Champlain, Œuvres , p
TROUBLES DANS LA COLONIE
l’arrêt du roi, renvoya immédiatement Guers, annoncer à de Caen que dans six jours il serait à Tadoussac. Il envoya un canot à du Pontgravé, aux Trois- Rivières, lui demander une barque, qui lui fut envoyée.
Le voyage de Tadoussac ne souriait pas à Champlain. “ Je m’embarquai à la sollicitation du dit Père (Georges), n’étant pas mon dessein de partir de l’habitation . . . , mais les persuasions avec les raisons que me donnait ledit Père, me firent résoudre ; ayant laissé Dumay en ma place pour commander et enchargé (enjoint) à tous mes compagnons de lui obéir comme à moi-même, je m’embarquai le dernier de juillet1. ” Le Père Georges Le Baillif l’accompagna. “ Ce même jour, nous fîmes telle diligence que le lendemain au soir arrivâmes a demi-lieue de Tadoussac, près de la pointe aux Alouettes, où je fis mouiller l’ancre2. ” De Caen vint y rejoindre Champlain et lui dit son projet de saisir le navire des anciens associés. Champlain protesta, le priant de n’en rien faire, que ce serait
contre les arrêts du roi.
Le 3 août, ils se rendirent à Tadoussac, où de Caen reçut Champlain “ avec toutes sortes de courtoisies3 ” ; il lui offrit son vaisseau pour s’y retirer. La prudence du fondateur de Québec déjoua la ruse du commerçant ; Champlain refusa et ne voulut pas quitter sa barque, afin de ne pas paraître prendre parti pour l’un ou pour 1 autre.
Quand on en vint au sujet en litige, de Caen