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Sagard, and voyage du pays des Hurons, p

eaux j de ces pirates vous en voyez . . . qui font les honnêtes marchands pour n’être point soupçonnés. . . Les autres sont sans dissimulation et veulent bien passer pour qu’on les connaisse pour tels qu ils sont ... et ce fut un de ceux-là qui nous vint menacer à deux ou trois cents lieues de mer1. ” Mais l’attaque n’eut pas lieu. Toutefois, dit Sagard, il fut encore trois ou quatre jours à rôder les mers à notre vue pour découvrir la proie2. ”

Au cours de la traversée, il arriva sur le navire un funeste accident qui coûta la vie à un matelot. U parait qu il était coutume le 1er mai, qu’une salve de mousqueterie fût tirée par les matelots en l’honneur du capitaine. L’un d’eux, “ bon garçon, ” dit Sagard, mais peu au fait des armes, chargea trop, par mégarde ou imprudence, un méchant fusil, qui creva. Deux matelots furent atteints, l’un légèrement et l’autre mortellement. Le malheureux, quoique horriblement blessé, reprit sa connaissance. “ Le bon Père Nicolas le confessa et peu de temps après il mourut. Après il fut enveloppe dans sa paillasse et mis le lendemain matin sur le tillac ; nous dîmes l’office des morts et toutes les piieres accoutumées, puis le corps ayant été mis sur une planche, fut fait glisser dans la mer, puis un tison de feu allumé et un coup de canon tiré, qui est la pompe funèbre qu’on rend d’ordinaire à ceux qui meurent sur mer3. ”

Quelque temps après, survint une si furieuse

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