Champlain, Œuvres, p
TROUBLES DANS LA COLONIE
il parle toujours de ses pouvoirs particuliers mais ne veut les montrer. Ce que voyant, Champlain déclare devant tout l’équipage qu’il prend le vaisseau des associés sous sa garde ; que de Caen, ayant la force en main, en userait comme bon lui semblerait. Celui-ci annonce à son équipage son intention de saisir le vaisseau. Champlain en fait prendre possession, de Caen y envoie un homme pour en faire l’inventaire. Mais auparavant Champlain s’était retiré dans le Saguenay pour ne pas assister à cette saisie.
De Caen avait suivi l’impulsion de sa passion ; cela lui suffisait. Aussitôt après, il remit le navire de du Pontgravé, sous prétexte “ qu’il n’était point armé comme il fallait1 2. ”
De Caen demanda ensuite à Champlain le paiement des vivres vendus à du Pontgravé. Celui-ci n’en avait pas apporté, en sorte que pour fournir sa part, la moitié, à l’habitation, il avait eu recours à de Caen. Ce dernier demanda en paiement mille peaux de castors, plus sept cents autres comme prix des marchandises livrées par lui. Le Père Georges Le Baillif alla à Tadoussac faire délivrer les peaux demandées. Cela fait, il reprit avec Champlain la direction de Québec ; ils partirent de la pointe aux Alouettes le 15 août et le 17 ils étaient à Québec".
De Caen ne monta pas à Québec, mais “ ayant mis ordre à ses affaires, (il) partit de L adoussac le 29 jour d’août3 ” pour la France.