Champlain, Œuvres, p
sieurs Dolu, de Caen, \illemenon. Champlain commença à voir plus clair dans ce qui se passait. Les associés avaient obtenu arrêt contre de Caen ; cet arrêt lui avait été signifié en rade de Dieppe. Le roi avait ordonné que le procès fût instruit ; en attendant, les deux sociétés feraient, en 1621, la traite et pourvoiraient à parts égales aux frais de la colonie, “ à peine de la vie1 ” pour quiconque userait de violence.
Champlain prit aussitôt l’avis de ses conseillers. “ Il fut résolu que le Père Georges prendrait la peine d’aller à Tadoussac en diligence, et Guers avec lui, dans la même chaloupe, pour trouver le dit de Caen et apporter le remède requis à toutes ces affaires, sachant bien que le dit du Pont voudrait jouir du bénéfice du dit arrêt, où il y allait de la vie à celui des deux qui userait de violence2. ”
Le Père Georges Le Baillif partit le même jour, 17 juillet, ayant reçu plein pouvoir de Champlain pour tout régler avec de Caen. Il paraît que celui-ci avait à se plaindre de paroles dites à son désavantage par les Pères Huet et Poullain. Le Père Georges devait aussi arranger cela. Il ne fut pas longtemps en son embassade, car le 24 juillet il était de retour à Québec. Il avait trouvé de Caen résolu à saisir le vaisseau du sieur du Pontgravé, que cependant il n’en serait rien fait avant que Champlain ne fût allé à Tadoussac. Celui-ci, grandement étonné du projet du sieur de Caen, à cause des défenses portées sur