Sagard, Hist. du Canada, p
voyer chercher à “ dix ou douze lieues de Québec . ” Champlain désigna plusieurs hommes auxquels furent adjoints le Père Irénée et le Frère Charles. Il faisait très froid, et le temps était beau. Chacun se munit de provisions et de raquettes et tous partirent à la suite du Sauvage. Ils arrivèrent non sans peine au lieu du rendez-vous. “ La réception que leur firent les Sauvages, remarque Sagard, était plus accompagnée de compliments que de bonnes viandes, car étant jour de jeûne, il leur fallut alors (se) coucher sans souper pour n’y avoir ni poisson, ni castor, pour les régaler, la chair d’élan dont ils avaient à foison n’étant pas pour pareil jour1 2. ”
Le lendemain matin, il fallut revenir à Québec. Chacun traînait sur la neige son quartier d’élan enveloppé dans de vieilles couvertures apportées pour cela. En route, ils furent surpris par un fort vent et la pluie. La nuit survint alors qu’ils étaient non loin de la rivière de Montmorency. Il fallut cabaner. On imita les Sauvages. Un grand trou fut pratiqué dans la neige et nos voyageurs s’y blottirent. La nuit fut sans sommeil ; ils étaient trop incommodés par le froid et par l’eau et ils se demandaient avec inquiétude si les pluies n’auraient pas fait partir la glace de la rivière. Il n’en fut rien, et voici nos gens dans les environs de Beauport. Mais le temps avait changé, il était devenu froid à l’extrême et un venU violent soulevait partout la neige.