VI PRÉFACE
manie, les progrès sociaux et politiques dont l'Allemagne doit faire remonter le bienfait à l'époque où les destinées des deux pays se trouvèrent si singulièrement mêlées. Et si je me suis appliqué à mettre ces faits en lumière, c'est que j'ai vu qu'en Allemagne on s'étudiait aies laisser dans l'ombre. Ce n'est pas seulement l'histoire de l'Empire, c'est aussi celle de la République que l'on s'y est appliqué à dénaturer ; ou plutôt, dans toutes les époques de notre histoire, on s'est mis à rechercher les éléments de réquisitoires passionnés contre la France, comme si l'on eût voulu justifier d'avance toutes les agressions. Tandis que nos historiens nationaux s'élevaient à l'impartialité la plus haute ou affectaient un désintéressement de cosmopolites, en Allemagne une certaine école d'historiens, dont la librairie d'outre-Rhin reproduit sous toutes les formes et dans tous les formats* les meurtrières théories, a pris à tâche de fausser les idées du peuple allemand sur ses rapports antérieurs avec la France. L'université, le gymnase ou l'école primaire, les gros ouvrages scientifiques aussi bien que les manuels élémentaires et même les livres d'enfants, ont eu leur rôle assigné dans cette œuvre de dépravation.
1. Cette année encore n'ofl're-t-elle pas à la jeunesse allemande comme livre d'étronncs : les Violences et perfidies de la France à regard de l'Allemagne depuù trois siècles? (Note de la l'o édition).