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Sagard, Hist. du Canada, p

VIEL ET SAGARD

barriques d’eau douce pour notre voyage, on mit les voiles au vent et le cap à la route de Canada, puis nous cinglâmes, par la Manche, en haute mer, à la garde du bon Dieu et a la merci des vents .

La piraterie sur mer était alors un vrai métier et rendait les voyages, déjà si pénibles, encore plus dangereux.

A ce sujet, Sagard écrit des réflexions d’une psychologie fort intéressante et encore d’actualité parfaite.

“ On se plaint, mais avec raison, du grand nombre de voleurs et de larronneaux . . . dont les uns semblent honnêtes gens et passent pour des gros messieurs, et ceux-là sont les pires de tous, car ils dérobent beaucoup et font perdre ceux qui prennent le moins. Les autres, moins dangereux, sont ceux qui, comme hiboux, ne vont que de nuit, sont assez mal couverts et aussi peu courtois, ont toujours la mine morne, triste et pensive comme gens de mauvaise conscience ; mais il y en a une troisième espèce entre les deux, qui sont les filoux. ., ceux qui vous font accroi ; • q^e le blanc est noir, font des querelles d’ Allemands entre eux, puis feignent de se battre pour attaquer ceux qui veulent mettre le holà, et puis crient les premiers aux voleurs ; ce sont ces batteurs de pavé qu’il faut appréhender. . .

“ Or, de même que la terre a ses larronneaux, voleurs et brigands, la mer a ses pirates, écumeurs de mer et forbans, et si les uns sont bien méchants sur la terre les autres ne leur cèdent en rien sur les

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