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Sagard, Hist. du Canada, p

riture de ce Sauvage s’il venait à guérir, afin de ne pas l’exposer par la nécessité de pourvoir à sa subsistance. Le sieur de Caen y consentit. Alors, le Père Galleran lui donna le baptême ; et peu après, animé d’excellents sentiments, le nouveau chrétien passa “ de cette vie en l’autre ; ce qui me fait dire avec saint Paul : O grandeur des merveilles de Dieu, combien vos voies sont admirables. Voici un Sauvage qui sort de son pays, il tombe malade, il est baptisé, il meurt, et le voilà sauvé plus heureusement que beaucoup de chrétiens qui vivent et meurent en infidèles.

“ Le corps ayant été enseveli et exposé honnêtement sur le tillac, les Pères dirent l’office et les prières accoutumées1. ” Après quoi on confia à la mer le cadavre du jeune Sauvage.

Durant la traversée, qui fut plutôt courte, “ le Père Guillaume resta toujours sain et gaillard et le Père Irénée au contraire presque toujours malade et incommodé. Voilà, dit Sagard, comme tous n’ont pas une même grâce naturelle ni la force et vertu de pouvoir supporter l’air de la mer et la violence des tourmentes qui causent à la plupart des maux de cœur fort grands, lesquels néanmoins se guérissent en abordant la terre, si plus tôt ils ne quittent comme ils font et puis reviennent, mais souvent avec de furieux vomissements2. ”

Le 8 de juin 1622, arriva à Québec le sieur Santein, commis de la nouvelle Société3. “ Le 15 de juin

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