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VERS LE PAYS DES HURONS

Nous cabanâmes assez proche d’eux et fîmes chaudière à la huronne, mais pour ce coup je ne pus encore manger de leur sagamité, pour ce qu’elle me semblait trop fade et dégoûtante, et me fallut ainsi coucher sans souper. ” Sagard avait bien emporté des biscuits, mais les Sauvages les avaient déjà tous mangés. “ Notre cabane fut faite de deux rouleaux d’écorce posés sur quatre petites perches piquées en terre et accommodées en penchant audessus de nous. Le matin venu, on fit chaudière pour partir, mais je m’abstins encore de la sagamité pour cette seconde fois, jusques a la troisième, qu etant devenu fort faible et abattu, je commençai d en manger un petit (peu) et de m y accoutumer en me faisant violence1. ” Citons encore quelques details

sur la façon de faire cabane.

“ L’hôtellerie dressée et les rouleaux d’écorce étendus sur la charpente qui penchait en voûte, on serrait les paquets le long de la cabane, et le canot en dehors ; puis un chacun prenait place le dos appuyé contre les sacs et la marchandise, a l’entour du feu. . . ; la sagamité étant cuite, toujours fort claire, on dressait à chacun son potage dans les écuelles d’écorce que pour ce sujet nous portions quand et nous avec, chacun, une cuillère de bois grande comme un petit plat, de laquelle on se seit pour manger cette menestre soir et matin, qui sont les deux fois seulement que l’on fait chaudière par jour, savoir quand on est cabané au soir, et au matin avant de partir. Si nous étions par trop pressés de

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