‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 128 sur 344 · Champlain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Champlain, Œuvres, p

prétendit qu’il avait des commandements particuliers. Champlain le somme de les montrer afin de s’y conformer ; de Caen s’y refuse et déclare que ce qu’il veut c’est le vaisseau de du Pontgravé, sous prétexte d’aller en guerre contre des ennemis arrivés à l’entrée du fleuve1. Champlain lui dit qu’il ne peut saisir ce navire dont il n’a d’ailleurs aucun besoin, en ayant déjà trois avec cent cinquante hommes. De Caen persiste et donne ses raisons. Champlain lui réplique par articles que de Caen “ ne trouve à sa fantaisie2. ” Le Père Georges, toujours présent, essaie à son tour, mais le protestant de Caen ne goûte pas davantage les avis du Récollet ; il s’ensuit même quelques paroles “ qui apportaient plutôt l’altération que la paix3. ” Alors Champlain, bon outre mesure, lui dit qu’il s’offre lui-même à monter sur le vaisseau de du Pontgravé et à courir à l’ennemi ; qu’il est prêt a le suivre partout pour l’aider j il lui remontre qu’il se trouve en un lieu dépendant de son autorité ; que s’il a des prétentions, qu’il les fera valoir en h lance. De Caen n’en veut rien entendre j

1. “ Cependant que l’on s’amusait à toutes ces contestations, il y avait un petit vaisseau rockelois qui traitait avec les Sauvages à quelques cents lieues de Tadoussac, dans une île appelée l’île Verte, où le dit sieur de Caen envoya après notre département ; mais c’était trop tard ; les oiseaux s’en étaient allés un jour ou deux auparavant et n’y trouva-t-on que le nid qui était quelque retranchement de palissade qu’ils avaient fait pour se garder de surprise, pendant qu ils traitaient. L’on mit bas les palissades, y mettant le feu ” Champlain, Œuvres, p. 1015.

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