Sagard, Hist. du Canada, p
l’enseignement primaire
faisait partie d’un plan bien arrêté, conçu par Champlain et les Récollets. Et quand on constate les difficultés qu’ils avaient à surmonter pour réaliser leurs desseins, on reste étonné devant la constance invincible du fondateur de Québec et de nos premiers missionnaires, poursuivant sans relâche le développement de leurs nobles entreprises.
De concert, ils ont introduit au Canada la foi catholique et l’exercice public du culte ; de concert ils travaillent à promouvoir un autre moyen de prospérité : la culture des terres. Nous indiquerons plus loin la part prise par les Récollets dans le développement de l’agriculture. De concert, ils cherchent à faire progresser l’enseignement primaire en faveur des Sauvages, en attendant qu’il y ait, dans la colonie française, des enfants qui en bénéficieront aussi. Que de bien il se serait accompli sous l’impulsion de tels hommes s’ils n’avaient pas été contrariés aussi durement qu’ils le furent.
Nous avons vu Champlain repassant en France pour continuer, avec l’aide du Père Fluet et du Frère Duplessis, la bataille en faveur de la colonie. Champlain vit ses efforts paralysés et il ne put retourner à Québec avant deux ans.
Le Père Huet s’efforça de réaliser les instructions reçues avant son départ du Canada. Il avait ordre de prendre l’avis des théologiens de la Province de Saint-Denys et de l’Université de Paris sur l’administration du baptême aux Sauvages1. La décision fut qu’on devait baptiser les enfants moribonds,