîtes» lyi tripotages à n'en pas Onir.
Lorsque la duchesse en qnestioB iwâ i l'air au bois de Boulogne» a garnie d'un pupitre avec on un buvard et du papier à larges jours encombrée de brodiares el4e Keepsakea, de Landscapes» el wiev's. Vous savez que c'ert Tal qui témoigne évidemment la quise, et la right Aouovrallt lady ne sais plus où, que le QuoêêH^ la cUnltsalion pro^resaiw.
Lorsque la même dnchesM que le sien. Il arrive parfois rent sourdement dîne loekiiif ^ hsakl8B.ll et leur physionomie nébîdeue aMrii
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LfiressioD de mulice un peu di<:rourtoî<ie. Nous de- |ooter que celte dame, à qui Ton A|i|irK|ue avec wi moins de convenance et d*<H|uilô répilhêie de t4Kki$ig n*en porte pas moins des bas blancs. Voilà I rapport qu'il y ait enlre ccll« fomme supérieure rVmmes vuL'aires, entre une durhi's^c qui étudia Aoit et des bourgeoises de Paris qui lisent Paul de
9 avons à signaler la duchesse de Blancimiers, la 9 politique et belliqueuse; la royali^ite enthou-
impétueuse, incandescente ; une femme de ligna<;e |uc, et dont la septimnioule assistait au combat des Srelons sous les ch1tai{^niers dePloërmel. en 1351 .
vous dirai pas si c'était en qualité de bonne amie, ine d'enfnnt, de sœur de lait, de nourrice ou d*instim du jeune Beauinauoir. car c*est un dél«*iil de bio-
ie qui n*a jamais pu s*éclaircir à ma satisfiCion.
conteste pas qu'elle fiU sa parente ou sa marraine;
vrai que les historiens bretons n'en dirent rien du mais je n*ai pas renvie d'avoir une aflaire «ivec sa ■•fille au huitième de{^ré, qui est baronne de Ker<;u- >«o-Penthiévre, et laquelle est toujours maréchale iiaire du pays de Gurnouailles. au mépris de cette d'injonctions révolutionnaires appelées dé'-rets de fmbUe constituante, et en attendant le retour de MiSKavez...
dochesse de Blancimiers a pris — Beaumakoib, bois k^o, pour son cri de guerre; elle ne s'embarrasse aunent de la vie des autres, et n'attache pas la moinnportance à la mort u*un homme. Je vous assure e accable de .<ion mépris, et qu'elle abreuve de son on tou<i ceux qui la laissent dire et qui ne veulent 1er se faire tuer sans savoir pourquoi. La duchesse incimiers est légitimiste à la façon des temps go- 5« : c'est tout à fait la nrcne aux meui trières et Mâchicoulis dans Palmérin d'Olive ou Lancelot du luelquefoîs elle établit résolument de jeunes Yendcos sa vieille tour d'Auvents, sa châlellenie du ^et et autres Péuissiéres, avec des cocardes blanches tiques fusils détraqués. Un autre jour, elle envoie es jeunes -France dans la rue des Prouvaires, avec t de prévoyance et d'habileté que de charité. On wmme, on les fusille, on les mitriille. on les ha- 1 pièces ; mais quand il en est réchappé quelquesdé ces braves garçons, et lorsqu'ils ont été con- St â mort par contumace, ou qu'ils sont enchaînés id d'un bagne en réalité, savczvous ce que fait généreuse personne'? ^ bile fait parvenir à chacun i |>auvres bannis et ces honnêtes galériens une ba- B cuivre jaune avec une estampe représentant i'are saint Michel qui tient le pied sur le ventre au coq i«. ce qui doit être un fameux dédommagement pour j est pourtant bon d'observer que ces anneaux flots ont été ciselés par mademoiselle Félicie de F
I chacune de ces bagues de cuivre est un véritable Pœavre en style de la renaissance.
it avons aussi la duchesse-artiste, qui se croit pein- I pay8;iges. et qui ne fait que des tremblements de à l'aqua-tinta. Elle est censée bonapartiste, libéel même elle se croit obligée d'être un peu philip-
attendu que son père était chambellan de ma<« Blba Bacchiochi. Àbyssui abyssum invocai, avait
roi prophète. Voici la liste et le catalogue rai* î de plusieurs dessins que cette femme a talents a mmetlre au jury pour l*ex|»osition de cette année, reconnaîtra le beau style et f^ftiroable rédaction istinguent toujours les livrets élaborés et débités i direction du Musée royal.
N* i. — Une vue prise au bois de Boulogne, du côt^ . de la mare d'Auieuil, aiissi qu'on s'en aperçoit aiséroenf. à la vigueur des plantes et la beauté du |»a\sage.
N» 2. — ttude ayant | our objet la nouvelle maison des singes au Jardin des Plantes. Croquis à la mine de p onib
N'*5. - Perspective de la Grande-Rue, à Vaugirard. Lat^tj à Vencre de Chine, au bistre et à la ^ipia, suivant la méthode anglaise. Aquarelle non terminée.
N* 4. — Es.|uisse de l'ob '•lisijue de Uuqsor. auirefols Luxor. (Le fond du monolithe est au crayon ronce, et les hiéroglyphes y sont indi(|ués à la gouache, avec de l'orpin.)
N" 5 — L'intéressante et innocente famille du gêné rai M... trouvant dans un bosquet un oiseau mort sur un Iwnc. (Les Ûgures sont de M. Tancrédc Mitron )
N<» 6. — [îne vue du canal de 1 Ourcq, au soleil couchant (L'édifice à gauche est la grande et superbe factorerie de MM. Preslel et Napoléon (iodard. fabricants d'oignons glacés pour colorer les bouillons à l'usage des petits ménages.)
D'après les ébauches et les croquis dont le jury d'exposition nous accorde la jouissance, on devait nécessairement accorder les .honneurs du Louvre à ceux de la duchesse; mais ils n'ont pas été placés dans leur jour, a^sezfavorablement.ElleenveutterriblementàM.Cayeux, le malheureux homme ! et c'est toujours a lui que tout le monde s'en prend dans les déconvenues, les mécomptes et les accidents qni suivent naturellement une ex|)Osition Eh ! mon Dieu, je ne dis pas qu'il ait été bien appris, M. Cayeux ; je veux bien accorder qu'il ait besoin d'acquérir du savoir et de la politesse; mais il ne s'ensuit pas '{ue ce soit un fléau du ciel, un ours hydrophobe, un Gilles de Raiz qu il faudrait éloulTer entre deux matelas, et, d'ailleurs, je ne puis pas supposer qu'il ait assez de crédit pour opérer to :s les maux dont on l'accuse; enfin, je ne suis pas de ces gens qui crient contre M. Cayeux : il est immédiatement au-dessous du comte do Forbin. dans la direction du Musée, et je maintien^ qu'il est parfaitement bien à sa pince. Je reparlerai des Aris tarques du Louvre dans un article ad homines. On voudra bien prendre garde a la duchesse de Sang-Mêlé... Mais en voilà bien long sur les dames de l'ancien régime, et nous avons à parler de celles (|u'on appelle habituellement les duchesses de Bonaparte.
11 y a de ces notabilités de la républi.|ue et de l'usurpation qui s'empoisonnent en mangeant, non pas des croules aux champignons comme la princesse des Ursins, mais de la soupe aux haricots, tout uniment. 11 y en a qui s'embarquent avec tous leurs enfants pour aller fairo une visite à lady Stanhope, à deux pas d'ici, du côté des ruines de Paimyre; il y en avait qui faisaient de la coltrebande sur le tabac à fumer et sur l'eau-de-vie de pouimes de terre; il y en avait aussi qui faisaient des livn^s en dépit du sens commun; mais nous n'écrivons pas snr des exceptions, et nous allons rentrer dans les généralités de l'espèce.
Le type des illustrations révolutionnaires, c'est-é-dire la véritable duchesse de C Empire, est une bourgeoi e qui dit continuellement la reine ma tante, et qui pourrait dire mon g/rand-père te marehand de bas. On l'a.*pelle ordinairement la ducb.sse de Gertnidembergh, princesse da Danube; et comme le Danube est une prîo» dpauté qui n'a pas moins de cinq cents lieues de lo.rg sur vingt toises de large, il y a plusieurs souverains «loi ne veulent pas admettre la titulature de cette princesse. La diète de Francfort et le gouvernement pnuiteD lui
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eonteâtent, primo, wn titre dncal et terriUirial. M. de Munch-Bîllinghausen, président de la dièle germanique, 1 déclaré qae ce serait un protocole exotique, anarchique, inadmissible, et M. le prince de Melternich, Wynebourg et Rudolstadt, a semé par Id-dessus force plaisanteries allemandes, c'est-à-dire les plus jolies choses du monde. La Russie, l'Autriche et la république de Cracovie ne veulent pis reconnaître son titre fluviatile, en disant que c'est une qualification ridicule; enfin, parmi les riverains du Danube, il n'y a que le Grand Turc qui ne lui refuse pas sa récognition, ce qui est encore une preuve de la résignation du sultan. « Àllah-Àkhâ^! a dit le Père dos Croyants, — le fleure Danoushi n'en afflue pas moins dftns les mers Sultanes. 9
Vous pensez bien que la duchesse de Gertrudemberg ne saurait aller à Paris chez les ambassadeurs de Prusse ou d'Autriche, et c'est la même raison qui l'empêche de voyager en Allemagne et en Iulie, où du reste il est absolument ainsi pour ses deux amies, les duchesses d'Orviellc et de Bergamasco. Vous me direz qu^elles pourraient esquiver bien aisément une pareille interdiction diplomatique en prenant leurs pnsse-ports ; mais c'est qu'elles ne veulent pas condescendre à voyager incognito sous leur nom de famille ou celui de leurs maris : — Pourquoi voudriez-vous donc qu'on se fasse nommer Couture (de la Manche), ou Pholoé Colin, née Tampon, quand on est duchesse d'Orviette 1 l'Empereur y avait mis bon ordre ; mais patience ! et quand son neveu sera président de la républiijue, vous verrez comme on s'en revanchera sur les Autrichiens.
Vous pensez bien aussi que la duchesse de Gertrudemberg, née Tautin, n*a pas eu le bonheur de conserver son majorât de cinquante mille écus de rente, majorât que Sa Majesté l'empereur des Français avait institué pour son mari dans la Prusse rhénane, et qu'il avait établi sur les domaines du roi de Prusse, à perpétuité^ bien entendu. — Comprenez- vous, de la part du roi de Prusse, un pareil déni de justice, un pareil mépris du droit aristocratique et des décrets napoléoniens? Si l'on en croit le jugement désintéressé de celte illustre veuve, le roi de Prusse est un scélérat comme on n'en vit jamais ! Quoiqu'elle ait perdu son majorât de Westphniie, elle n'en a pas moins conservé cinq à six millions de fortune acquise en dotations gratuites, et tout le monde a pu remarquer qu'elle n'en brille pas moins par les illumina-* tions de sa porte cochére au jour de la Saint Philippe et
HESSES. *
autres 1
del t i«gH»niw Uë^
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•m aamiAlmliiMÉ
choses 4
De ] ricm de raMâei H^m.
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..^18 : la seule régie de n tmàà^mi
prouver et d'adopter tout ce qui doit aSfv kii mistes, et tout ce qui peul contrarier le fâhafk Germain.
La duchesse du nouTeaii régime est nm^i ignorante, mais, t^ récompense, éUe a kaa^è morgue et peu d'esprit. — Lorsque dms " duchesses de l'Empire ignorent beaneoaf èW est bon d'appuyer cette obserration récusable. — Une de ces dames se croyaàiHèf reprochera Napoléon d'avoir corapronii par son opiniâtreté belliqueuse. « U a si Maki sait-elle, que nous voilà complètement ra abîmés et comme anéantis par suite de la et de sa manie guerroyante. Et poortaiÉ, très-bien qu'il aurait pu se tirer d'affaire dasa car enfin, tout en perdant sa couronne iiitai d'empereur, il aurait obtenu des conduisis les Bourbons avaient si grand'peur de lu, fil été, s'il avait voulu, coimKTABLa »a Mosna
En regard de ces notabilités singulières. a presque dit de ces illustrations grotesfMi. ap rait opposer la monographie d'une jeoM et du duchesse, une élégante et brillante pemmu son beau titre sied à ravir, on en oaniahi difficulté dans tous les salons de Pkrii. teji femme a tout l'éclat d'un joyau gothique «s M et la simplicité d'une fleur des clumps; ■■•■ driez peut-être savoir si c*est une dnchettctle* noblesse ou de la Douvelle aristocratie, cl^*f je ne saurais vous dire, attendu que je asalail informé. Vous savez bien qu'en préseMi k^, personnes il ne vient jamais aucune idée ou pour bien dire de cet ordre conveni rintelligence et la dignité modeste, l lante et la douce vertu, primoit le reste. — Est-il plus avantageux £i sance, ou d*étre tellemeni dUiingwéj fu songe à demander si v(mê en avez? CeU que se faisait la Bruyère, et je ne fob HBfVl trine humanitaire ait fait dans la sociéli mtiJÊÊl^ mense progrés depuis l'année 1690.
L'AMI DES ARTISTES
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