Champlain, Œuvres, p
TROUBLES DANS LA COLONIE
exercer sa religion ni sur mer ni sur terre. De Caen annonçait à Champlain qu’il s’en venait “ avec deux bons vaisseaux bien armés et munitionnés de toutes les choses nécessaires1 ... ”
On conçoit l’embarras de Champlain. Il ne pouvait se résoudre à saisir les marchandises des associés par crainte d’une sédition qu’il ne pourrait pas étouffer. Il convoqua auprès de lui “ le sieur Dumay et Guers, commissaires, et le Père Georges, auquel Monseigneur et les sieurs Dolu et Villemenon lui avaient écrit des lettres à même fin que celles qu’ils m’écrivaient, m’enchargeant (m’enjoignant) de ne rien faire sans lui communiquer. . . ” Il fut “ résolu qu’il ne fallait innover aucune chose (en) attendant le dit sieur de Caen2 3. . .” Mais au lieu de celui-ci, ce fut d’abord Pontgravé qui arriva à Tadoussac sur le Salemandë \ avec soixante-cinq hommes d’équipage et accompagné de tous les commis des associés. La situation s’aggravait. Les employés de l’ancienne compagnie, à Québec, se réjouissaient du secours qui leur arrivait ; ils devenaient maintenant les plus forts.
En cette conjoncture, Champlain plaça Dumay, son beau-frère Boullé et 12 hommes, dont 4 fournis par les Récollets, au fort Saint-Louis, dont il fit continuer les travaux. Lui-même demeura à l’habitation avec 7 hommes dont 4 encore fournis par les Récollets, le commissaire Guers, et les