Champlain, Œuvres, p
l’enseignement primaire 139
le sieur Houel et Mr Charles des Boves, grand vicaire de Pontoise. En l’honneur de celui-ci, la rivière Cabir-Coubat, ainsi appelée par les Algonquins à raison de ses nombreux détours, reçut le nom de rivière Saint-Charles, qu’elle a gardé depuis.
Charles des Boves, appartenait à “ une noble famille du Yexin. ” On le voit en 1600, curé de la paroisse Notre-Dame, à Pontoise, sollicitant et obtenant de Rome, avec l’appui du Cardinal de Joyeuse, archevêque de Rouen, que son église fût désignée comme unique station de tout le diocèse pour gagner le jubilé de cette annee-la. Son but était de recueillir par ce moyen les offrandes des fidèles pour terminer l’église paroissiale, ce qui fut fait durant les deux années suivantes.
C’est alors, 1602, que Charles des Boves devint grand vicaire de Pontoise. Il remplit cette charge jusqu’à sa mort. Ce grand bienfaiteur des Récollets du Canada et de l’Eglise canadienne est appelé à tort Charles de ou des Boues ; d’après les documents que nous possédons, l’orthographe que nous avons adoptée, nous paraît la plus exacte. Il suffit de faire remarquer que le grand vicaire de Pontoise est bien appelé Charles des Boves dans les legistres du secrétariat de l’officialité de Pontoise, à son époque1.
1. Nous devons ces renseignements à la grande bienveillance de Monsieur Joseph Dépoin et de Madame Vve Tavet. Monsieur Joseph Dépoin est secrétaire général de la Société Historique de Pontoise et du Vexin. Feu Monsieur Tavet et Madame^ Tavet sont les fondateurs du musée de ce nom établi dans le batiment restauré par leurs soins, du grand vicariat de Pontoise. Les
Au printemps de 1619, le Père Huet revint au Canada sur le navire des associés. Avec lui s’embarquèrent le Père Guillaume Poullain, le Frère Pacifique Duplessis, trois jeunes gens qui s’étaient donnés aux Récollets, pour les aider dans leur œuvre apostolique, et deux ouvriers engagés par les missionnaires. La traversée fut assez heureuse, au dire de Leclercq. Us arrivèrent à Québec au mois de juin1.
Le Père Jean Dolbeau, supérieur de la mission, confia le poste des Trois-Rivières aux soins du nouveau missionnaire, le Père Guillaume. Sans retard, il se mit en devoir de réaliser le projet d’un couvent et d’un collège. “ Comme on avait reçu de France, avec les règlements, tous les pouvoirs et les premiers secours pour bâtir un couvent régulier et un séminaire, on choisit à cet effet pour emplacement un endroit situé à une petite demi-lieue du fort de Québec où l’on faisait état de bâtir la ville2.”
Le plan de Champlain était en effet de bâtir dans la vallée de la rivière Saint-Charles “ une ville de la grandeur presque celle de Saint-Denys, laquelle ville s’appellera, s’il plaît à Dieu et au roi, Ludovica, dans laquelle on fera faire un beau temple au milieu d’icelle, dédié au Rédempteur et nommé le Ré-
renseignements fournis par Monsieur Dépoin et Madame Tavet proviennent des sources suivantes :
1° Recherches historiques, archéologiques et biographiques sur la ville de Pontoise, par l’abbé Trou, Pontoise, 1840.
2° Archives départementales, série G, grand vicariat, musée Tavet.
3o Inscription tumulaire de Charles des Boves, musée Tavet.
L Leclercq, Premier établissement de lafoy, i, p. 154.