PRÉFACE. VII
rs fecit cid prndcst. C'est la Prusse qui, après avoir organisé cette vaste propagande de haine et de mensonge, en a recueilli le funeste bénéfice. Notre œuvre à nous est de ne pas permettre que la vérité reste obscurcie pour tout le monde et de tirer, au besoin, de ces livres mêmes les matériaux nécessaires pour leur réfutation.
Les Allemands se plaignent du mal que nous avons du leur faire dans les guerres, presque toujours défensives, qu'ont soutenues nos anciens rois contre les ambitions autrichiennes. Qui pourrait calculer le mal que nous ont fait leurs princes, lorsqu'ils sont venus arracher la France de 1792 à sa tâche de réorganisation intérieure, lorsqu'ils ont attisé les haines entre notre peuple et notre noblesse, entre l'Assemblée et la royauté, lorsqu'ils ont fait aboutir la Révolution à la Terreur? A cette époque, du moins, si l'Empereur, le roi de Prusse et les Electeurs ecclésiastiques nous décla raient la guerre, les peuples nous appelaient et nous accueillaient. Il nous fut donné, après une glorieuse guerre de défense, de pouvoir faire la plus humaine et la plus bienfaisante des guerres de propagande. On avait voulu affaiblir et démembrer la France. Elle dompta la coalition et s'étendit jusqu'au Rhin, moins par le droit des armes, comme on le verra, que par le libre consentement des peuples.
VIII PnÉFACE.
Peut-être aurions-nous pu jouir d'une paix, si chèrement, si glorieusement conquise, panser les plaies de la guerre étrangère et de la guerre civile, revenir à notre travail de régénération sociale, interrompu par la déclaration de guerre du 20 avril 1792.
Par un bonheur inouï la République française sortait d'une lutte terrible sans que la gloire de ses généraux eût encore compromis la liberté : malgré Arcole et Rivoli, elle obéissait à des magistrats civils. L'Allemagne elle-m-ême ne demandait qu'à compléter en paix une révolution qui était le contre-coup de la nôtre ; sa vieille Constitution s'était écroulée, au milieu du bouleversement provoqué par ses gouvernants; surle.< ruines de ses principautés ecclésiastiques et de ses chevaleries, avaient grar.di de puissants États qui cherchaient à se donner un droit public et des constitutions plus conformes aux exigences de l'esprit moderne ; au congrès de Rastadt, elle avait consenti à la cession de la rive gauche du Rhin et ne croyait pas qu'elle en fût vraiment affaiblie, ni qu'elle eût payé trop cher, ou les torts qu'elle s'était donnés envers la France, ou le bienfait de sa transformation politique.
Alors qui empêcha le rétablissement, entre les deux paj's, de bonnes relations déjà presque séculaires? Qui déchaîna de nouveau sur l'AIlcma-