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Sagard. Hist. du Canada, p

autres quelques heures seulement, pour toujours avancer chemin, sinon aux Ebicerinj'S et Soiciers où nous séjournâmes deux jours entiers, tant pour nous reposer de la fatigue du chemin que pour traiter avec eux de la marchandise de nos Hurons pour de leurs pelleteries-. ” Ces Sauvages, déjà mentionnés en 1615 par le Recolle! Denis Jamet, étaient cantonnés auprès du lac Nipissing.

C’est là que le Père Viel et le Frère Sagard se retrouvèrent. Cette rencontre, la première depuis le départ, fut une vraie jouissance pour ces deux Récollets. Elle “ fut suivie d’un festin que ce bon Père (Yiel) ordonna à la façon du pays, qui me sembla excellent au delà de toute la bonne chere que j’ai jamais faite en notre Europe ; mais pour ce que la merveille ne s’est pas portée jusque dans un tel excès que je doive appréhender de le dire, figurez-vous quels pouvaient être les mets de ce festin : un peu de poisson blanc, avec des citrouilles du pays, le tout cuit ensemblement en de l’eau pure, sans autre sauce que du bon appétit, qui ne pouvait manquer à un homme qui avait très mal soupé, et encore plus mal couché (dormi), mouillé dessus et dessous d’un grand orage qui nous avait duré toute la nuit. Pour de la boisson, il ne s’en parle point que de la belle eau claire du lac qui était là devant notre cabane, non plus que de linge, de pain et de sel, qui ne leur sont point en usage '. ”

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