Sagard, Hist. du Canada, p
VERS LE PAYS DES HURONS
dans la même chaudière et du même coup que les Sauvages préparaient la sagamité et faisaient cuire les viandes ou poissons.
Qu’on s’imagine à présent les peines et les fatigues occasionnées par les portages. Nous connaissons déjà le chemin long et pénible qu’il fallait suivre pour atteindre le pays des Hurons : le Saint- Laurent, l’Ottawa, la rivière Mataouan, le lac Nipissing et la rivière Française. Que de fois il fallait mettre pied à terre, tirer le canot ou même le porter, ainsi que les bagages. Et pas de chemin sur la rive, parfois hérissée de rochers, ou remplie d’arbres touffus, parmi lesquels il fallait se frayer un passage. “ Nous rencontrions aussi parfois de furieux bourbiers, desquels nous recevions de grandes incommodités et des peines nonpareilles d’en pouvoir sortir, que les jambes toutes embourbées, ainsi qu’il arriva à un certain Français, lequel, s’il n’eût eu les jambes écarquillées au large, eût enfoncé jusques aux oreilles comme il enfonça jusques aux reins1. ”
Ajoutons enfin les piqûres de moustiques sans nombre, supplice terrible. “ Pour moi, dit Sagard, je confesse que c’est le plus rude martyre que j’ai souffert dans le pays ; la faim et la soif, la lassitude et la fièvre ne sont rien en comparaison2.
Nos voyageurs traversèrent les pays de plusieurs nations sauvages. “ Mais nous y arrêtâmes assez peu à chacune ; aux unes une nuit et aux