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CHAPITRE XIII

N- ous avons vu que Champlain n’était pas de compagnie avec les Pères Huet, Poullain et le Frère Duplessis, alors que ces trois Récollets venaient au Canada au printemps de 1619. Les associés, ne trouvant pas chez lui l’homme qu’il leur fallait pour satisfaire leur passion du lucre, travaillaient depuis au moins deux ans à lui enlever le commandement à Québec.

Ces trafiquants, ayant trop de cœur pour les pelleteries, pas assez pour le renom de leur patrie en Amérique, pas assez pour le salut des âmes, n’étaient pas dignes de cet homme détaché de la fortune, mais ambitieux de gloire pour son pays et son Dieu. Ils ne pouvaient comprendre Champlain se donnant pour but dans ses entreprises au Canada “ non d’y acquérir tant de biens que d’honneur et gloire de Dieu pour le service de mon roi et de ma patrie, et apporter par mes labeurs quelque utilité au public, protestant de n’être tente d’aucune autre ambition1. ” Les marchands cherchaient la ri

1. Champlain, Œuvres, p. 487, préface à ses voyages de 1615 à

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chesse dans leur commerce avec le Canada, alors que le désir de Champlain était “ d’y faire fleurir le lys (de France) avec l’unique religion catholique, apostolique et romaine1. ”

Dès 1617, la compagnie des associés s’opposa directement au retour de Champlain au Canada.

Le fondateur de Québec était arrivé à Honfleur au printemps de 1617 pour repasser au Canada, lorsque “ un de la compagnie, aussi malicieux que grand chicaneur, appelé Boyer, comparaissant pour toute icelle compagnie, me fait signifier un arrêt de Messieurs de la cour du Parlement par lequel il disait que je ne pouvais plus prétendre l’honneur de la charge de lieutenant de Monseigneur le Prince2. ” Champlain, aussi brave que loyal, n’était pas homme à se laisser intimider. Il fit valoir ses droits. Les associés, mal pris, s’excusèrent en accusant Boyer d’avoir fait de lui-même la démarche compromettante. L’année suivante, Champlain fit son voyage au Canada sans être contrecarré, senble-t-il ; mais l’opposition fut forte et hypocrite en 1619.

Au printemps, Champlain se proposa de passer au Canada avec son épouse et ses domestiques. Il en avertit les associés. Ceux-ci, en l’assurant de leurs bonnes dispositions, lui firent savoir la décision prise par eux de faire passer le commandement à Québec au sieur du Pontgravé, que pour lui, Champlain, il vaquerait aux découvertes.

Une juste indignation saisit l’âme généreuse de

1. Champlain, Œuvres p. 137, dédicace à la reine, en tête de l’édition de 1613.

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