Pinasse et pinace
3. Sagard, Hist. du Canada, p. 148. Si l’origine de cette coutume se perd dans la nuit des temps, on peut en dire autant dès lors du
très, les religieux et les personnes de condition sont exempts de cette loi.
Enfin, voilà nos voyageurs entrés dans le Saint- Laurent, “ admirable, s’écrie Sagard, parce qu’il est un des plus beaux fleuves du monde1.
Étant arrivés près de Tadoussac, au lieu appelé la Pointe- aux- Vaches, la pinasse jeta l’ancre, en attendant le vent et la marée pour entrer au port. Sur les hauteurs, on apercevait un village de Sauvages. Sagard et plusieurs Français mirent pied à terre à cet endroit et allèrent visiter ce village. “ J’entrai dans les cabanes des Sauvages, écrit Sagard, lesquels je trouvai assez courtois..., je prenais plaisir à leurs petites façons de faire et à voir travailler les femmes, les unes à matachier et peinturer leurs robes, et les autres à coudre leurs écuelles d’écorce et faire plusieurs autres petites j olive tés avec des pointes de porcs-épics, teintes en rouge cramoisi. A la vérité je trouvai leur manger maussade et fort à contre-cœur. . .; après je m’en allai au port par le chemin de la forêt avec quelques Français que j’avais de compagnie2. ”
A Québec, on commençait à trouver que les vaisseaux tardaient bien à venir. On attendit jusqu’au 14 juin. Ne recevant aucune nouvelle, Champlain envoya une chaloupe montée par cinq hommes3. Le vendredi 16 juin, cette chaloupe revint avec
pourboire ; car cette coutume n’était qu’un moyen de recevoir ce pourboire qui est devenu une nécessité fort onéreuse de nos jours.