‹ Les Franciscains et le CanadaChapitre 148 sur 344 · Chanplain, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Chanplain, Œuvres, p

amitié, écrit Sagard, avec un barbare qui lui semblait honnête homme, lequel après quelque petit présent lui promit place et nourriture dans sa cabane a\ec tout son ameublement qui consistait simplement en deux bûches de bois, l’une pour lui servir de chevet et l’autre pour lui servir de cloison et le séparer aucunement des autres qui ont accoutumé de coucher tous pêle-mêle les uns parmi les autres sans séparation.

“ Voilà donc le Père bien logé, mais en tel lieu qu’on ne voyait que pauvreté, le ciel était sa couverture et la terre nue son lit mollet ; pour toute vaisselle il n’avait que son écuelle d’écorce et le reste était bien peu de chose, encore se sentait-il bienheureux, ô mon Jésus, d’avoir rencontré un

si bon hôte1. ” v

Ce Sauvage avait plusieurs de ses frères avec lui.

L’un d’eux tomba malade sérieusement. Il fallut faire halte dans les bois pendant dix ou douze jours. “ On chercha partout des remèdes à ce mal qui ne put être sitôt guéri, car les médecins ni les apothicaires n’y sont pas là des plus savants . t Ce que voyant, l’hôte du missionnaire, aussi païen que ses semblables, eut recours au moyen qu’ils employaient en pareille circonstance ; il ht appeler un Sauvage faisant métier de sorcier. Cette catégorie de personnes exerçait une grande influence parmi ces nations barbares et ignorantes. Dans le cas présent, le sorcier prétendait trouver le remede

L Sagard, Hist. du Canada, p. 97.

Page 1