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LES VIOLATIONS DU TERHlTOlHE GERMANIQUE, 30"!
dans le gouvernement français et demandait qu'on np donnât pas suite à l'affaire. La Prusse approuva cette note. L'Autriche trouvait qu'il serait bon d'avoir cependant des explications ; mais elle se garda bien de les demander.
On se croyait sauvé. Troisième incident! Le Hanovre (Angleterre) présenta une note pour se plaindre de sa propre occupation par les Français, appuyer la note de la Russie et demander que « par un Relchsgutachten^ on requît l'Empereur, comme chef de l'Empire, de faire toutes démarches pour que l'empire allemand obtînt du gouvernement français des satisfactions convenables à l'égard du passé et des assurances tranquillisantes pour l'avenir. » On aurait bien voulu éviter ce surcroît d'explications : Bonaparte était plus menaçant que jamais. Mais les trois indiscrets, Russie, Suède, Hanovre, insistaient énergiquement pour qu'on prît leurs notes en considération et que « l'affaire reçût une issue conforme à la dignité et à l'indépendance de l'Empire. » La Prusse, au contraire, travaillait à l'accommodement et l'Autriche ne se souciait pas de l'empêcher; les envoyés des États déclaraient qu'ils n'avaient pas encore rédigé leurs notes, ni demandé des instructions à leurs cours. Pour sortir d'affaire, on avança l'époque des vacances ; et encore on n'attendit pas la fin des travaux. Ministres et ambassadeurs désertèrent en masse le Congrès dans la crainte de quelque nouvelle complication»
LES FRANÇAIS i^UR LE RHIN
Ce ne fut pas la dernière fois que les complots des émigrés et les emportements de Bonaparte faillirent compromettre la paix entre l'Allemagne et la France. Le 20 août 1804, Bonaparte, déjà devenu Napoléon, écrivait à Talleyrand : « Vous n'êtes pas assez sévère pour Hambourg. Si elle continue à être l'entrepôt de tous les mauvais libelles qui se répandent en Allemagne, mon intention bien formelle est de la laisser prendre à une puissance qui y fera la police contre les Anglais. » Il était en difficulté avec l'Électeur de Hesse-Cassel qui s'obstinait à conserver chez lui un intrigant envoyé anglais, Taylor. La chasse aux émigrés et aux émissaires britanniques allait l'entraîner à une démarche plus hasardeuse :
Immédiatement après l'affaire de Drake, écrivait-il à Foucnè (7 octobre 1804), lord Hawkesbury eut l'imbécillité défaire une circulaire po^r justifier auprès des cabinets de l'Europe la conJuitede ce ministre. Pour faire ressortir davantage le lidicule et l'atrocité des principes qu'il y avançait, mon intention était d'envoyer aux mêmes cabinets la circulaire avec une réponse. J'ai mieux pensé depuis. Je désire faire enlever le ministre anglaisa Hambourg, ainsi que ses papiers, et, immédiatement après, je ferai notifier cet enlèvement aux cours de l'Europe en le justifiant d'après la note de lord Hawkesbury. On m'assure qu'il est logé sur la rivière
Cette lumineuse idée, dont s'applaudissait si fort le nouvel Empereur, reçut en effet son exécution :
300 hommes d'infanterie française et quelques gendarmes débarquèrent sur -le territoire hambourgeois, à Harburg (24-25 octobre) et enlevèrent l'envoyé anlilais Rumbold. Napoléon avait-il réfléciii que ce RumboM était accrédité auprès du cercle de Basse-Saxe, dont le roi de Prusse était directeur? L'émotion fut vive en Allemagne, à Berlin surtout. L'armée et le peuple prussiens se regardaient comme insultés. Le roi adressa à Napoléon une lettre assez vive, où il déclarait que « la conduite de la France allait lui donner la mesure de l'estime qu'on faisait de son amitié. » Napoléon dut écrire au roi une lettre courtoise et faire relâcher son prisonnier. « On lui fera connaître l'crivait-il à Fouché, qu'on lui eût fait son procès s«/« rmtervention du roi de Prusse, qui a bien voulu prendre intérêt à lui. » La Prusse se tint pour satisfaite : Lombard écrivit que « l'Empereur, habitué aux conquêtes, venait d'en faire une nouvelle d'un trait de plume. » et Ilardenberg célébra « la déférence avec laquelle Napoléon s'est imposé de réparer ses torts. » On n'était pourtant plus qu'à deux années d'iéna.
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