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Leclercq, Premier établissement de lafoy, i, p

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dempteur, en signe et commémoration du bien qu’il plaira à Dieu faire à ces pauvres peuples, lesquels n’ont aucune connaissance de son Saint Nom1. . . ”

Le projet de Champlain était hardi, mais il était tout à fait possible et si ses vues avaient été suivies, la Nouvelle-France eût pris de suite une vigueur telle qu’elle n’eût plus eu à trembler devant ses ennemis, et en définitive la colonie eût occasionné moins de frais à la cour de France.

Quoi qu’il en soit, les Récollets, fidèles aux plans de Champlain, choisirent pour leurs bâtiments le site dont nous avons parlé. “ Ce fut donc en cet endroit, dit Leclercq, que nos Pères entreprirent de bâtir la première église2, le premier couvent et le premier séminaire qui furent jamais dans ces vastes pays de la Nouvelle-France. Le Père supérieur fit faire tout proche un four à chaux ... On prépara incessamment les matériaux, qui furent conduits sur la place durant l’hiver, avec les planches et toutes les autres choses nécessaires ; il fit percer partout dans les bois aux environs des allées fort agréables, défricher la terre pour commencer les jardins ; on s’y cabana au printemps (de 1620) ; les Français et les Sauvages, sous la conduite du sieur du Pontgravé, y contribuèrent également de leur travail ; on y employa douze ouvriers de métier, qu’on payait des aumônes ; en sorte que le

1. Dr N-E. Dionne, Samuel Champlain. n, p. 501. Pièces justificatives, pièce 2 : “ utilité que le sieur de Champlain dit et entend que le roi recevra de l’entreprise de la Nouvelle-France, s’il plaît à sa Majesté d’y entendre. ”

2. On considérait l’église de la basse ville comme une chapelle.

troisième jour de juin de l’année 1620, le Père supérieur y posa solennellement la première pierre l. ” Le supérieur des Récollets était toujours le Père Jean Dolbeau ; le Père Denis Jamet, qui retournait au Canada, n’était pas encore arrivé. Sur la première pierre furent gravées les armes de la France et celles du Prince de Condé2 3.

L’endroit où va s’élever le couvent et le séminaire des Récollets “ représente, écrit Leclercq, une espèce de petite île, entourée de forêts naturelles où passent et serpentent agréablement les eaux des sources claires et douces qui tombent d’une montagne voisine0 et qui y sont conduites insensiblement . . . Le terrain y est gras, fertile, commode et aisé, ia vue grande, étendue et fort agréable ; l’air y est extrêmement pur et sain4 5. ” Cet endroit est le site actuellement occupé par l’Hôpital-Général.

Le séminaire des Récollets, dont le patron, sur le désir et en l’honneur du grand vicaire de Pontoise, fut Saint Charles 'Borromée, perdit trop tôt ce bienfaiteur insigne. La mort vint arrêter le cours de ses libéralités le 2 janvier 1623°. Cette perte fut très sensible aux Récollets. Cependant ils continuèrent leur œuvre qui, forcément, n’eut pas les développements qu’elle aurait pu avoir. Elle

1. Leclercq, Premier établissement de la foy, i, pp 158, 159.

2. Mémoire des Récollets, 1637 Au 3 juin 1620, le prince de Condé n’était plus vice-roi du Canada depuis plusieurs mois, mais les Récollets de Québec ne le devaient apprendre qu’a l'arrivée des navires.

3. Le cap Diamant et le plateau qui le continu" vers l’ouest.

4. Leclercq, Premier établissement de la foy, i, pp. 156,157.

5. “ IIII non. jan 1623 ” inscription tumulaire. Musée Tavet.

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leur fait cependant grand honneur, ainsi qu’aux généreux pourvoyeurs qui les assistèrent de leurs aumônes.

A partir de 1620, les Récollets eurent toujours quelques enfants sauvages au séminaire Saint- Charles. En 1624, le Père Le Caron en parle en ces termes : “ Notre séminaire serait d’une grande ressource si on avait les moyens de fournir à tout ; mais vu la pauvreté du pays, nous ne saurions y nourrir qu’un petit nombre de Sauvages1. ” Pour suppléer à ce qu’ils ne pouvaient faire à Québec et, sans nul doute aussi, pour stimuler, par la vue de ces pauvres Sauvages, le zèle et la générosité de leurs amis de France, les R,écollets, ainsi que le remarque l’abbé Auguste Gosselin, “ en avaient toujours quelques-uns dans leurs couvents de France, à Paris, à Rouen, à Saint-Germain, et le degré de culture, auquel arrivaient ces jeunes gens, montre ce que l’on aurait fait de nos Sauvages, si l’on avait pu les retirer complètement du milieu où ils vivaient2. ”

1. Leclercq, Premier établissement de la foy, i, p. 287. Treize ans plus tard, le Père Le Jeune, Jésuite, fera entendre la même plainte. “ Si en ces temps-là (avril 1637) nous eussions eu des hommes pour les secourir, (les Montagnais), et des vivres pour nourrir leurs enfants, nous les eussions peut-être faits résoudre à nos volontés. Mais comme nous étions faibles de vivres et d’hommes, le pays n’étant pas encore en état de faire cette dépense à leur occasion, nous ne pressions point, bien marris néanmoins de laisser perdre une si belle occasion. C’est chose pitoyable, je ne le saurais dire assez souvent, que le bien spirituel de ces pauvres barbares soit retardé par le défaut du temporel.” Relation de 1637, éd. de Québec, pp. 81,82 .

2. L’abbé Auguste Gosselin, La mission du Canada avant Mgr de Laval, p, 37.

Nous devons à nos premiers instituteurs le tribut de nos louanges. Ils le méritent d’autant plus que leur constance ne se démentit jamais, et que les obstacles rencontrés par eux sur la voie de progrès, de civilisation, et de rédemption, dans laquelle ils s’efforcèrent de faire entrer les barbares du Canada, furent très grands.

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