Sagard, Hist. du Canada, p
fallut qu’il s’en retournât dans un canot de Montagnais sans pouvoir passer outre1. ”
Le retour s’effectua d’abord assez bien, mais le vent vint à manquer. Alors on mit pied à terre. Les Montagnais dressèrent une tente et firent une suerie tant pour leur santé que pour obtenir du manitou un vent favorable. Pour cela, les Sauvages avaient coutume de planter des pieux dont les bouts repliés étaient reliés ensemble par le haut. Par-dessus, ils disposaient des peaux, des morceaux d’écorce de bouleau de façon que l’air ne pût pénétrer sous la tente ; celle-ci était juste assez haute pour s’y tenir accroupi. Alors les superstitieux enfants des bois faisaient bien chauffer plusieurs pierres qu’ils plaçaient ensuite au milieu de la cabane, puis ceux d’entre eux qui voulaient suer, se plaçaient sous la tente et tout autour des pierres brûlantes. La chaleur ne tardait pas à devenir très grande et pour s’échauffer encore et aussi pour émouvoir le manitou, ils se mettaient à chanter, à hurler plutôt.
Le Père Irénée ne goûta point semblable démonstration ; il fit remarquer à ces Sauvages la folie de cette superstition ; il leur dit que le manitou était incapable de les assister, qu’il fallait invoquer Jésus, le seul vrai Dieu. Rien n’y fit. Bien mieux, le bon vent s’étant levé, les Sauvages attribuèrent ce bienfait à leur manitou.
“ Dieu qui est jaloux de son honneur, écrit Sagard, leur fit bientôt repentir de leur trop prompte